C) II
une « source de plaisir, de prospérité pour la maison et d'exercice pour le corps. Elle est la mère et la nourrice des autres arts; dès que l'agriculture va bien tous les autres arts fleurissent avec elle. Il n'y a, pour un honnête homme, ni de profession, ni de métier au-dessus de l'agriculture, qui procure aux hommes le nécessaire..... Dans tous les États, c'est la profession la plus honorée, parce qu'elle donne à la société les citoyens les meilleurs et les mieux intentionnés.... Elle est le plus beau, le meilleur et le plus agréable genre de vie ».
Voilà de bien vieilles paroles, mais toujours vraies, et il est bon de les relire. Après tant de siècles et sous notre ciel brumeux, nous sentons, comme Xénophon et comme son maître, les charmes de la campagne « qui tend généreusement les bras à celui qui veut lui demander ce qu'il faut, qui fait à chacun un accueil généreux » et nous voyons autour de nous se former, dans le travail fortifiant des champs, des corps robustes et des âmes saines. Nous voyons, nous aussi, que «pâturage et labourage sont les deux mamelles de l'Etat ». Pour beaucoup , ce sont là aujourd'hui des lieux communs; pour l'antiquité à coup sûr, c'étaient des vérités évidentes. Pour le moment, elles nous intéressent surtout par les faits qu'elles nous apportent : l'agriculture est encore la première, la principale source de la richesse.
Parmi les documents les plus précieux que nous possédions pour la connaissance de la vie économique dans l'ancienne Grèce, se trouvent quelques inscriptions. Nous ne les utiliserons ici que pour le point spécial qui nous occupe: nous leur demanderons seulement de nous dire dans quelles proportions les différentes classes d'habitants étaient représentées parmi les entrepreneurs, les ouvriers et les marchands employés, à diverses époques, aux travaux publics.
Pour commencer par les plus anciennes de ces inscrip-
tions, nous interrogerons, en premier lieu, celles qui sont relatives à rÉrechtheion d'Athènes ('). Elles ne contiennent guère que des noms d'ouvriers. Les marchands cités sont au nombre de deux seulement; un seul adjudicataire, ijlio-Owt/,;. Nous grouperons les ouvriers, d'après leurs professions, comme ils le sont d'ailleurs dans l'inscription elle-même (-).
(1) Elles sont citées plus complètement, infra, Livre II, Ch. VII Les travaux publics.
(^) L'inscription observe en général des règles très précises pour la désignation des individus.
A. Les Athéniens : le nom est accompagné de l'indication du dème. Je ne connais qu'un seul cas où le nom du père ait été ajouté : Axxyioiç 'AXxtTTTtou Krjcp'.a. CIA IV p. 149.
B. Les métèques : le nom suivi de l'indication du dème que l'individu habite.
C. Les esclaves : le nom suivi du nom du propriétaire. Je ne crois pas en effet douteux que les individus ainsi désignés ne soient des esclaves. On s'en convaincra, je pense, par un seul coup d'œil jeté sur le tableau des équipes de /.'.ôoupvoi. Cfer d'ailleurs CIA II 959 où M. Koehler MAI reconnaît des esclaves dans les individus désignés parmi les matelots.
D. Il existe une dernière catégorie ; celle des noms qui figurent seuls, sans aucune indication complémentaire.
Parmi eux, il en est qui sont identiques à des noms cités ailleurs comme appartenant à des métèques ou à des esclaves. On peut donc admettre comme une règle générale que les noms des citoyens athéniens sont toujours accompagnés du démotique 1 il y a cependant quelques exceptions.
Il est d'autres noms enfin qui ne se représentent pas ailleurs et d'après ce que je viens de dire, il y a toute chance que, dans ces cas-là, nous nous trouvions devant des métèques ou des esclaves.
cr
Douteux
Manœuvres,
Apollodoros, Medos,
UTTO'jpyOC
Prepon ('), Cephiso-
doros C^}, Spodias,...
Travailleurs de
atoç (3), Conon, Sindron ("), Mammanos,
la pierre, X-.Oo'jpYoi
Philostratos , Lysanias C^), Cerdon (J) ,
Ouvriers assem-
Aischines (^), Icaros,
bleurs et ouvriers
Nicostratos , Cléon ,
du bois, -tÉxtove;,
E['j..]toç, Timocrates.
ç-jXo-jpyot'O
Croisos (11) , Gerus, Mikion.
Sculpteurs et ci-
riers
Ornemanistes ,
yaXxà? spya^oixÉvoi
Orfèvre
Marchands
Adjudicataire ,
Total :
(') Medos, Prepon, Apollodoros, figurent sans aucune note complémentaire dans 324 fr. a col. I, 1. 1-61. Il est probable qu'il s'agit de trois métèques expressément désignés comme tels dans la même inscriptions sous la qualification de uTroopyot.
(^) Parmi les XiÔoupyot, nous trouvons Cephisodoros, métèque. C'est peut-être le même que celui-ci.
L'inscription de l'Érechtlieion ne nous fait connaître qu'un petit nombre de marcliands. Ils sont plus nombreux dans les inscriptions d'Eleusis. Parmi eux, figurent des Athéniens, des métèques, des individus insuffisam-
{^} Nom incomplet, comme encore, plus bas, E(u...)'.oi;. {*) Sindron, sans plus, 324 fr. a col. 1, 1. 1-61 pourrait s'identifier avec Sindron, esclave de Simias, qui figure parmi les A'So'jpyoi
('') Parmi ces 15:...7o; *I>'.XoxX£0'j;, peut-être Kpolao; <I>'.XoxX£ou;, le même que celui qui figure parmi les textovs; IV p. 149 1 23.
(^) Probablement le même que Lysanias métèque, dans IV p. 151 1. 5.
{') Un esclave de ce nom dans les uTroupyot.
(*) Les six noms qui suivent sont empruntés aux équipes de canneleurg, 324.
{^) Le métier de teV.twv et celui de luXo'jpyo'ç ne sont pas les mêmes. Le textcov est l'ouvrier qui assemble les charpentes ou même les maçonneries. Je les réunis parce que plusieurs tÉxTovEç figurent aussi dans l'inscription sous le titre de ^'jXo'jpvot.
(10) Parmi les ouvriers métèques, ouvriers du bois, je trouve Manis déjà compté parmi les uTroupyot.
(1^) Ces trois noms, Croises, Gerus, Mikion. sont cités sans aucune désignation complémentaire.
Un métèque du nom de Croisos figure parmi les uTro'jpyoî. D'autre part, le seul esclave que comprend la catégorie des ouvriers du bois est Croisos, esclave dePhiloklès IVp. 149 1. 23.
Un esclave du nom de Gerus, dans les Xt6ojpYot.
Parmi les six métèques de cette catégorie d'ouvriers, il y a deux métèques du nom de Mikion.
('*) Parmi les huit métèques, est compris encore une fois Manis, décidément un homme à tout faire et Je métèque Nésis déjà compté parmi les ciriers.
(^5) Je tiens compte des doubles emplois pour Manis et Nésis et rédui'3 le chiffre de 43 à 40.
ment désignés. Assez fréquemment; on s'en tient au nom seul. C'étaient probablement de trop petites gens pour qu'il parût nécessaire de les désigner plus amplement. Je croirais voient- ers, d'ailleurs, que parmi les individus de cette catégorie, il y a bon nom bre d'esclaves. Ils attestent, tous ensemble, l'existence d'un commerce de détail assez développé; cependant, il y a aussi, parmi eux, des hommes de métier qui vendent le produit de leur travail.
C'est surtout au point de vue de l'industrie que nous avons à étudier les inscriptions d'Eleusis. La première CIA II 834^ et IV 2 (= Temple) renferme les comptes des travaux effectués au sanctuaire d'Eleusis et à l'Eleusinion à Athènes pendant plusieurs prytanies de 329/28. La seconde CIA II 834^ (= Portique), de 317-307, est le compte relatif à l'exécution du Portique de Phiion. Voici le tableau que l'on peut former à l'aide de ces documents ; le premier chiffre est celui de l'inscription du Temple, le second est celui de l'inscription du Portique :
Entrepreneurs
ou plus exactement
Adjudicataires.
Ouvriers ou Entrepreneurs.
xMarchands.
Total.
Métèques : 8,3
Athéniens : 3,2
Etrangers : 1,0
Esclaves :
Douteux : 5,0
Total : 22
(^) II 2 834^ col. 1 1. 74, achat 7:ap' 'Ap-îfjio'j, Mavou ; de même col. II 1. 48, rapà So)TTjpioo; "k-'.o;,. Sont-ce des esclaves ?
(^) Le nombre des cas douteux est considérable. Je n'ai compris parmi les métèques que les individus dont le nom est accompagné
Ici encore dans nos classifications ('), nous suivons d'aussi près que possible les inscriptions. Le premier groupe comprend les adjudicataires qui, pour un prix fait, ont repris Texécution d'une partie des travaux ou une fourniture de matériaux (-). Le deuxième groupe comprend les individus auxquels un payement a été effectué pour l'exécution d'un travail déterminé. Exemple II 2 834^ Col. 2, 1. 53. Je range aussi dans cette catégorie quelques individus cités dans des passages fort mutilés, comme ayant reçu un payement sans qu'on puisse dire pour quelle cause.
Parmi les ouvriers occupés sur le chantier , pas d'esclaves appartenant à des particuliers (''); on se rappelle d'autre part le chiffre que nous avons constaté pour les travaux de l'Érechtheion : il peut s'en cacher dans des mentions assez nombreuses, où la nature du travail et les payements faits ne sont pas accompagnés du nom de l'ouvrier (^). Mais nous trouvons dans nos
de l'indication du dème olxwv sv. Il y a assez bien de cas, surtout dans l'inscription du Portique, où le nom est suivi seulement de la désignation de la profession : il se pourrait fort bien que nous fussions encore en présence de métèques. Cf. une inscription publiée par E. Ziebarth MAI 1898 et relative aux vainqueurs de Phylé et de Munychie : elle accorde l'isotélie à un certain nombre d'individus désignés par leur profession, sans indication du dème où ils habitent. Voir aussi Dittenberger Sjdloge- 587, les notes et spécialement p. 299 n. 57.
(^) Il se peut qu'il y ait quelques doubles emplois qui grossissent ce total de quelques unités.
{*) Sur le sens du mot [xtaôwT-n;, cf. infra, Livre III, Ch. II.
(') Cependant voir IV 2 834^ col. I 1. 23 : -rpo'^rj Ttjj xatôl -zi^ Krjcpiaoocopou tou xà — .
(-*) Un exemple IV 2 834i< p. 202, 1. 33 : TÉxxoatv -rptalv toT; xrjV Tràpooov -:ou xsiyoui; à7rox£pa{ji.t6aaj'.v xal toù; 6p[...0]eîatv, jxtaôô;
deux inscriptions des esclaves publics or,{jioaio'. probablement la propriété du sanctuaire. Ils sont au nombre de 17, dans l'inscription du Temple : Il 2, Col. I, 1. 70, on achète pour eux 17 chapeaux et Col. I, 1. 4, on porte en compte leur nourriture à raison de 3 oboles par jour (').
Dans l'inscription du Portique, le nombre n'est pas certain: on leur achète 1. 45 vingt-huit objets qui ne sont pas plus amplement désignés, dans l'état actuel de l'inscription.
Ce qui est plus curieux encore, c'est la mention qui figure dans l'inscription du Portique, 1. 28 : quand les journaliers de Mégare étaient sur le point de venir x (a) l 0T£ ol iy Msvâpwv jjl'.o-BwtoI £{jl£)vXov t,;£lv £7:1 T - . L'inscription du Temple contenait déjà des mentions fréquentes de payements effectués à des ouvriers non désignés par leurs noms; il se peut, comme je l'ai dit que, parmi eux, il y ait des esclaves, mais ces u'.tGwto'!, venus de Mégare (^-j, sont-ils des hommes libres ? La question peut être considérée comme douteuse. En effet, 1. 57 nous lisons w à Aristocratos de Trézène, pour avoir fait le marché », pour avoir fourni des vivres aux esclaves publics : salaire, 8 drachmes, 3 oboles par mois », 1. 58 à un autre Trézénien, 106 drachmes, 2 oboles; puis a à un autre épistate des mercenaires pendant 5 mois, à Chrémon de Mégare, salaire, 41 drachmes, 4 oboles pour cinq mois, o Nous savons par 834" que les démosioi avaient à leur
(^) Portique : oTjjxoatoi 'EXôuaivdGsv. L.44:{j.£Tà MuaTopia, Tiplv èXÔEtv Toùç OTj[ji,oatou(; 'EXsuaivo'ôsV, {^[tcrôcoTolîç].
(-) ÔTi(j.oat'oiç Tpocp?i[(;] [àvôjjà]j[i]v 0£x[a] ÉTr^à xal -:[(!> zizi^zÔLiri] zri[<; T){i.£]p[a<;] Tt^) àvopt (3 oboles).
(') 1. 57 : àyopàÇov-ti zoiç ÔTjijLoato'.ç 'Aptaxoxpîxtp TpoÇTj(vtqj) lAïaôoç, (8 drachmes 2 ob.). xoO [JiTj[vdç | ...]oyz\ei Tpo^T)Vi;(ip^ [jL'.a6ô<; 6 Taoç (108 dr. 2 ob.). àxéptf) sTria-zdcTTi xtoiJt, {j.['.aOcoT(À)V... ttsvxs] {j.tjvwv Xps- [Aiovi MeyapEÎ y^yvExa'. [J.'.a6dç (41 dr. 4 ob.).
tête un épistate : ce Clirémon de Mégare est Pépistate des mercenaires mégariens dont l'inscription annonce l'arrivée plus haut 1. 28. L'identité de la fonction estelle une preuve de l'identité de la condition de ceux vis- -à-vis desquels cette fonction s'exerce? On pourrait être induit à le croire par le rapprochement des démosioi et des misthotoi pour des dépenses du même genre, soldées toutes en mains d'étrangers.
Quoi qu'il en soit de la condition de ces travailleurs mégariens, on sera frappé de cette demande de bras faite par Athènes à l'étranger et rien n'est plus décisif pour montrer le peu d'importance que possédait l'industrie du bâtiment (').
Nous recueillerons à cet égard d'autres indices plus probants : la division de l'entreprise en lots minimes, le mode de payement, la fourniture par les administrations des matériaux de construction, etc. Pour le moment, je ne relève que le chiffre relativement faible des citoyens athéniens employés aux travaux publics ; mais du moins, en règle générale, Athènes, grâce à ses métèques et aux esclaves, se suffit à elle-même. Il n'en est pas ainsi pour des cités de moindre importance. Cette dépendance visà-vis de l'étranger et par conséquent l'insignifiance de l'industrie locale nous apparaîtront clairement dans les travaux d'Epidaure. L'inscription de l'Asclepieion porte 43 noms d'entrepreneurs; pour les deux premières années seulement (1. 3-30), les ethniques sont indiqués : je
(^) Nous trouvons encore parmi les adjudicataires dans 83#^ II, 2 un Béotien Phérécleides, un métèque de Corinthe ?, Philocles oixtôv £v Kop'.v, un Cnidien Sophocles, qui a repris une fourniture. Cf. Dittenberger Sylloge^ II p. 296 n. 30. Dans 834^ IV 2, parmi les marchands, 1 Samien, 1 Corinthien, 2 Béotiens, 1 Mégarien et Diocleidas, Mey^P'-xoc. Voir la note 73 de Dittenberger. Cf. enfin. Livre II, Ch. VII Les travaux publics.
compte 1 Epidaurieii, 5 Corinthiens, 1 Cretois, 1 Stymphalien, 2 ou 3 Argiens, ; car 1. 22 le nom n'est pas conservé et il se pourrait que cet Argien fût l'un de ceux qui avaient déjà paru plus haut. Dans l'inscription du Tholos, sur 33 noms, je relève : 3 Tégéates, 1 Athénien, 4 Argiens, 1 Parien^ 1 Trézénien.
Ce qui marque mieux encore à quel point l'administration d'Épidaure est tributaire de l'étranger, ce sont les indemnités pour frais de séjour ou de déplacement qu'elle paye aux entrepreneurs venus du dehors. Ce sont des Athéniens qui reçoivent 4 drachmes pour frais de voyage scpoôia, des Argiens 2 drachmes, des Tégéates 2 ou 3 drachmes, des Trézéniens 4 drachmes, des Pariens 4 drachmes. Deux Argiens reçoivent 4 drachmes pour frais de séjour s',T/',p£(T',ov. Dans l'inscription du Tholos, 15 individus sont cités avec la seule mention d'indemnités de ce genre touchées par eux ; il en est aussi attribué à des entrepreneurs qui en outre reçoivent payement de leurs travaux. Ces allées et venues montrent le peu de ressources que la ville fournit aux constructeurs. Ils sont contraints de se rendre au dehors pour leurs approvisionnements, peut-être même pourlerecrutement de leurpersonnel.Épidaure est encore obligée, tant est grande sa pénurie de bras et d'outillage, d'entretenir tout un personnel de hérauts et de messagers, Kâp'jxs; xal avvsAo'., qu'elle expédie un peu partout, dans les villes les plus proches à Hermione, Trézène, Corinthe, Némée et aussi à Athènes et à Tégée. Elle recourt aussi aux offices des hérauts des villes étrangères, probablement pour adresser ses appels aux soumissionnaires : ainsi le héraut d'Hermione (l. 273) reçoit 3 oboles Kâp-jx», sv ['E]pjj.î.GV'..
A Delphes, même dépendance vis-à-vis de l'étranger. Dans les comptes des naopes (355 à 325) (*), je relève une
(•) Bourguet BCH XX 1896 197.
somme payée pour des travaux faits à Corintlie (20 mines) ; ce sont des Tégéates qui transportent des pierres à Delphes (3 talents) ('). L'extraction des pierres est payée la même année (-i à un Béotien, Athanogeiton, 10 mines; à un Argien, Nicodamos, 2 mines, 11 statères ; à un Béotien, Capon, 2 mines, 27 statères ; à un Corinthien, Archétimos, 1 mine, 13 statères, 1 drachme ; à un Béotien, Isménias, 3 mines, 20 statères, 1 drachme ; à un Corinthien, Damostratos, 1 mine, 13 statères, 1 drachme. Le transport des pierres par mer à un Corinthien, Chairolas, 1 talent, 1 mine, 25 statères, 1 drachme ; transport à Delphes à un autre, Agathonymos, 7 mines, 22 statères. Je note encore Nicodamos qui enlève les décombres, 20 statères, fournit le modèle des mufles de lion, 17 statères ; un seul Athénien qui fournit le modèle d'une étoile, Céphalon, 4 statères, 1 drachme (^). Enfin les frais de voyage deux fois payés à Chéris pour aller citer les cautions d'Héréas. Même situation à l'époque de Damocharès (*); cette année-là (338), on a décidé de faire effectuer certains travaux à un cratère xpaTr,p et à un TTspipavTT.p'.ov, bassin aux lustrations, que l'on croit appartenir à l'offrande faite par Crésus (^). Douze entrepreneurs ont été appelés à Delphes : les six premiers viennent d'Athènes, 'Afjr.vr.Osv ; parmi les six autres, il en est deux qui sont portés comme Athéniens et quatre comme Corinthiens. Ils sont restés douze jours à Delphes et ont reçu une indemnité de nourriture de 3 oboles par
(*) 1. 46. Le talent = 60 mines. La mine = 35 sta,tères. Le statère == 2 drachmes. La drachme = 6 oboles.
(') Les ethniques des entrepreneurs ne sont pas indiqués dans les premières lignes.
(*) BCH 1898 477.
(«) Hérod. I 51.
jour. Un autre fragment des mêmes comptes f) est relatif à ce travail et note des payements faits à Theomnestos de Sicyone et à Aglaophanios d'Athènes (-).
La suite du premier fragment concerne d'autres travaux faits à des édifices tov; ok T[r,]ç [6-Xo9r,XT,;] spywva'.ç xal tyI; o-Toà;... Six entrepreneurs sont nommés : 1 Athénien, 1 Tégéate, 4 Argiens. Eux aussi ont reçu une indemnité quotidienne, eic, a-',Tr,p£a-!.ov, de 3 oboles.
De même encore à Délos, Comptes de 279 f^, parmi les entrepreneurs occupés au temple, nous trouvons un Carystien, un Parien, un Thébain, un habitant de Sériphos, etc.
Nous avons dans ce qui précède recueilli des faits nombreux et divers et il est possible que le lecteur, trompé par cette diversité même, n'aperçoive pas distinctement la place que chacun de ces faits occupe dans l'ensemble. Je vais donc m'efforcer de les reprendre afin de leur assigner leur vraie valeur.
De tous les faits que j'ai réunis, le plus frappant est la prédominance de la vie agricole en Attique au V^ siècle et au IV'' siècle.
Le deuxième fait, c'est le grand mouvement d'argent sous forme de prêts.
Le troisième fait, l'existence d'un commerce étendu, mais qu'il faut se garder d'exagérer.
Le quatrième, l'industrie exercée sous la forme du métier et aussi, mais plus exceptionnellement, sous celle de la fabrique.
Enfin, dans la banque, le commerce, l'industrie, les étrangers et les esclaves ont le pas sur les citoyens.
{•) BCH 1898 486.
(*) Lequel figure parmi les douze entrepreneurs appelés à l'adjudication.
,(5) Citée infra. Livre II; Gh. VII.