‹ L'industrie dans la Grèce ancienne (volume 3)Chapitre 18 sur 42 · XI · texte numérisé non relu

XI

trafiquait encore à l'époque de Strabon. L'Asie offrait évidemment un meilleur marché pour les produits de l'industrie grecque ; mais, fait bien significatif, elle en resta indépendante. Ni la céramique, ni les tissus, ni la métallurgie grecque ne se déversent en Asie. Cette vaste et riche région subvient à ses propres besoins et, sous bien des rapports, son industrie artistique demeure supérieure à l'industrie grecque. Celle-ci, par exemple, n'entreprend même pas de rivaliser d'habileté avec les fabriques de tapis et de tissus établies en Asie (').

Importations réciproques des cités grecques.

Je ne me propose pas d'énumérer tous les produits que les cités grecques ont échangés entre elles. Cette énumération a déjà été faite par Blûmner et par Bûchsenschutz : tout au plus pourrait-elle être complétée par-ci par-là. Je préfère prendre un exemple, en réunissant tous les renseignements que nous possédons pour Athènes. Cet exemple sera décisif, puisque nous nous placerons dans le centre le plus considérable de l'industrie et du commerce en Grèce. Je groupe par catégories les objets^ fabriqués en dehors de cette ville et qui y ont été introduits ou qui y étaient connus au V* siècle et surtout au IV* (-). On remarquera que la plupart de nos renseignements proviennent des poètes de la comédie. Cette circonstance les rend particulièrement précieux, car les poètes ne font allusion qu'à des

(') Mayr Lehrbucîi 7.

(*) Cependant, par-ci par-là, le désir d'être complet m'a obligé de sortir de ce cadre.

objets bien connus de leur public, répandus en Grèce, et qui, suivant toutes les apparences, ont pénétré à Athènes (').

Les pièces d'Aristophane constituent une mine d'une richesse toute spéciale. Ce grand ami de la paix a eu de fréquentes occasions d'en vanter les bienfaits : il rappelle, à maintes reprises, tous les avantages dont ses concitoyens se privent en fermant les frontières à leurs voisins.

Les Acharniens contiennent une scène intéressante : Dicéopolis a ouvert un marché où il sera permis aux Péloponésiens, aux Béotiens et aux Mégariens de venir vendre leurs produits. Arrive un Mégarien qui offre à Dicéopolis des porcelets. Celui-ci lui demande s'il a apporté du sel, aAa;, de l'ail, Txôpooa. Suit un Béotien : la liste des produits qu'il apporte est fort longue et contient toutes sortes de choses disparates, des oiseaux, comme des geais, des roitelets, des francolins, des poules d'eau, puis des lièvres, des renards, des fouines, puis encore des oies, des canards, des herbes, vAaxw, Bp'jaXÀioaç, des anguilles du lac Copaïs, etc. (^).

D'autre part, il rapportera aux Béotiens tout ce qui leur manque. Des anguilles de Phalère et des poteries ? interroge Dicéopolis. — Non, car il en a chez lui. — Quoi donc ? — Qu'il emporte alors un sycophante !

(') C'est ce qui nous permet de puiser parfois nos renseignements même chez des auteurs qui ont pu écrire en dehors d'Athènes.

(*) 870. "A/X £'. Tt {Bo'jXeI T.ploLdO^ TÔiV Èyà) CpÉpiO | TÙiV opTaÀîyiOV,

Tj Twv TS'rpaTTTîpu/Àtcojv. 874 : optyavov, y^ayto, 'l'-aôto;, 6puaXXtoaç, vâ(T!Ta;, xoXo'.à);, à—aya;, cpaXaptoa;, -zpoyO.to^, /.oX'j[jlj3oj;. 878 : ■/.'/'. |xàv oipto yavot;, Xayw;, àXtonîxaç, | JxàXoTra;, r/tvw-, aUXojpto;, -'./.T''oa;, ; '.x-rioa;, ivjop-.a?, svyiXs'^ Kojr.xio-xci.

Et dans la Paix (') : " Fais que des denrées excellentes affluent sur notre marché; belles têtes d'ail, concombres précoces, pommes, grenades et petits manteaux pour les esclaves. Qu'on y apporte de la Béotie, oies, canards, pigeons, roitelets, alouettes, et du Copaïs, des corbeilles d'anguilles „.

Athénée I 27D énumère, d'après les poètes, les spécialités de chaque pays. Tout le passage est d'un grand intérêt pour l'histoire économique et les données en sont utilisées dans ce chapitre. Je ne crois pas inutile de les grouper ici, comme elles le sont dans le texte.

D'après Antiphanes : Elide : cuisinier ; Argos : bassin A£|3t,;; Phlionte : vin; Corinthe : couvertures a-:pw{jiaTa ; Sicyone : poissons ; ^gion : joueuses de flûte ; Sicile : fromages ; Athènes : parfums ; Béotie : anguilles.

D'après Hermippos : Cyrène : silphium xa-jXd; et les peaux de bœuf ; Hellespont : maquereaux et tout le poisson salé ; Italie : gruau et côtes de bœuf fumées ; Syracuse : porcs et fromages ; Egypte : voiles et papier Ta xp£[JLaa"Tà lo-Tia xal jS'jpXo'jç ; Syrie : encens; Crète: cyprès ; Lybie : ivoire ; Rhodes : raisins secs, figues sèches ; Eubée : poires et pommes ; Phrygie : esclaves ; Arcadie : soldats mercenaires ; Pagasae : esclaves ; Paphlagonie : noix et amandes ; Phénicie : fruits de palmiers ; Carthage : fleurs de farine de froment ce jj^^SaXiç, tapis et voiles.

D'après Pindare : Lacédémone : chiens de chasse ; Scyros : chèvres ; Argos : armes ; Thèbes : char ap{jia ; Sicile : char oy^f\\J'^-.

D'après Critias : Sicile : le jeu de cottabes, char o'/oq ; Thessalie : fauteuil Gpovo; ; Milet : lit ; Chios : lit ; Etrurie : coupe d'or yp'ja-oT'jTro!; cpt.àXri et tous les objets en airain; Phénicie : l'alphabet ; Thèbes : char oiopoç ;

Carie : vaisseaux de transport ; Athènes : la céramique ; et en réalité, ajoute Athénée, la poterie athénienne est célèbre et il cite :

D'après Eubule : Cnide : xeoâjji'.a, poteries; Sicile : paTav'.a, plats; Mégare : 7r!.9àxv!.a, petites coupes.

Enfin d'après Antiphanes : Cypre : moutarde et le jus de la scammonée; Milet: cresson; Samothrace : oignons; Carthage : choux et silphium ; Hymette : thym ; Ténédos : origan.

Evidemment, ces énumérations sont remplies d'intentions satyriques, mais elles répondent à la réalité. Les produits industriels figurent au tout dernier rang.

Je vais à mon tour dresser l'inventaire des objets étrangers, importés ou connus à Athènes : ils ne sont pas bien nombreux.

Tissus : j'ai dit plus haut, des produits de l'industrie corinthienne, tout ce qui était nécessaire. Aristophane (') fait allusion à des vêtements d'un tissu fort léger, qui étaient dits d'Amorgos. Ce tissu était végétal ; on ignore la plante d'où il provenait : le lin ou leByssus ; mais la matière première seule venait d'Amorgos (-); les femmes, comme le montre Aristophane, tissaient les étoffes ('■). Antiphanes fait encore allusion aux vêtements amorgiens (^). Eschine parle d'une esclave habile à travailler le tissu d'Amorgos et qui vendait " ces ouvrages légers ,, au marché (^). Ces étoffes étaient d'un

(M Aristoph. Lys. 150 : xàv to"?^ y.Twvio'.j'. xoi^ 'A;jiopytvo'.;; Yojjival Tap''o'[j.îV.

(-) Rlûmner 94 n. 5. Biichsenschûtz 69 n. 3, ("') Aristoph. La'S. 735.

[*) Poil. VII 57 : 'Av-'.cpâvTj; 0£ cpT,7'.v £V Mr,OEÎa • rjV y.ttuv 'A|j,dp- Y'.vo^.

(^) Esch. c. Timarque § 97.

grand prix, comme le prouve leur mention dans les inscriptions (^).

Aristophane citait les tapis de Cypre (-) : c'étaient là des œuvres artistiques, car à Delphes, on montrait un tapis signé par Hélicon, fils d'Acésas ("').

Cos produisait la soie, mais, chose curieuse, on ne trouve qu'une seule allusion qui la concerne, avant Je P"" siècle av. J.-C; c'est chez Aristote (^).

Aristophane (•') parle d'un vêtement crétois et l'archonte Basileus en portait un pareil (*^). Il est possible que la matière première seule venait de Crète.

Mégare avait la spécialité d'étoffes assez grossières dont on faisait des vêtements pour les esclaves : Aristophane les cite, à plusieurs reprises, et Xénophon dit que la grande majorité des Mégariens vivaient de cette industrie (^).

Milet produisait une laine célèbre par sa finesse. Dans Lysistrata, une femme se plaint d'être empêchée de travailler à tisser la laine de Milet qu'elle a chez elle (^). Tout aussi renommées étaient, pour leur douceur, les couvertures de lit fabriquées sans doute à Milet et importées à Athènes. Elles sont citées par Aristophane

(^) Inventaires d'Artemis Brauronia CIA II 754, 758 = Ch. Michel 819, 820.

(") Aristoph, Poil. X 32 : -apaTrsTao-ixa tô KÛTrpiov to rotxî) ov.

(5) Ath. II 48 B.

{*) Hist. des Anim. V 19, 551 B.

("*) Thesm. 730 : au oè to Kp-rjTtxov àTcoôûGi -rayswç.

(«) Poil. VII 77.

(') Aristoph. Acb. 519 : sauxocpâv-rst Msyapswv zà yXavi'ay.'.a. Paix

1002 : Trjv àyopàv TjjjLÏv àyaôwv IjjiTrÀTiaOTiva'., £/. Msyapwv axopdÔptov...

I ôouÀoiffi yÀaviayiot'tov [xtxpwv. Xén. Mem. II 7, 6 : Msyapewv o' o!

TzAÈiu'zoi aTTÔ £;w[xioo7ro''ai; o'.aTpscpovrat,.. outoi |jl£V yàp (x)VO'j[jl£Vo'.

PapSapouç oL'SpioTO'jç eyoïxT'.v.

{^) Aristopli. Lys. 724 : oVxot yàp Èttiv epta [xo: M'.ÀTfjata.

et par Critias ('). Celui-ci cite en même temps les couvertures de Chio. iMilet fabriquait aussi des tapisseries dont on se servait pour orner les murailles (Amphis) C^). Enfin, Milet produisait des étoffes dont on faisait des vêtements riches et précieux Les œuvres de l'industrie milésienne trouvèrent de bonne heure un débouché en Italie, particulièrement à Sybaris ('•) : Hérodote parle du grand deuil des Milésiens, quand ils apprirent la destruction de Sybaris et les lois de Zaleucus auraient porté défense aux hommes de s'habiller à la mode milésienne (^).

Les comiques parlent aussi d'étoffes siciliennes, de couleurs mélangées Celles dont fait mention Eubule étaient sans doute de laine (f). On mentionne aussi les toiles de lin (^), spécialement celles de Tarente (')•

(1) Aristopli. Ran. 542: sv !TTpa);j.aa'.v MiÀTjatoi;. Scliol. : sxsl yàp £v M'.XtJtw xaÀTj Tj Twv aTpoj(xâxa)V Èpyaata • xal -rà Mt/.TjTta aTpto[j.axa TTOtxîXa xal àTcaXà yîvsxai xal ô'.àcpopa. Critias, Ath. I 28 B : î'jvatou ôè Xi'/o'j^ l'^oya xâ)Xo; ï-yz: | M'XtjTO? te Xto? t' l'vaXoç ttoX'.c OlvoTTt'tovo^.

(*) Ath. XV 691 A : Epto'.a-. xoùç Tor^ouç xuxXw MtXTjaîoi?.

(5) Aristopli. Ran 542 Schol : sic Tpucp-rjv ol M'-Xr^aiot ôta^àXXovTai xal sU xo atoXf,^ TtoXj'rsXî'^ • £j07iT£<; t' Iv-rauôa xaxîaxîua^ovxo TrotxtXa xal -raTTTjTsç. Ath. XII 519 B : Èoopojv oè ol S-j^apTxa'. xal tixâiia M'-Xr^aîtov èpîtov TTôTro'.Tj^jLî'va.

(*) Hérod. XVI 21. Diod. XII 2' .

(^) Eubule, Ath. II 59 F : S-.xsXtxà Trpoj-EcpâXa-.a. Philemon, Ibid. XV 658 B : lixaTia TioixtXa SixsX'.xà.

C') Platon Lettres 13 368 A : y.ttôv'.a -rpta É-Ta-v/Tj, ;j.tj xàiv -oXuTîXùiv Tôjv 'Aaopvivtov, àXXà tiov S'XsX-.xojv -ôjv X'.vôjv. Poil. VII 77 : StxsXixo; y-tov.

(") Poil. IV 104 : o'.açavrj Tapavc'.vîota, cf. VII 76. Dans l'inventaire béotien BCH V 1881 265 = CIGS I 2421 : Tapavx?/ov et dans ceux d'Artemis Brauronia. cités p. 152.

Théophraste raconte que les jeunes Athéniens qui exécutaient, à certaines fêtes, des danses religieuses autour du temple de Délos, portaient des vêtements de Théra. L'étoffe en était d'un dessin colorié, semé de figures d'animaux (*).

Objets en métal. Les mentions relatives à des objets en métal importés à Athènes, d'autres cités grecques, n'abondent pas. Chez Aristophane, les clefs laconiennes (^) et les vases de Chalcis yaAxw'.xov -ott.o'.ov (^). Les inscriptions nomment ces mêmes vases, en ajoutant qu'ils sont d'argent ('), des cratères d'Argos (^), des clous d'argent et un bouclier d'or de Lesbos (®). Elles nomment aussi les boucliers et les cratères de Laconie ('). Enfin, les vases à boire de Rhodes, Tooiaxov, Too!.â; (**).

Céramique. Plus fréquentes sont les mentions des produits de la céramique. De Thasos [^), les jarres dans

{*) Ath. X424 F. Cf. Biichsenschutz Hanptstatten 70. {-) Aristoph. Thesm. 421 : xAs-oia... Aaxcov'.-// oiz-y., -pii^ syovTa yojxcpto'Js.

(5) Aristoph. Equ. 237.

(*) CIA I 129 10 ; Ibid. 1 170 18 : -o-r^pio^ XaÀxioixà ùpy-jpi. (•') CIA II 678 B. 1. 24 : xsar^p;; 'ApvoÀty.ai. Antiphanes, Ath. I 27 D cite le Xé.St,^ d'Argos.

(6) CIA I 170 .19,21 — Hedylos (200 avant J.-C), Ath. XI 486 B parle de vases que Blûmner Gew. Thàtigk. 45 croit être en métal et non en verre : yM-oi.'. TcopcpupsT,; Aô'tP'.ov, i; OsÀou. Blûmner Technologie 379.

(') CIA II 678 B 62 : àa-tos; Aa^rwvtxaî; 72 : xpa-îjpî; Aaxtovtxai.

(**) Phot. : 'Pooîaxôv xal 'Pootâ^ • zXùo^ sxTrwfxaTO^, O'jtio^ AîcptXo;. CIGS I 2498 Inventaire d'Oropos : 'PootaxTi Upà, Tootaxôv |jl'.xov. Cf. Ath. XI 497 F.

(•') Lysistr. 196 : (JLTjXoacpayoOaa'. ©âaiov olvoo 7Ta|ji.vtov, et la Scolie. Ekklez. 1119 : Ta Bâcr-.' à|Xttop£t8'.a.

lesquelles on expédie le vin renommé de l'île. Aristophane les désigne sous le nom qu'on leur donnait d'ordinaire à Athènes : ^Taavia. Des restes de ces amphores ont été trouvés en maint endroit, notamment à Athènes (').

A Rhodes, encore les amphores dans lesquelles on expédiait le vin (") et les poteries parfumées ("').

De Mégare, de petites fioles (Eubule) (^) et des vases à boire (Philétas) ("^).

De la Laconie, nous connaissons, d'après Critias C^), le xwOtov, vase dont se servaient les soldats pour boire et pour puiser de l'eau. Eubule (') cite les vases fabriqués à Cnide Kvio'.a xspâjji'.a.

Des produits de Corinthe, Diphile nous cite les urnes xÔLoo'. f*) et il en parle comme d'objets de luxe, ornant

(*) Et aussi à Odessa, Olbia, Niconium, CIG III praef. XVII. P. Becker, lahrb. f. Philol. suppl. IV. 3. 1862 458 et 501. Cf. infra, Livre III, Ch. I.

(^) On en a trouvé à Athènes, Alexandrie, en Sicile (en grand nombre) dans la Russie du Nord, à Pergame.

(5) Arist. Ath. XI 464 C : Too-.axal yj-p^.oic. Bliimner Gew. Thâtigk. 51.

(*) Ath. £ 28 G : Msyîtpt/.à Tr-.Oày.v.a.

[•>) Ath. XI 167 C : yjà/a'..

(•■•j Ath. XI 484 F.

(■) Ath. I 286. 177 anses d'amphores portant des inscriptions ont été publiées CIG II p. XIV, Franz. Philol. VI 278. Elles proviennent d'Athènes, de Sicile et d'Alexandrie. Cf. infra. Livre III, Ch. I.

(») Ath. VI 263 B. Buchsenschiitz Hauptstiitten 17. Cf. infra, Livre ir, Ch VII : importation de poteries corinthiennes pour les travaux publics. PoUux X 182 : h toTç ^r,<x'.o-pai~o:Q xal xs'paixov ■V--'./.ov y.a- /.Ésaaov KopvvO-.ov /.ai x£oa'j.'!oa oè, 0oj)cjo(oo'j î'-ttov-to;

une maison riche. On connaît encore les cruches ùooioLi (').

Chio fabriquait de grandes jarres destinées au transport du vin. Aristophane en fait mention (-). Hermippos cite les vases à boire fabriqués à Chio Xia y.ùkiz (^}.

De l'Eubée, on connaît la vaisselle ordinaire qui semble surtout avoir été fabriquée à Carystos, Io-ôloz^ (*), xàxxa^oç (^).

Les produits de la céramique béotienne, on l'a vu par la scène des Acharniens, étaient connus à Athènes (^).

Objets en bois. Je relève, dans Athénée, les citations suivantes de Critias : une table fabriquée à Rhénée (') (îlot voisin de Délos), les sièges de Chio (^), les lits et les sièges de Milet (•'), les chars fabriqués à Thèbes ('");

£v TT, lIXaTaVxfj TioXtopxiqt, et 157 : xal [xt-zy. tou x£pâ;j.oj iv -zoi^i ATijAiorpà-ro'.;, xaX'jrTTjps;; Kop'v6'.o'jpYî"t;. Ta or^a-o-pâ-ra = objets mis en vente par le fisc.

0) Ath. XI 488 D.

(-) Poil. X 72 : oVvoj T£ Xîoj jTa-xvov.

(5) Ath. XI 480 E : Xt'a oï x-jAi^ u'VjO xpi^xa-rat -£pl -a777Àdo'.v. Ibid. I 3 F.

(*) Ath. IV 135 E : a-j-àp aT:' Eù^Sotac Ao-ioz^ touxi sa-rtyotovro.

(^; Antiphanes, Ibid. 169 E parle d'un vase, xotxxa|3oç, fabriqué à Carystos et la suite du passage d'Athénée montre l'identité de XoTràç et de xâxxa^oç.

C") Blûmner Gew. Thàtigk. 59.

(') Ath. XI 486 E : Tpârera 'Pr^vziozpyi.c. Ibid. : xXi'vti Xto^pyris.

e*) CIA 1 167 : 1. 9 : xX'tvai X'.ojpyst;, xX"?va'. M'.XT,T'.o'jpY£"t; et dans les autres inventaires du Parthénon et dans CIA IV 1, 277 ^ p. 178. Cf. Poil. X 35.

(^) Ath. 486 E : Kp'.tt'a; o' sv xf, Aaxôoatixovîwv -oh-t'.y. • yjjyr, MiXTja'.O'jpyf,; xa't obpo; MoXT,jiO'jpyr,;.

.. ("*) Ath. I 28 A : B-Tj^t, o' àp^a-rk'ny. Ôtcppov o-'jvctty-^.-x^q towttj.

les sièges de Thessalie, oicppot. cités par Eupolis ('), Opôvo;, cité par Critias et par une inscription (^) ; les sièges de Sicile, cités par Eubule ('') ; les bois et les portes de Styra en Eubée (^); le bois de Macédoine (^\

Je crois inutile de m'arrêter à des produits tout à fait secondaires, comme les parfums. Les Athéniens faisaient une grande consommation de parfums étrangers; Aristophane nomme les parfums de Rhodes (*).

On pourrait citer aussi les chaussures, mais il est probable que c'était la forme seule qui avait une origine étrangère.

Je devrais, pour être complet, placer maintenant, à côté du tableau des importations athéniennes, le tableau des exportations : il me suffit de renvoyer aux chapitres précédents. Si on rassemble les détails qui y sont dissiminés, on verra combien, d'après les témoignages des anciens, étaient rares les produits industriels que les Athéniens vendaient au dehors : on peut citer les vases, mais il ne faut pas exagérer l'importance du commerce dont ils étaient l'objet, les armes, car de grandes fabriques, comme celles de Lysias et de Pasion, travaillaient sans doute pour l'étranger. Ce n'est que pour une faible partie, par l'industrie, qu'Athènes forme la contre-

{}) Poil. X, 47 : oicppot BôTTaXtxol, to; h AÙToX'Jx.tjj Eùro'Xtôoç, ôî'jpo? ©îTTaÀ'.xo? TîTpaTTO'jc;.

(2) CIA II 676 fr. a. 1. 20.

(') Ath. II 47 F : x/.-vai I'.azIvaolL

(*) Dem. c. Midas 167,

{^) Dem. c. Timoth. 26. Cf. Boechh Staatsh I 126 et CIA II 834b col. 1, 1. 66.

{^) Lys. 944 : -ro 'Pdôiov ajpov. Sur le commerce des parfums, cf. Blûmner et Bùchseuschutz 1. c. Dans les comptes de Délos, en 279, Ch. Michel 833 1. 93 : aupov Toôtvov.

valeur de ses importations, et, dans celles-ci, les objets fabriqués ne figurent pas pour une somme considérable.

Il y a une industrie en Grèce ; mais où est cette production en masse (Massen-production), cette production par la fabrique (Fabrikmâssig) dont tant d'auteurs modernes nous parlent?

Je ne méconnais pas l'imperfection de ces essais de statistique : les moyens de les établir sont rares et je n'ose garantir que je n'en ai laissé échapper aucun. J'en ai suffisamment réuni pour laisser, à défaut de chiffres précis, l'impression que l'industrie grecque n'a guère dépassé la première enfance.

Elle n'a pris quelque développement que dans ces branches peu nombreuses où elle s'associe à l'art. L'on pourrait même dire qu'en fait d'industrie, la Grèce n'a connu que l'art industriel. La raison en est facile à comprendre: les seuls produits qui s'exportent sont ceux qui possèdent une certaine valeur : pour les produits communs, chaque cité se suffit, en général, à elle-même. Leur prix ne couvrirait pas les frais de transport. Il faut que l'art ait touché la matière pour lui communiquer sa beauté et son prix. L'industrie grecque a eu cette chance heureuse, pour la postérité du moins, d'être condamnée à ne fabriquer que de belles choses (^).

(•) L'Apocalypse de S. Jean fournit un témoignage important sur la nature du commerce dans l'antiquité romaine : Ch. XVIII (Trad. Gaume) :

11. Et les marchands de la terre pleureront et gémiront sur elle, parce que personne désormais n'achètera plus leurs marchandises :

12. Marchandises d'or, et d'argent, et de perles, et de fin lin,

et de pourpre, et de soie, et d'écarlate let tout bois odoriférant, et tous vases d'ivoire, et tous vases de pierre précieuse, et d'airain, et de fer, et de marbre) ;

13. Et le cinnaraone), et de senteurs, et de parfums, et d'encens, et de vin, et d'huile, et de fleur de farine, et de blé, et de bêtes de charge, et de brebis, et de chevaux, et de chariots, et d'esclaves, et d'âmes d'hommes.

14. Et les fruits, désir de ton âme, se sont éloignés de toi, et toutes les choses succulentes et splendides sont perdues pour toi, et on ne les trouvera plus jamais;

15. Les marchands de ces choses, qui se sont enrichis, se tiendront loin d'elle, dans l'effroi de ses tourments; ils pleureront et gémiront.

Au moment de donner le bon à tirer, je m'aperçois que j'aurais pu citer, à la page 151 et 158 et plus haut, 77 et suiv., l'inscription de Tanagra publiée par M. Th. Reinach Rev. Et. Grecq. 1899 53. Elle contient B une liste de vêtements consacrés à Démèter et à Corè. On y lit 1. 7 : à;xopY'-vov x'.6[to]va 'Mp'.y.6['^], cf. 1. 23 et 1. 45; 1. 9 : Àtvtvov [v.'.]6[w]va -©[pcpo-jpj'.ov, cf. 1. 44; cf. 1. 44; 1. 37 : Tapav-:"?vov pâxivov; 1. 43 : y.Ttova cpâpivov ; 1, 46 : TapavTf'vtvofv.

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