‹ L'industrie chimique: avec figures intercalées dans le texteChapitre 10 sur 140 · ORGANISATION UNIVERSITAIRE EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

ORGANISATION UNIVERSITAIRE EN ALLEMAGNE

L'enseignement supérieur se donne en Allemagne dans les universités régionales, qui, au nombre de 2:2, sont disséminées dans tout l'Empire. Indépendamment de ces établissements, il existe des écoles d'application qui, suivant leur destination, portent le nom d'Écoles polytechniques, d'Écoles d'agriculture, d'Académies des mines, etc.

Le but des universités n'est pas, comme on serait tenté de le croire, d'octroyer des parchemins et de former des gradés. Il y a bien des examens académiques, comme le doctorat, mais ils constituent plutôt une recommandation ou un ornement, et sont seulement nécessaires pour la carrière de professeur (1). Les examens, à l'entrée des différentes carrières, sont faits en dehors de l'Université et sont appelés des examens d'état.

Les universités sont des écoles de science libre [Lehrfreiheit)^ où l'étudiant est également libre d'apprendre ce qu'il juge nécessaire à son instruction {Lernfreiheit),

Nulle contrainte, nul assujettissement à des programmes étroits et fixés d'avance. On est en outre pénétré de cette idée, qu'à un certain âge, « le savoir ne s'impose pas plus que la foi et l'amour » (Schleiermacher).

Ce libre esprit qui règne dans ces centres intellectuels, lafaçon dont on recrute les professeurs, la double mission d'éducateurs de l'esprit et de pionniers de la science dont ils sont investis, l'indépendance dont jouissent

(1) Die deuischen Universiluten^ t. I, p. 102.

maîtres et élèves, ont exercé la plus heureuse influence, non seulement sur révolution intellectuelle de la nation, mais encore sur les progrès de la science en^général. En Allemagne, les professeurs une fois titulaires sont nommés à vie et inamovibles; ils jouissent, nous le répétons, d'une liberté d'allure et d'esprit qui sont des plus favorables à la haute culture et qui ne se rencontrent dans aucun autre pays. L'ingérence des pouvoirs publics dans les questions de personnel universitaire est aussi restreinte que possible. Les universités, tout en étant sous la dépendance des États et subventionnées par eux, jouissent d'une certaine autonomie qui leur permet de choisir leur recteur, leurs doyens, leurs professeurs, et d'eii faire la présentation au Ministre de l'instruction publique qui les nomme. Il est bien rare que les décisions prises par l'assemblée des professeurs ne 'soient pas ratifiées par le Ministre. Bien rares aussi sont les cas où les pouvoirs publics imposent leur volonté. Tout le monde a encore présent à la mémoire le scandale provoqué à l'Université de Berlin, parce qu'un ministre puissant a imposé un professeur de son choix (1). D'ailleurs l'esprit qui préside au recrutement des maîtres en est la meilleure garantie; il n'est pas sans exercer une grande influence sur la notoriété et, partant, sur le succès des universités. Pour être appelé à occuper une chaire, point n'est besoin d'être muni de nombreux diplômes et de subir des concours déprimants qui ne donnent généralement aucun renseignement sur les fa-

(I) NnmiDation du D' Schweninger, médecin du prince de Bismarck, à l'Université de Berlin.

Page 1