‹ L'industrie dans la Grèce ancienne (volume 2)Chapitre 10 sur 52 · CONSTRUCTION DES FORTIFICATIONS · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION DES FORTIFICATIONS

Le discours d'Eschine contre Ctésiphon nous donne divers renseignements à ce sujet. Sous l'archontat de Chairondas, Démosthène propose de réunir les tribus. Chacune d'entre elles choisira des commissaires pour diriger le travail et des trésoriers (*).

(*) Egger Du prix du papier dans l'antiquité 1856.

(^) Strabon III 5, 5 parle des stèles de bronze à Gadès, où étaient inscrites les dépenses de la construction du temple.

(5) BCH 1896 218.

{*) Esch. c. Ctes. 27 : xal s-sTot^sv Iv -zt^ t]yTiota[jLaTt Ixaa-rri Tùiv cp'jXûiv IXsaôa!, Toù; £7:'.{xeXTjaojxévous xôiv Ipytov èirl xà xet^rT) xal xafAtaç xa\ [xdtXa op6c5<;, Vv' tj ttoXis; eyoi u7r£Û6'jva aa)(JLa~a, Tiap' ojv £ji.£XX£ xùjv àvaXoj {i,£V(ov Xdyov à7roXTjt['£ff6at.

Comme on le voit, le but est de faire procéder rapidement à l'ouvrage : pour cela on le divise et on place à la tête de chaque 10^, une commission spéciale de ze^yoïzoïoi. Cette division est déjà pratique par elle-même; mais on compte de plus sur l'émulation entre les commissions pour assurer un prompt achèvement du travail.

11 y a cette différence entre les épistates ordinaires et les Tstyo-oioi que les premiers sont nommés par le peuple, les autres par chaque tribu. Eschine attribue cette qualification d'épistate au -zzv/rj-oiô^ : 'zeiyoTzo^.b^ s-ia-TaTr,; toO uLeyioTou twv è'pywv ('). Comme tous les autres épistates, ils doivent subir une docimasie et passer par l'euthyné. C'est du moins la thèse d'Eschine.

En 395/4, l'Etat =!ésireux, sans doute, de pousser rapidement les travaux, les fit exécuter lui-même sans passer par les -zeiyo-o'.oi, et même sans recourir à une adjudication (^). Les années suivantes, le travail a été remis à des adjudicataires ('').

Les fonds leur sont versés par la cité ; ils les gèrent et surveillent les travaux. Nous les trouvons mentionnés en 394 '3 : A^ys-Too; T£'.y^o-(o!.ol) èrS E'J[3o'jX'!oo'j yJ.zlzHiyzeç] (*). Nous trouvons encore ceux de la Pandionis, en 335/4 (^). Démosthène fut tev/otioiôc, de cette tribu.

Nous avons aussi CIA II 167 (*^) : cette inscription

(1) Esch. c. Ctes. 14.

(-) C'est du moins ce qui paraît résulter de CIA IV 2, 830 ^\ Cf. Foucart Les fortifications du Pirée BCH XI 1887 139.

(">) 830 c et 830 d.

(J) CIA II 830. Voir aussi CIA II 831-832 et IV 2, 830b c de. Cf. CIA II 348 xataaôîU è-l ttj^ ':o['.-/o7ro'ia;], dans un décret honorifique.

C^) 0. Mùller De munimeutis Athenarum Goettingen 1836 = Kunstarchaeol. Werke IV 89.

comprend trois parties : décret du peuple, conditions de l'ouvrage à partir de 1. 10; répartition des lots à partir de 1. 120. Le décret est fort mutilé : on y voit l'indication du travail à faire. Il y apparaît un architecte élu par le peuple. Il est chargé de diviser le travail en dix lots. A la ligne 32, on lit: ol àpy[!.]T[£]x[Tov£;].En tête de la deuxième partie, deux noms mutilés au génitif, puis la mention de ol -wAr.Ta'i et 6 £-1 t£[ g •.ou/, te*., Habron, fils de Lycurgue.

On remarque qu'il n'est pas question de 'zz'.yo-oioi. Cependant on procède apparemment comme à l'époque de Démosthène, car l'entreprise est divisée en dix lots et ol àpy'.T£XTov£ç de 1. 32 pourraient bien désigner les T£'//07:o'.o'!, à moins que ces architectes ne soient ceux que chaque commission s'adjoint, sous la direction de l'architecte élu par le peuple.

Un décret d'Orope (•) nous fait connaître dans cette ville l'existence de zziyor^oioi , chargés de diriger la construction des murs de la ville. Ce décret les autorise, conjointement avec les polémarques, à contracter des emprunts au taux le plus bas possible. Les préteurs recevront des privilèges plus ou moins étendus suivant l'importance du prêt (^).

Il nous reste quelques inscriptions des villes grecques du Pont-Euxin, relatives à la construction ou à la réparation des remparts. Elles sont particulièrement intéressantes, parce qu'elles nous font assister aux anxiétés des habitants, menacés par les barbares du voisinage, souvent ruinés par des guerres presque continuelles et rassemblant ce qui leur reste de forces pour sauver leur ville de la destruction totale. Olbia qui se trouvait dans ces circonstances critiques, entre 278 et 213, rencontra

(1) CIGS 1263.

(-) A Apolloaia(?) en Tlirace, s-iijLsATjTal -wv Tsiyoov, Ch. Michel

un sauveur en l'un de ses habitants, Protogenes ('). Elle lui a rendu hommage en un long décret. Il fallait au plus tôt construire plusieurs parties de muraille et l'on était sans argent: Protogenes fit généreusement l'avance de 500 deniers d'or pour servir d'arrhes. L'adjudication donna des résultats favorables, les entrepreneurs étant certains d'être payés immédiatement; malgré cela, beaucoup d'entre eux abandonnèrent l'ouvrage. Protogenes le reprit et l'acheva à la satisfaction générale. Il rétablit encore des tours, restaura plusieurs édifices publics; de plus, comme les vaisseaux de la cité étaient en mauvais état et dépourvus des agrès nécessaires, on avait dû se servir de vaisseaux appartenant à des particuliers pour le transport des pierres; de là une dépense supplémentaire : Protogenes intervint et fit réparer les navires de l'État. Il restait encore une partie de mur à rétablir : Protogenes s'en chargea.

Les mêmes dangers menacèrent Istropolis, un peu plus tard; elle fut sauvée par les mêmes dévouements ; la ville avait été prise par les barbares; ils l'avaient abandonnée après l'avoir pillée ; elle était sans remparts et « de nouveau les citoyens, avec leurs femmes et leurs enfants, étaient en péril ». Aristagoras accepta le poste de teichopoios (-) et ne négligea rien pour pousser les travaux.

ni.

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