‹ L'industrie chimique: avec figures intercalées dans le texteChapitre 11 sur 140 · RESSOURCES DES UNIVERSITES ALLEMANDES · texte numérisé non relu

RESSOURCES DES UNIVERSITES ALLEMANDES

cultes inventives des candidats. 11 suffit d'avoir fait preuve d'originalité dans les recherches, de s'être révélé un pionnier de la science, d'avoir à son actif des travaux de maître, pour être l'objet d'un appel de la part de l'assemblée des professeurs de l'université où il y a une vacance. Le désir des universités d'avoir des hommes éminents les conduit même quelquefois à pousser l'éclectisme jusqu'à offrir des chaires à des étrangers.

Le savant ne jouit en aucun pays du monde d'une aussi grande considération qu'en Allemagne. La haute situation qu'il occupe dans la société, le prestige qui l'entoure, suscitent des ambitions, amènent une émulation qui aboutit à la constitution de cette élite de travailleurs dont sont peuplées toutes les branches de l'enseignement.

Nombreux sont les fils de grands industriels, de grands propriétaires, de financiers qui briguent la carrière universitaire. Les places étant limitées, la jeunesse s'adonne aux recherches de bonne heure, ne recule pas devant la tâche, et, comme elle n'est pas arrêtée par les soucis matériels, elle peut mettre au service de la science et sa fortune et son intelligence (1).

Aussi, dans le domaine des sciences expérimentales, n'est-il pas rare de voir l'aspirant professeur, une fois privât docentj s'entourer de préparateurs, faire des dépenses considérables pour se procurer tel produit rare

(I) Comme en France, les Don-privilégiés de la fortune trouvent dans des bourses octroyées par les universités, et dans des em~ plois de préparateurs, de répétiteurs, les moyens d'arriver aux mêmes situations que leurs émules plus Torlunés.

OU qui demande de longs mois pour être préparé, de façon à enrichir la science de découvertes et à acquérir ainsi la notoriété scientifique sans laquelle Taccès des chaires lui est interdit. Une fois le but atteint (vers 35 ou 40 ans), les habitudes de travail sont prises, le professeur continue à être épris de recherches, et, trouvant un champ plus vaste à son activité, s'entoure de collaborateurs, d'élèves, cherche à faire école, et acquiert par le fait même une situation matérielle à laquelle aucun membre de l'Université française, quel que soit son mérite, ne peut parvenir, avec l'organisation actuelle.

Artisans de la gloire et de la prospérité nationales, les professeurs allemands peuvent encore le devenir de leur propre bien-être (1).

{[) Les traitements fixes des professeurs titulaires allemands varient avec l'importance des universités et les revenus dont elles disposent. La moyenne, dans les facultés de philosophie qui comprennent lettres et sciences, est de près de 7000, avec nn maximum de 15 000 francs et un miuimum de 1875 francs. Ce sont ces traitements que les professeurs gnrdeut jusqu'à la fin de leur vie. Mais ces sommes ne constituent qu'une faible partie des émoluments que touchent les professeurs. A elles s'ajoutent les droits à payer pour la fréquentation des cours et des laboratoires, et ces revenus augmentent naturellement avec le nombre des élèves. Il y a des profcpseurs de chimie d'université qui ne touchent pas moins de 20 000 à 90 000 francs par an. Avec cette organisation, à chacun selon son mérite et selon son œuvre.

N'oublions pas d'ajouter que, pour accroître la considération des professeurs de mérite qui font honneur à la science et au pays, le gouvernement ne marchande pas les distinctions honorifiques dont il dispose. Décorations de toutes sortes, fonctions honoraires de conseiller d'État, de conseiller d'État intime avec le titre d'Excellence, lettres de noblesse, en un mot, tout ce qui peut rehausser l'éclat de l'enseignement supérieur est conféré aux hommes d'élite qui se distinguent par leurs travaux.

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