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MACHINERIE DES DRAGUES A OR

une machine indépendante attelée directement sur l'arbre. Il est absolument indispensable que cette machine puisse marcher quand tous les autres organes sont au repos.

Treuil de manœuvre. — 3° Un treuil à vapeur portant deux arbres et six poupées indépendants; l'un de ces arbres doit pouvoir être mis à demi-vitesse avec redoublement d'engrenage, de manière à faire un effort de 6 tonnes au moyen d'un palan h six brins. Deux de ces poupées servent au papillonnage, deux autres à la manœuvre des pieux. La cinquième commande les mouvements verticaux de l'élinde, et enfin la sixième, susceptible de l'effort de 6 tonnes, sert pour les manœuvres de force : enlèvement des troncs d'arbres, des grosses pierres, etc., qui peuvent entraver la marche des godets.

Pompe de compression. — 4° Une pompe de compression genre Worthington pouvant débiter 12 à 15 litres par seconde à une pression de 4 atmosphères, destinée à arroser abondamment, en sens inverse de leur progression, les matières en cours de débourbage dans le trommel et aussi à déboucher les trous de ce dernier par un dispositif spécial. En outre, cette pompe sert au nettoyage des sluices au moment du « clean-up ».

Tel est le minimum de la machinerie actionnant une drague à or. Il y a avantage, lorsqu'on n'est pas retenu par des considérations d'économie ou par celles, encore plus importantes, de limitation dans les poids, à actionner l'élinde par une machine spéciale formée d'un treuil-applique fixé sur un des montants de la potence qui supporte l'élinde. Cette machine-applique est manœuvrée par un jeu de tringles placé sous la main du chef dragueur. Les mouvements de l'élinde dans le sens vertical sont extrêmement fréquents, surtout lorsque le bed-rock n'est pas horizontal, cas qui se présente souvent. Il faut, dans ces conditions, pour vider complètement les déclivités du fond, varier constamment la profondeur du dragage sans interrompre le mouvement général du papillonnage de l'appareil sur tribord ou sur bâbord. On comprend sans peine que la machine indépendante actionnant l'élinde facilite beaucoup le nettoyage parfait du bed-rock et assure la récolte complète des parties les plus riches de Fallu vion.

Application de Tèlectricitè au dragage. — On devine, par l'énumération qui précède, l'avantage que présentent les dragues action-

nées par l'électricité sur les dragues à vapeur. La multiplicité des machines motrices, qui complique d'une façon incontestable le fonctionnement d'une drague à vapeur, disparait quand il suffit d'actionner les divers organes par un certain nombre de réceptrices électriques alimentées par une génératrice unique. Cette dernière^ comme je lai dit précédemment, peut être placée à terre dans des conditions évidemment plus favorables, au point de vue de l'installation même de la machine et du chauffage des chaudières que lorsque ces divers appareils se trouvent à bord. L'avantage est plus sensible encore lorsque le courant électrique peut être emprunté à une force hydraulique située dans un rayon suffisamment rapproché pour que le transport de l'énergie ne représente pas un capital trop considérable immobilisé sous forme de conducteurs.

Alimentation par condensation. — Comme on dispose toujours d'une quantité d'eau suffisante pour assurer la condensation des machines, l'eau d'alimentation est toujours pure et ne donne pas d'engorgement dans les tubes. La pompe de circulation est constituée par la centrifuge qui fournit l'eau au trommel, l'eau chaude n'ayant aucun effet nuisible sur le lavage.

V1I1. Des chaudières. — Les types de chaudières à employer n'offrent rien de particulier lorsque les conditions de transport et de montage ne présentent aucune difficulté au point de vue de la division des poids. Ce n'est généralement pas le cas, et, en particulier, pour les dragues que je construis à destination des pays tropicaux, le choix des chaudières multitubulaires à éléments légers, genre Niclausse ou Durr, est tout indiqué. La seule pièce un peu encombrante, qui est le réservoir de vapeur, peut être divisée en plusieurs morceaux, et sa forme cylindrique permet de la rouler sans dommage.

Grilles pour chauffer au bois. — Le chauffage au bois, qui est très fréquent dans les installations de ce genre, exige des dimensions de foyers considérablement supérieures à celles auxquelles sont habitués nos constructeurs d'Europe, qui ne connaissent guère que le chauffage à la houille. On peut admettre en principe que le rapport d'une surface de grille nécessaire pour brûler du bois à celle d'une capacité calorifique équivalente, brûlant de la houille,

doit être dans lu proportion de 3 à 1. Il est indispensable aussi de prévoir une profondeur suffisante du foyer au-dessous du niveau des portes de chargement, tandis que, dans les grilles à houille, les barreaux affleurent d'ordinaire au niveau de ces portes.

Ce dispositif a l'avantage de permettre la combustion du bois sttr une forte épaisseur. Dans ces conditions, le bois distille une grande partie de l'eau qu'il contient avant de s'enflammer et donne dès lors son maximum d'effet utile. De plus, en opérant ainsi, il ne reste pas sur la grille de places dépourvues de combustible par lesquelles l'air froid, en s'engouffrant, vient faire tomber la pression. Il est essentiel de s'assurer que ces diverses conditions sont bien remplies en faisant en Europe les essais de réception du matériel avec chauffage au bois et non, comme on le fait trop souvent par raison d'économie, avec de la houille, en bouchant avec des briques la majeure partie de la grille.

Prix de revient du dragage. — Personnel nécessaire. — Une drague à or du type de 50 mètres cubes à l'heure, chauffée au bois, fonctionnant normalement dix heures par jour, exige pour sa conduite 4 hommes en sus du chef dragueur, à savoir :

1 chef de drague, commandant la manœuvre ;

1 mécanicien à la machine motrice ;

1 chauffeur à la chaudière;

1 manœuvre pour le service des treuils, assurant le graissage et servant d'aide au mécanicien ;

I ouvrier laveur.

II faut prévoir, en outre, le personnel nécessaire pour couper et tronçonner le bois et l'apporter à bord, ou des routeurs si on emploie la houille comme combustible pour la production de la vapeur. En Guyane, par exemple, il faut compter pour couper et transporter à bord le bois nécessaire au chauffage, environ 10 hommes, ce qui représente, avec le personnel du bord, les indisponibles, les malades, le cuisinier, etc., une équipe totale de 20 hommes pour assurer la marche de l'appareil pendant une journée de dix heures. En cas de marche continue de jour et de nuit, il n'est pas nécessaire de prévoir un doublement complet d'effectif, car la corvée de jour des bûcherons, légèrement renforcée, peut parfaitement suffire pour préparer et mettre à bord le bois nécessaire au chauffage de nuit. Une

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équipe totale de 30 hommes est donc largement suffisante pour assurer le travail continu de jour et de nuit d'une drague de 50 mètres cubes à l'heure, chauffée au bois, travaillant en pays tropicaux.

Une drague plus puissante, de 80 à 100 mètres cubes h l'heure, par exemple, n'exige pas un personnel plus nombreux que celui ci-dessus indiqué. C'est là, il faut le dire, le principal avantage que, j'ai fait ressortir dès le début de cette étude à savoir que remploi des procédés mécaniques sur les placer s est, pour ainsi dire indépendant du prix du revient de la main-cTœuvre, sur les lieux où. s'exécute le dragage. On verra en effet plus loin, par quelques exemples tirés de la pratique, que le coût de la maind'œuvre est un des éléments secondaires du prix de revient.

Les réparations, le combustible, l'entretien courant et surtout l'amortissement de l'appareil jouent au contraire un rôle prépondérant. Ce dernier élément varie, cela va sans dire, avec les estimations et le cubage des placers sur lesquels sont montés ces appareils; mais je suis d'avis qu'en tout état de cause, même sur des placers où des cubes d'alluvion assurant une exploitation prolongée sont officiellement reconnus, il ne convient pas de dépasser, pour l'amortissement d'une drague à or, une durée de cinq années.

Voici maintenant quelques chiffres destinés à fixer les idées sur les prix de revient extrêmement bas auxquels on est arrivé dans ces derniers temps, pour le dragage des alluvions aurifères en Nouvelle- Zélande et aux États-Unis.

Prix de revient du dragage aux Etats-Unis. — J'ai donné, dans un ouvrage récent, des renseignements complets sur les dragages américains. Voici les principaux chiffres résumés :

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