LA POULE COMME PRODUCTRICE DE RICHESSES
Il faut nécessairement conclure de ces chiffres qu’au pays voisin la poule occupe une haute et enviable position. M. Snyder estime qu’en trois mois la poule, tout en se reposant une semaine, peut produire des richesses égales à tous les capitaux de toutes les banques qui règlent leurs chèques au “ Clearing House ” ou maison d’accommodation des banques de New- York. Et je ferai remarquer qu’à New- York il y a cinquante banques qui font cette opération par l'intermédiaire du “ Clearing House ”, Et ces banques possèdent un capital de $127,000,000. . .
On estime qu’en soixante jours, la poule peut produire des richesses égalant en va-
leur toutes celles renfermées dans toutes et chacune des mines d’or des Etats Unis.
Les Etats-Unis se vantent de posséder les plus riches mines de fer du globe et, effectivement, ces mines sont de beaucoup les plus riches du monde entier;elles rapportent énormeinent au pays et pourtant en six mois la poule produit autant que toutes les mines en un an.
On estime que si l’on employait à la solde de la dette nationale américaine les produits de la poule, il ne faudrait à celleci qu’un an et dix mois pour accomplir ce tour de force.
Et ici, nous avons fait abstraction de la valeur de la poule elle-même, laquelle, comme vous le savez, constitue un important facteur financier. Il nous a été impossible d'obtenir les matériaux nécessaires pour édifier des statistiques analogues concernant la poule canadienne, mais il n'est que raisonnable de croire que cette dernière peut être assimilée à sa congénaire de la république voisine, si l’on tient compte, bien entendu, de la différence de population entre les deux pays.
Et, en conséquence, je me crois justifisble quand je déclare que l’industrie avicole et le commerce des œufs constituent l’une de nos plus importantes industries.
Examinons un peu les conditions actuelles ; voyons les côtés faibles du système actuel de commerce avicole.
Les cultivateurs, en général, ont toujours manifesté quelque défiance vis-à-vis les maisons de commerce du genre de la nôtre. Au lieu de considérer la grande maison de commerce comme une alliée naturelle, dont les intérêts sont analogues aux leurs, les cultivateurs ont trop souvent vu dans ces maisons de commerce un danger éventuel pour leurs intérêts, tant ils redoutent que leurs intérêts et ceux de ces maisons viennent en conflit.
Aujourd’hui, cependant, grâce à la diffusion des sources d’enseignement, grâce au développement de la presse et autre ltttérature populaire, lescultivateurs commencent à se rendre compte du fait que nos intérêts et les leurs sont analogues, sont les mêmes.
Pour assurer la plus grande somme de bien possible il faut que l’on puisse trouver chez toutes les parties intéressées la
Plus grande honnêteté dans les motifs et la plus stricte intégrité dans toutes les transactions.
On ne peut trop appuyer sur ce fait. Il y a des cultivateurs qui sont d:s piliers de leur église respective, qui se flattent d’être si rigoureusement droits et honnêtes Cans toutes leurs transactions, et qui cependant ne se font aucun scrupule d’offrir en vente des œufs d’un caractère douteux, et même des œufs qu’ils savent être mauvais. Le système actuel usité dans le commerce force le marchand à accepter ces œufs comme bons et à les payer tout comme s'ils étaient de première qualité.
Je n’essaierai pas de qualifier de telles transactions, mais il saute aux yeux de tous qu’il est temps, grand temps de voir à modifier cet état de choses par une législation appropriée.