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L'AMIANTE 15 om
Ces serpentines contiennent de nombreux autres minéraux. Dans les veines d'amiante même, on rencontre fréquemment des pellicules et des grains de minerai de fer, magnétite, fer chromé. Le fer chromé constitue parfois des gisements exploitables et donne lieu à une industrie qui s'affirme de plus en plus chaque année. La production de chromite du Canada s'éleva en 1916 à 15,412 tonnes. Les autres principales contrées qui produisent le fer chromé sont la Turquie, environ 25,000 tonnes annuellement; la Russie, 20,000 tonnes; la Grèce, 7:000 tonnes; la Nouvelle-Calédonie, 63,000 tonnes; la Rhodésie, 63,000 tonnes.
En outre des minéraux ci-dessus, on trouve dans ces serpentines des dépôts de tale, de cuivre, d’antimoine et de nickel.
AUTRES GISEMENTS AMIANTIFERES DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC.-—II est intéressant de noter ici qu'il existe des serpentines associées aux roches laurentiennes en certains endroits de la région baignée par la rivière Ottawa. Ces serpentines se trouvent généralement en zones, amas, dans les calcaires cristallins laurentiens, à proximité du contact de ceux-ci avec des roches intrusives, gabbro, diorite et parfois granite. Ces zones sont peu épaisses, atteignant au plus de quinze à vingt centimètres, mais elles sont souvent très rapprochées les unes des autres, et elles renferment des veines d’amiante qui varient entre l'épaisseur d’une feuille de papier et quinze millimètres. On a fait des essais d’exploitation de cette roche amiantifère, mais sans succès jusqu’à présent à cause de l’irrégularité des dépôts. Nous mentionnons ci-dessous les gisements de cette nature sur lesquels on a fait des travaux plus ou moins importants, mais qui sont maintenant abandonnés.
Près des chutes Paugan, rivière Gatineau, canton de Denholm.,
Perkins Mills, canton de Templeton.
Lac Newton, canton de Portland.
Côte St-Pierre, La Petite Nation, à 12 milles au nord de Papineauville.
Près de la rivière Ottawa, à l’est du lac Témiscamingue on a rapporté l'existence de serpentine contenant un amiante comparable à celui de Thetford.
MODES D'EXPLOITATION ET DE PREPARATION DE L’AMIANTE.— L'exploitation des gisements amiantifères et la préparation de l'amiante comportent deux opérations bien distinctes: lo. L'abatage ou extraction de la roche, qui comprend les opérations minières proprement dites et 20. le traitement de cette roche dans des ateliers spéciaux pour séparer l'amiante de la roche qui le contient.
EXTRACTION DE LA ROCHE AMIANTIFERE.—Le
principe général adopté dans l'exploitation des gites amianti-
fères est l'extraction à ciel ouvert, par carrit vu plutôt par excavations, qui prennent des dimensions de ; lus considérables à mesure que les travaux avancent. Lé 'uTS des chantiers varient beaucoup, mais dans les expk ions importantes les travaux d'abatage procèdent systématiquement. Autaï que possible, les excavations sont rectangu-
laires et on extrait la roche par gradins, comme dans les carrières de pierre ordinaires. La figure 12 donne une coupe transversale d’une de ces carrières, ainsi que le mode de remontage de la roche.
Au début d'une exploitation on doit d’abord enlever tous les dépôts de surface qui recouvrent la roche. Parfois ils atteignent une épaisseur de sept mètres. Ce travail se fait généralement avee une machine à vapeur de terrassement. Lorsque la surface de la roche a été mise à nu sur une superficie sufhsante on commence les travaux d'attaque à la mine. On
inatalle alors la matériel de remontage et de halage aui se
Fig. 12.—Mode d'exploitation d'un gisement d amiante d'après Cirkel.
font au moyen de câbles aériens tel qu'indiqué au croquis, figure 12. Puis on procède systématiquement à l’abatage qui se fait par gradins ou terrasses. Certaines exploitations, comme la mine Jeïrey près de Danville, ont atteint 500 mètres de longueur sur 300 mètres de largeur. L'abatage se fait à l’aide de perforatrices mécaniques, à air ou à vapeur, et de dynamite. La pratique courante consiste à faire sauter une centaine de trous de mine à la fois, avec l’aide de l'électricité. Ces forages mesurent cinq mètres de profondeur. Les gros blocs détachés des paroïs sont débités en morceaux maniables par des petites perforatrices à main et des petites cartouches,
Les plus grandes profondeurs atteintes jusqu'à présent sont de quatre-vingts mètres erviron. A cette profondeur, on n’observe guère de changement dans la teneur en amiante de la roche et il y a tout lieu de croire que les gisements se
continuent à de très grandes profondeurs.
Le remontage de la roche amiantifère se fait par un système de câbles aériens (a et b, figure 12), câble-grue, tendus à intervalles irréguliers de quinze à trente-c. 4 mètres au-dessus de l’excavation. La portée de ces câbles atteint parfois 27. mètres, Ils supportent un € t mobile (d, figure 12), duquel pend une benne que ion peut monter et descendre par un câble de commende. On charge cette benne sur le carreau de la mine, on donne le signal de remonter par une sonnerie électrique et lorsque la charge est arrivée au-dessus du wagonnet qui est placé au pied de la chèvre de support du câble, on déclanche pour vider la benne, dont la charge est
d'une tonne environ.
Les bles principaux (ay sur lesquels roulent les chariots
sont en acier et ont des diamètres de 3, CM., à 6 Cmn., selon la longueur de la portée. Les câbles de commande (b) du chariot roulant et de la benne sont plus minces, et ne
lépassent pas deux centimètres
montrant exploitation par gradins.
Fig. 14.—Exploitatien de l'amiante, Carrière à ciel ouvert.
Fig, 15 Expioitation de l'amiante \Méthode mixte à ciel ouvert
et pal valerics,
Pendant l’année 1915, à la mine King, on a installé un appareil d'extraction très puissant, Les treize petites installations qui fonctionnaient antérieurement ont été remplacées par quatre câbles-grues pouvant monter des charges de dix tonnes. Ils comprennent chacun un câble en acier de 63 mm., fortement ancré à chaque extrémité sous une masse de pierre après avoir passé par le sommet de deux pylônes distancés de 275 mètres. Le pylône de tête mesure vingt-quatre mètres de hauteur et l’autre quinze mètres. Entre les quatre montants de la tour du pylône de tête se trouve le treuil 4: remonte. Il est composé de trois tambours actionnés par un moteur à induction de 225 chevaux-vapeur, Celui-ci est muni d’un frein à solénoïdes. Le mécanicien commande la machine d’une guérite placée vers le milieu du pylône. Il reçoit les ordres directement du chef d'équipe au fond du puits. Les bennes rendues à la surface se vident automatiquement dans des réservoirs. On charge ensuite les wagonnets, et une locomotive les conduit aux ateliers de préparation.
Depuis quelques années il y a une tendance, parmi les grands exploitants, à descendre les wagonnets, par un long plan incliné, au fond du ciel ouvert, et là les charger à l’aide d'une machine ou pelle à vapeur directement au pied des
éboulis.
La méthode d'exploitation à ciel ouvert possède de grands avantages au point de vue de l’économie de l’abatage, mais elle a aussi des inconvénients sérieux. Les ouvriers sont exposés aux intempéries des saisons et sont même souvent forcés de chômer., Pour obvier à cela, quelques exploitants ont inauguré une méthode mixte par laquelle on mène des galeries dans les parois des excavetions, Par ce moyen, lorsque le temps n'est pas propice pour travailler À ciel ouvert, les ouvriers opèrent dans les galeries, Mais d'un autre côté, cette méthode est plus onéreuse et comporte un roulage additionnel.
Ainsi que nous l'avons mentionné plus haut, il existe d'excellents moyens de transport. La région est desservie par les chemins de fer Québec Central et Grand-Tronc. Le premier de ceux-ci côtoie plusieurs des mines les plus importantes.
Un autre point à noter, c'est que l'électricité est la force motrice usitée presqu'exclusivement tant aux mines qu'aux ateliers de préparation. Deux compagnies fournissent l'énergie à des taux raisonnables. L'une d'elles, la Shawinigan Water & Power Company a ses usines à Shawinigan, une distance de 145 kilomètres environ de Thetford. La ligne de transmission a de plus à traverser le fleuve St-Laurent par un câble sous-marin.
EXTRACTION DE L’AMIANTE DE LA ROCHE.— L'amiante est séparé en plusieurs qualités selon la longueur des fibres. Quoique la classification varie quelque peu selon les mines, le tableau de la page suivante donnera une idée générale des diverses qualités.
Les qualités Crude No 1 et No 2 sont produites par klaubage ou tri à la main. Les autres proviennent du traitement mécanique de la roche par des appareils spéciaux qui comprennent des concasseurs, des séchoirs, des rouleaux, des déchiqueteurs, des tamis, des aspirateurs, etc.
La roche est réduite sur le carreau de la mine en morceaux, dont le diamètre maximum est de huit à dix pouces, (22 em.) à l’aide de coup. de mine et de masses. On effectue déjà un triage préliminaire. Les fragments contenant des veines d'amiante d’un demi pouce et plus sont envoyés au klaubage tandis que le reste va directement à l'atelier d'extraction mécanique,
Du klaubage et du triage à la main on produit les qualités rude”. Le reste de la ragha traitée ainei est ensuite envové
à l'extraction mécanique.
Fig. 16.-—Carrière d'amiante King, Thetford. Pylônes des câbles-grues.
Fig. 17.—Carrière d'amiante King. Câbles et chariot de câble-grue,
er
| Valeur | Proportion! Proportion
| Longueur | par |par rapport|par rapport Désignation de la quaiité | des | tonne au total | au total de la valeur
| fibres | anglaise |de quantité | | | | | |
a)—Par tri à la main: | | | | Crude No k:..,..:...: Environ |$8300et plus) 21% | 21% 25 mm |(1500 frs et] | (1 pouce) | plus).
| et plus | Crude No 2...…......| Moins de | Moinsde | 24% 9% 25 mm |$300 (1500) (1 pouce) | frs). | b)—Par séparation méca-| n ique — | | Mill Stock No 1...... (Fibre à filer/860 et plus | 11% 23% | (300 frs et | plus) | Mill Stock No 2.......|\ Fibre à [De 860à30| 32% 28%
| | feutre, |(300 frs et| | [ carton, | 150frs.) | Mill Stock No 3....... | papier | Moins de |
ete. | $30, |
Asbestie.. … ............| Poussières| Environ | let graviers : $1.00 | | (5frs) | |
Jusqu'en 1890, ces qualités d’un demi-pouce et plus étaient les seules produites, et ce n’est que de cette époque que date le début des opérations d'extraction de l’amiante à l’aide de machines. Les premiers appareils employés étaient primitifs, mais peu à peu l’industrie se développa 2t se perfectionna au point qu’actuellement, sur une production annuelle de 123,000 tonnes métriques d'amiante, plus de 118,000 tonnes sont le produit de l'extraction mécanique.
La roche amenée de la mine et des ateliers de klaubage est d'abord (1) brovée dans des concasseu:s à mâchoires;
(2) passée dans un séchoir cylindrique :otatif de trente pieds de longueur, ou vertical et rectangulaire de 50 pieds de hauteur; (3) broyée dans un concasseur giratoire et dans des broyeurs à rouleaux. Elle passe ensuite dans (4) des appareils spéciaux désignés sous le nom de ‘‘eyclones””, où elle est réduite en grains fins et même en poussière impalpable, libérant et déchiquetant les fibres d'amiante. L'appareil cyclone consiste en un cylindre épais de fonte à l’intérieur duquel tournent en sens inverse deux hélices à aiïlerons, en fonte d’acier, à une vitesse de 2,500 tours à la minute. En sortant du cyclone, l'amiante est bien déchiqueté et la roche est pulvérisée. La séparation est faite sur une série de tamis à secousses (5). En inême temps que l’action de tamisage qui élimine le sable, le mouvement oscillatoire du tamis produit l'effet d'une table à secousses; il amène à la surf. : les fibres cotonneuses d'amiante, lesquelles, à la partie inférieure du tamis, forment la couche supérieure des matières en traitement. Cette couche de fibres floconneuses est alors enlevée par un dispositif ingénieux consistant en un appareil à succion (6), dont le pouvoir aspirant est produit par un ventilateur, le courant étant ajusté de façon à enlever l’amiante floconneux qui repose à la surface, laissant les matières rocheuses ou gangue se déverser à la partie inférieure du tamis.
L'amiante provenant de cette opération est ensuite classé par qualités selon la longueur des fibres, dans une série de tamis cylindriques.
Ce mode d'opération n’est qu’une esquisse donnant une idée des principes généraux. Il varie considérablement selon les cas, dans les divers ateliers.
SCHÉMA GÉNÉRAL DU MODE DE PRÉPARATION DE L'AMIANTE Mine ou Carrière
Triage à la main.
Ï | Concasseurs à inâÂchoires.
CrudeÏNo 1, Crude No 2 É Séchoir.
Concasseur giratolre.
Broyeurs à rouleaux.
Cyclones.
Tamis à secousses.
Aspirateur séparant rouleaux.