O VI
(8) Thnc. IV 105.
(7) Diod. XVI 8.
(») A th. VI 231 B.
1») Hérod. V 49, VII 28. Strab. XIV 5, 28.
(*«; Hérod. I 93, V 101.
{}^) Du temps de Strabon XIII 4, 5, on ne trouvait plus d'or dans le Paotole, et les mines du Tmolos étaient abandonnées.
d'Atameus (*J d'Abydos, de Crémastè (*), d'Astyra (*) et de Lampsaque.
Le sol de la Grèce n'était guère plus riche en métaux ordinaites : on extrayait le cuivra sur plusieurs points de Tîle d'Eubée, mais surtout dans le voisinage de Chalcis {*). On en trouve des gisements dans le Péloponèse et notamment en Argolide et à Sicyone ; on ne peut assurer qu'ils ont été exploités dans l'antiquité (*). Cela est possible : on se rappelle la célébrité dont jouissaient les armes d'Argos et les produits de l'industrie métallurgique à Sicyone et à Corinthe (^). On a découvert aussi les traces d'anciens travaux dans l'île de Séripbos (^) ; mais en dehors de la Grèce continentale, c'était Cypre qui avait la réputation la plus étendue (*).
D'où venait l'étain ? (") Il entrait dans la composition du bronze^ mais nulle part en Grèce, il n'en existait des gisements. C'est un problème actuellement encore insoluble que de savoir d'où il venait dans la haute antiquité. Plus tard, les mines de la Grande-Bretagne approvi-
(*) Strab XrV 5,28; de son temps abandonnées.
(«; Citées par Xen. Hell. V 8, 37.
(') Strab. XIV 6,28; mines à peu près épuisées de son temps.
{*) Blûmner Gewerbl. Thàtigk. 87.
(S) Neamann et Partsch 1. c. 229 : l'ancienne Grèce n'a pas possédé d'antres mines de cuivre que celles de Chalcis, en Eubée.
(«) Curtius Peloponnesos II 338, 483.
(') Blumner Technologie 63.
(8) En 332/1 j Nicocréon, roi de Cypre, envoie aux Argiens un cadeau de cuivre pour les vainqueurs des jeux argiens, Boss Archaeol. Aufsâtze II 622, Kaibel Epigr. ex lapid. collecta n° 846.
(^) SalomonBeinachL'Étain celtique L'Anthropologie 1892 276. Voir sur le voyage dePythéas à la recherche du pays de l'ambre et de l'étain, P. Masson De Massiliensium negotiationibus Paris 1896 46.
sionnaieiit le reste de l'Europe : c'étaient là qu'étaient situées les célèbres îles Cassitérides, découvertes par les Phéniciens, et dont ils cachaient soigneusement la position ('). On ne sait trop comment il arrivait jusqu'en Grèce : probablement les marchands indigènes le transportaient-ils à travers la Gaule jusqu'à Marseille et à Narbonne (^) ; les marchands phéniciens et plus tard les Grecs allaient l'acheter dans ces villes. Peut-être antérieurement, arrivait-il en Grèce, par la voie maritime et par l'entremise des Phéniciens qui allaient le chercher sur place ; mais cela paraît bien improbable. L'Espagne possédait aussi des mines de ce métal. C'est pour cette raison que Tétain figurait parmi les principaux produits qui, d'après les anciens, formaient l'objet du commerce des Phéniciens de Tartessos (^).
La Grèce était relativement riche en mines de fer : les anciens citent les mines de l'Eubée près de Chalcis (^). Etienne deByzance nomme aussi les mines d'Aidepsos. Parmi les îles, Bhodes et Cypre (^), s'il faut en croire les légendes qui placent là les Telchines, les inventeurs du fer ; mais d'autres légendes les transportent également en Crète (*), où les voyageurs modernes n'ont découvert aucune trace de minerai de fer. Us ont été plus heureux
(M Hérod. III 115 : o'jtô vrjjou; oToa KatfffiTspièaç eo'iaa^, èx tûv 6 xawciepo^ Tjjxtv cpoiT^. Strab III 5, 11.
(^) Strab. III 2,9. Diod. V. 22 et 38 : l'étain est transporté à travers les G-aules jusqu'aux bouches du Rhône, à dos de cheval. Le voyage dure trente jours.
(*) Posidonius (Strab. III 2, 9 ) : YSvvSdOai 5' h te zoiç ôîrèp toù; AuatTavoùç PapPdlpoiç xal èv totç Kcfz-zfz&phi vi^aoi; xai sx tûv BpeTTavtxbiv 8è eU ":■»<> MajjaXiav xo[xR;e(j6at. Diod. V. 38.
('*) Strab. X 1, 9; épuisées à son époque.
(=) Et aussi, semble-t-il, Imbros. Kôhler MAI V 279 ^ Ch. Michel 831.
I*) Blnmner Technologie IV 7tî.
à Cypre. Ces mêmes voyageurs signalent des minerais de fer dans le Péloponèse, au Taygète,au Cap Ténaron (*) lesquels révèlent une exploitation ancienne, à Andros, Gyaros, Sériphos, Skyros, Céos, Cythnos.
Le plomb était peu employé dans Tantiquité ; nous ne rencontrons chez les écrivains aucune mention bien nette d'une exploitation de ce métal en Grèce (*). Cependant on en trouvait certainement dans les mines du Laurion et Blûmner nomme encore Cypre, fihodes, Sériphos, Siphnos, Anaphé.
Il serait du plus haut intérêt de rechercher si l'industrie grecque ne demandait pas aussi les matières premières aux producteurs étrangers; mais nous n'avons à cet égard que des renseignements trop rares ou trop peu précis. Le petit peuple des Chalybes dans le Pont a eu l'honneur d'être nommé à plusieurs reprises par les anciens (^) : les habitants vivaient à peu près tous de l'industrie du fer; ils produisaient surtout de l'acier que les Grecs appelaient , d'après eux, yjiîku^ ; leurs armes sont fréquemment citées. Les villes grecques voisines, surtout Sinope, faisaient le commerce des objets fabriqués par les Chalybes et rivalisaient avec eux.
(<) Neumann et Partsch l. c. 231. Sar les mines d*Andros, H. Hauttecœur Andros Pile des métaux Bull. Soc. belge de G-éograpbie, 1895, no 5. On y trouve : note sur les gites métallifères des vallées de S. Pierre et de Vitali à Andros (pages 34-49) par le D^ J. Cornet et analyse des minerais par le D' A. Van den Berghe (pa«;e6 41-48) et des détails sur les anciennes exploitations. Le même, l'île de Kéos, Ibid. 1896 dit page 17 du tiré à part : Mais toutes ces mines (plomb, craie, plomb argentifère, etc.), à l'exception du mïn'mia^n^ avaient pas été exploitées par Us anciens, comme lo prouve Tabsence complète de scories. (Suivent des détails sur l'exploitation du minium à Kéos dans l'antiquité).
(^) Cf. pour l'extraction du plomb au Laurion, infra, Livre III, Ch. I. Pauly-Wissowa : Blei.
(') Bûchsenchiitz Hauptstatten 43 n. 14.
Non moins célèbre était le cuivre d'Espagne que les Phéniciens tiraient du pays qu'ils appelaient Tartessos, le cuivre d'Italie et particulièrement celui de l'île d'Elbe. Les mines de Sardaigne étaient connues. Les habitants de la Grèce propre usaient-ils des produits de ces mines? En absorbaient-ils, pour leur industrie, des quantités notables ? Nous l'ignorons. Elles alimentaient certainement l'industrie des Grecs d'Italie et d'ailleurs. La Grèce d'Europe, elle-même, était trop pauvre pour pouvoir exporter ses minerais (').
Je ne crois pas devoir retracer l'histoire des métaux en Grèce; je me borne à signaler un problème difficile : on peut admettre qu'il y eut en Grèce une période du cuivre précédant celle du bronze et durant laquelle le fer était encore inconnu (*). Les couches inférieures à Hissarlik n'ont donné que des objets en cuivre et en bronze : à Théra, le seul objet en métal était une scie en cuivre.
Le fait le plus curieux des découvertes de Schliemann à Troie et à Mycènes est la grande quantité d'objets en or qui ont été remis au jour. Plus tard, ce métal paraît moins répandu. Les Lacédémoniens, voulant dorer le visage de la statue d'Apollon Amycléen, sont envoyés par l'oracle, vers Grésus. Hiéron de Syracuse (478-
(^) D'après Nenmann et Partsch 1. c. 286, la G-rèce possédait da fer en grande abondance et aussi longtemps qu'elle trouvait dans ses forêts, le combustible nécessaire, elle pouvait se passer de l'importation des produits étrangers. Le cuivre manquait et les fonderies de Délos. Egine, Corinthe, Sicyone, avaient besoin du cuivre venant de Cypre on des régions éloignées de l'Ouest. Voir cependant Od. I 186 et II. VII 472.
(♦) Blûmner Technologie. Beloch G. G. I 80. Helbig Homer. Epos^ 329 et Eiserne Gegenstande in drei Stellen des homerischen Epos Hermès 32 1897 86. Cf. de Launay Ferrum Diction. Antiq. gr. et rom.
476) (•), ayant besoin d'or pour faire faire un trépied et une statue de la Victoire, est obligé d'envoyer des messagers en Grèce. Ceux-ci finissent par trouver la quantité de métal nécessaire, à Corinthe, chez Architeles, qui depuis longtemps en avait réuni beaucoup.
Aux époques primitives, l'accumulation des métaux précieux est l'une des formes de la richesse. Les rois et les princes ont des trésors dans lesquels ils entassent les lingots d'or, le métal travaillé, même les étoffes de prix. Le capital est encore improductif : on lui donne cette forme commode, qui permet son emploi rapide en cas de besoin.
Plus tard, il n'y a que les avares qui, pour pouvoir palper leur or, l'enferment dans des coffres. Auparavant c'était, si j'ose le dire, l'un des seuls placements que l'on pût faire de sa fortune mobilière.
Les emplois des métaux n'étaient pas, je l'ai dit, fort nombreux. D'abord les armes : les épées de Chalcis citées par Alcée et par Eschyle (*); les boucliers de Béotie (') ; les armes de Bhodes (Strabon, Diodore de Sicile )(^), celles d'Argos et particulièrement les boucliers (Pindare) (*), celles de Laconie (Xénophon) (**), celles de
(») Théopomp. Ath. VI 231 F.
(*) Ath. XIV r>27 B : xaXxioixal (nroteai. Plut, de def. or. 43 : Xafiwv yàp auToÔTjxtov («ùo'ôtjxtov) Eùpofxov Jicpo;. Bûchsenschûtz Hauptstâtten 39.
('; Le bouclier figure sur les monnaies de Béotie. Bliimner Gewerbl. Thatigk. 59. Xen. de re eq. 12, 3. Pollux I 149.
(») Strab. XIV 2, 5. Diod. XX 84: ol ôè Ts^viTai zàç aùtwv i^tlTZT^\LOL^ 7raG£jyo*/TO rpo< ttjv t(J5v ô'ttXiov xaTa^xsur^v.
(5) Ath. I 28 E : otiX» 8' an' ''Apyou; et 01. VII 83 : 6x' èv ^Apyet •^aXxèç s'yvo) viv et la scolie : t6 5' ÊTratOXiov àcnriç /aXx^.
(*) Xen. Hell. III 3, 7 cite : |xa-/aipa«, çior,, 0|3£Xt?xxou;, TreXexeK;,
Cypre, celles de Marseille et de Cyzique ('). Pollnx donne une liste d'armes ou de pièces d'armes, avec l'indication des lieux de fabrication les plus réputés : cuirasse d'Athènes, casque de Béotie, chapeau et couteau de Laconie, bouclier d'Argos, arc de Crète, fronde d'Acamanie, javelot d'Étolie^ poignards de Gaule, hache de Thrace («).
Ensuite les meubles. En premier lieu les vases : à Argos, les cratères (') et les bassins {*)] à Chalcis, les coupes (°). Bhodes avait ses coupes appelées f^S'jnoTioeç, probablement en argent ; de même Athènes avait ses coupes dites Thériclées (*) ; celles-ci se distinguaient par leur poids ; celles de Bhodes, plus légères, pouvaient être acquises par les pauvres toCç Trev^iat ; dans cette dernière ville encore les vases appelés Pooià;, Pooiaxov. Les serrures de Laconie étaient célèbres et, en général, les ouvrages de fer et d'acier ; une partie du
(*) AgamemnoD II. XI 19 porte une cuirasse qui provient de
Cypre. Strab. XIV 2, B.
(*) I 149 : sù^xijia ôs Ocopa^ 'Attixoupy^j;, xpàvo; BoiioTto'jpYèç, TTiXoc xal EY^^sipiôiov Aaxtovixà, àmU 'ApyoXiXTj, toJov KpTjTtxèv, aoEvodvTj 'Axapvavojv, àxovTiov AItoXixov, {jixyaipa KsXtixtj, TiAexoc Bpdcxto;. Dans les inventaires du temple de Délos, BCH VI 1882 léOi-zô^oL xpijTtxà, ^apETpa TjpaxXscoTiXT} ypuffOTrotxtXxoç to^ov è'y^ouffa.
(') Hérod. IV 152. Il s'agit d'un cratère offert à Héra, par les Samiens, après leur retour de Tartessos; la forme de ce vase était copiée d'après les modèles argiens.
{*) Antiphanes chez Ath. 1 27 D.
(3) Aristoph. Eqn. 237. Bem. dans Plutus 812 s., Carion, voulant donner une preuve de la grande richesse de son maître, dit que vinaigrier, écuelles, marmites, tout est en airain : 6^U oè Tcâva xal Xortâôiov xal yj'^pa | /aXxîî yé^ove.
(^) Buchenschiitz Hauptstàtten 41 n. 4, 5.
marché était affoctée à la vente de ces objets (*). En second lieu, les objets précieux déposés dans les temples. Les inventaires des temples Athéniens portent les vases de Chalcis et de Lesbos (') ; ceux du temple de Délos, les produits de l'art ou de l'industrie de Téos, de Milet, de Ohio, de Rhodes ('), d'Etrurie, de Laoonie (*). Rappelons les deux vases ciselés en or qui figuraient au cortège de Ptolémée Philadelphe et qui étaient un travail corinthien; dans le même cortège, il fut exhibé aussi un grand vase d'or laconien et quatre autres de petites dimensions (').
Remarquons l'emploi du métal pour l'ornementation, dans les constructions. Je me borne à quelques indications sur un sujet que W. Helbig (°) a traité à fond. L'Odyssée (^), décrivant le palais d'Alcinoûs,nous dépeint les murailles recouvertes de bronze^ la frise est en kyanos; les portes sont recouvertes d'or, le montant, d'argent, le seuil, de bronze. Helbig montre qu'il faut entendre
(*) Buchsenschûtz Hauptstatten 38 n. 9. Stepli. Byz. Axxeoai{Jia)v. Xen. Hellen. III 3, 7.
(<) Infra, Livre I, Ch. IV. Cf. Hérod. IV 61.
(') TTjioupYTÎc, (xtXTjcTioupYtî;, yio'jpyTj;, ^o8iaxTj, Homolle Comptes des hiéropes du temple d'Apollon BCH VI 1382 108. Inventaire d'Oropos CIGS I 3498 : Poôiaxfj, PoStaxàv.
(*) Objets en bronze : inventaire d'Hypsocles 1. 122 BCH VI 1882, 116 n. 8 : xpaTiipe; TupprjVixol, xpatiipiov Tupptivix^v, xpaxTiptov AaxcDvtxov, xpaxi^pî; Aaxwvtxol, ^= BCH XIV 1890 Inventaire de 279 1. 122 = Ch. Michel 833.
(-) Callixenos, Ath. V 198 D. et 199 E.
{^) Hom. Epos - 100 s et l'appendice 433. Cf. E. Curtius Bas archaische Bronzerelief ans Olympia Abhandl. d. Akad. zu Berlin 1879.
C) Od. VII 86. Description du palais de Ménélas : Od. IV 48.
par Kyanos, non de Facier bleui, mais de la p&te de verre.
Le procédé d'ornementation métallique est originaire du centre de l'Asie. De là, il passe aux Grecs d'Asie; de là en Europe : le monument dit trésor d'Atrée à >1ycènes et le trésor de Minyas à Orchomène gardent encore les traces des appliques en métal qui garnissaient les parois. Le trésor des Sicyoniens à Olympie était orné de la même façon : d'après Pausanias ('), les Eléens prétendaient que le bronze venait de Tartessos (*).
Enfin, d'une façon générale, l'emploi du métal dans l'art proprement dit ou dans l'industrie peut ôtre signalé en de nombreuses villes : Egine {^), Corinthe(*), Arg08(*), Sicyone, déjà célèbre du temps de Pindare (•), Délos C), Ghio C), Samos (^), Athènes enfin; rappelons dans cette ville l'existence de plusieurs fabriques importantes: celle de Lysias et de Polémarquos (boucliers), celle de Pasion (boucliers), celle du père de Démosthène (couteaux) ('^).