VARIÉTÉS DE LONG-TOMS
Nome, sur le rivage américain; sur les plages, à basse mer, à la presqu'île de Tchoukolsk, sur le côté russe. On a retiré, notamment, au Cap Nome (fig. 26), des quantités d'or considérables qui ont établi la réputation de ce centre minier, le plus septentrional du globe.
Ces sables noirs se continuent dans le Comté de Humboldt, sur le territoire des Etats-Unis, où ils sont aussi activement exploités par
Fio. 26. — Au Cap Notne, à marée basse.
de nombreux diggers (chercheurs d'or), ce genre de travail s'adaptant bien à la création d'ateliers particuliers.
C'est au moyen de long-toms munis de plaques amalgamées que s'effectue le travail. On leur donne le nom de « Oregon-Tom ». En voici la description, tels qu'ils sont installés à la mine Union.
Orégon-Tom. — Le Placer Union, de 1.900 acres de superficie (750 hectares), occupe 4 milles de longueur le long de l'Océan, à 16 milles au sud de la rivière Klamath. La récolte du sable noir s'opère à marée basse, au moyen de pelles carrées. On travaille aussi dans une dune, qui s'étend entre la mer et un petit étang voisin. Cette dune, qui représente un cube important, contient de l'or en quantité payante.
Une machine de 16 chevaux élève l'eau nécessaire au lavage dans les long-toms et remonte aussi les matières à la hauteur nécessaire pour vider les wagonnets dans la trémie déchargement. L'installation comprend trois de ce « Oregon-Toms » (fig. 27). Le sable est distribué sur une première table de forme trapézoïdale, ayant 11 pieds de long, et respectivement 6 et 2 pieds de large h ses deux petits côtés. De là, les matières coulent sur une seconde table terminée par une tôle perforée à 6 millimètres, qui sépare toutes les matières au-dessus de cette dimension. Un ouvrier est constamment occupé à dégager la plaque de ses refus. Cette table mesure 6x6 1/2 pieds. De là les sables tamisés passent sur les plaques d'amalgamation qui
Fie. 27. — Orégon-Tom.
couvrent une surface de 6 X 6 pieds. Ces plaques sont ondulées dans le sens transversal. Enfin les matières passent sur une dernière table de 6x6, garnie aussi avec des couvertures de laine qui retiennent l'or fin. Avant de sortir de l'appareil, les ' résidus tombent dans une auge destinée à. retenir l'or fin, l'amalgame et le mercure qui auraient pu être entraînés.
Une amélioration consiste à remplacer les couvertures par de la moquette, dont les fibres verticales retiennent mieux l'or fin. On arrive ainsi, quand le courant est bien ménagé, -à arrêter l'or en farine.
Cet appareil consomme environ 50 pouces d'eau (2.350 litres) par heure et occupe trois hommes pour sa conduite.
Ce qui montre bien que l'action des plaques amalgamées n'est pas supérieure, dans ce genre d'appareils, aux tables de dépôt ordinaires, c'est que, dans le môme district, on emploie beaucoup un
VARIÉTÉS DE LOHfi-TOMS 81
long-tom analogue, dont je donne aussi le dessin à la figure 28 et dans lequel les plaques amalgamées sont supprimées. Le criblage s'y opère en deux fois. Il passe environ 200 tonnes de sable par journée et ne demande pas de force motrice autre que celle nécessaire pour l'alimentation d'eau.
Auge Sibérienne. — L'auge employée pour les graviers se compose {fig. 29) d'une caisse rectangulaire ouverte par le haut et à l'une des extrémités ; le caisson de débourbage est recouvert d'une planche
Fio. 28. — Ordinary-Tom.
percée ou d'une tôle perforée formant crible; l'ouverture des trous est de 0",01 à 0™,02. Sur ce crible, on charge à la pelle le minerai tout-venant. Le fond du caisson est séparé de la table de lavage proprement dite par un double seuil en bois, ayant 0",05 a 0",06 de hauteur, qui arrête les matières les plus lourdes. La table, légèrement inclinée, est tantôt formée par une surface unique, formant la suite du fond du caisson, tantôt constituée par deux emboîtements successifs.
L'auge employée pour les terres argileuses ne diffère de la précédente que par son caisson de débourbage. Ce dernier est généralement dépourvu du crible, mais il est divisé transversalement en deux parties par une planche qui ne descend pas jusqu'au fond du caisson. Les mottes sont écrasées par l'ouvrier dans l'espace compris entre cette planche et le fond de la caisse, puis désagrégées avec l'eau fournie par le réservoir supérieur. Cette eau entraîne les
sables et l'or sur la table de lavage qui est disposée comme dans l'appareil précédent.
Mode de travail. — Contrairement à ce qui avait lieu, surtout au début, dans l'usage des appareils californiens, on facilite la récolte de l'or dans l'auge sibérienne à l'aide du mercure. Celui-ci est généralement mélangé au gravier lui-même sur la table de débourbage dès le début de l'opération, surtout quand l'or est en paillettes fines; à cet effet, on asperge la masse par quelques gouttelettes de mercure, la proportion de métal employé étant proportionnelle à la teneur approximative du minerai, teneur déterminée par les essais préliminaires ou en cours, faits sur l'ensemble du gisement. -
Fig. 29. — Auge sibérienne.
D'autres fois, cependant, on n'ajoute le mercure que lorsque la concentration du schlich est assez avancée et qu'il ne contient plus, avec l'or, que des sulfures métalliques et de la magnélite. Enfin, et tout à fait exceptionnellement, quand l'or est gros, on peut le recueillir sans l'intervention du mercure, mais on risque toujours alors de perdre les parcelles les plus fines du métal précieux. Cette dernière pratique est générale dans toute la province Amourienne.
La quantité de mercure employée est toujours extrêmement faible et ne dépasse pas dix fois le poids de l'or contenu, si bien qu'après toute opération bien faite le mercure doit se trouver complètement à l'état d'amalgame.
Débourbage. — Le débourbage du schlich gris, se fait par le jeu de l'appareil de lavage proprement dit, qui sera décrit plus loin:
Réduction du sable en schlich gris. — Quand le débourbage est achevé, l'ouvrier diminue la venue de l'eau et fait subir à tous les