‹ L'industrie dans la Grèce ancienne (volume 3)Chapitre 5 sur 42 · II. XV · texte numérisé non relu

II. XV

sont nées. Jï est nécessaire de considérer de plus près ces deux faits et d'examiner les conséquences qui pourraient en être tirées.

Lorsque les premiers résultats des fouilles de Schliemann furent connus, la question qui se posa tout d'abord fut celle de savoir qui étaient les Mycéniens (') : Hellènes, Cariens, Phéniciens, barbares du Nord? Le débat paraît clos aujourd'hui et l'on peut affirmer que les Mycéniens étaient les ancêtres des Grecs de l'histoire.

A ce problème s'en substitua immédiatemenb un autre : dès l'origine il avait été aperçu ; mais au fur et à mesure que les découvertes se multipliaient, la conviction se formait que la civilisation mycénienne avait rayonné bien en dehors de l' Argolide ; sur de nombreux points de la Grèce, on en retrouvait les traces. D'où venait-elle? L'archéologie chercha son origine en Asie, sans trop pouvoir distinguer le peuple qui avait eu l'honneur d'être le maître des Grecs. On nomma l'Egypte H, la Chaldée ("'), les Hittites (*), même la Perse, et comme entre l'Orient et l'Occident, il fallait un intermédiaire, on proposa pour ce rôle les Phéniciens. Le problème se compliqua encore : les fouilles en Egypte, en Italie, en Sardaigne, en Espagne et ailleurs,

(') Je ne touche pas à la question de savoir qui étaient les plus anciens habitants de Troie. Il est possible qu'ils ne fussent pas Grecs, quoique leur civilisation soit la même que celle des peuplades grecques de la mer Egée.

(-) F. Pétrie The egyptian bases of Greek history J. of hell studies XI, 271-7. Notes on the antiquities of Mykense ibid. XII 199.

(5) Perrot Hist. de l'Art VI 4.52 signale l'influence assyrienne dans des objets découverts à Gortyne.

(■*) S. Reinach La Crète mycénienne Anthrop. 1894, admet le caractère hittite de la civilisation mycénienne, mais le foyer primitif de cette civilisation n'est pas chez les Hittites.

mirent au jour des objets qui rappelaient ceux de Mycènes ('). On ne se découragea pas : il suffisait d'allonger les voyages des Phéniciens. Et dans ces siècles reculés, 2000 ou 1500 ans avant Tère chrétienne, la mer Egée et la Méditerranée étaient sillonnées par leurs navires. " La Méditerranée devint un lac phénicien „ (-).

La Sicile a été visitée à l'époque mycénienne par les Phéniciens ("'). Ce sont eux qui ont recruté en Sardaigne, ces Shardanas qui, depuis Seti I (environ 1400 av. J.-C.) figurent parmi les mercenaires des Pharaons; ce sont eux encore qui ont porté dans cette île les produits de l'industrie mycénienne (*). Les maçons vont de cour en cour et bâtissent pour les souverains, des palais dans la plaine du Caystre, ou sur les bords du lac Copaïs (^).

(^) Tombeaux à coupole en Sicile près de Syracuse, en Étrurie, en Portugal, en Sardaigne; dans les îles Baléares, des tombeaux de pierre qui rappellent les tombes à coupole. A ce sujet, Meyer remarque qu'il est difficile de savoir s'il les faut attribuer à un développement analogue ou à une transmission. Dans ce cas, les intermédiaires seraient encore les Phéniciens, Gesch. des Altert. II 166. Meyer est plus hardi pour les emprunts faits aux Phéniciens par la Sardaigne.

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