‹ L'industrie chimique: avec figures intercalées dans le texteChapitre 16 sur 140 · ENGRAIS · texte numérisé non relu

ENGRAIS

chimique.

chimique.

Ces chiffres ne s'appliquent naturellement qu'à un nombre restreint d'usines, si l'on considère l'ensemble

(1) Il y en a actuellement (1893) 91

Causes de malaise de l'industrie anglaise. 33

des exploitations en activité ; mais, comme celles-ci vont sans cesse en augmentant tous les ans, on peut en conclure que rindustrie chimique travaille à un taux très rémunérateur dans toute l'étendue de l'Empire. Il ressort encore de ces statistiques que ce sont surtout les industries des produits organiques qui sont les plus prospères, fetit qui coïncide avec la prédilection qu'ont les professeurs allemands pour les études de chimie organique.

Nous disions plus haut que l'industrie chimique anglaise souffrait d'un malaise général comme son émule l'industrie française, et voyait ses exportations diminuer d'année en année.

Malgré leur esprit de négoce et leur sens pratique, malgré l'énergie déployée et les capitaux énormes mis en œuvre, malgré leur merveilleuse organisation commerciale et l'esprit de solidarité qui les anime, en un mot malgré toutes leurs qualités d'initiative, les Anglais sont atteints dans une de leurs industries dont ils sont le plus fiers.

Avec des richesses houillères qui ne sont comparables qu'à celles des États-Unis, des colonies florissantes où ils opèrent un triage minutieux des produits les meilleurs, une flotte puissante qui leur permet d'opérer les transactions à des conditions auxquelles aucun peuple du continent ne peut atteindre, il semblait que les industriels anglais eussent tous les éléments nécessaires pour garder la suprématie qu'ils possédaient au point de vue qui nous occupe.

S'ils peuvent encore lutter avec avantages dans certaines branches de Tindustrie chimique, en particulier dans la grande industrie, cela tient uniquement à des conditions économiques favorables et aux moyens mis en action.

Une usine comme celle de MM. Brunner, Mond et O*, qui fabrique 170,000 tonnes de soude à Tammoniaque par an et qui peut distribuer un dividende de 100 p. 0/0. à SCS actionnaires, comme elle vient de le faire, n'est certainement pas prête à sombrer.

Une Société, constituée au capital de 222 millions de francs dans le genre de ihe United Alcali Company^ avec une fabrication des plus variées et de nombreuses usines où l'on pratique une division intelligente du travail, tout en y maintenant une étroite solidarité, avec un matériel de transport comme celui dont elle dispose, est d'autre part un colosse avec lequel les usines similaires du continent ne peuvent engager qu'une lutte disproportionnée (1).

Comme les industriels allemands, les Anglais ont le sentiment de la force que procure le groupement bien compris des intérêts. Comme eux et sous le nom de Society ofthe C/iemical Induslry^les fabricants de produits <îhimiques de la Grande-Bretagne, sous l'impulsion de

(I) Voir p. 87. Les bén«'?fices de l'exercice 1893 de celte Compagnie oQt atteint 1 3,050, f>.'>0 francs, somme notablement inférieure à celle de l'année précédente. Celte diminution est due au ralentissement des transactions avec les Élats-Uuis et l'Australie, et aux perturbations causées par la grève des mineurs. Vingt-huit des fabriques de la Société ont, à un moment donné, été obligées de suspendre leur travail, par suite de manque de combustible.

Page 1