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50 p. 100 passent dans le gaz d'éclairage.

L'eau des scrubbers ne retient qu'une petite quantité de ce cyanure d'ammonium, parce que l'acide carbonique, qui se trouve toujours en excès dans le gaz, met l'acide cyanhydrique en liberté. Ce dernier reste dans le gaz avec une partie de l'acide carbonique et l'acide sulfhydrique.

Pour débarrasser le gaz de l'hydrogène sulfuré, on le soumet à l'épuration sèche, c'est-à-dire qu'on le fait passer lentement à travers des couches épurantes. Cellesci sont constituées par des couches d'oxyde de fer hydraté, fort poreux, qui absorbe l'hydrogène sulfuré et une notable portion de l'acide cyanhydrique.

Quand le gaz ne contient plus que de faibles quantités d'ammoniaque , l'acide cyanhydrique absorbé par l'oxyde de fer produit des ferrocyanures de fer et d'ammonium insolubles. La présence d'une fortje quantité d'ammoniaque est défavorable à la formation des ferrocyanures et favorise la production desulfocyanures(l).

La richesse des matières épurantes en ferrocyanure

dépend donc considérablement du bon lavage du gaz

dans les scrubbers et, en général, de l'installation de

l'usine.

Elle dépend, en outre, de la nature de la houille, de

(1) Leybold, Wagner, Jahresherichte, 1890, p. 117.

la température de la distillation, ces deux derniers points ayant une connexion étroite avec le pouvoir éclairant du gaz imposé par les municipalités. La richesse des matières épurantes eu ferrocyanure dépend, en somme, d'une quantité de facteurs et varie beaucoup selon les différents pays.

En général, peu d'usines cherchent à produire des matières épurantes particulièrement riches en ferrocyàhure. Dès que les matières épurantes sont épuisées, c'est-à-dire n'absorbent plus l'hydrogène sulfuré, elles sont vendues aux fabricants de prussiate.

Procédés de fabrication desprussiates, — Ces matières sont transformées de différentes manières en prussiates.

Quelques usines commencent par extraire le soufre au moyen du sulfure de carbone, tant pour produire ce corps, que pour faciliter l'extraction ultérieure du prussiate.

Le soufre obtenu est coloré en noir par du goudron, contenu également dans les matières épurantes. On ne peut l'employer dans cet état que pour quelques usages restreints.

La purification de ce soufre noir est assez coûteuse, et, en résumé, cette extraction n'est pas trop rémunératrice.

Dans d'autres usines on commence par extraire les sels ammoniacaux solubles par un lessivage méthodique à l'eau chaude. La liqueur obtenue par ce lessivage contient du sulfocyanure d'ammonium et du sulfate d'ammoniaque. Elle sert, suivant les débouchés, à la fabrication de sulfocyanure et de sels ammoniacaux,

OU uniquement à la fabrication de ces derniers ou d'ammoniaque.

Les sulfocyanures n'ont pas grand emploi dans l'industrie. On s'en sert en partie comme mordant (sulfocyanures d'alumine, d'étain) dans la teinture, en partie (sulfocyanure de cuivre) comme peinture sous-marine pour les bateaux. En réalité, on n'emploie qu'une petite quantité des sulfocyanures contenus dans les matières épurantes.

Les ferrocyanures des matières épurantes sont insolubles dans l'eau et ne sont pas enlevés par le lessivage à l'eau chaude.

Pour les extraire, on traite les matières épurantes avec de la soude, de la potasse ou de la chaux caustique. L'extraction à la soude ou celle à la chaux sont le plus souvent usitées.

Pour l'extraction à la chaux (brevet Kunheim), on mélange les matières épurantes séchées avec de la chaux, on chauffe ce mélange à la vapeur dans des vases clos.

Les ferrocyanures insolubles se transforment par cette opération en ferrocyanure de calcium soluble, qu'on peut extraire maintenant par un lessivage à l'eau.

On ajoute à la solution de prussiate de chaux, obtenue par ce lessivage, du chlorure de potassium, et l'on porte le liquide à l'ébullition pour précipiter le ferrocyanure double de chaux et de potasse, qui est presque insoluble dans l'eau. On sépare ce sel de l'eau mère restante, et on le traite avec une solution de carbonate de potasse. On obtient ^ainsi, à côté de carbonate de

chaux insoluble, une liqueur de prussiate de potasse qu'il suffît de faire cristalliser.

Quelques usines transforment la solution de ferrocyanure de potassium en bleu de Prusse par précipitation avec un sel de fer. En traitant ce bleu par de la potasse caustique, on obtient facilement des solutions de ferrocyanure de potassium assez pures, qui, par évaporation, fournissent le sel cristallisé.

Après l'extraction du prussiate de chaux, la matière épurante contient encore du soufre à côté d'oxyde de fer, de sulfate de chaux, de sciure de bois et d'autres matières inertes.

L'utilisation de ce soufre n'est guère rémunératrice, par suite de la présence de matières goudronneuses ; aussi ne trouve-t-il pas d'emploi dans la plupart des cas.

Quelques usines se servent cependant de ce résidu pour la fabrication de l'acide sulfurique. A cet effet, on le brûle dans des fours, analogues aux fours à pyrite Malétra, en prenant la précaution d'y ajouter de grandes chambres à poussière, parce que l'oxyde de fer des matières épurantes est facilement entraîné par les gaz, par suite de sa légèreté.

Les matières goudronneuses, la sciure de bois, le coke, que ce résidu contient, brûlent avec le soufre, de sorte que les gaz renferment 2 à 4 p. 100 d'acide carbonique.

Ce traitement présente, en outre, un autre inconvénient: comme il est impossible d'ajouter aux matières brutes juste la quantité de chaux nécessaire pour les

transformer en prussiate, elles renferment toujours un excès de cette base, excès qui se retrouve dans le résidu. Or, lors de la combustion de ce résidu pour en utiliser le soufre, une partie de l'acide sulfureux se perd par suite de sa combinaison à la chaux. Il faut donc, en résumé, travailler iavec des gaz moins riches en acide sulfureux que ceux provenant de la combustion de la pyrite, et employer, par conséquent, un plus grand volume de chambres.

En Angleterre, on fabrique beaucoup d'acide sulfurique avec des matières épurantes ne contenant presque pas de cyanure, mais très riches en soufre, sans leur faire subir de traitement en vue d'extraire du prussiate. Cette fabrication est plus facile que celle opérée avec les résidus, parce que les matières anglaises contiennent parfois, à l'état brut, plus du double de soufre que n'en renferment ces résidus, le traitement à la chaux en enlevant une certaine quantité.

Ainsi que nous l'avons fait remarquer plus haut, la richesse des matières épurantes varie beaucoup dans les diflférents pays. Aussi leur traitement, en vue de la fabrication des prussiates, a-t-il pris un essor variable dans les divers pays industriels.

C'est en France, en Allemagne et en Belgique que l'on trouve généralement les matières les plus riches en ferrocyanure ; aussi est-ce dans ces pays que cette fabrication a pris le développement le plus considérable. La concurrence aidant, on emploie actuellement toutes les matières tant soit peu utilisables de ces contrées.

aO PRODUITS DE LA GRANDE INDUSTRIE.

France, — A TExposition de 1889 de Paris, figuraient deux fabricants de prussiate français, et tous deux travaillaient d'après ce procédé: ce sont M. Camille Arnou), à Saint-Ouen, et la Société des mines de Bouxwiiler, ayec son usine de Laneuveville-devant-Nancy. Ces fabricants emploient la plus grande partie des matières épurantes de France.

En France, personne ne fabrique plus de prussiate au moyen de l'ancien procédé de calcination de matières azotées avec la potasse.

Allemagne. — La fabrication par le nouveau procédé y a pris un grand développement. Toutefois on prépare encore quelques centaines de tonnes de prussiate avec le vieux procédé.

Angleterre, — La plupart des usines anglaises ont à fournir un gaz à pouvoir éclairant plus grand que celui qu'on exige des usines du continent. La distillation de la houille se fait donc à une température plus basse ; de plus, le charbon anglais produit moins de cyanure que la houille allemande, par exemple, de sorte que le gaz anglais n'en produit pas beaucoup, et, partant, les matières épurantes en sont très pauvres. Enfin, comme beaucoup d'usines anglaises ont à éliminer du gaz d'éclairage, en sus de l'hydrogène sulfuré, le sulfure de carbone, un assez grand nombre d'entre elles épurent Te gaz à la chaux.

11 résulte de tout cela que, bien qu'on ait fait, en Angleterre, de nombreux essais de fabrication de prus-

siate au moyen de matières épurantes, cette fabrication n'a pas pu y prendre pied, et Ton y fabrique actuellement le prussiate toujours d'après Tancien procédé.

Autriche. — Les matières épurantes y sont pauvres en ferrocyanures, aussi les fabricants n'ont-ils pas abandonné le procédé de calcination, d'autant plus que ce pays fournit les déchets azotés à bon compte.

États-Unis d'Amérique, — Les Etats-Unis possèdent plusieurs fabriques de cyanure jaune, qui travaillent toutes au vieux procédé.

Par suite de la présence d'énormes quantités d'anthracite dans ce pays, l'industrie gazière s'y est développée d'une manière toute différente qu'en Europe, et ne produit guère de ferrocyanure.

FERROGTANURE DE SODIUM.

(FeCy6Na* + 10H2O.)

A côté du prussiate de potassium, on fabrique des quantités relativement plus petites de la combinaison sodique.

Ce produit ne s'obtient pas d'ailleurs par le vieux procédé de calcination, pèirce que les rendements sont moins favorables qu'avec la potasse, mais uniquement avec les matières épurantes.

Le prussiate de soude n'a du reste trouvé qu'un débouché assez limité, parce qu'il donne des nuances

verdâtres dans la fabrication du bleu de Prusse, et des nuances douteuses dans la teinture en noir de la soie.

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