‹ L'industrie dans la Grèce ancienneChapitre 13 sur 89 · COS KT TÉ · texte numérisé non relu

COS KT TÉ

Nous voici devant deax places bien insignifiantes et dont la situation économique serait presque ignorée,

Zastânde 10 : Es gab eine Masse Fabriken in Athen von der verscbiedenster Art.

Nous connaissons le prodait en drachmes des droits d'entrée et de sortie dans les ports athéniens : nous pourrions d'après cela nous faire une idée de l'importance du commerce. Ce droit était d*un cinquantième on 2 o/o de la valeur : il frappait les marchandises qui entraient et celles qui sortaient. Il produisait, peu après les guerres du Péloponèse, de 80 à 86 talents, ce qui suppose un mouvement commercial de 2000 talents environ. Après l'occupation de Décélie, on avait remplacé les tributs des cités alliées par un droit de 5 o/o sur l'entrée et la sortie, dans leurs ports. Les Athéniens attendaient de cette mesure une augmentation de leurs ressources, bien qu'auparavant les tributs produisissent environ 1000 talents. On pourrait en conclure que tout le mouvement commercial des cités tributaires ne s'élevait qu'à 80 ou 40.000 talents, Beloch G. G. I 897 et 485. Dans la première moitié du second siècle, un droit, de même importance, du moins on peut le supposer, procurait à Rhodes 1 million de drachmes pour 50 millions de drachmes de marchandises.

Pour que ces chiffres pussent nous donner une idée tout à fait précise, il faudrait pouvoir les traduire en francs. Beloch. G. G. II 851 parle de la fortune du banquier Pasion : celui-ci disposait pour ses affaires d'un capital de 50 talents. En monnaie actuelle, cela ne fait, observe-t*il, que 300.000 marks, ou en tenant compte de la baisse du métal, un million peut-être ou un peu plus. Seulement le capital rapportait trois fois ce qu'il rapporte aujourd'hui, de sorte que les 50 talents de Pasion représentent 3.000.000 dans les mains d'un banquier de nos jours. Il ajoute : « Néanmoins cet exemple montre clairement combien

sans un hasard heureux qui nous a gardé deux inscriptions intéressantes.

petites encore étaient les conditions de la Grèce au IV'' siècle et nous devons nous garder d^appliquer ici nos mesures habituelles ».

A. Bauer Die Forscliungen zur Griech. Gesch. Munich 1899 412 observe, à ce propos, ce qui suit : il importe assez peu de savoir combien de millions de notre monnaie représentait une fortune comme celle de Pasion ; mais la grosse question est l'efiTet qu'a produit l'accumulation de semblables fortunes en quelques mains et les conséquences qui en sont résultées au point de vue de Tinégalité économique.

Cela n*est pas du tout exact. Il importe beaucoup de savoir si la fortune de Pasion est une grande fortune, c^est-à-dire si eile permet un train de dépenses considérables, une façon de vivre fort large. L'évaluation des monnaies grecques en monnaies d'aujourd*hui dirait cela clairement. Un paysan dans un village perdu de la campagne peut être riche relativement avec quelques milliers de francs. Un roi nègre qui possède beaucoup de coquillages est fort riche, en Afrique ; mais toute sa fortune n'est pas capable de créer de véritables inégalités sociales. Tout le monde est pauvre autour de lui : il est un peu moins pauvre que les autres. Personne ne Taccusera d'être un gros capitaliste.

Ceux qui veulent à tout prix qu'il y ait en en Grèce de grandes inégalités de fortunes au IVe siècle, ne tiennent pas compte de ces considérations. Cf. Livre III, Ch. La valeur réelle du salaire et Livre IV, Ch. La politique meicantile, qui montrent combien les fortunes, vraiment grandes étaient rares à Athènes.

Rodbertus Zur Frage des Sachv^erths des Geldes im Allerthum. Hildebrand Zeitschr. f. Nation alôkonomie XV 1870 341 et XVI 182. Friedlilnder Ueber den Kornpreis und den Sachwerth des Geldes in der Zeit von Nero bis Trajan Ibid. 1869 306-308. Dans Darstellungen aus der Sittengeschichto Roms III, une lettre de Rodbertus en appendice au chapitre sur le luxe. (( Les moyens d'apprécier la valeur réelle de la monnaie ancienne nous échappent. Tout ce que l'on peut dire, c'est qu'elle était

L'inscription de Cos (*) donne une idée du commerce et de l'industrie exercés dans cette île. Elle énumère les diiférentes personnes ou les différentes catégories de personnes à qui des sacrifices et des cérémonies religieuses sont imposés. Parmi elles, figurent les adjudicataires des taxes ou impôts. Ces taxes frappent, cela va de soi, les travaux les plus productifs auxquels se livrent les habitants. On peut donc tirer de cette inscription des détails très précis sur la situation économique de la cité.

Nous trouvons d'abord l'adjudicataire de la taxe qui se percevait sur le prix des transports par mer Tiv (ivàv vatiï^'j (1. I et 2) (').

Vient toute une série d'adjudicataires de taxes qui portent sur diverses denrées alimentaires. On se demande si un droit était perçu sur chaque transaction ou si ces métiers et ces négoces étaient directement atteints. Les taxes étaient apparemment perçues au marché, sous

sapérieure à ce qu'elle est aujourd'hui ». Bibliographie dans Mommsen-Blûmner Le tarif de Dioclétieu.

Quoi qu'il en soit, nous en savons assez pour dire que ni le commerce, ni surtout Tindustrie n'ont pris, dans l'antiquité, un développement qui approche, même de fort loin, do celui qu'ils ont atteint dans les temps modernes.

(1) Commentée par J.Tôpffer MAI XVI 1^4 = Collitz-Bechtel 3632 = Th. Reinach Bev. Et. gr. V 1891 -= Ch. Michel 720. Elle est du Ile siècle.

{*) Tôpffer rapproche une inscription de Myra où l'on voit que sur le prix du passage, l'adjudicataire doit lever une somme égale au quart de ce prix, Le Bas Inscriptions d'As. Min. 1311 ; une inscription de Cyzique qui, d'après lui, pourrait faire croire à un monopole de l'Etat pour le transport par mer; une inscription de Smyrne Le Bas Asie Min. 4, contre ceux qui se sont ligués pour monopoliser les transports par mer i^ 7;opO{jL£Ta en diminuant le prix.

la forme de droits d'étalage. Dans cette hypothèse, seraient cités les boulangers pour les pains apTcov (') et peut-être pour d'autres pains de forme différente tt^; dpeXtaç (*); les marchands de grain ^izo'j et ceux de farine d'orge âXcpiTcov; les marchands de vin o^vou ini GaXaovqt (*) ; les marchands de fruits d^Tcpicov ; les marchands de poisson salé 'zoLpiyoj.

D'autres commerces ou d'autres transactions étaient encore atteints. L'inscription cite l'adjudicataire de la taxe des bois toi TrpiajjiEvoî. wvàv ÇùXwv, l'adjudicataire de la taxe des femmes esclaves vcoixaTcov yjvaixeuov et des esclaves vignerons âjjLTrsXoaraTEtivTwv (*), l'adjudicataire de la taxe du commerce de l'encens Xi^avoTrcoXâv.

Une catégorie assez curieuse de taxes était formée par celles qui étaient levées à l'occasion de la pêche du thon. Des sacrifices sont imposés aux adjudicataires de l'observatoire public toI àyopàÇav-reç xiv (ivàv oxoTcà; Sapovia; et à l'adjudicataire de l'observatoire érigé sur le Nautileos, de même à ceux qui louent des observatoires particuliers. Il s'agit de postes élevés d'où l'on pouvait épier l'arrivée des bancs de thon.

Certaines taxes sont aussi perçues sur l'agriculture : l'une frappe les quadrupèdes wvàv TeTpaTroowv ; une autre peut être le sol lui-même 7:pî.à(jL€vo; Tiv wvàv xùxXou yâç ('). Enfin une taxe était perçue sur les métairies Itcoixicôv.

(1) L*inscription porte ensuite KATATÛN : M. Beinach lit xaTtiov,

(*) Les o'^sÀiai paraissent avoir été des gàteaax destinés aux cérémonies religieuses.

(^) Droit perçu sur le vin exporté, d'après M. Reinach. A l'intérieur de l'île de Cos, mais non à Calymna, la consommation était libre.

(*) D'après M. Reinach.

(°) D'après M. Reinach, il parait s'agir d'un domaine consacré à la déesse Terre.

Certaines taxes atteignent les habitants de l'île yoiaine de Calymna : Tune frappe le vin dyopaÇavTeç tàv wvav Iv Ka)vu{jLvr, ofvou eÇ ofxoiréowv ; l'autre, les bêtes de somme ^sxrfr\ et les laines epia.

La seule industrie imposée paraît être celle des fabricants de rames xiùtzoIùtzoli. On peut y ajouter la profession de médecin. Elle est également soumise à une contribution dans l'inscription de Téos (*).

R Herzog («) a publié tout récemment un fragment d'une inscription semblable à celle dont nous avons extrait ces renseignements. La nouvelle inscription est encore un règlement des sacrifices dans un temple, mais paraît moins ancienne. D'après les restitutions de l'éditeur, elle nous fait connaître les catégories suivantes de personnes à qui des sacrifices sont imposés : les entrepreneurs, Ôuo'/rwv ok xal toI ^pyoXa^eGvTe; xo Upov r^ SafjLOfftov epyov xa6' exaoTov lvta[yTOv à7r]a[$], les débiteurs des banquiers, 6lk)vt[(ov] ok [xal[ toI â7ro[oei]xv'Ji[jievo'. Tràvreç Otco t[wv TpajTreseiTiv t, oD.Xcoç tcw;. R. Herzog rappelle les relations qui existaient à Délos entre le Temple et les banquiers ; de même à Cos, les banquiers recevaient en dépôt les fonds du temple ; on comprend dès lors que leurs débiteurs pouvaient être tenus à des sacrifices au dieu.

Une inscription (') du IV* siècle nous permet de compléter cette liste : elle cite les potiers xepajjLEi;, les forgerons ^^aXxetç, les médecins fa-pot, les joueurs de flûte, aà/kr^zoLÏ, et leur attribue une part dans les victimes immolées dans les sacrifices.

(1) Et à Delphes, Topffer 1. c. 430.

(*) B. Herzog Koische Forschungen und Funde Leipzig 1899 No» 9, 10.

(») Prott Fasti aacri B = Ch. Michel 716 1. 64.

L'inscription de Téos (*) contient les clauses d'un contrat d'union passé entre Téos et une autre ville. Les citoyens de cette dernière deviennent citoyens de Téos et reçoivent certaines exemptions d'impôts.

D'après la nature de ces impôts, on peut établir le caractère économique du pays. Tout d'abord il était agricole, car sont déchargés des taxes les bœufs de labour et les bêtes de trait (^).

Ensuite, il était couvert de forêts, car l'inscription fait plusieurs allusions à l'exploitation des bois et on peut même croire qu'ils constituaient la principale richesse.

Enfin, un passage fort mutilé concerne l'industrie de la laine. Celle-ci s'exerçait à l'aide de laines de Milet et ses produits se vendaient en dehors de l'île (').

Nous venons de voir passer devant nous des types bien différents. Si l'on considère le chiflfre de la population ou le rôle joué dans l'histoire, la comparaison entre ces villes est à peine possible. Cependant elles ont toutes un air de famille : elles se ressemblent^ parce que, chez elles, règne à des degrés divers, une certaine activité commerciale. Plusieurs, comme Corinthe ou Délos, lui doivent la vie et la prospérité. Elles se ressemblent

(•) Judeich MAI XVI 1891 292. Cf. Ibid. XVI 431 Tôpffer ; Ibid. XVII 143 Wakernagel ; Judeich SitzuDgaber. d. Berl. Akad. 1898 645; Wilhelm Arch.— ep. Mitth. aus OE.— U. XVII 1894 416.

(^) Jasqu^à un certain nombre de têtes ; l'élevage des porcs est libre, Wilhelm 1. c.

(*) L, 13 : xûù 67tdaoi âv ^XavSia epyaÇovTai îj à.... [ÎJ àjA)oTi il Ipiiov MiXriaicov ^ T[pi]5^£tu)V 9^ (xd([XAa)V ^].... toutwv oiùxoùç àTsXeîç elvai xacl ocutou 7r(oXE[dvT(i)v ?. Les citoyens de la cité qui s*nnit à Téos sont également exemptés de la taxe des esclaves et de la taxe des médecins.

encore par une activité industrielle moindre, et de beaucoup, si on la rapproche de l'activité commerciale.

Ici les différences se marquent nettement : Athènes dépasse de loinCorinthe et celle-ci, à son tour, l'emporte sur Délos. Téos et Cos représentent, si je puis le dire, au point de vae industriel, la moyenne des cités grecques. Plus bas, il n'y a, mais ils sont nombreux encore, que les états purement agricoles.

Si nous envisageons, en eux-mêmes, ce commerce et cette industrie, dont nous venons de reconnaître l'existence comme facteurs sociaux de quelque valeur, dans plusieurs cités grecques, nous nous garderons d'exagérer leur importance.

CHAPITEE IV.

Exportations et Importations.

Le titre de ce chapitce en indique clairement l'objet. Une véritable industrie ne va pas sans exportations ni sans importations. Elle reçoit de l'étranger des matières premières ; elle envoie au dehors le trop plein de sa production. Il vient aussi de l'étranger des objets fabriqués. Par ces échanges, l'industrie vit et prospère.

La plupart des faits que je groupe ici ont été déjà réunis, mais trop souvent sans ordre et sans distinction entre les époques. Je les répartis sous trois chefs :

I. Importation en Grèce d'objets provenant de pays étrangers.

II. Exportation en pays étrangers d'objets fabriqués en Grèce.

m. Importations et exportations de cités grecques à cités grecques.

Importation en Grèce de produits étbanobrs.

Je me demande quelle a été la dépendance dans laquelle la Grèce est restée envers l'étranger, quels sont les produits de son industrie qu'elle lui a empruntés.

Les Phéniciens 0). Je les ai montrés, dès l'époque

(*) Th. Schmillling Der PhÔnizische Handel in den griechischen Gewâssem I Munster 1884, Il Manster 1885 Prog^.

homérique, apportant, en G-rèce, des objets précieux, par la matière ou le travail artistique (^). Les relations avec la Phénicie ne furent jamais^rompues ; mais il est bien difficile d'en retracer l'histoire. Hérodote décrit des faits du présent, lorsqu'il nous montre les Phéniciens, arrivant à Argos avec une cargaison qu'ils exposent en vente et, fait à noter, cette cargaison se compose de marchandises égyptiennes et assyriennes (*). En 430 (*), Athènes recevait dans ses porfcs des navires venant de la Phénicie ; de même au siècle suivant (*). D'après Wilamowitz (^), au V*8iècle,laPhénicien'aaucune importance, au point de vue des relations commerciales; avec la Grèce (d'Europe) ; il en est autrement au IV* siècle.

A toute époque, les mentions d'objets introduits par les Phéniciens sont extraordinairement rares. Je trouve les parfums {^), Hérodote nous enseigne que, de son temps, les Phéniciens allaient les chercher en Arabie et

(«) II. XXIV 743 : Sioove; xoXjoatoaXoi. Strab. XVI 2, 24: Stodvtot 7roX'jT£)^voi xai xaXÀrreyvoi. II. VI 289 : TzéizXoi 7rap.i:oixiXoi, EpY3t Y'-^''^^^'***^'' Stoov^wv.

II. XXIII 740 : une coape d'argent, œuvre des Sidoniens, don fait à Thoas par des commerçants phéniciens. Od. XV 459 : un collier d'or et d'ambre, œuvre des Phéniciens. SchmtLlling 1. c. I 28 et Helbig sur la question mycénienne Mém. Acad. Inscr. XXXV 1896 343.

(*) I 1, 15 : oopTÎa ArpuTta te xal Wwupta.

(^) Thuc. II 69 : en 430, les Athéniens envoient dix trières en observation sur les côtes de la Carie afin de protéger les navires de commerce qui viennent de Phasélis et de Phénicie.

[*) Xénophon loue le bon ordre qui règne à bord d'un navire phénicien, Oecon. VIII 11.

(3) Wilamowitz Aus Kydathen Berlin 1880 77.

(«) Théocr. XV 119. Bûchsenschûtz Haupstâtten 95.

les introduisaient en Grèce (*). On se rappelle ce que f ai dit de Timportation des métaux que les Phéniciens tiraient de leurs mines d'Espagne, de Cypre et d'ailleurs. Les mentions relatives à l'industrie phénicienne sont plus fréquentes chez les auteurs latins que chez les auteurs grecs : c'est que la civilisation romaine, plus développée au point de vue matériel, plus riche, s'appropria, bien plus que la civilisation grecque, les richesses des peuples étrangers (').

L'industrie carthaginoise nous est représentée comme très prospère : Hermippos parle des tapis et des voiles ; Xénophon, des filets fabriqués en lin du Phase et de Carthagc (^).

L'Egypte, Les relations de la Grèce avec l'Egypte

(*) Il serait fort atile de recueillir et de classer tons les faits qui attestent les relations de la Grèce avec la Phénicie. En voici quelques-uns que j'ai notés. Athènes, CIA II 86, 01. 101-104 = 376-873 : proxénie à Straton, roi de Sidon, et dispense du métoikion, de la chorégie et de Teisphora pour les Sidoniens qui résident à Athènes xaV ep-Tcopiav ; CIA U 168, en 388 : décret pour les Kittiens, cité infra, Livre III, Ch. IV. Thèbes, CIGS I 1407 = Ch. Michel 217: Noba, Carthaginois, proxène des Béotiens en 866/5. Oropos, CIGS 4260, vers 850 : proxénie à un Sidonien et à un Tyiien, fin du IIP siècle ou commencement du suivant. Rhodes IGI I 82 : Nahum, proxène. Samos, CIG 2256 : proxénie à un Sidonien.

(') Hermipp.Ath. I 28 A: Kap)rTj8u)v 8a7r'.8aç xat TroixtXa TtpojxsoàXaia Xen. de Ven.2, 4 : xàc ôè àpxu^ 4>aaiavoû tJ Kap)^eôovioii XeiiToû Aivou xal xà £vo$ia xal xà oîxxua. Poil. V 26 : *'Apx\>£; Ôè xat ôix-ua xal £VoSta,To jjièv Xivov aÙT(ov, Aîy'jtttiov, ij ^«dtavtxôv, ïj KotpyTjôoviov, r^ Sapôovixôv elvai Set. 'HpdôoToç 8è xô ^^afftavàv ÔTiep èjxi KoX^ixôv, Ocp' *EX/vT,va)v SapSovtxèv xaXsloOai /eyei. xal ôûvaxai xal xô à7:o Sapôouc, àç^TJ; VdO); xal xô Kap^rjôovtov evSo^ov eaxiv, (î>; àrzà xtî;

ïnzipOLÇ XOJAlÇojJLEVO.V.

sont bien antérieures à la grandeur d'Alexandrie (*): elles remontent au Vil* siècle. Hérodote (*) raconte comment Psammétique s'entoura de mercenaires Cariens et Ioniens et leur donna des établissements en Egypte. Ses successeurs continuèrent sa politique. Sous Apries, le nombre des mercenaires cariens et ioniens fut porté à 30.000 ('>. Enfin Amasis donna aux Grecs la ville de Naucratis (^) : à ceux que la navigation amenait en Egypte, il accorda des terrains pour construire des autels à leurs dieux et établir des enceintes sacrées Teusvea. La plus grande et la plus célèbre de ces enceintes était appelée l'Hellenion. Les villes qui Pavaient établie ensemble étaient Chio, Téos, Phocée, Clazomène, Bbodes, Cnide, Halicarnasse, Phaselis, Mitylène. Ces villes nommèrent les préposés à l'entrepôt, irpo^rràTai. roO êp.7ropio*j, chargés de la surveillance et de la protection du commerce 'et de la juridiction. De leur côté, les Eginètes avaient consacré un terrain à Zeus; les Samiens à Apollon ; les Milésiens à Apollon. Autrefois, ajoute Hérodote, Naucratis avait été le seul marché de l'Egypte O.

Les produits de l'industrie ou de l'agriculture égyp- ' tienne étaient nombreux. D'abord, le lin. L'Egypte était célèbre pour la fabrication de la toile : les produits égyp-

(1) Busolt G. G. I* 476.

(«) II 154. Strab. XYII 1,18: les Milésiens s'établissent à l'ane des bouches da Nil et y construisent un mar ; plus tard ils fondent Naucratis. — Thuc. IV 63 dit que le port deCythère était fréquenté par des vaisseaux venant d'Egypte et de Lybie.

(») Hérod. II 163.

(^) Mallet Les premiers établissements des Grecs en Egypte Mém. de la Mission du Caire XII.

tiens ne pénétrèrent, semble-t-il, que ^ faiblement en Grèce. Hérodote mentionne la toile d'Egypte que les Grecs connaissaient sous ce nom Atyiiimov. Il parle aussi de la toile de la Colohide que les Grecs appelaient, dit-il, SapSovuov {*).

Ion mentionne les vêtements en toile égyptienne (*). Nous avons vu plus haut que le Traité de la République des Athéniens fait assez vaguement allusion à l'importation du lin à Athènes.

Le coton. Peu répandu en Grèce. Hérodote (') parle d'un vêtement précieux qu'Amasis avait donné aux Lacédémoniens : la tramé était en lin ; le tissu était en fils de coton et d'or, formant des dessins. La manière dont il s'exprime plus loin (*j, sur l'usage du coton dans l'Inde, montre qu'en Grèce, on n'utilisait pas encore cette matière.

L'inventaire du temple de Hera à Samos (') porte ffivBwv \i^. Qu'est-ce que le sindon (*)? Un végétal, peutêtre le coton, qui, d'après PoUux ('), vient d'Egypte. Mentions analogues dans l'inventaire d'un temple Béotien, HP siècle, et dans l'inscription des mystères d'Andanie, 91 av. J.-O.

(*) Hérod. Il 105 : Xivov |jloûvoi ouxoi te (ol KoX^oi) xai AlyuTtTiot ipY^Covcai xaTà xauTa.... Xt'vov 5è z6 jièv KoXyixôv uit* *EXXtjVo>v SapSovtxàv xexXTiTai, tô fxevxol àn^ AlyuTrxou à7rixvcU|jLevov xaX^exai AlyuTC'ciov. Voir sur ce passage l'édition de Stein.

(*) Ion, Ath. X 451 D : ifj x' Alyoïrxfa XivouXx6< ^Xotva.

(') III 47 et la note éd. Stein. Cf. Pauly Wissowa : BaamwoUe.

(*) ra 106.

(û) Ch. Michel 832 l. 19. Dans un inventaire Béotien, BCH V 264 = CIGS I 2421 : Stvadva. Dans l'inscription des mystères d'Andanie, infra. Livre lY, Chap. II : xaXuripiç, 9iv§ovixt)i;.

(6) Becker Chariklès, éd. Gôll, III 236.

(') Pollux VII 72 : (xivSwv ejxiv AiyuTrxwc.

Le papyms. Hérmippos cite les voiles faites de cette matière. Il cite aussi le papier (*); Hérodote qui parle du papyrus ne mentionne pas le papier. Celui-ci, d'après Blûmner (*), ne devint d'un usage commun en Grèce et dans le monde civilisé qu'à l'époque des Ptolémées.

Le verre. Je trouve des vases en verre mentionnés dans une inscription d'OI. 95. 2, dans Aristophane et dans Platon ('). Les objets de verre ne semblent pas avoir été fort répandus en Grèce et cela est d'autant plus étonnant que les Phéniciens les fabriquaient tout aussi bien que les Égyptiens {*). Ceci doit arrêter l'attention : combien devait être faible la demande de produits industriels de la Grèce à l'Egypte, puisqu'elle ne portait pas sur l'un des produits les plus originaux et les plus utiles de ce dernier pays !

Enfin les paffums (°) auxquels les comiques font de nombreuses allusions (^).

(f) flermipp. Ath. I 27 F. Hérod. II 96.

(«) Gewerbl. Thâtigk 113. Hérod. V 68. Pauly-Wissowa : Byblos et Byssos. On trouve le papier employé pour le contrat d^entreprise à Épidaore-Tholos, infra, Livre II, Oh. VII, il ne coûte que 4 ob. Vs* '^ Athènes, 01 A I 324 c. II 81, deux '/apT<zi pour tenir les comptes ; prix, 2 drachmes, 4 oboles. A Délos, comptes de 279, Oh. Michel 883 1. 102; /xpxîa oûo : 4 drachmes.

(') Hérod. II 69 : àpxiijJLaTa Xi'Otva /'jxa. Aristoph. Ach. 74 : iizlvo{x£v ii uaXivojv èx?cb)p.àxcov ; il s'agit de la vie que mènent en Perse les ambassadeurs athéniens. Of. Nuées 767. Plat. Timée 61 B : (r<pp2Yfôe<; (xxXivai. 01. 95. 2, OIA II 645, 646, 656, inventaires du Parthénon. Délos, Oomptes de 279 1. 50, Oh. Michel 838 : <J9payl^iov ôàXivov ^pua^vÔsTov. Of. Blûmner Technologie 118 79 s.

(*) Pietschmann Gesch. der Phônizier Berlin 1889 239.

(^ Buchsenschûtz Hauptst&tten 96.

(6) Lumbroso L'Egitto dei Greci e dei Bomani, 2e éd. Rome 1895 donne la liste suivante des objets du commerce d'Alexandrie, d'après les auteurs Grecs et Latins : uiXia, vitrum,

U faut de nouveau insister sur la nécessité d'apprécier la valeur des faits. Beaucoup d'auteurs se bornent à les collectionner et, à lire leur exposé, on se figurerait la Grèce, l'Egypte, la Phénicie, engagées de très bonne heure, dans des relations commerciales très étroites et très actives. Ce sont là des anachronismes; il faut faire redescendre de plusieurs siècles le tableau qui nous est tracé : le grand essor commercial et industriel en Orient commence à l'époque romaine ; alors seulement, il y a, dans le monde, un vaste marché et, pour les producteurs, une clientèle nombreuse et riche.

La Grèce, au.V" et encore au IV* siècle, était trop pauvre pour pouvoir beaucoup acheter : elle achetait les choses nécessaires à un genre de vie simple ; elle n'avait pas les moyens d'acquérir les choses utiles, ni surtout les choses superflues. '

La Perse et la Lydie. Aristagoras de Milet {*) voulant persuader à Cléomène de passer en Asie, lui fait le tableau des richesses des pays soumis aux Perses. Il nomme l'or, l'argent, les étoffes de diverses couleurs, les bêtes de charge, les esclaves. Les Lydiens en particulier détiennent un pays fertile et où l'argent abonde. De fait, les tissus lydiens ont été célébrés par Aristophane (').

calices vitrei, cryatalla, P'ipXoç, X^P"^» papyr'is, charta, d6ovia, linum, vestes lineœ, lintea,xpep.aiTTà lirtiac, pendentia vêla, tapetia, Xi^GcvcoTo'^f Tzéizipi, pi^oL'.^ X. T. X., tara, aromata et diversœ species preciosse, et quid quid confert medicis Lagœa cataplus, èXif^a^^ ebiir, |^i^/ta,libri, papyri volamina, (lupa, ungnenta, odores, oïtoc; fruges unde [Roma] Constantinopolis et omnis Oriens pascantur, Tapi/T), salsamenta. àv^paTioda, irat^via, omnia mancipiorum gênera, Pharia de pabe deliciœ.

(<) Hérod. V 49.

(*) Gaépes 1139. Elle a donc été fabriquée en Perse et achetée à Sardes. La scolie : ei< SapSe^ yàp ÊirwXêîxo xà Ilep^ixà Ifiàxia.

On voit bien, s'écrie an personnage des G-nêpes, que tu n'es jamais allé à Sardes, sans quoi tu saurais ce que c'est qu'uno pelisse. Le même écrivain vante les teintureries de Sardes (*). Leur célébrité remontait à l'époque d'Homère (*), qui parle de l'habileté des femmes de Méonie à teindre l'ivoire. De la Perse venaient aussi des étoffes et des tapis (').

Ij Assyrie fournissait des tapis et des parfums {*).

La Phrygie envoie des étoffes (Aristophane) (').

On Ta vu, d'après Critias, VEtrurie aurait importé en Grèce les produits de sa métallurgie, et, à prendre son témoignage à la lettre, tous les objets d'airain utiles dans la maison. On cite aussi des chaussures tyrrhéniennes ('), mais Tadjectif vise-t-il autre chose que la forme?

Dans l'inventaire da temple de Hera à Samoa : xiOôJve^ Aûo'.ou Poil. VII 77 : Sapaiavixo<; yi-ccSv et Hérod. II 106.

(*) Âch. 112 et Paix 1174 et la scolie.

Page 1