L («) II
intérieurs, qui désolèrent la cité à la fin de la guerre du Péloponèse, avaient jeté dans la misère ou dans la gêne, de nombreuses familles. De celles-là, était la famille d'Aristarqiie. Il avait dû recueillir plusieurs de ses parentes; ses terres ne lui rapportaient plus rien; ses maisons de ville ne se louaient plus. Aucun moyen de se faire de l'argent, soit en vendant des meubles, soit en contractant un emprunt. Aristarqae, tout désolé, rencontre Socrate et celui-ci lui cite un certain nombre d'Athéniens qui réussissent à vivre par leur travail. Pourquoi Aristarque ne ferait-il pas faire aux personnes libres qu'il nourrit chez lui ce que Césamon fait faire à ses esclaves? Nausicydès fait de la farine, Cyrébos fait du pain, Déméas de Colytte des chlamydes, Ménon des chlanides, la plupart des Mégariens des exomides. Oui, par Jupiter, s'écrie Aristarque, mais ces gens-là achètent des esclaves barbares qu'ils forcent de travailler à leur gré, tandis que moi, j'ai affaire à des personnes libres, à des parentes. Et Socrate de le réconforter et de l'amener enfin aux énergiques résolutions.
Non moins intéressante est la conversation de Socrate avec son vieil ami Euthère ('), encore une victime de la guerre. Il a perdu les biens qu'il avait au-delà des frontières, sans doute dans une clérouchie; son père ne lui a rien laissé en Attique et il est forcé de faire œuvre de ses mains pour gagner le nécessaire. Euthère est donc réduit à la condition de journalier. Socrate ne l'en blâme pas, mais on sent que cette situation n'est pas ordinaire : ce n'est point celle qui convient à un citoyen et Socrate l'engage à s'assurer un avenir meilleur.
Ouvrons maintenant l'Economique et le tableau de la société athénienne sera complet. Socrate développe magnifiquement les mérites de l'agriculture : elle est