Chemische Fabrik Griesheim, à Francfort
sur-le-Hein.
Cette Société par actions, 3ont le siège est à Francfort-surle-Mein, maisdontrusinelaplusimportanteestà Griesheimsur-le-Mein, est une des plus importantes maisons de ce genre en Allemagne.
Fondée en 1856 avec un capital-actions de 500,000 francs^ elle s'occupa, à ses débuts, du traitement des déchets d*or et d'argent, et fut ensuite une des premières à entreprendre la préparation des engrais artificiels.
En 1858, elle doubla son capital-actions pour monter la fabrication de la soude Leblanc. En 1863, elle développa la production de l'acide sulfurique et porta son capital à 1,250,000 francs. En 1864, elle installa le procédé Schaffner pour la récupération du soufre des résidus de soude. En 1865, elle substitua aux pyrites de Westphalie celles du Rio-Tinto. En 1871, elle augmenta son capital qu'elle porta à 1,500,000 francs; puis, en 1872, il atteignit 2,250,000 francs.
L'introduction du traitement des huiles d'aniline, en 1884, nécessita une nouvelle augmentation de capital qui fut porté à 3,375,000 francs. En 1886, la Société construisit une annexe à Kuppersteg.
Dès l'année 1885, elle monta dans ses usines l'intéressant procédé de fabrication d'acide sulfurique monohydraté, procédé basé sur la congélation de l'acide ordinaire.
Dans la même année, elle institua les premiers essais de décomposition électrolytique des chlorures alcalins, dans le but de préparer le chlore et les alcalis caustiques
C'est à la fabrique de Griesheim qu'appartient le mérite d'avoir, la première, après une série de tâtonnements qui ont duré cinq ans, résolu industriellement ce problème important. La matière première employée est le chlorure de potassium de Stassfûrt, qu'elle décompose en potasse caus-
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tique très pure, d'une part, et en chlore, d'autre part. Ce dernier est ensuite converti en chlorure de chaux.
En 1888, la Société entreprit la fabrication des chromâtes et, en 1889, elle fonda une seconde annexe à Spandau, dans le but de préparer des acides sulfurique et azotique très concentrés, qui ne devaient pas tarder à servir à la fabrication d'explosifs. Cette nouvelle branche de fabrication nécessita une nouvelle augmentation de capital qui atteint actuellement 5 millions de francs.
Le développement successif de cette importante maison est une image en petit de la marche ascendante de toute l'industrie chimique allemande, dans la même période de temps.
La fabrique de Griesheim possède actuellement un personnel de 18 chimistes, 10 employés supérieurs et 900 ouvriers.
28 chaudières sont en marche et la consommation annuelle en charbon atteint 65,000 tonnes.
La production est évaluée à près de 10 millions de francs par an, et comprend les produits de la grande industrie, les huiles d'aniline et les explosifs. Parmi ces derniers, la deinite est une spécialité de la maison.
La fabrique de Griesheim montre ses produits d une façon originale et suggestive : les matières sont divisées en quatre groupes, et, à la tête de chaque groupe, se trouve un poids déterminé de la matière première dont la transformation aboutit au poids, représentant le rendement industriel, du produit final.
Des chaînettes et des flèches partant des vases qui contiennent les matières premières, se ramifient aux produits intermédiaires et se terminent finalement aux corps qu'on a «n vue d'obtenir.
Premier groupe. — Représentation génétique de la fabrication des acides et des bases.
Point de départ : 1 kilogramme de pyrite de fer.
1° Matières premières, — Salpêtre, pyrite, sel gemme, cal-
Caire, charbon pour la réduction, fer chromé, chlorure de potassium;,
2^ Produits intermédiaires et adjuvants . — Bisulfate, sulfate, acide azotique à 40 degrés Baume, résidus de pyrites, soude brute, salpêtre, chaux vive, acide chlorhydrique à 20 degrés Baume, fritte chromée, sulfate, acide sulfurique à 66 degrés Baume, chlorure de sodium ;
3*> Produits finaux» — Acide azotique à 48 degrés Baume, acide sulfurique à 66 degrés Baume, acide chlorhydrique à 20 degrés Baume, soufre des résidus de soude, soude caustique, carbonate de soude cristallisée, soude calcinée à 98 p. iOO, bichromate de soude, bichromate dépotasse.
Deuxième groupe. — Représentation génétique de la fabrication de l'aniline.
Point de départ : 3 kilogrammes de benzine.
i° Matières premières, — Benzine brute, benzine à 90 degrés et benzine à 50 degrés ;
2'» Produits intetmédiaires , — Benzine, toluène, xylène, naphte, huile à gaz, sulfure de carbone provenant de la benzine ;
3® Produits nitrés, — Nitrobenzihe, dinitrobenzine, trinitrobenzine, nitro toluène, orthonitrotoluène, paranitrotoluène, dinitro toluène, trinitrotoluène, nitroxylène ;
4* Produits amidés, — Aniline, sel d'aniline, toluidine, ortholuidine, paratoluidine, xylidine.
Troisième groupe. — Représentation génétique de la fabrication électroly tique.
Point de départ : 2 kilogrammes de chlorure de potassium.
i^ Matières premières : — Chlorure de potassium, chaux;
2<* Produits finaux. — Chlorure de chaux, lessive de potasse à 50 degrés Baume, potasse caustique solide à 90 p. 100.
Quatrième groupe. — Représentation génétique de la fabrication des explosifs.
Point de départ : 1 kilogramme de benzine, 1 kilogramme de toluène, 1 kilogramme de phénol.
!« Matières premières. — Benzine, toluène, phénol ;
2^ Produits intermédiaires. — Dinitrobenzine, acide phénolsulfonique, dinitrotoluène ;
3<» P}*oduits finaux. — Trinitrobenzine, trinitrophénol, trinitrotoluène, deinite.
4. Chemische Kalk-Fabrik Gesellschaft, mit beschraenkter Haftung, anciennement Forster et Grûneberg, à Cologne (sur le Rhin).
Cette Société a pris la suite de la maison Forster et Grûneberg, dont le nom est intimement lié au développement de rindustrie de la potasse en Allemagne.
La maison mère fut fondée en 4858 par J. Forster aîné et le docteur H. Grûneberg qui, avec 12 ouvriers, commencèrent à fabriquer du salpêtre par double décomposition entre Tazotate de soude du Chili et la potasse brute. Cette fabrication a été faite primitivement par Grûneberg, à Stettin, du temps de la guerre de Crimée. Le salpêtre obtenu ainsi , était, à cette époque, inconnu dans la région du Rhin, et la Société parvint à l'introduire dans les fabriques de poudre les plus importantes, où il remplaça le salpêtre tiré de l'Inde.
En 4861, lorsque la fabrication du chlorure de potassium se développa à Stassfûrt, la maison Forster et Grûneberg eut l'idée de préparer de la potasse par le procédé Leblanc. D'autre part, les sels impurs et peu riches en potasse furent transformés en engrais, et à cette industrie s'ajouta celle des superphosphates et des engrais complets (4864) ; la maison entreprit dans le même but, le traitement des eaux ammoniacales de l'usine à gaz de Cologne.
La consommation de l'acide sulfurique venant à augmenter, on monta une fabrication de cet acide.
En 4883, on sépara la fabrication des superphosphates, qui passa entre les mains de la Société Scheibler et Cie, de (jologne, société à laquelle Forster et Grûneberg restèrent
intéressés. Enfin, en 1892, l'ancienne Société fut transformée en celle qui existe actuellement.
Après des débuts très modestes, la maison Forster et Grûneberg est devenue dans son genre, une des fabriques les plus importantes de T Allemagne.
Son capital de fondation est de 5,625,000 francs.
700 ouvriers sont occupés dans ses principales usines à Kalk, près de Cologne, et à Leopoldshall, près de Stassfûrt.
25 chaudières d'une surface de chauffe de 1,700 mètres carrés, 22 moteurs à vapeur, 1 moteur à gaz assurent la force motrice nécessaire à la marche des usines dans lesquelles la consommation de charbon atteint annuellement 63,000 tonnes.
8 chimistes et 25 employés supérieurs veillent à la direction des établissements.
Les matières premières sont, en première ligne, celles tirées des mines de Stassfûrt : carnallite, sylvinite, kaïnite ; puis, le chlorure de potassium, du salpêtre du Chili, de la pyrite, du sulfate de baryte, de Teau ammoniacale des usines à gaz. A l'usine de Leopoldshall-Stassfûrt on produit les chlorure et sulfate de potassium ; à Kalk, du salpêtre, de l'acide sulfurique, des acides azotique et chlorhydrique, de la potasse, de la soude, du cyanure jaune, du chlorure de baryum, du soufre, des préparations ammoniacales, tous produits qui ont figuré à l'Exposition.
5. Stassfûrter cbemische Fabrik, vorm. Forster et Grûneberg, à Stassfûrt.
Comme son nom l'indique, cette fabrique est Tune de celles fondées en 1862 par MM. Forster et Grûneberg. Elle fut constituée en Société par actions au capital de 1 ,897,500 fr. en 1881. En 1883, cette nouvelle Société prit part à l'exploitation des mines de sels de potasse Louis II, et augmenta dans ce but son capital, qui est actuellement de 3,750,000 francs.
Elle possède 3 usines, reliées au chemin de fer de la région par une voie étroite et deux voies normales ; 9 employés supérieurs et 4 chimistes sont chargés de la direction des établissements, dans lesquels sont occupés 150 ouvriers, don^ 10 femmes.
12 chaudières de 500 chevaux et 14 moteurs à vapeur de 180 chevaux sont installés dans ces usines.
Les matières premières utilisées sont la carnallite, la potasse^ la pyrite, le salpêtre, la chaux.
Les produits fabriqués, dont la valeur est estimée annuellement à 1 ,362,500 francs, sont du chlorure de potassium, les chlorure et sulfate de magnésie, du sulfate double de magnésie et de potasse, du sulfate de soude, de Tacide sulfurique, du brome, des dérivés bromes, du ferrocyanure de potassium, du cyanure de potasssium, du cyanate de potassium, de Turée. Comme nous le verrons plus loin, la maison a un brevet spécial pour la production de ces dernières substances.
C'est dans ces usines que M. H. Grûneberg introduisit, le premier, la fabrication industrielle du sulfate de potasse, en partant de la kiesérite qui fut traitée par du chlorure de potassium. C'est aussi dans cette même fabrique que l'on tenta pour la première fois la transformation rationnelle de la carnallite en chlorure de potassium. Le procédé employé est encore appliqué dans la plupart des autres usines.