‹ L'industrie chimique aux États-Unis [microforme]Chapitre 26 sur 162 · ARE · texte numérisé non relu

ARE

La loi de l'offre et de la demande réapparait avec la fin de la guerre.

Au moment de l'armistice l’état des stocks mondiaux de marchandises était probablement sans précédent dans l’histoire. Il y a eu des périodes antérieures ou de gros stocks s'étaient accumulés à la suite de crises économiques, d’autres périodes où au contraire les stocks étaient bien au-dessous des quantités normales, mais dans l’un et l’autre cas, l’accumulation ou l’insuffisance des stocks était générale à l’ensemble des marchandises. A la fin de la guerre actuelle il y avait au contraire une dislocation complète. Pour certains produits, ceux nécessaires à la guerre, des stocks énormes. Pour la plupart des autres produits au contraire, deplétion presque complète. La répartition des stocks existants entre producteurs, distributeurs et consommateurs n’était pas moins anormale. La confusion qui règne dans les prix des produits chimiques depuis la signature de l’armistice, est la conséquence naturelle de la situation qui vient d’être iudiquée. Pour beaucoup de produits chimiques il est souvent difficile d'indiquer un cours. En ce qui concerne principalement les produits entrant dans la fabrication des explosifs, il n’y a plus aucun rapport entre le coût de production et le prix de vente. Coton poudre, picrique, tolite, sont invendables au-dessus de vn ou deux cents par livre. Le phénol difficile à vendre même à six cents par livre alors que le prix de revient est supérieur à 20 cents par livre. Pour l’acide sulfurique la dépréciation sur les prix fixés par le gouvernement américain avant l’annistice a été d'environ 50%. Par contre certains produits, comme !2 formol par exemple, ont enregistré un mouvement de hausse.

Pour l'avenir, quels pronostics peut-on faire sur les prix des produits chimiques? Pour tous les produits destinés aux explosifs et pour lesquels il existe de gros stocks, avant que les prix ne puissent revenir à un niveau en rapport avec leur prix de revient, lequel est supérieur aux prix actuels, il faut évidemment qu’une partie des stocks disparaissent.

Les autres produits, au contraire, n’ayant baissé que faiblement depuis l'armistice, une baisse graduelle des prix doit se produire au fur et à mesure que les stocks se reconstitueront. Pour un avenir plus lointain, il ne faut pas oublier que la capacité de production des usines de produits chimiques tant en Europe qu'aux Etats-Unis, s'est accrue énormément et que cela tendra à établir des prix peu rémunérateurs quand les conditions anormales actuelles auront disparu. Dès que les usines de produits chimiques seront revenues à lezrs fabrications courantes, que les échanges entre les différentes nations auront repris leur cours normal, et qu'enfin les consommateurs auront complété leurs stocks, il faut s'attendre à une compétition intense sur le marché

: des Kplox ne ient, l’une

ible-

pro- Pour té de Irope ndra anorduits 1e les rours leurs irché

= sn

des produits chimiques et principalement pour les matières colorantes sur lesquelles tout le monde a les yeux fixés.

Les encouragements que l’industrie des dérivés du goudron de houille reçoit des divers gouvernements alliés, risque en effet d'amener plus tard une crise de surproduction et une faible marge de bénéfices. D’une façon générale et au risque de passer pour exagérément pessimiste, nous ne pouvons partager les vues de ceux qui entrevoient un âge d’or de reconstruction et de développement futur. Une période assez brillante est possible en 1919 et peut-être aussi en 1920. Mais au-delà, et surtout si l’on veut trop reconstruire et trop bien et trop vite, une crise économique sérieuse paraît inévitable. Cette crise sera d’autant plus redoutable que l’on sera plus optimiste durant la période de reconstruc: tion, parce que cela signitiera des extensions de crédit importantes. Si une inflation des crédits commerciaux s’ajoutait à l’inflation actuelle de la circulation: fiduciaire, on ne voit pas très bien comment pourrait être évitée ultérieurement une débacle économique et financière. Le seul moyen de liquider les engagements actuels sans crise financière, serait de poursuivre une politique d’économie et de récupération aussi bien pour les gouvernements que pour les perticuliers.

Une pareille solution n’a du reste aucune chance d’être adoptée. Elle ne serait du goût de personne et une politique d'économie et de récupération ne s’imposera que par nécessité, quand il n’y aura pas moyen de faire autrement, et par conséquent trop tard pour éviter une crise.

La suite de monographies qui constituent ce travail fournis-sent des indicatons suffisantes pour permettre de suivre les fluctuations des cours des produits chimiques aux Etats-Unis. Comme les mouvements des prix n’ont de valeur au point de vue économique que d’une façon relative, des tablea 1x donnent aussi les cours de quelques marchandises types afin de permettre une comparaison avec les fluctuations de prix des produits chimiques.

TT

É "TOTI0S "TZ |0S"80I ï

‘8 10S'G l00'‘II “FI [09 '€T [00 9€ "€ |00"29

Page 1