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AUGE SIBÉRIENNE

sables réunis la double action de l'eau et de la raclette ; il prolonge cette action jusqu'à ce que l'eau qui passe soit parfaitement claire et que le produit du lavage soit principalement composé de pyrites.

On donne aux sables ainsi enrichis le nom de schlichs gris.

Concentration du schlich gris en schlich noir. — La concentration des schlichs gris se fait tantôt sur le même appareil, tantôt sur un appareil analogue, mais de moindres dimensions. Dans le premier cas, elle n'est que la prolongation de l'opération précédente, l'ouvrier continuant à soumettre le schlich gris à la double action de la raclette et du courant d'eau, et celui-ci étant gradué de manière à entraîner les dernières parcelles de quartz, toutes les matières demi-lourdes telles que les grenats, le rutile, la tourmaline, etc., et même toutes les pyrites fines.

Au bout d'un certain temps, il ne reste plus, sur la table, que l'amalgame (ou éventuellement l'or natif), la magnétite et les gros grains de pyrite, c'est-à-dire le mélange auquel on a donné le nom de schlich noir.

Lorsque le schlich gris est en faible proportion et qu'il n'y a aucun intérêt à l'enrichir isolément, on préfère quelquefois ne faire sa réduction en schlich noir que lorsque l'on en possède une certaine quaùtité, c'est-à-dire après un certain nombre de concentrations de sables en schlichs gris. Pans ce cas, la production de schlich noir peut être réalisée sur des appareils de plus petite dimension, sur lesquels le maniement des matières à laver présente plus de facilité. Le lavoir de concentration le plus communément employé dans l'Oural n'a que lm,475 de longueur sur 1 mètre de largeur.

Extraction de Vor du schlich noir. — Quel que soit l'appareil sur lequel on a fait la concentration du schlich noir, l'extraction de l'or de ce schlich (soit à l'état d'amalgame, soit à l'état d'or natif) s'effectue toujours de la même manière. L'ouvrier ramène tout le schlich noir sur la partie antérieure de la table inclinée et, après avoir encore diminué la yenuc d'eau, il étale le schlich uniformément sur cette table à l'aide de brosses, puis il le travaille, sous l'action du courant d'eau, avec une petite raclette à manche court ; quelquefois même il achève le travail à la main, en se mettant à genoux devant la table de lavage. Cette dernière partie de l'opération est extrêmement délicate et exige une grande habileté professionnelle. Elle est toujours faite par des ouvriers spéciaux et, dans le cas de grandes

exploitations, par un contremaître, ainsi qu'on le verra plus loin.

L'opération est prolongée jusqu'à ce qu'il ne reste plus, avec l'amalgame ou l'or natif, qu'un peu de fer oxydulé. Ce dernier est alors enlevé par un aimant.

Lorsque l'on traite des quantités importantes de schlichs noirs sur un lavoir, il est prudent de ne pas laisser perdre les rebuts du lavage, mais de les faire passer sur une petite table dormante, munie d'un ou de deux tasseaux contre lesquels les parcelles d'or ou d'amalgame qui auraient échappé à la concentration viennent s'accumuler avec les autres parties lourdes des sables.

Ces matières sont relavées avec les schlichs gris.

L'appareil que je viens de décrire traite à la fois 15 pouds (250 kilogrammes) de gravier; il permet le travail isolé ; cependant, d'ordinaire, l'opération est faite par quatre ouvriers (souvent un homme et 3 femmes) qui peuvent passer 300 pouds par journée, soit environ 5 tonnes de minerai.

Des sluices. — Un sluice est en principe, un canal rectangulaire en bois, muni sur son fond de dispositifs convenables pour retenir l'or, et d'une longueur suffisante pour que le métal précieux, grâce à son poids spécifique, ait le temps de se séparer des gangues 'plus légères avant d'arriver au point d'évacuation du mélange d'eau et d'alluvion qui s'écoule constamment dans l'appareil. La longueur du sluice joue donc un r<Me important dans le pourcentage de l'or sauvé; mais ce rôle dépend aussi de la nature des matières que Ton passe dans le sluice. 11 n'est pas exact de croire, comme beaucoup de personnes le pensent, que plus un sluice sera long, et plus il sera efficace. On peut réduire considérablement la longueur de ce dernier sans détriment pour le rendement en or si on a préalablement classé les matières, c'est-à-dire si on n'y a introduit que des cailloux de dimensions réduites. On conçoit en effet que, si on charge, pêle-mêle, dans l'appareil de l'argile, des petits graviers et des gros cailloux atteignant et dépassant le volume de la tète, il faudra, pour débourber et entraîner l'ensemble de ces matières, une vitesse et une épaisseur de la tranche d'eau incompatibles avec la possibilité du dépôt de l'or fin. Il faut donc prévoir une grande longueur pour l'appareil, de façon à donner aux particules d'or fin des occasions suffisantes pour s'arrêter dans les obstacles dont le fond

CONSTRUCTION DES SCLUICES 85

du sluice est plus ou moins hérissé. II est indispensable aussi, dans de telles conditions, de donner aux boules d'argile le temps de se diluer par les chocs qu'elles reçoivent en route, car, si elles sortent de l'appareil sans avoir été dissoutes, elles entraînent d'abord avec elles l'or qu'elles contiennent, et ce sont parfois les parties les plus riches, et elles peuvent, de plus, happer sur le fond des particules d'or déjà sauvées qui sont ainsi entraînées et perdues. On voit d'ores et déjà de quelle importance capitale seront le classement et le débourbage préalables au point de vue du sauvetage de l'or; le meilleur exemple en sera donné dans les dispositifs adoptés sur les dragues à or, qui arrivent à retenir la totalité de l'or fin sur un trajet qui ne dépasse pas 10 à 12 mètres. C'est cette longueur à laquelle se bornent aussi les sluices sibériens, qui sont tous précédés par l'appareil de classification qui ne laisse passer que des cailloux de dimensions réduites et qui assurent, en même temps, un débourbage parfait avant l'entrée dans les sluices.

Môme dans les sluices desservant les installations hydrauliques, qui passent des volumes tellement considérables qu'il est impossible de songer à une classification préalable des matières avant l'entrée dans l'appareil, on verra par quels moyens ingénieux on arrive à tourner la difficulté par l'emploi d' « under-currents », qui atteignent exactement le môme but et grâce auxquels l'or fin, détourné du courant principal, est envoyé sur des tables disposées de façon à permettre son sauvetage, au moyen de dispositifs appropriés.

Construction des sluices. — Le sluice « normal » est construit sur place, en planches grossières non rabotées ; sa largeur usuelle est de 16 à 18 pouces (0m,40 à 0m,45) et ne descend pas au-dessous de 8 pouces (0m,20). La profondeur du canal est de 9 pouces (0m, 225) au moins, et sa longueur, rarement inférieure à 50 pieds (16 mètres), peut atteindre plusieurs centaines de mètres.

Les planches qui le composent ont un pouce et demi d'épaisseur (0"\0375) et 12 pieds (3m,60) de long; elles sont employées telles que les fournissent les scieries du pays. Le sluice est formé par sections ou boites (boxes), et la longueur du sluice est d'ordinaire désignée par le nombre de bottes, chacune de celles-ci ayant la dimension usuelle des madriers, soit 12 pieds (3m,60).

Les côtés des boites ont, en général, de 18 pouces (0m,45) à 2 pieds (0m,60) de hauteur; les madriers du fond, sciés spéciale-

ment pour cet usage, sont plus étroits à l'un de leurs bouts, de telle sorte que chaque section formée par l'assemblage du fond et des côtés peut s'emboîter dans la section suivante. On laisse même quelquefois un peu de jeu 3 k 4 centimètres, lorsque l'on veut permettre à deux sections consécutives de s'assembler sous un certain angle et, par suite, à l'appareil tout entier d'épouser une ligne sinueuse.

Les côtés sont simplement cloués sur le fond ; on ne s'attache pas à rendre les joints étanches, ce résultat étant obtenu de lui-même, au bout d'un court travail, grâce au gonflement du bois sous l'influence de l'humidité et au remplissage des fentes par le sable. Ce remplissage calfate également la jonction imparfaite de deux sections consécutives.

Pour prévenir une trop rapide usure du fond du sluice et pour aider à retenir l'or, on emploie divers expédients; en effet, bien que les madriers qui forment le fond soient posés bruts et avec leurs échardes (splinters) tournées dans le sens du courant, ils seraient bientôt usés et polis par le frottement des matières qui passent sur eux, et l'or serait entraîné par le courant; aussi, pour remédier à cet inconvénient, qui s'aggraverait par l'entraînement du mercure ajouté pour amalgamer l'or, insère-t-on dans les boîtes une sorte de faux fond.

Celui-ci est formé par d'étroites languettes ou tasseaux de bois, appelés ri/fies, fixés sur le fond et posés soit longiludinalement, soit transversalement, soit même des deux façons à la fois.

Les riffles longitudinaux ont de 2 à 4 pouces (0m,05 à 0m,10) de hauteur, de 3 à 7 pouces (0m,075 à 0m,175) de largeur et 6 pieds (lm,80) de longueur. On en place 2 à 4 sur le fond de chaque boîte, qui contient ainsi, dans sa longueur, deux longueurs de rifiles ou deux /eux de garniture (sets). On ne doit pas fixer ces jeux avec des clous, puisqu'ils sont destinés à être souvent enlevés pour le nettoyage (clean-up), mais on les maintient en place et on les relie les uns aux autres par un certain nombre de riffles transversaux, ainsi que l'indique la ligure ci-contre (fig. 30). Après chaque nettoyage, les riffles sont réajustés dans les boîtes.

Lorsque le gravier est fin, des riffles transversaux sont souvent seuls employés; lorsqu'il s'agit, au contraire, de désagréger une faible quantité de matière plastique, on fait quelquefois usage de

TRAVAIL AU SLUICE

riffles en zigzag à 45°, cloués sur le fond et allant presque d'un bord à l'autre du sluice.

L'eau et l'or fin passent par dessus des riffles de ce genre, pendant que l'or gros et l'argile vont d'un bord k l'autre avec une rapidité considérable. Le but de ces riffles n'étant que de désagréger l'argile, ils sont placés exclusivement dans la partie supérieure du cours d'un sluice, et celui-ci doit toujours ôtre garni à son extrémité par des riffles ordinaires.

Lorsque le sluice doit servir à travailler pendant une longue période^ on en renforce quelquefois les bords par un doublage en bois ; quelquefois aussi on en revêt le fond avec une garniture en blocs ou rondins de bois debout, posés à quelques centimètres de

Fig. 30. — Sluice normal.

distance les uns des autres; ces blocs, moins résistants qu'un pavage en pierre, sont surtout en usage dans la méthode hydraulique que nous décrirons ultérieurement.

Quantité (Teau. — La quantité d'eau employée dans un sluice dépend d'une grande variété de circonstances ; en thèse générale, on peut dire que, pour travailler avec succès par cette méthode, on doit avoir beaucoup d'eau à sa disposition. D'ordinaire, la quantité d'eau admise dans le sluice dépasse de 2 pouces, soit de 5 centimètres, la hauteur des riffles qui garnissent le fond. On estime que, pour arriver à ce résultat, la quantité d'eau doit être égale à dix fois le volume des terres passées dans l'appareil.

Pentes des sluices. — Les sluices sont ou placés sur le sol dont ils suivent la pente, ou portés sur des tréteaux grossiers, ou quelquefois suspendus h des piquets par des cordes ou des crochets en fer. Ces crochets en forme d'S s'appuient par leur boucle supérieure

dans une entaille du piquet, tandis que l'autre boucle, tordue à angle droit, soutient un rondin qui supporte lui-même le sluice. On les descend et on les transporte facilement d'un daim à l'autre, lorsqu'on a épuisé l'atelier primitif. Comme les boites ont une longueur uniforme, il suffit de désigner la différence de hauteur entre la tète d'une boite et la tête de la boîte suivante pour connaître la pente ou l'inclinaison du sluice : ainsi une différence de hauteur de 8 pouces par botte correspond à une pente de 0m,055 environ par mètre, ou de 5 1/2 0/0. C'est là une pente minimum ; d'autre part, on ne fait jamais usage d'une pente supérieure à 20 pouces ^correspondant à 14 centimètres environ par mètre, ou à 14 0/0.

On comprend, du reste, que la pente soit en relation avec la quantité d'eau dont on dispose et avec la nature et la quantité de gravier à traiter dans un temps déterminé. Plus l'inclinaison est grande, plus vite le gravier est travaillé ; mais plus il y a aussi de probabilités de pertes en or (fig. 31).

Un gravier aggloméré, moyennement cimenté, est entièrement désagrégé dans un parcours de 60 à 75 mètres et, à partir de cette distance, le sluice n'a plus d'autre fonction que celle de retenir l'or. L'inclinaison au-delà de ce point doit donc être diminuée, mais elle doit toujours être suffisante pour que la masse sableuse du gravier soit entraînée par l'eau.

Un gravier dur et argileux demande, plus que tout autre, une forte inclinaison ; le courant doit être rapide pour désagréger l'argile ; mais, en ce cas, le sluice doit être long, car, sur une petite distance et avec un courant rapide, on risque d'entraîner l'or au dehors.

Ce danger est toujours à craindre lorsque le gravier retient de l'argile plastique ; malgré la forte inclinaison initiale, cette argile se met en boules et roule quelquefois pendant plusieurs centaines de mètres sans se désagréger, en empâtant l'or déposé et en l'entraînant au dehors dans les tailings. L'ouvrier qui surveille le sluice doit enlever ces boules, les briser et les débourber.

Lorsqu'il existe dans le gravier une grande quantité de gros fragments (boulders) à enlever, on emploie l'artifice connu sous le nom d'under-current ou courant dérivé, sur lequel nous aurons à nous étendre dans l'étude du procédé hydraulique. A cet effet, la boîte de queue (end-box) est laissée ouverte, et son fond est rem-

TRAVAIL AU SLUICE 89

placé par une grille à barreaux suffisamment écartés pour permettre au sable et au gravier fin de passer au travers. Au-dessous de cette grillé, on place un court sluice à angle droit sur la direction du sluice principal et débouchant au-dessus d'une seconde rangée de sluices, parallèle à ta ligne principale, mais ayant une inclinaison moindre.

Fiu. 31. — Lavage au sluice.

Les matières qui arrivent du sluice supérieur et qui sont assez fines pour passer par la grille de fond, traversent cette grille et se rendent dans le second cours de sluices. Les grosses pierres, entraînées par leur propre mouvement, s'échappent par la partie ouverte de la fin du sluice supérieur ifig. 32).

Mode de travail au sluice. — Le but que l'on poursuit en travaillant les graviers au sluice est de déboucher la matière et d'amener les parcelles d'or à toucher le fond de l'appareil; car, que ce fond soit garni ou non de mercure, on peut dire que toute parcelle d'or

qui a touché le fond est sauvée eu marche normale, si les conditions de pente et de volume d'eau sont bien remplies. Si l'or est gros, son poids suffit pour l'amener à travers les sables jusqu'aux riffies de retenue; si l'or est lin, le mercure qui s'accumule devant les riflles le retient au passage : car le mercure forme un plein pour

Fm. 32. — Griiïly et Courant dérivé (Under Clirrent).

les sables et graviers de moindre densité que lui, et un vide pour l'or qui y pénètre el s'y dissout.

Pour atteindre ce double but, le gravier est chargé à la pelle vers la tete du sluice, la hauteur des tréteaux étant réglée de manière à avoir le plus de facilité possible pour le travail.

L'or gros est facilement retenu a la tête du sluice, mais une très grande quantité d'or fin serait perdue, si l'on se bornait à

TRAVAIL AU SLUICE 91

laisser agir 1 eau seule pour opérer la classification. Dans le but de retenir plus complètement l'or, on verse à la tête du sluice du mercure à l'aide d'une passoire, de manière à diviser ce métal en petits courants, ou encore on le projette simplement en gouttelettes, en secouant un sac en toile qui le renferme.

Le mercure n'est ordinairement ajouté qu'après une heure ou deux de travail; il est retenu dans l'intervalle des riffles, où il amalgame l'or fin.

Les ouvriers sont tenus de veiller à ce que les matières, en s'écoulanl dans le sluice, ne fassent pas déborder l'eau. Ils doivent également détruire, avec une barre de fer, toute accumulation de matières formant barrage, et enlever, avec une fourche, les grosses pierres qui sont la cause de cet accident. Us ne doivent pas davantage laisser séjourner les grosses pierres ou boulders dans le sluice, car non seulement elles offrent le danger de se coincer et d'obstruer le libre courant de l'eau, mais encore elles broient le mercure ainsi que l'amalgame et les réduisent en farine qui ne se rassemble plus.

Pour procéder à un nettoyage (clean up), on suspend le chargement à la tête du sluice. Lorsque l'eau, dont on n'a pas interrompu la venue, coule entièrement claire, on enlève, vers la tête du sluice, cinq ou six rangées (sets), de riffles et on laisse descendre leur contenu, par la force du courant, dans les riffles subséquents. Le sable est ainsi emporté, tandis que l'or gros et l'amalgame se logent dans les riffles transversaux et y sont recueillis.

Les rangées suivantes sont alors enlevées à leur tour et le travail se continue de la même façon jusqu'à la queue du sluice (fig. 33).

Le travail de nettoyage ne doit pas être répété fréquemment, car il fait perdre du temps et exige généralement une demi-journée. Il est, d'habitude, réservé pour la journée du dimanche; mais l'intervalle entre deux nettoyages, ou rtin, dépend de la richesse et de la nature du gravier.

L'amalgame recueilli est filtré à travers une peau de daim, une étoffe de laine, ou un sac de toile à voile que l'on presse en les tordant. Le résidu est constitué par un amalgame sec, lequel est distillé, ainsi que nous le décrirons ultérieurement.

Lorsque le sluice est usé, on le brûle et ses cendres sont traitées pour or. S'il a servi pendant longtemps, la quantité d'or ainsi recueillie peut quelquefois payer la dépense d'un sluice neuf.

Le travail au sluice se fait ordinairement de jour, et c'est seulement dans de certaines conditions spéciales, telles que l'appréhension d'une grande crue ou encore la crainte de manque d'eau, que l'on se décide à se livrer au travail de nuit, toujours plus imparfait et plus coûteux.

Quelquefois, dans le but de prévenir les nettoyages clandestins pendant la nuit, les sluices sont pavés en gros blocs de pierre qui

Fio. 33. — Le « Clean-up •> au Klondyke.

sont rangés a une certaine distance les uns des autres, mais qui sont parfaitement calés, au bout d'une demi-heure de travail, par le sable qui s'est déposé autour d'eux. Le travail nécessaire pour placer et déplacer ces blocs, quand on procède au nettoyage, est assez pénible, et l'on préfère généralement s'en tenir à des mesures de surveillance, rendues efficaces par l'usage de patrouilles armées'.

1. A pairol wilh a shot-gun londed with bird shot, and a plentiM «upply or tait and pepper in the charge, ie a mucti butter protection agaimh tlieft. No one who bas ever heard of the pain caused by the réception or such a charge would ever atlempt to clean up for his neighbor (Th. Egleston, Working Placer deposils).

VARIÉTÉS DE 8LUICES 93

Capacité des sluices et personnel nécessaire à leur fonctionnement. — Un sluice de 0*,40 à 0m,45 de largeur peut passer de 1 mèlre cube et demi à 2 mètres cubes de gravier par heure.

La marche d'un pareil sluice exige comme personnel :

Un surveillant, bon laveur à la bâtée, pour laver la production;

Un nombre de déblai/eurs, variable suivant l'épaisseur de déblais stériles qui recouvrent la couche ;

Un nombre de piocheurs pelleteurs variable, de 6 à 12, suivant la valeur des ouvriers ;

Un homme par deux boîtes, pour arrêter et rejeter les gros cailloux et les boules d'argile;

Deux ouvriers à la queue du sluice, pour le dégagement des matières.

Avec de la main-d'œuvre de mauvaise qualité, comme celle qu'on rencontre à la Guyane et à Madagascar, on ne peut guère obtenir qu'un demi-mètre cube par journée d'ouvrier.

Variétés du sluice. — Le sluice est quelquefois construit sans madriers, en creusant simplement dans le sol un canal qui reçoit le gravier et dans lequel on dirige un courant d'eau. Ce canal est établi, soit dans le gravier aurifère lui-même, soit dans le terrain stérile avoisinant, et les inégalités de son fond servent à retenir l'or.

Lorsqu'on veut procéder à un nettoyage, le courant est détourné et le dépôt recueilli dans le fond du canal, est lavé au pan. Malheureusement, en opérant ainsi, on ne sauve que l'or gros; l'or fin est entièrement perdu.

Ce genre de sluice, appelé ground-sltiice, nécessite plus d'eau que le sluice normal pour la même quantité de matière traitée; comme, en revanche, il supprime l'effort à faire pour soulever le gravier, que Ton fait simplement tomber dans le canal, la quantité de gravier ainsi travaillée par chaque ouvrier est plus considérable que dans le sluice normal.

Quelquefois les sluices sont doubles; cette disposition est réalisée par la construction d'un large sluice simple, au milieu duquel on met une paroi de séparation. Ce dispositif est employé par mesure d'économie, lorsque deux compagnies travaillent le même terrain, ou lorsque, par suite d'un approvisionnement d'eau intermittent et

variable, il est désirable de travailler une double quantité de gravier aussi longtemps que l'eau est en abondance.

On a quelquefois imprégné les barres des riffles avec du mercure, en introduisant un Jxmt de tuyau en fer à Tune des extrémités de la barre et en remplissant de mercure ce tuyau jusqu'à une hauteur suffisante pour que la pression fasse pénétrer le métal dans les pores du bois. Ce procédé est assez incommode et donne moins d'avantages que l'emploi des plaques en cuivre amalgamées, qui sont d'un usage si général dans le travail des moulins à or étudiés dans le chapitre suivant.

Ces plaques sont rarement usitées dans le travail des placers; nous en décrirons néanmoins l'emploi, car elles peuvent être fort utiles, dans le cas de sables fins, lorsque l'or est lui-même très fin ou très léger, ce qui ne permet pas de le recueillir avec des riffles ordinaires.

Le courant, dans ce cas, doit être lent, et la hauteur de l'eau peu considérable.

Les plaques doivent, d'abord, être nettoyées avec de l'acide nitrique dilué qui les décape, puis frottées avec du nitrate de mercure ou avec du mercure seul, que l'on étend et dont on provoque l'amalgamation avec le cuivre en le frottant sur la plaque avec une étoffe de laine.

Les plaques de cuivre sont quelquefois nettoyées avec du cyanure de potassium ; mais ce genre de nettoyage exige certaines précautions, car, si Ton emploie une dissolution trop forte ou si on laisse les plaques trop longtemps trempées dans la dissolution, elles deviennent noires et ne s'amalgament plus.

Lorsqu'une première petite tache d'amalgame d'or se forme sur un point quelconque de la plaque, elle devient aussitôt le centre d'un dépôt plus considérable qui se développe autour d'elle, sans doute par une action électrolytique. Plus il y a d'or sur une plaque, mieux celle-ci retient l'or qui passe sur elle ; aussi les mineurs n'hésitent-ils pas, lorsqu'ils en ont le moyen, d'amalgamer au préalable les plaques avec de l'or ou avec de l'argent.

On laisse donc l'amalgame s'accumuler en masse résistante jusqu'à ce que son épaisseur atteigne de 5 à 10 millimètres, et c'est la crainte du vol qui, seule, fixe une limite à cette épaisseur. Pour enlever l'amalgame produit, on racle d'abord la plaque avec un

8LCICES A GRAVIERS CIMENTÉS 95

ciseau recourbé, puis on achève le nettoyage, en ajoutant un excès de mercure et en raclant l'amalgame ainsi liquéfié avec un morceau de cuir ou avec une bande de caoutchouc.

Une plaque de cuivre amalgamé est d'un emploi plus efficace qu'une couche de mercure de même étendue; si l'on soigne son nettoyage, elle peut durer de cinq à dix ans, et cela malgré la faible épaisseur de 2 7* à 3 millimètres qu'on lui donne d'habitude.

Modifications à introduire dans le cas de graviers cimentés. — Dans un grand nombre de gisements alluvionnels, on trouve, outre le gravier meuble que Ton travaille le premier, des masses dures et solides, tantôt intercalées, tantôt sous-jacentes, formées par du gravier cimenté, c'est-à-dire par un véritable poudingue à ciment d'argile ou d'oxyde de fer, contenant parfois de l'or en quantité considérable.

En raison de leur forte cohésion, ces graviers cimentés (céments) ne peuvent être traités directement dans le sluice; ils étaient envoyés, au début de leur utilisation en Californie, à un moulin à or (stampmiU)\ mais comme, par ce procédé, les gros rognons (boulders), qui sont stériles, sont broyés pour passer dans les grilles en même temps que les matières fines qui contiennent le métal précieux, cette solution est rarement appliquée, et l'on arrive presque toujours à les travailler, sur place, à l'aide de l'artifice suivant :

On a remarqué, que la plus grande partie des graviers cimentés se désagrègent plus ou moins complètement lorsqu'ils sont exposés à l'air pendant une assez longue période, et surtout lorsque la gelée a passé sur eux. On profite de cette première désagrégation et on la complète au besoin dans un appareil spécial.

On emploie, dans ce but, une cuve tournante en fonte (pan), dont le fond est perforé et muni d'une porte destinée à évacuer les gros fragments; dans ce pan, quatre bras munis de sortes de socs (plowshare) se meuvent de façon à briser le ciment. Lorsque le gravier cimenté a été exposé à l'air, à des gelées et à des dégels successifs, ce travail est assez rapide.

Après qu'une certaine quantité de gravier a été élaborée et que toutes les parties fines, passées à travers les trous, ont été enlevées par l'eau admise dans l'appareil et dirigées vers un cours de sluices où on les travaille, la porte est ouverte et les gros fragments sont évacués par des sluices de décharge (tail s/uices) sur un terrain situé à un niveau inférieur.

Un pan de 5 pieds (l^ôO) de diamètre et de 2 pieds (Om,60) de profondeur peut passer 40 à 120 tonnes par jour, suivant la dureté du gravier et la force motrice dont on dispose.

Lorsque les graviers cimentés, au lieu de former des lits ou des rognons dans la masse de l'alluvion meuble, constituent cette masse elle-même, on les exploite et on les traite par des méthodes spéciales (drift-mining), qui seront décrites plus loin.

Tels sont les appareils très simples, on le voit, mais dont l'installation demande pourtant une connaissance approfondie des pentes et des débits convenables, qui servent aux lavages des alluvions aurifères. On a souvent classé les méthodes qui les utilisent en prenant comme base d'appréciation la pente des vallées dans lesquelles se trouvent les terrains à exploiter. Cette classification n'est pas exacte, car on peut parfaitement employer dessluices, par exemple, sur des pentes qui paraissent a priori insuffisantes pour faire fonctionner ces appareils en accroissant artificiellement cette pente par l'épuisement mécanique des eaux de lavage. Il est à la fois plus clair et plus conforme à la réalité de classer les méthodes de lavage des alluvions aurifères en deux catégories, suivant que les appareils utilisés sont fixes ou mobiles.

Classification des méthodes de lavage. — /. Procédés dans lesquels le lavoir, quelque soit son système (sluice, long-tom, etc.) est mobile avec le chantier, le résidu stérile étant laissé surplace au fur et à mesure que le chantier avance. — Le type de cette méthode est le chantier ordinaire avec sluice, alimenté en général à bras avec pelles, pioches, etc.

Les frais de premier établissement sont réduits au minimum ; mais le lavage est généralement assez imparfait.

A cette classe se rattachent les dragues h or, basées aussi sur le même principe du déplacement du chantier en laissant les résidus dans la fouille; seulement, l'extraction, le lavage et l'évacuation sont assurés par des moyens mécaniques remplaçant l'effort humain suivant la loi générale du progrès. Contrairement au système de sluices à bras, les dragues à or comportent des frais de premier établissement assez élevés ; mais, par contre, elles arrivent à des prix de revient de traitement extrêmement bas, grâce aux énormes cubes travaillés. Le sauvetage de l'or est aussi assuré

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