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CARBONATE DE POTASSE

Pendant longtemps, la plus grande partie du carbonate de potasse consommé en Europe venait des États- Unis et nous était livrée sous le nom de potasse d'Amérique, Boston fut le premier lieu d'entrepôt et la Nouvelle- Angleterre eut, durant une période assez longue, le monopole de ce produit. A mesure qu'on détruisait les forêts dans l'Est, le centre de la production se porta d'abord en Pennsylvanie, puis dans l'Ohio, le Kentucky, l'Indiana et les autres États du Nord de

l'Union. La disparition partielle des forêts a presque épuisé la source de potasse; aussi ne Texploite-t-oa plus guère que dans certaines parties du Michigan et en plus grande masëe dans le Canada.

L'exportation de ce produit ne se fait plus, et celui qui est vendu sur place a une composition très variable et renferme souvent, comme impuretés, du chlorure de sodium et de la chaux.

Ces impuretés proviendraient d'une addition de ces substances au produit fondu, addition que les ouvriers ont l'habitude de faire depuis de longues années, non dans le but d'augmenter le rendement ou de favoriser la décomposition des silicates, mais pour obtenir une matière d'un plus bel aspect. Des analyses effectuées sur 60 échantillons de potasse d'Amérique, préparées d'après ce procédé, ont accusé de 16 à 84 p. 100 de potasse (J. U. Lljoljd).

Le carbonate de potasse employé actuellement sur le continent est obtenu principalement avec le procédé Leblanc, monté dès 1863, par la maison Forster et Grûneberg. Le chlorure de potassium qui sert à cette fabrication est tiré des sels de Stassfttrt.

M. Jannasch (D. R. P. n** 51,224) a décrit et fait breveter un procédé de préparation de carbonate de potasse en partant de la kaïnite (K*SO\ MgSO*, MgCl',6H«0).

Il soumet ce minéral à une série de traitements, pour le débarrasser de la magnésie, de façon à obtenir un sulfate de potasse pur. ir dissout 41 kilogrammes de

sulfate dans 41 litres d'eau, et ajoute peu à peu à la solution bouillante 20 kilogrammes de withérite (CO^Ba) en poudre fine. Il y a double décomposition, et, aussitôt qu'elle est complète, on décante la lessive alcaline et Ton évapore. On obtient environ 34 kilogrammes de carbonate de potasse pur. Quant au sulfate de baryte, second produit de la double décomposition, il suffit de le laver et de le livrer comme blanc fixe. On en obtient environ 40 kilogrammes.

BIOXTDE DE SODIUM.

Ce composé, de date récente, est vendu en Amérique par la maison Rôssler et Hasslacher et C'% de New- York, qui le tient probablement de The Aluminium Company y de Londres. C'est en effet M. H. Y. Castner, directeur de ladite Compagnie, qui a pris un brevet sur la préparation de ce produit, vers la fin de l'année 1892.

Ce corps n'était, jusqu'à ces derniers temps, qu'un produit de laboratoire. Comme le peroxyde de potassium, le bioxyde de sodium a été découvert par Gay- Lussac et Thénard en 1810. L'étude de ces corps a été reprise en 1862 par Vernon Harcourt, qui les préparait en chauffant, sur une coupelle d'argent, les métaux alcalins dans un courant d'oxygène.

M. Carrington Bolton, en 1886, montra que les mêmes oxydes se forment quand on fait tomber des fragments de potassium ou de sodium dans du nitrate de potasse ou de soude fondu.

Mais c'est à M. Caslner qu'appartient le mérite d'avoir fabriqué industriellement ce produit.

On sait que c'est à ce savant qu'on doit également un procédé économique de préparation du sodium, procédé qui avait été imaginé pour la fabrication industrielle de l'aluminium. Ce métal se préparant actuellement par voie électroly tique, il fallut trouver un emploi au sodium produit dans les usines de The Aluminium Company; la consommation actuelle de ce métal étant assez restreinte, on le transforme en peroxyde de sodium.

Nous verrons plus loin qu'il sert aussi à la préparation d'un cyanure de potassium et de sodium.

La méthode de fabrication des peroxydes des métaux alcalins, imaginée par M. Castner, consiste à soumettre ces métaux, contenus dans des récipients en aluminium (tout autre métal ou matière étant attaqué) chauffés à 300 degrés, à l'action progressive d'un mélange d'oxygène et d'azote, le métal pur commençant à être oxydé par l'air presque privé d'oxygène, et l'oxyde, presque complètement oxydé, étant traité ensuite par de l'air contenant tout son oxygène.

Ce procédé est mis en œuvre dans un appareil spécial, dont il est difficile de donner la description si elle n'est pas appuyée par une figure.

Le peroxyde ainsi obtenu se présente sous la forme d'une masse jaunâtre pulvérulente et renfermant encore souvent des particules de sodium non oxydé. Il se dissout dans l'eau avec élévation de température et dégagement d'une certaine quantité d'oxygène qui provoque la toux.

Ce composé peut être employé indirectement pour le blanchiment des fibres textiles, car son alcalinité rendrait son application directe difficile.

La maison de Haen a, en effet, pris un brevet sur l'emploi simultané du peroxyde de sodium et du sulfate de magnésie. Il est probable qu'il se forme par double décomposition du peroxyde de magnésium qui joue le rôle d'agent de blanchiment (1).

CYANURES.

L'industrie des cyanures a pris une importance considérable depuis qu'on utilise la propriété qu'ils possèdent de dissoudre l'or, pour extraire ce métal de ses minerais.

La Deutsche Gold und Silber Scheide Anstalt^ dont la maison Rôssler et Hasslacher de New- York fait partie, exploite un procédé de préparation de cyanure en partant du prussiate de potasse.

Le cyanure jaune est converti en un produit qu'elle vend sous le nom de cyanure de potassium^ bien qu'il soit un mélange de ce cyanure avec du cyanure de sodium.

Le procédé primitif de préparation du cyanure consiste à calciner le prussiate jaune bien desséché, à lessiver le produit de la calcination, à évaporer. les liqueurs et à faire cristalliser. Dans cette opération, un

(1) Pour plus de détails voir les articles de M. Prud'homme. {Moniteur scientifique, 1892, p. 495 et 869.)

tiers du cyanure se perd sous forme de carbure de lev et d'azote :

(GAz)«Fe^K = 4CAzK + C'Pe + Az.

Pour éviter cette perte, Lîebig conseilla d'opérer la calcination en présence de carbonate de potasse sec. Dans ces conditions, on fixe en effet la presque totalité du cyanogène sur le potassium :

(CAz)«FeK* + CO»K« = 6CAzK + CO^ + FeO.

Mais le produit ainsi obtenu a l'inconvénient de renfermer du carbonate de potasse, ainsi que du cyanate de potasse provenant de l'action de l'oxyde de fer sur le cyanure formé.

Pour obtenir un produit plus riche en cyanogène, la maison Rôssler et Hasslacher emploie un procédé ingénieux dû à des circonstances particulières.

On sait que le procédé industriel de fabrication de l'aluminium, basé sur la réaction de De ville, nécessite l'emploi du sodium.

On a donc cherché, il y a quelques années, alors que seule la méthode de Deville était en usage, à produire le sodium à bon marché. Grâce aux perfectionnements introduits dans cette fabrication par Netto, Castner, etc. , ces industriels sont parvenus à livrer le métal alcalin à un prix variant de 3 à 4 francs le kilogramme. Mais le jour où les usines de Froges, en France, de Neuhausen, en Suisse, et celles d'Amérique ont pu produire l'aluminium par voie électrique, le marché du sodium s'est

trouvé restreint, et il a fallu chercher un nouveau débouché pour ce métal.

Son emploi pour la fabrication de Tantipyrine et du bioxyde de sodium est en effet très limité, tandis que son introduction dans, la fabrication des cyanures permet de prévoir un écoulement relativement important, étant donné qu'on emploie les cyanures dans la métallurgie de ror(l).

La Société Rôssler et Hasslacher prépare donc son cyanure de potassium^ en faisant agir du sodium sur le ferrocyanure de potassium pulvérisé et bien desséché, ainsi que le montre l'équation suivante :

(CAz)«FeK* + Na» = Fe + (CAzK)^(CAzNa)«.

Le cyanure ainsi produit renferme quatre molécules de cyanure de potassium et deux molécules de cyanure de sodium. Il est vendu sous le nom de cyanure de potassium à 98-100 p. 100, le cyanure étant compté comme sel de potassium. Étant donné le poids molécuculaire du sodium, ce cyanure double, s'il était pur, devrait être plus riche en cyanogène que le cyanure de potassium, et, alors, 100 grammes de ce produit devraient correspondre à 106 grammes environ de CAzK pur.

(I) En 1893 on a évalué à 700 000 onces la quantité d'or extrait par le procédé au cyanure, et on vend ce dernier couramment au Transvaal à 1 sch. 10, la livre (à 75 p. 100).

Hallbh. — Industrie chimique. 8

FERROCTANURE DE POTASSIUM OU PRUSSIATE PUR.

II y a une dizaine d'années, presque tout le cyanure jaune employé dans l'industrie était fabriqué par le procédé qui date du siècle passé, et qui consiste à calciner des matières organiques azotées (déchets de corne, cuir, laine, etc.), avec du carbonate de potasse, le produit de la calcination étant ensuite traité par du sulfate de fer et lessivé. Tel est le principe de l'ancien procédé, qui à naturellement été modifié dans des détails depuis qu'on l'emploie.

A côté de ce procédé, on fabrique, depuis quelques années, de grandes quantités de prussiate avec l'azote de la houille.

Dans la distillation de la houille pour la fabricatiûxx du gaz de l'éclairage, une petite partie de l'azote qu'elle contient se dégage sous forme de cyanure d'ammonium.

D'après W. Forster (1) :

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