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ASSÈCHEMENT DE LIT DES RIVIÈRES

d'une capacité proportionnée au débit du cours d'eau. Ce canal doit avoir une assez grande longueur pour permettre d'obtenir un champ d'exploitation suffisant dans le lit asséché; on lui donne rarement moins de 800 mètres.

La figure 67, se rapportant à une exploitation en Californie, fournit une représentation de ce genre de travail, avec une roue flottante

E-'ig. 6G. — Exploitation 'd'un « paddock ».

actionnant une pompe californienne. Le shtice, qui sert à travailler le gravier asséché, y est également figuré.

Les bords de la rivière ou de la crique doivent être suffisamment escarpés a l'endroit du barrage pour ne pas permettre à l'eau de s'échapper latéralement. Lorsque cette condition n'est pas réalisée, on doit endiguer le cours d'eau sur une certaine longueur au-dessus du barrage.

Cette méthode est toujours sujette aux risques des inondations, qui peuvent emporter le barrage et souvent même le canal de dérivation.

On a néanmoins quelquefois tenté de l'appliquer sur une plus

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large échelle. Un exemple célèbre est celui du travail entrepris sur la Featker Hiver dans Butte-County Californie, où deux grands barrages et un vaste flume furent construits d'après -les principes énoncés ci-dessus.

En quarante-deux jours, le tiers du gravier asséché fut lavé au sluice, en donnant une production d'or de 3.500.000 francs ; malheureusement une inondation subite vint détruire tous les travaux.

F[<i. 61. — Assèchement d'une portion du lit d'une rivière en Californie.

Les figures 08 et 127 donnent une idée de l'importance des travaux effectués sur cette rivière, ainsi que de la méthode de construction du barrage, en pierres et bois, colmaté par les eaux boueuses de la rivière elle-même.

En résumé, le travail en rivière est, comme on le voit, fort aventureux, et ses chances de succès ne sont sérieuses que lorsqu'on l'effectue dans la saison sèche et sur des coursd'eau de peu d'importance.

Mentionnons, en terminant, le cas où des rivières aurifères forment des boucles importantes, susceptibles d'être coupées par des barrages destinés à détourner complètement leurs eaux, et a les

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déverser en aval de la boucle désormais complètement asséchée. Je pourrais citer quelques localités situées dans les régions équatoriales, où ce travail de creusement ne serait pas en disproportion avec la masse de gravier qu'il rendrait disponible. On ne doit cependant entreprendre ces dérivations que sur des rivières n'ayant pas un régime de crues trop important car, pour ces travaux en rivière plus que pour tous autres, la destruction du barrage de tête est funeste au sort des chantiers, que l'irruption des eaux bouleverse de fond en comble.

Du décapelage. — En principe, l'opération du décape lage doit être entièrement distincte du lavage proprement dit; elle doit s'exécuter au moyen d'une ou plusieurs équipes spéciales et être toujours en avance sur le chantier d'abatage, de façon que ce dernier ait constamment devant lui place nette.

Malheureusement, en Guyane, il ne peut pas en être ainsi à cause du principe même de la méthode qui interdit tout transport de terre par d'autres moyens que le simple jet à la pelle. Il est évident, en effet, qu'un véritable chantier de décapelage exige l'emploi de moyens de terrassement, pour porter les terres stériles en dehors de l'emprise future du chantier d'exploitation. Je n'ai jamais vu appliquer en Guyane ce moyen rationnel de préparation du chantier. On préfère mélanger pour ainsi dire les deux opérations, si distinctes pourtant, du décapelage et du lavage, pour jouir de l'avantage, à mon avis tout à fait secondaire, de pouvoir rejeter dans l'excavation produite par un premier coup de sluice les déblais du coup de sluice immédiatement voisin.

Il est évident qu'on ne peut avoir ainsi qu'une exploitation discontinue, puisqu'il faut, pendant tout le temps qui s'écoule entre le moment où le coup de sluice est terminé et celui où on reprend la tranche voisine, arrêter le chantier d'exploitation et mettre tout son monde à décapeler le chantier voisin en jetant le déblai dans l'excavation primitive.

11 y a plus encore : si cette méthode d'opérer par tranches successives parallèles à la direction de la vallée débutait par un chantier placé à la limite du champ d'exploitation, soit à droite, soit à gauche de l'emprise future, il n'y aurait pas de fausse manœuvre proprement dite au point de vue du terrassement, mais seulement discontinuité des chantiers, comme je viens de Texpli-

quer. En effet, en suivant Tordre que j'indique, le déblai du premier chantier serait jeté à la pelle sur le terrain stérile en dehors de l'emprise exploitable et ne serait plus remanié, le déblai de la deuxième tranche passerait dans le vide laissé par le premier chantier et n'y serait plus retouché, et ainsi de suite.

En pratique, ce n'est pas ainsi qu'on agit; comme on est toujours pressé défaire de l'or, le premier coup de sluice, celui qui pénètre dans la partie vierge, est invariablement donné dans la veine, c'està-dire en général dans la partie centrale de l'emprise. On décapèle alors en jetant le déblai à droite et à gauche sur le terrain aurifère et on accumule par dessus les résidus du lavage de ce premier coup de sluice. Dès lors, pour reprendre les coups latéraux, il faut commencer par rejeter dans l'excavation laissée par le premier : 1° les tailings; 2° le déblai du premier coup; 3° le déblai de la tranche voisine.

En un mot on manie deux fois la totalité du cube excavé dans le premier coup. On voit à quelles fausses manœuvres et à quels frais on est amené par suite du manque de méthode dans l'organisation des travaux.

Pour en donner une idée, je donne ci-après, pour un certain nombre de placers situés en Guyane française, une copie de leurs livres de journées indiquant la proportion des jours d'arrêt de l'exploitation, dus à la nécessité d'opérer le décapelage.

Dans cette colonie, on n'observe pas la division, si utile cependant, entre les équipes de décapelage et celles qui s'occupent de l'exploitation proprement dite des sables aurifères. Il en résulte une perte de rendement utile variant entre 27 et 42 0/0.

C'est ce qui explique le fait, paradoxal au premier abord, de la reprise avec bénéfices, à deux et même à trois époques successives, des alluvions guyanaises ainsi travaillées. On recherche alors les « murs » c'est-à-dire les parties d'ail uvions, enterrées lors du premier lavage, sous le déblai et sous le stérile de l'opération. Ces portions d'alluvions, encore totalement vierges, donnent généralement lieu à des surprises favorables.

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