DEUXIÈME CLASSE. — COLORANTS AZOÏQUES
Le chromophore des colorants azoïques est le groupe Az = Az uni de part et d'autre à deux radicaux carbonés.
Le chromogène le plus simple est C®H* Az = AzG*ff, Tazobenzène, mais le groupe Az = Az peut être contenu deux et même trois fois dans la molécule de chromogène. Exemple :
C«H\ Az = Az.C«H*Az = Az.CW
Benzèneazobenzèiieazobenzèae.
C«H°.Az = Az.C«H*Az = Az.GWAz = Az.C«H».
BenzèneazobenzèneazobeDzëneazobenzène.
Il est facile de concevoir qu'au lieu du noyau benzénique on peut avoir des noyaux naphtaliques G* W,diphényliques G«H*.G«H\ etc
Ges chromogènes sont fortement colorés, mais n'ont aucune affinité pour la fibre ; ils deviennent colorants par l'introduction des groupes auxochromes, AzHSOH, SO^H.
Beaucoup de matières colorantes azoïques, on peut même dire la plupart, renferment deux des groupes auxochromes, et même les trois à la fois.
Les colorants azoïques montrent toutes les nuances, et celles-ci ne dépendent pas seulement de la nature des noyaux aromatiques unis aux groupes Az=Az, mais encore des positions respectives que les radicaux AzH*, OH, SO'H, GO*H occupent les uns par rapport aux autres dans les noyaux.
Gertaines matières azoïques, dérivées des paradia-
mines, de la benzidine et de ses homologues, du diamidostilbène, etc., ont la propriété de teindre les fibres végétales, sans mordants, en bain neutre ou plutôt alcalin. Elles sont appelées, pour cette raison, des matières colorantes substantives.
La cause de cette propriété intéressante n'est pas connue, mais on a observé que, seules, les bases symétriques sont susceptibles d'être transformées en colorants de ce genre.
Il en est ainsi de la paraphénylène diamine, de la benzidine, du diamidoslilbène symétrique, du diamiodoazobenzène symétrique, de la naphtylène diamine a*, a', etc..
Le nombre des colorants azoïques est considérable.
Ainsi que nous l'avons fait remarquer dans le passage consacré à la Société anonyme des matières colorantes de Saint-Denis, c'est à M. Roussin et à M. Witt que l'industrie doit les premières applications des faits découverts par Griess. Aussi les établissements Poirrier et Dalsace fabriquent-ils des nombreux produits azoïques.
Citons les orangés II, II 4 R, IV, le jaune AA, dérivé nitré de l'orangé IV, de la chrysoïdine, du jaune SS, du brun A, de la cérasine.
Du grenat pour impression, produit de l'action de l'acide a naphtylamine disulfonique sur le p naphtol sodé.
Du ponceau NRR^ produit de la copulation du dérivé diazoïque de l'acide a naphtylamine sulfonique sur le sel de soude de l'acide p naphtolsulfonique.
Du ponceau 3RS^ qui est constitué par le sel alcalin de l'acide métaxyloazo p naphtoldisulfonique. .
Du ponceau spécial pour soie, matière obtenue en faisant agir le dérivé diazoïque de Tacide a naphtylaminesulfonique sur Tacide p naphtoldisulfonique.
Le substitut d'orseille, constitué par de Tacide paranitrobenzoazo-a-naphtionate de soude.
La coccéine SB, produit de l'action du dérivé diazoïque de Tamidoazobenzène sur le ^ naphtoldisulfonate de soude.
La chrysoïnej obtenue en diazotant Tacide sulfanilique et copulant avec la résorcine.
Les orangés et jaune M G produits de l'action de l'acide métamidobenzoïque diazoté sur le naphtol et sur la diphénylamine.
Enfin, parmi les composés disazoïques, la Société de Saint-Denis fabrique un noir phénylène (brevet Rosenstiehl-Poi prier), qui prend naissance en diazotant l'acide amidoazonaphtylamine disulfoné et copulant avec la métaphénylènediamine diphénylée symétrique.
Toutes ces matières colorantes azoïques sont plus spécialement destinées à la teinture de la laine en bain acide. Toutes, elles possèdent des caractères franchement acides, le brun A excepté. Elles donnent, pour la plupart, des composés insolubles avec les sels de baryum, strontium, etc. .. Cette particularité donne à ces colorants une grande valeur au point de vue de la fabrication des laques pour papiers peints, pour couleurs, pour la coloration directe des papiers, etc.
Les orangés sont destinés à la teinture de la laine, du papier.
La roccelline à la teinture de la laine et de la soie.
Les ponceaux à la teinture de la laine, des papiers, à la fabrication des laques, à la teinture du cuir; quelques marques sont préparées spécialement pour la teinture de la soie.
Le substitut d'orseille est une matière colorante pour laine, douée de solidité remarquable.
Les coccéines sont les premières matières colorantes que l'on ait employées à la teinture du coton préalablement mordancé en alumine. L'affinité de ce colorant pour le coton était due à la particularité, signalée plus haut, de la formation de combinaisons insolubles avec les sels métalliques.
Le jaune 2A ou orangé IV nitré est une matière colorante tout particulièrement destinée à la soie. Les tons jaunes d'or obtenus sont très appréciés.
Les chrysoidines et les bruns sont des azoïques à caractères basiques, par suite de la présence de plusieurs AzH* libres. Cette constitution permet leur fixation directe sur laine en bain neutre, et surtout sur coton mordancé au tannin.
V orangé et jaune M. G. breveté par la Société de Saint- Denis (Roussin-Rosenstiehl) trouve un grand emploi dans l'impression des tissus ; l'application se fait sur mordant d'alumine et de chrome.
Le noir phény Une ^ invention brevetée delà Société de Saint-Denis (brevet Rosenstiehl-Poirrier), teint la laine en bain neutre ou légèrement acide, en bleu, gris ou noir suivant intensité, s'imprime sur laine légèrement oxydée et se prête à toutes les opérations de rongeage nécessaires à ce genre d'application.
La Société Badoise fabrique également toute une série de colorants azoïques dont voici les noms : chrysoïdine T, vésuvine OOOL, cannelle jaune solide, orangé IV, jaune de métanile ou tropéoline G, jaune brillant S, les orangés II, R et G, les rouges solides A, B et EB, le rouge palatin, le brun de naphtylamine, l'écarlate palatin, le rouge de cochenille, l'écarlate solide, l'écarlate pour coton, le noir brillant ou noir de naphtol, le jaune coton G, le rouge saumon, le rouge de naphtylène, le violet noir, le jaune coton R, le jaune de carbazol, le jaune coton en pâte.
Toutes ces matières colorantes sont bien connues, et se trouvent décrites dans les traités des couleurs tirées du goudron de houille.
Sous le nom de jaune tirant sur mordant [Beizengelbe), la Société Badoise possède un colorant azoïque, dérivé de l'acide salicylique, et qui tire sur la laine mordancée, comme le font les colorants dérivés de l'alizarine. Les nuances sont très solides, et ce produit remplace avantageusement le bois jaune dans les teintures pour laine.
La Société par actions pour la fabrication des couleurs d'aniline, de Berlin, prépare, elle aussi, une série très intéressante des colorants substantifs qui ont été découverts et fabriqués dans ses usines. On sait que toutes ces matières sont des composés disazoïques résultant de la copulation des dérivés diazoïques, de la benzidine, de la tolidine avec des phénols, des aminés, sulfonés ou non sulfonés.
Il en est ainsi des congos brillants G et R, de Vorange
Congo, des congos corinthe G, et B, des bruns Congo, du é?n/n Congo solide, du colorant Erika B.
Le congo rubine, de date récente, s'obtient en diazotant la benzidine et en copulant avec une molécule d'acide naphtionique, puis avec une molécule d'acide naphtolsulfonique 2-8.
On lui attribue la formule
1 ' ^AzH*
I Qll
Ce colorant est très sensible aux acides.