‹ L'industrie chimique: avec figures intercalées dans le texteChapitre 6 sur 140 · IMPORTATIONS. — EXPORTATIONS · texte numérisé non relu

IMPORTATIONS. — EXPORTATIONS

Pour se faire une idée de rimportance de la fabrication des produits chimiques, couleurs, etc., il faut séparer ces derniers des matières premières qui servent à cette fabrication, et nous arrivons alors, pour Tannée 1892, au résultat suivant :

Importations. Exportations.

Matières premières (y compris pour 80, 720,000 fr. de nitratedesoudeimporté). 195,745,000 fr. 38,905,000 fr.

Produits fabriqués 137,^11,000 328,648,750

Ainsi, pour cette année 1892, l'exportation des produits fabriqués l'emporte d'une somme de 191 millions sur l'importation.

Dans ces chiffres ne sont pas compris les huiles, ni les sucres. Pour ces derniers, les statistiques accusent, pour l'année 1890, une différence de 273,595,000 francs au profit de l'exportation.

Grande-Bretagne, — Sous la rubrique produits chimie gués et matières propres à la teinture, les statistiques anglaises fournissent les chiffres suivants :

Importations. Exportations.

1890 204,759,725 fr. 224,146,225 fr.

Comme en Allemagne, les exportations sont supérieures aux importations, mais, à l'inverse de ce qui se passe dans ce pays, les exportations de la Grande- Bretagne tendent à diminuer progressivement.

Les quelques chiffres que nous venons de donner sont assez éloquents pour se passer d'un plus long com-

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mentaire. Ils montrent surabondamment les positions respectives qu'occupent, à l'heure actuelle et au point de vue qui nous intéresse, les trois nations rivales.

Ces changements dans l'équilibre industriel n'ont cependant pas été brusques comme on serait tenté de le croire. Ils ont été lents et progressifs. L'essor de l'industrie chimique allemande date du commencement de la seconde moitié du siècle. Avant cette époque, la France et l'Angleterre détenaient le monopole de l'industrie chimique. Elle se partageaient le marché du monde et étaient les nations initiatrices d'où partaient la plupart des découvertes et améliorations.

Presque toujours les idées premières jaillissaient en France, mais recevaient leur première application en Angleterre.

Tant que nos besoins se bornaient aux produits de la grande industrie chimique et que Ton demandait à la nature les colorants, les médicaments, les parfums nécessaires à la consommation, la science chimique de l'industriel pouvait être relativement limitée.

Les ingénieurs sortant de nos écoles spéciales étaient suffisamment préparés pour diriger les usines et améliorer les procédés de fabrication, d'autant plus que ces améliorations étaient la plupart d'ordre mécanique.

Mais le jour où la chimie a élargi son domaine, où par ses procédés synthétiques elle s'est posée en concurrente de la nature, où elle s'est mise à exploiter cette mine qu'on appelle goudron de houille^ où elle s'est imposée à la médecine et à l'hygiène, où enfin elle a forcé la porte de beaucoup d'autres industries où

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