‹ L'industrie chimique: avec figures intercalées dans le texteChapitre 3 sur 140 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

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La plupart des nations qui ont pris part à l'Exposition Colombienne ont tenu à montrer les produits de leur industrie chimique nationale.

Chacune y a exposé les matières qui lui sont propres, celles que la nature et la situation économique du pays lui permettent d'exploiter et de fabriquer dans les meilleures conditions.

Les États-Unis ont étalé avec un véritable luxe des spécimens de leurs richesses minières et de leurs produits métallurgiques; d'autres États, plus modestes, comme l'Italie, la Bulgarie, ont montré certaines huiles essentielles, qu'une nature privilégiée leur permet de produire sur une vaste échelle et à des prix relativement rémunérateurs.

Il est enfin des contrées dont l'exposition a présenté un caractère plus varié. Ce sont celles dont l'industrie chimique est arrivée à un complet épanouissement, grâce, non seulement à leur situation géographique, à

leurs ressources minières et à Textension donnée à leur commerce, mais encore et surtout à une longue suite de traditions et aux efforts constants et soutenus d'une élite d'hommes instruits, entreprenants et toujours à la recherche de perfectionnements nouveaux.

A l'heure actuelle, on peut dire que ce sont encore les nations de l'ancien monde, et en particulier celles qui, depuis plus d'un siècle, ont intellectuellement contribué à poser les assises de la science chimique, qui sont les arbitres de cette branche de l'activité humaine.

Ce serait se nourrir des plus graves illusions que de croire qu'il en sera toujours ainsi. D'autres peuples comme la Russie, les États-Unis, avec l'esprit d'initiative qu'ils possèdent, ne manqueront pas, en effet, d'entrer en lice, dans un avenir prochain.

Pour ne citer que l'Amérique, aucun pays du monde n'a plus de richesses naturelles (1) que cette région fortunée, et aucun n'est en mesure de produire dans des conditions de meilleur marché, le jour où il aura un personnel suffisant d'hommes instruits et au courant de l'industrie européenne, et où finira le régime artificiel sous lequel il vit depuis tantôt un demi-siècle.

Un exemple seulement, emprunté à l'industrie métallurgique, suffira pour corroborer ce que nous venons

(1) Au poiut de vue spécial qui nous occupe, ou peut affirmer que les États-Unis possèdent dans leurs mines, d'une richesse incomparable, toutes les matières premières nécessaires à Tindustrie chimique. Un seul élément, la potasse, leur fait jusqu'à présent défaut ; depuis que les AméricaïDS ont anéanti une grande partie de leurs forêts, ils se trouvent tributaires de l'Allemagne qui, avec ses gisements de StassrUrt, est la dispensatrice de potasse du monde entier.

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