‹ L'industrie dans la Grèce ancienneChapitre 12 sur 89 · IV · texte numérisé non relu

IV

(') Cf. SteiD, dans son éd. d'Hérodote sur ce passage.

(*) Ath. IV 128 D.

("; Snpra p. 90.

noussayons qu'Alexandre le Grand possédait des statues en bronze corinthien (*).

C'est tout: à Tépoque romaine, les mentions abondent. Le bronze de Corinthe jouit d'une réputation immense. On signale des armes, des vases, des statues, des lampes, etc. A qaeile époque remontent ces objets dont parlent avec admiration Pline l'Ancien, Cicéron, bien d'autres, et dont la vogue se soutient jusque sous l'Empire? A en croire la légende qui plaçait la découverte de l'alliage corinthien au moment de la destruction de la ville par Mummius, ils eussent été d'une fabrication récente. Ils proviendraient donc d'ateliers qui se seraient établis à Corinthe, du temps même de Cicéron.

Mais il n'en est rien : la majeure partie de ces objets, et certainement les plus précieux, étaient des « antiquités ».Ils furent remis à la mode vers l'époque de César et puis la falsification s'en mêla. Celle-ci eut-elle son siège unique à Corinthe même ? Je ne le pense pas; pas plus que, suivant les apparences, la fabrication des bronzes déliens n'avait son unique siège à Délos. La petite industrie, disséminée dans nombre de villes grecques, suffisait à alimenter ce commerce. Il se produisit, au premier siècle avant notre ère, une renaissance du mobilier antique semblable à celle qu'ont déterminée au siècle passé les découvertes d'Herculanum. On s'éprit des formes anciennes et ce fut comme si tous les artistes s^étaient donné un mot d'ordre : on fit du style corinthien; la mode n'en voulut pas d'autre. Les profeuxes se

(^) Plin. H. N. 30, 4, 18. Ibid. 84, 6 : sed quum esse nuUa Gorinthia candelabra constet, nomen id prœcipae in his celebratur, quoniam Mummii Victoria Corinthum qaidem dimit, sed cornplaribas AchaisB oppidis simal œra dispersit. Cf. infra. Livre II Ch. VIII : meutious de sculpteurs corinthieDS, travaillant k Delphes.

remirent à l'antique, comme les lettrés, et les brocanteurs dn temps eurent de quoi les satisfaire en vendant de l'authentique et de l'autre.

Je crois donc que l'industrie métallurgique s'éteignit d'assez bonne heure à Corinthe. Et ce qui confirme cette opinion, c'est l'abondance relative des témoignages qui concernent l'industrie de la laine. Les Corinthiens utilisaient la matière première, qu'ils recevaient de l'étranger, pour fabriquer des étoffes précieuses, teintes en diverses couleurs ou portant des dessins : de ces tissus, on faisait des couvertures, des tapis, des vêtements.

Parmi ces témoignages, il en est un qui mérite surtout d'être signalé : c'est celui d'Antiphanes. Ce poète comique cite, les produits propres à chaque ville : en Elide, ce sont les cuisiniers, à Argos, les bassins, à Phlionbe, le vin et à Corinthe, ce ne sont ni les coupes de métal, ni les vases en terre, ce sont les couvertures ou tapis, èx KopivQo'j <r7p(0[xaTa ('). Elles étaient déjà célèbres du temps d'Aristophane ('). Machon (') et Démocrite (') d'Ephèse nous parlent des vêtements fabriqués avec les étoffes de Corinthe. Elles étaient faites, semble-t-il, de laine et, au dire de Démocrite, teintes des couleurs les p^Ius variées. Cet écrivain en parle pour reprocher aux Ephésiens leur luxe.

Nous avons donc trouvé bien peu de traces d'une industrie à Corinthe. Les seules que nous ayons relevées concernent l'industrie artistique. Cette ville apparaît semblable à Hambourg, à Brème ou à Anvers, comme

(1) Ath. 1, 27 D.

(*) Arîstoph. Ran. 440 : àW i] Aid< Koptvôo; h toÏ; oTpwjAaŒiv.

(») Ath. Xm 582 D.

(*) Democr. Ephes. Ath. XII 525 D : xxXzjîpô'.; Kop'.vO'.o'jpvcit;.

un vaste entrepôt. Il s'y pratique les métiers indispensables et même certaines industries artistiques y ont pris, à diverses époques, un essor assez notable; elles ne suffisent pas pour faire de Corinthe un centre industriel; pas plus que la fabrication des dentelles à Bruges et le travail des diamants à Anvers ne font de ces villes des centres industriels.

L'antiquité elle-même nous fournit à cet égard un exemple frappant : c'est celui de Sicyone. Cette ville élevait contre Corinthe la prétention d'avoir inventé ou perfectionné la céramique, l'art de travailler les métaux, la peinture (*), et de fait on aurait retrouvé en Ètrurie de nombreuses poteries de Sicyone dont l'importation remonterait jusqu'au VI" siècle (*). Les produits de la métallurgie n'étaient pas moins réputés (') ; ils étaient connus à l'époque romaine et Sicyone avait sur Corinthe l'avantage de posséder des gisements de cuivre dans la région des sources de l'Asope. Cependant le caractère fondamental de la ville était resté agricole. La grande majorité des habitants vivait de la culture des légumes et des arbres à fruits. Quelques-uns y ajoutaient la pêche (*).

Je dirai, pour n'avoir pas à y revenir, quelques mots des institutions politiques de Corinthe. Je ne veux les étudier que dans leurs rapports avec les progrès de l'industrie et du commerce et je les prends au moment où

(i) Strab. VIII 6, 20.

(*) Da moins telle est Topinioa de Pargold Arch. Zeit. 34 1881 178. D'après Kretschmer, nous ue possédons qu'un seul vase qui soit certainement Sicyonien, Vaseninsohriften 51.

(') Plin. H. N. 36, 4 : Quœ diu fuit officinarum omnium metallorum patria.

(*) Curtius Peloponnesos II 483.

ces progrès s'affirment avec le plus d'éclat, à l'époque de Périandre. Les renseignements que nous possédons sur Périandre sont en apparence contradictoires. On nous dit qu'il était modéré dans son système de contributions et se contentait du produit du marché et des ports ('), ce qui suppose un commerce assez actif. On ajoute qu'il combattait l'oisiveté {*). D'autre part, il réagissait contre toutes les manifestations extérieures de la richesse : défense de posséder des esclaves (') ; surveillance exercée sur les citoyens afin qu'ils ne dépensent pas plus que leurs revenus (^) ; mesures contre la concentration des citoyens dans la ville (^) ; interdiction de s'attarder sur la place publique ; ceci, il est vrai, pour prévenir les conspirations (").

Cette politique n'est pas aussi illogique qu'elle en a l'air : on verra au Livre IV l'opposition de la politique aristocratique pure, représentée par Sparte, et de la polioique mercantile et démocratique, représentée par Athènes. La politique de Périandre est-comme une tran-' saction entre les deux systèmes extrêmes : elle accepte le commerce et l'industrie ; mais elle essaie de réagir contre leur influence sur la moralité privée. Elle les accepte pour en tirer la fortune de l'état plus que celle des particuliers.

(') Her. Pont. FHG II 218, 5.

(*) Nie. Dam. 69 : sxtuXuE toùç TroXiTa; oyoXîjv âyt'.'j àt\ xiva

(') Nie. Dam. 59 : sxwXjô toù; TroÀtTa; oouXou*; xTaTÔai. Her. Pont. : ooûX(i)v xTT,ffâtç ô'Xux irspiaipôiv.

(*) Her. Pont. 1. e.

(^) Ëphore ehez Diog. L. I 98 : oûx eia èv ajTSi ^f^v zo\àç ^ov)Xo}X£vo'j;.

(6) Nie. Dam. 59.

Nous ne possédons pas sur les développements ultérieurs des institutions corinthiennes, de données précises. Nous en savons assez pour dire que jamais Corinthe n'est arrivée à la conséquence logique et dernière de la politique mercantile, au régime démocratique (*); elle s'est toujours tenue en deçà. Elle n'a pas même connu, du moins dans leurs excès, les luttes des paHis. Il en a été d'elle comme de Carthage, qui, au témoignage d'Aristote, a possédé le signe d'une constitution bien organisée : le peuple restant fidèle aux institutions établies et l'absence de discussions violentes et de tyrannie (*). C'est là un phénomène curieux. Nous sommes hors d'état de l'expliquer. Je me demande s'il ne faut pas simplement faire honneur de cette longévité de l'oligarchie, à la sagesse, à la modération, à la persévérance de ses représentants. Si l'on en croit un passage d'un poète comique ('), la vieille loi dePériandre subsista longtemps : les individus ne pouvaient faire que Ses dépenses proportionnées à leurs revenus. L'Etat les tenait en tutelle, exerçait la police des mœurs privées. Ces transactions eiitre la politique mercantile et le système oligarchique ne sont pas isolées (*). Elles valent d'être notées. Nous y reviendrons plus loin.

Q) Voir sur les institations de Corinthe an V« et au IV© siècle, Wilisch Beitr. Zittau 1887.

(*) Polit. 1272 b 31 : (jrjfxsîov ôè roXiTEia^ (ryn&'zcf^\t.évri^ 'zà tôv

xai à'îiov siTceïv yey&VTi^ai (XiiTe xupavvov.

(») Diphil. Ath. VI 227 E.

{*) Par exemple à Épidamne, Cf. infra, Livre IV, Ch. La politique agricole.

Délos.

Plus démonstrative encore, si je puis le dire, est l'histoire de Délos. J'en ai déjà retracé les phases principales et je n'y reviendrai pas. Elles sont, elles aussi, dominées par les intérêts du négoce. «

L'épigraphie est venue dans ces derniers temps compléter heureusement nos connaissances et, par les détails à première vue insignifiants qu'elle fournit, elle a permis de retracer une image très vivante de l'Ile sainte. Ces détails ont déjà été groupés dans un intéressant article de M. HomoUe et dans le livre de Y. de Schoeffer (*). Je leur emprunte l'essentiel dans ce qui suit.

La grande époque de Délos coïncide avec l'entrée des Somains dans la politique de la Grèce et de l'Asie. Ils reconnurent aussitôt les avantages de la situation géographique de l'île et on y vit accourir de Bome et d'Italie, les hommes d'affaires, les marchands, négociatores, institores. L'invasion se produisit surtout à dater du commencement du II* siècle ; mais elle avait été précédée de l'arrivée de quelques éclaireurs isolés. Le premier qui soit connu est un certain Novius (*) qui figure dans les comptes de l'an 250, à raison du payement qu'il a reçu pour avoir marqaé au fer rouge des bêtes appartenant au dieu. Une vingtaine d'années après, un habitant de Canusium en Apulie obtenait la proxénie. Après cela, un courant régalier amène sans cesse de nouveaux arrivants. Il s'accroît au fur et à

(') Homolle Les Romains à Délos BCH VIII 1834 75-158. V. de Schoeffer De Deli insalae rébus Berlin 1889 182s.

(*) BCH Vm 80.

mesare que les armées romaines remportent de nouvelles victoires, d'abord sur Philippe de Macédoine, puis sur Antiochus, enfin sur Persée. En 1 66, l'île rentre sous la domination athénienne, mais ses véritables maîtres sont les Romains de plus en plus nombreux. Ce sont des consuls, des préteurs qjii font des ofi&andes au dieu ou à qui on érige des monuments. Délos se présente comme une étape, où la piété et la curiosité arrêtent les voyageurs qui se rendent d'Italie en Asie.

A côté des souvenirs qu'a laissés le passage des personnages notables, on découvre ceux d'individus plus modestes. Ce sont les commerçants que leurs affaires attirent dans l'île. Les Komains et les Italiens forment à Délos une colonie relativement importante par le nombre et surtout par l'influence et le prestige. Leur prédominance s'affirme dans le texte même des dédicaces des statues élevées aux magistrats ou aux bienfaiteurs de Délos. La formule la plus complète est " par les Athéniens, les Romains et les autres Grecs qui habitent l'île et par les marchands et les armateurs en résidence à Délos „ (*). Il arrive même que le nom des Athéniens, des maîtres de l'île, est omis. En réalité, les véritables souverains étaient les Romains. On le vit bien quand, lors de la guerre de Mithridate, Délos leur resta fidèle, tandis que les Athéniens passaient à l'ennemi. Les étrangers le sentaient mieux que personne, puisqu'ils édifiaient des autels à la déesse Boma et faisaient des dédicaces ^ aux Italiens „ (^').

Il n'y a pas que des Italiens : après ceux-ci, ce sont

(ï) 'AÔTjvatcov xai Tcojjiauov xal twv à'XXcov "EX^t^vcov o\ xaTOixouvte^ èv AiiXc}) xat ol xap£7:iÔT|[xouvT£^ (ou ol xaTa-X^ovTsc sU "^^ VT,(rov) £[X7copo'. xai va'Jx)Tjpoi.

(*) Comme par exemple les Poséidon iastes de Béryte BCH VII 1883 467. BCH XI 268 : 'iTaXtxol; àcispwcravTs;. BCH IV 196 : *HpaxXe1[ xal 'haXixoT;, SchoeflPer 196 n! 78.

les Athéniens qui figurent les plus nombreux dans les inscriptions ; Délos leur appartenait de nouveau^ après une longue intemiption. Cette fois, ils traitèrent leurs sujets avec une bienveillante générosité. Ils firent exécuter dans l'île des travaux considérables, de façon à la mettre à la hauteur de ses nouvelles destinées. Ils constmisirent des digues, édifièrent des entrepôts, ne négligèrent rien pour favoriser les intérêts du commerce. On ne voit pas que les Athéniens eux-mêmes se mêlaient activement au mouvement d'afiaires dont l'île était le centre. Il devait en être ainsi cependant ; il serait étrange qu'ils eussent bénévolement travaillé à se créer des concurrents. Sans doute se résignant à la décadence de leur propre cité, les négociants athéniens s'étaient-ils transportés sur le nouveau marché qui s'était ouvert. Ils étaient chez eux encore à Délos.

Les Athéniens ne sont pas les seuls Grecs dont les inscriptions relèvent la présence à Délos : il y a encore, mais ils sont peu nombreux, des citoyens de Paros, Naxos, Mélos, de la Crète, de Milet, Téos, Cnide, Chio, Cos. On remarque l'absence totale des habitants de la Grèce continentale et de la Macédoine. Aucun JShodien non plus, ce qui s'explique par la concurrence que se font les deux îles.

Trois villes sont souvent citées : Alexandrie, Antioche à l'Oronte et Héraclée du Pont. Ensuite les villes de la Phénicie et de la Syrie, Tyr, Sidon, Ceradus, Ascalon^ Laodicée, Hieropolis, Bambyce ; quelques villes de la Bithynie, du Pont et de l'Asie. D'Italie, deux villes seules sont citées : Naples et Tarente. Cette exception s'explique parce que ces deux villes sont considérées comme grecques. Enfin, les colonies phéniciennes et égyptiennes (*), constituées en collèges ou en confréries et

(•) BCH Xin 1889 240 : décret honorifique d'un synode d'Egyptiens en faveur de deux bienfaiteurs. Cf. VII 314 : une

gardant, en pays étranger, leurs cultes et leurs coutumes .

Je ne connais aucun fait plus décisif pour l'appréciation de la situation économique de la G-rèce que cette prédominance de l'élément étranger. La vie se retirait peu à peu des anciennes régions occupées par la race hellénique. De nouveaux courants s'établissaient en dehors d'elle. L'activité et le mouvement affluaient vers de nouveaux centres : en Orient, Alexandrie, en Europe, Bome. Le silence et la solitude se faisaient dans les cités autrefois si bruyantes de la Grèce propre. Les anciennes fortune:^ se défaisaient, d'autres se formaient. Les pays producteurs, le Pont, et en général l'Orient, assuraient, en passant par Délos, leurs communications directes avec l'Italie. La Grèce, qui n'était pas un pays producteur, était laissée de côté. Ses concurrents la dépouillaient du fructueux transit dont elle avait vécu si longtemps. Plus rapprochés des centres de production et sans doute aussi plus industrieux et plus actifs, les Phéniciens s'étaient vite accommodés des circonstances nouvelles et s'étaient portés vers les marchés qui s'ouvraient alors.

Les marchands étrangers qui résident à Délos constituent des collèges. Les plus importants sont ceux des Romains et des Italiens, et d'abord celui qui est placé sous la protection de Mercure (Hermès) ; de là le titre de ses membres, les Hermaïstes. Cependant HomoUe remarque que ce titre désigne plus spécialement les magistrats du collège. Les simples membres prenaient la qualification de ** les Italiques „. On a découvert les restes de leur local, tout à la fois temple et lieu de réunion. Il offrait à l'admiration des visiteurs ses portiques et ses colonnades ; à l'intérieur, des marbres, des peintures et des statues.

iDscriptîon portant des hiéroglyphes et 316 : dédicaces ans divinités égyptiennes.

On possède une iuscription ('), d'après laquelle les HermalsteSy les ApoUoniastes et les Poseidoniastes font en commun une dédicace. Dans la liste de noms propres qui nous a été conservée, les noms italiens dominent et ponr le dire en passant, on est frappé du nombre considérable d'affranchis que renferme cette liste. L'élément italien envahissait même les collèges établis autrefois par les Phéniciens (les ApoUoniastes) et par les Syriens (les Poseidoniastes) (*). Les marchands de Tyr avaient formé nn collège sous la protection d'Héraclès. On a gardé d'eux un décret honorifique pour leur bienfaiteur Patron, fils de Dorothée : ils s'intitulent le « synode des marchands et des armateurs tyriens » ou «la réunion des marchands et armateurs tyriens Héracleistes (') ». On a découvert aussi une dédicace des UpovaOrat tyriens (*), en l'honneur d'Apollon : elle émane sans doute du Collège des ApoUoniastes dont nous avons déjà parlé. On connaît le Collège des marchands et armateurs naviguant vers la Bithynie ("), par une inscription honorifique pour leur biei^aiteur, Méléagre de Nicée. Le Collège des anciens expéditeurs d'Alexandrie, 7^ aùvoSoç Twv iy 'AXeÇavSpta Tîpe^xP'jTÉpwv iySo^réwv (•) fait deux offirandes. Ce collège avait son siège à Alexandrie; mais

(M BCH Vin 1884 146. Cf. IV 190.

(*) A moins qu'il ne faille voir dans les ApoUoniastes et les Poseidoniastes, dont parle l'inscription BOH Vm 146, des collèges distincts de ceux que fondèrent les Phéniciens et les Syriens.

(*) CIG 2271 : *H ffuvoo(K "^ûv Tuptiuv sfiirôpcuv xal vauxXrjpcov.... z6 xot'vov TcSv Tuptwv *Hpa>cXetoTCJ5v|£{jL'irdp(«)v xat vau^Xi^pcov.

(*) BCH IV 69 : Upovauxat ix Tupou.

(5) BCH IV 222 : tûv si; BtOuvtav xaxairX^ovTcov Ê|jL7rdpa)v xotl

vauxÀi)pta>v.

(«) BCH XI 1887 249 et 252.

ces inscriptions témoignent de relations fréquentes avec Délos. Enfin le collège des Poseidoniastes de Béryte (Beyrouth) ('), composé des marchands, des armateurs et des entreposeurs de cette cité. Outre Poséidon, il honorait la déesse Borna.

Des inscriptions publiées tout récemment (*) achève de nous monjbrer la prédominance à Délos de3 étrangers et particulièrement des Komains : ce sont de nouvelles dédicaces des Hermaïstes ; ce sont des inscriptions qui nous révèlent l'existence des confréries, fréquentes à Bome, d'esclaves et d'affranchis pour la célébration des compitalia et, circonstance remarquable, la plupart des compitaliastes sont des affranchis de Romains; c'est une dédicace de la corporation des Olearii ; c'est enfin une dédicace des [^p*j]<T07r(oXar., lesquels ont édifié un sanctuaire et élevé une statue à Héraclès. Les 5^pu<ro7r(oXat sont, semble-t-il, des orfèvres qui fabriquaient et vendaient aux pèlerins des objets d'or et pouvaient aussi s'occuper accessoirement du change et même de la banque ; remarquez cependant la dédicace des trapézites, ol èy At,Xw. 7pa7ïeÇ[vTai] (^). Les noms des membres de la corporation des orfèvres qui ont présidé à ces travaux sont conservés en partie : notons leurs lieux d'origine, Elée, Héraclée, Azotos (en Syrie ou en Achaïe), Bome.

La présence des étrangers est encore attestée par l'édification de sanctuaires ou par les honneurs rendus à leurs divinités. En tête figure la déesse Boma, puis

(^) BCH VII 467 : noTsiotoviarrwv BrjpjTwov ê(X7:opu)V xal vajxXr,pu>v xal ÈYSoyewv.

(*) BCH XXIII 1899.

(5) Cf. 8ur les banquiers de Délos, BCH I 86 ; VIII 129, 488 ; XI 267, 269. Schoeffer 146.

viennent les divinités égyptiennes dont le culte est célébré par des confréries comme f, tûvoSoç [xEXavT,^ 6po)v, les divinités syriennes honorées par t; t'jvo5o; ÔEpaTrE'jTwv, les divinités d'Hieropolis, Atargatide et Adad (').

Quels étaient les objets du commerce délien ? Le principal était les esclaves. On allait les chercher dans les régions du Pont. Délos était le grand marché de chair humaine où venait s'approvisionner l'Italie ('). Il y avait d'antres objets encore, le blé, le vin, la laine, le poisson, etc., tous les produits de l'Orient. La meilleure preuve est la ruine qui frappa le port de Rhodes, quand celui de Délos fut devenu port franc : tout le trafic se détourna de Bhodes et elle perdit sans doute sa principale clientèle qui était Alexandrie.

Mais les produits de l'industrie locale ne figuraient-ils pas aussi dans ce négoce ? Pline cite les parfums qui peut-être étaient fabriqués dans l'île, peut-être aussi venaient des pays orientaux qui ont toujours excellé dans cette fabrication {^). Il cite encore la volaille et les œufs (*). Enfin le bronze : les produits de l'industrie délienne étaient aussi renommés que ceux de Corinthe et d'Égine (^), On n'oserait affirmer que tous les objets

{*) Schoeffer 191 s.

(*) Strab. XIV 5, 2 : ouvatjAsvr, |jLupiaoa< àv^paroowv aOOrijjispov >:ai o£;2962'. X3CI àTroTrsfjuj/ai wors xai 7tapot[xtav yvdn^v. O'.à toOto • S(jL7:ops, xaTaticXeOffov, è^sXoO, TTavraVéïcpacTai.

(*) H. N. 10, 139, Sohoeffer 184.

(^) Plin. H.N.34, 9, 10 : Antiqaissima œris gloria Deliaco fuit, mercatus in Delo concélébrante toto orbe et ideo cura ofïïcînîs, trîcliniorum pedibus fulcrisqne. Ibi prima nobilitas œris. Pervenit deinde ad deum simulacra, eifigiemque hominum et aliorum animalioin. Gic. Accus, in Verrem II 34, 72, 176; IV 1. Pro BoBcio Amer. 4G.

rv

de bronze, auxquels on donnait le nom de « Déliens », aient été fabriqués dans l'île. Cependant les inscriptions (*) nous font connaître l'existence d'ateliers (').

(*) OIG 158 = Ch. Michel 577, ]. 44 : ya^xeiov et des xEpafxstx.

(*) M. Ardaillon a rendu compte récemment des fouilles exécutées dans le Port de Délos. Le port proprement dit n'avait qu*un développement de rivage de 800 mètres avec 250 mètres de quai et l'auteur ajoute : « Habitués comme nous le sommes aux énormes dimensions de nos ports de commerce, il nous est difficile de croire que l'EfJLirdpiov de Délos se soit contenté de ces modestes dimensions. N'oublions pas que les navires des anciens n'avaient point les proportions des nôtres. De plus, les anciens mouillaient leurs bâtiments côte à côte, poupe au quai et proue en avant : un voilier à quai ne s'amarre pas autrement. C'est ainsi rangés que l'on voit aujourd'hui dans le port du Pirée, les caïques de l'Archipel. Cette disposition permet à de nombreux bâtiments de faible tonnage de trouver place en un court espace ».

«Ajoutons qu'à Délos, le port a deux annexes naturelles : dans l'anse de Scardana, quand le vent était au sud, dans le port de Foucrin quand le vent venait du nord. Les navires pouvaient ainsi charger ou décharger les marchandises et enfin la pointe des Pilastres ne marque point la fin des quais et des docks ; ils se prolongent dans le sud pendant 1500 mètres au moins, le chenal tout entier ne forme qu'une vaste rade », Ardaillon Fouilles du Port de Délos BCH XX 432.

.Cette description n'est pas pour nous donner une très haute idée du commerce délien. Elle sert à montrer, par les installations moindres et par les faibles dimensions des navires, combien ce commerce était inférieur à celui de nos grandes places modernes.

Droits perçus à Délos au profit du temple : iropcpupa, èvvo{x'.ov, Xt(jLVT}, droits sur la pèche, le pâturage et la pèche de la pourpre; XtjjLTiv, âXx6; à £v 'ÀTtoXXwvtwt — 6 èv NT|(ra)i, droits déports; alpéjeiç droits de déchargement (?) ; (7Tpo<p£Ïov, (cabestan qui sert à lever l'ancre), droit de sortie (?); 7rop6|jLeTov de Délos à Apollonion et à Bhénée, ce devait être un monopole; f^fAiopéXta, droit de Vs obole

I Athènes.

Nous sommes mieux instruits, pour Athènes que pour Corinthe, de l'histoire de la cité et des particularités de la vie des habitants. Des témoignages, insuffisants encore, nous parlent de l'importance numérique de la population. D'autres, plus précis, nous aident à déterminer les divers éléments de la population et, parmi eux, ceux qui s'adonnent à l'industrie. Ces témoignages seront utilisés plus loin. Dans ce qui précède aussi, se sont rencontrés des détails assez nombreux sur certaines industries qui se pratiquaient à Athènes : on en trouvera d'autres, au Livre IIP, sur l'exploitation des mines et au Livre H*, sur l'industrie du bâtiment.

Les circonstances ont fait que l'histoire de la Grèce

est avant tout l'histoire d'Athènes. Elles ne sont pas le

fruit d'un hasard. Les Athéniens ont loyalement gagné

la place qu'ils occupent. D'autres peuples ont montré

plus de vaillance ou ont eu plus de bonheur sur les

champs de bataille. D'autres ont été plus habiles ou plus

entreprenants et la richesse matérielle a afflué vers eux.

Tout cela passe : les seules conquêtes durables sont

celles de l'esprit et les seules richesses qui ne périssent

pas sont celles de l'âme, grandes vertus ou grandes

pensées. Les Athéniens ont eu cet heureux privilège de

savoir mettre dans leurs œuvres une âme qui les rend

immortelles, d'y répandre une beauté impérissable et de

se survivre à eux-mêmes par ce qu'ils avaient de

meilleur. Ainsi, même dans ce domaine des intérêts

matériels, où nous sommes, de quelque côté que nous

nous tournions, ce sont eux que nous retrouvons tout

par drachme, soit de 1/19, Homolle Comptes des Hiéropes da Temple d'Apollon Délien BOH VI 1882 66.

d*abord. Je ne veux pas tracer une image complàbe de Pactivité industrielle d'Athènes. Pour obtenir cette image, il faudra rapprocher divers chapitres de ce livre.

Corinthe et Délos sont des places où le commerce a eu, et de très loin, le pas sur l'industrie. Cela est vrai surtout de Délos, cela l'est déjà un peu moins de Corinthe. Où mettrons-nous Athènes ? Je n'hésite pas à la ranger, comme centre industriel, bien avant Corinthe, tout en reconnaissant que là même l'agriculture et, en second lieu, le commerce ont été des facteurs plus considérables.

Une industrie sérieuse et qui n'en est plus à l'exercice du métier en vue de satisfaire des besoins locaux, a comme auxiliaire le commerce : les exportations et les importations nous fournissent donc un moyen d'appréciation très utile et très sûr. J'énumérerai tout-à-l'heure d'après les sources -ittéraires, les produits industriels qui étaient importés à Athènes.

Il faudrait pouvoir compléter cette liste par l'inventaire des produits industriels fabriqués à Athènes et exportés d'Athènes. Pour le moment, ne considérons que le commerce, afin d'établir sa prospérité et de déterminer sa nature. Il résultera, je pense, de ce qui suit, que ce commerce était surtout un commerce d'importation et un commerce de transit portant principalement sur les produits du sol et sur les matières premières et non sur les produits fabriqués : ce qui concerne ceux-ci, sera dit au Chapitre IV.

Essayons d'interroger les témoignages écrits : il en est toute une catégorie qui mérite une attention spéciale; ce sont les plaidoyers des orateurs. Ouvrons ceux qui sont réunis sous le nom de Démosthène. Quelques-uns sont relatifs à des affaires commerciales (*) et ils mettent

(1) Plaidoyers contre Âpatoarios, contre Lacritos, contre Phormion, contre Dionysodoro8, contre Zénothémis.

généralemeut eu pré«ence des prêteurs à la grosso ayen-^ ture et des capitaines ou des marchands qui ont donné en garantie de leurs emprunts les cargaisons à l'aller et au retour.

Les cargaisons au retour sont assez fréquemment indiquées. L'article le plus ordinaire est le blé (*). La loi défendait même ** à tout Athénien, à tout métèque, de prêter de l'argent sur un navire qui ne doit pas transporter à Athènes, le blé et les autres marchandises désignées dans la présente loi „. Le blé est cité en premier ordre. Cela se comprend. L'Attique ne produisait qu'une faible partie du blé nécessaire à la consommation des habitants. U était donc indispensable d'assurer un approvisionnement régulier du marché et encore n'y réussissait-on pas toujours.

Les pays producteurs du blé étaient l'Egypte (*), le Pont (^j, la Sicile (*). On voudrait connaître le détail des

{^) Perrot Revae bist. IV, article sur le commerce dn blé.

(*) Dans le plaidoyer contre Dionysodore, celui-ci est présenté comme un agent de Cléomène qui régnait alors en Egypte et était défavorable aux Grecs et particulièrement aux Athéniens. Cléomène, par ses agents, dominait sur le marché d'Athènes et y réglait le cours. Ses importations étaient donc fort considérables. « Les cargaisons de marchandises grecques et de froment égyptien, dit Torateur, se croisaient sur les mers ». Le navire devait rentrer à Athènes, après son voyage en Egypte, mais le capitaine préféra faire un commerce lucratif entre ce pays et Rhodes.

(') Le plaidoyer contre Phormion raconte que Parisades avait accordé franchise de taxe à tout navire chargeant du blé à destination d'Athènes. Lysias XXII 14 ne cite pas d'autre lieu d'origine du blé importé que le Pont.

(*) Dans le plaidoyer contre Zénothémis, Démon a prêté une certaine somme à un négociant athénien Protos qui s'en est servi pour acheter du blé à Syracuse.

autres marchandises dont parle la loi : on peut citer d'après les plaidoyers de Démosthène, les peaux ( ^), la laine et les salaisons en provenance du Pont, enfin le vin (').

La cargaison à l'aller n'est indiquée que dans un seul cas (^) : elle consiste en 3.000 amphores de vin à embarquer à Mendé et à Scioné pour le Pont. Le capitaine prétendait avoir embarqué comme cargaison de retour des vins de Cos et cette affirmation soulève cette curieuse observation : on n'a jamais entendu dire, déclare l'orateur, qu'on ait amené du Pont en Attique du vin et surtout du vin de Cos. " Au contraire, c'est des parages voisins de notre côte, c^est de Péparèthe, par exemple, qu'on fait passer dans le Pont, des vins de Cos, de Thasos, de Mendé et les produits de quelques autres vignobles. Mais du Pont à Athènes, ce sont d'autres denrées que l'on importe „.

A cette première- catégorie de témoignages écrits, se rattachent quelques textes souvent cités, mais dont, me semble-t-il, on n'a pas toujours aperçu la vraie portée.

Je lis dans le pamphlet oligarchique, rangé parmi les œuvres de Xénophon : « tout ce qu'il y a de bon en Sicile, ou en Italie, ou à Cypre, ou en Egypte, ou en Lybie, ou dans le Pont, ou en Chersonèse, ou dans le Péloponèsc; ou quelque part ailleurs, tout cela affine ici, (grâce à l'empire que nous exerçons sur les mers) (*). Donc un

(*) Dem. c. Phormion 10 et c. Lacritos 3i. Polyb. IV 38. Hermippos Ath. I 27 £. Les peaux venaient du Pont et de la Cyrénaïque.

z (*) Dem. c. Lacritos.

^ (') Ibidem. Dans le plaidoyer c. Phormiou, la valeur de la cargaison à embarquer pour le Pont est seulement indiquée.

(*) [Xen.] Resp. Ath. II 7 : el ôè oet x«i dfxixpoTfipwv {xvTjaâf^va' â'.i TTjv àp/V' TTÏ; OaXaTTT,; Tiptôtov |xèv Tpoîrou; sùioyidiv sjTjûpov

commerce d'importation. Dans le même sens, Thucydide fait dire à Périclès : « Tout pénètre ici de tous les points du monde, à cause de la grandeur de la ville » (*).

Le traité de la République des Athéniens ajoute : « les Athéniens sont encore le mieux à portée de s'enrichir, parmi les Grecs et les Barbares. En effet, que telle ville soit riche en bois de construction des navires, où les vendra-t-elle, si elle ne commence pas par se mettre bien avec le roi de la mer? Que telle autre soit riche en fer, en airain, en lin, où tronvera-t-elle un débouché, si elle est mal avec les souverains des eaux ? De là me viennent mes vaisseaux : je me fournis chez l'un, du bois, chez l'autre, du fer, ici, le cuivre, autre part la cire. En outre, ceux qui seraient nos rivaux ne nous permettraient pas d'exporter des denrées ailleurs qu'aux pays où ils naviguent eux-mêmes ; si bien que moi, qui ne travaille pas la terre, je me procure tout au moyen de la mer. Aucune autre ville ne réunit une double richesse, et ne possède à la fois du bois et du lin ; mais où le lin abonde, le pays est plat et sans bois : de même le cuivre et le fer ne viennent pas de la même ville et l'on ne trouve pas deux ou trois produits dans un seul pays; l'un a telle chose, l'autre, telle autre. Enfin comme il n'est pas de continent qui n'ait une certaine étendue de rivage, ou une île adjacente, ou un détroit, les souverains de la mer peuvent y aborder et

ÈîrîfxtT^djxsvoi aX/Tj aXÀoi; [toj6' add. Heinrich] o-zi èv SixeXîq: i^Ôù fj £V 'HaXiqt TJ £V K'JTipqj fj èv AtY'Jir'cqj fj sv AipÛT» [MS Au8iti] îj èv Ilo'^Tco tJ £V XspJOVTifftp T) êv II eXoirovvT^fftp rj àXÀoOt irou, TaÛTOt Tzi^rzT. lU èv rflpoloBai [8tà ttjV ipy/jv ttjÇ 6aÀâTTT|; del. BucliDer]. Je donue ce passage tel que le rétablit Wilamowitz Aus Kydathen 77.

(ï) Thuc. II 38, 2 : STredipyeTai ô'à {xsyeôo; ttj; ttoXêo); èx 7ra<jT,ç VT|; Ta Trav-ra,

faire tort à ceux qui habitent ce continent, » On le voit, reine des mers, Athènes Test aussi du commerce. Elle le tient, en quelque sorte, dans ses mains et elle se procure par là tout ce qui lui manque.

C'est la même idée qu'exprime Xénophon : « Qui donc quand notre ville est en paix, peut se passer d'elle, à commencer par les pilotes et les marchands ? Parlerai-je des pays riches en blé, en vin ordinaire et en vin fin ? Que dirai-je de ceux qui abondent en huile, en bestiaux, qui font valoir leur industrie ou leur argent (*)? »

Oe n'est pas tout : le Pirée est le siège d'un commerce actif de transit, comme plus tard le sera le port deDélos. Il est, dit Isocrate ('), un emporium établi au centre de la Grèce et où l'on peut se procurer tout ce dont on a besoin.

Je prévois une objection : quelle était la couverture de cette importation ? Les Athéniens achetaient beaucoup à l'étranger : impossible d'acheter sans vendre. Que vendaient ils donc? Ils vendaient les produits de leur agriculture. Il est vrai que leur sol ne produisait même pas le blé nécessaire à la consommation des habitants. Il ne restait que le vin et l'huile; mais nous n'avons aucun renseignement sur l'importance do ce commerce : je me demande si ces denrées arrivaient même à donner la contre-valeur du blé manquant.

D'où les Athéniens tiraient-ils donc leurs revenus ? J'en vois trois sources. D'abord le commerce lui-même : toutes les marchandises qui entrent au Pirée ne sont pas destinées à l'Attique. Le Pirée est un marché où les

(1) Revenus V.

(*) Isocr. IV 42 : sjjLTropiov yàp £v jxsjtji ttj; 'EX/ctoo; tov Ihipaiâ xaxcaxîudtaraTO TOora'JxTjV syovô' 'jirEppoXfiV ôWÔ' à Tuapà Ttuv à'ÀXiov é'v Ttap' r/.dcTTtjjv yaXE-ov h'i Xa^s'tv, zolW iT.tni Trap' auTÎ); pqioiov eTva'. TroptJXTÔai.

Grecs de tous pays et de nombreux étrangers viennent échanger leurs marchandises. Une partie du profit de ces transactions reste à Athènes.

L'autre source est plus abondante encore : les Athéniens possèdent un vaste empire colonial, qui, chaque année, à l'époque de leur grande prospérité, leur fournit des sommes énormes. Ces sommes arrivent dans les caisses de l'Etat et de là, elles se déversent sous mille formes dans la poche des particuliers.

Une troisième source était l'exploitation des mines d'argent du Laurion. Xénophon nous indique cette source dans le passage suivant : " L'extrême douceur du climat est attestée par ses produits mêmes : ce qui ne pourrait pas germer ailleurs vient ici à maturité. De même que la terre, la mer qui entoure le pays abonde en produits de toute espèce. Tous les biens que les dieux accordent à chaque saison se montrent ici plus tôt et disparaissent plus tard. Et ce ne sont pas seulement les productions qu'une année voit naître et vieillir, qui donnent la supériorité à notre contrée, mais elle possède encore d'éternelles richesses. Le sein de la terre y est rempli de marbre dont on construit des temples magnifiques, de splendides autels, des statues dignes de la majesté des dieux. Aussi nombre de Grecs et de Barbares viennent-ils s'en procurer. Si donc il est des ten-ains qui, ensemencés, ne donnent point de récoltes, fouillés, ils font vivre plus de monde que s'ils rapportaient du blé. D'autre part, on ne peut nier que son minerai d'argent ne soit un bienfait du ciel.

„ Il n'y a non plus rien de déraisonnable dans l'opinion de ceux qui placent cette ville-ci au centre de la Grèce et même de la terre habitée. Car à mesure qu'on s'en éloigne, on se sent plus incommodé du froid ou de la chaleur ; et ceux qui veulent voyager d'une extrémité à l'autre de la Grèce, tournent tous, soit par mer, soit par terre autour d'Athènes, comme s'ils décrivaient une

circonférence. En outre, sans être environnée d'eau de toutes parts, Athènes jouit à son gré, comme une île, de tous les vents favorables à l'importation et à l'exportation : car elle est entre deux mers ; puis^ par terre, elle fait un très grand commerce, à cause de sa position continentale ». Et plus loin : ^ On dit que notre ville est des plus agréables et des plus avantageuses pour le commerce ; je vais le démontrer. Et d'abord, elle a pour les vaisseaux, les plus belles et les plus sûres relâches : dès qu'on y a jeté l'ancre, on s'y repose à l'abri du gros temps. Mais en outre, les marchands, dans la plupart des autres villes, sont forcés de faire un échange de cargaison, faute d'espèces ayant cours au dehors. A Athènes, on peut faire tous les échanges possibles d'objets utiles ; et si l'on ne veut pas de cargaison, on peut embarquer de l'argent, marchandise excellente, car, où qu'on la vende, on reçoit plus qu'on n'a dépensé „ Ce passage méritait d'être reproduit tout entier : sauf les carrières de marbre et les mines d'argent, où sont les produits industriels dont le commerce enrichirait Athènes ?

Mon affirmation me paraît donc justifiée: le commerce est une des sources les plus abondantes de la fortune d'Athènes; mais ce commerce n'a pas besoin de l'industrie pour vivre et prospérer (*). S'il en fait ciisculer les produits, ce ne peut être que d'une façon accessoire.

(*) Je coDsidère rapprécîation de Maurî Cittadini e lavatori Milan 1895 14, comme fort exagérée, aassi bien au point de vue commercial qu*au point de vne industriel : cosi Atene diyenne un important issimo centro non solo commerciale ma anche industriale, e il layoro manuele ci prese largo sviluppo. Mêmes exagérations 15 : la vita febbrile del Pireo et la agitazione industriosa delF affolata agora. De même Blass Die sozialen

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