ORGANISATION DE SOCIÉTÉS
Sir Henry Roscoe, se sont, en 1881, syndiqués en une vaste association ayant son siège principal à Londres, avec des sections à Glasgow, Liverpool, Manchester, Noltingham, Newcastle, Yorkshire, sections ayant chacune son bureau composé d'un président, d'un vice-président et d'un secrétaire. Des réunions fréquentes ont lieu aux sièges de chacune de ces sections; on y discute les intérêts de l'industrie régionale et, souvent, un ou plusieurs membres résument, sous la forme de conférences, les progrès réalises dans une des branches de la chimie appliquée qui intéresse particulièrement cette industrie régionale. Ces conférences, qui donnent presque toujours lieu à des discussions où chacun communique le résultat de ses propres observations, sont ensuite publiées in extenso dans le journal de la Société et établissent ainsi, entre tous les membres de l'association, un courant d'idées et de renseignements éminemment utiles à l'industrie.
Le Journal of Ihe Society of Chemical Industry a encore pour objet de résumer et de grouper sous 24 rubriques, correspondant à autant de parties de la chimie appliquée, les découvertes récentes, les patentes, les améliorations ayant trait à chaque groupe. Les renseignements d'ordre commercial, les importations et les exportations, les cours des produits intéressant l'industrie chimique, sur les différents marches du monde, complètent ce recueil, qui est un modèle dans son genre et qui n'a pas son pareil, même en Allemagne,
Tous ces efforts combinés n'empêchent cependant pas l'industrie anglaise, considérée dans son ensemble, d'être
distancée par l'industrie allemande, sa rivale. Tout récemment encore, dans une conférence faite à Manchester, le ^ novembre 1893, M. Ivan Levinstein a dû reconnaître que « la benzine a vu baisser beaucoup ses coiïrs. Les exportations d'Angleterre en Allemagne n'ont imt que décroître continuellement, dans certains dis- Iriicts elles ont même cessé complètenient. Ceci provient de €«• que, sur le continent et particulièrement en Allemagne, on a installé des fours à coke, qui permettent de recueillir les produits de la distillation. On connaît en Allemagne et en Autriche plus de 3,000 fours à coke qm fournissent, même aux cours actuels du benzène, un. bénéfice net de plus de 10 millions de francs. »
Aujourd'hui c'est le benzène dont elle perd le bénéfice de la vente ; demain ce sera le tour d'un autre produit, et il en sera ainsi tant que l'industrie anglaise n'aura pas conclu una pacte étroit avec la science pure, dans la personne de ehimistes instruits et ayant l'esprit d'initiative.
Les conseils et les exhortations dans cette voie ne lui ont cependant pas manqué, car, dès 1885, un de ses chimistes industriels les plus éminents, un de ses initiateurs, M. W. H. Perkin, dans un discours prononcé en prenant possession de la présidence de la Société chimique industrielle de Londres (1), disait « D'autre part nous
poDTons nous convaincre que l'industriel allemand sait reconnaître et apprécier la valeur de ses chimistes. Il ne dédaigne pas non plus la chimie théorique comme on a le tort de le faire dans notre pays.
(I) Moniteur scientifique j année 1885, p. 1071.