Feu, lumière i
iO. Salaire de la ÛUe qui fait les emballages et vérifie le
ttufail 260.08
Pour 1900, les recettes totales se sont élevées à fr. 7,712.41
Les dépenses en salaires. . . 6,019.20
Id. en frais divers. . 1,733.79 Déficit . 40.58
« Les trois premières années de Texistence de Tatelier, nous écrit M. le curé, les pertes ont été plus considérables, quoique la direction et la surveillance se soient toujours faites gratuitement. À présent, à cause de la multiplicité du travail produit, le budget peut même s'équilibrer, mais il nous serait toujours impossible de payer une directrice, si les circonstances venaient à Texiger. Nous avons toujours tenu à donner aux ouvrières le pltis grand salaire possible... Ce n'est pas un aperçu brillant en fait de bénéfices pour la direction, mais les familles ouvrières y trouvent pour leurs enfants un travail 'rémunérateur qui adoucit Texistence dans bien des familles. »
Nous ajouterons que Tatelier de M... est en réalité un atelier d'apprentissage. C'est par lui que l'industrie a été intro-
duite dans la commune et que les filles du village ont été initiées au maniement des machines. Nous aurons à revenir sur ce point.
B. — Chefs d'atelier de fabrication à la main travaillant pour leur compte.
De nombreux ateliers de bonneterie, où le tissu est produit sur la machine à tricoter, mise en mouvement par les bras de l'ouvrière : c'est ce que nous entendons par ateliers de fabrication à la main, sont dirigés par l'entrepreneur luimême, travaillant pour son compte. L'importance de ces ateliers est trè3 variable. Il en est de grands qui occupent jusqu'à 100 machines et plus; il en est d'autres, plus modestes, qui ne possèdent que 10, 20, 50 machines; il en est, enfin, de minuscules avec quelques machines seulement. Ces derniers se rencontrent surtout dans les Flandres. Les petits entre preneurs qui les dirigent produisent des articles grossiers : bas, chaussettes, vareuses, caleçons, qu'ils écoulent eux-mêmes dans leur voisinage ou sur les marchés hebdomadaires, en même temps que d'autres articles qu'ils achètent encore à d'autres petits producteurs ou qu'ils font fabriquer à domicile. Ils sont en route toute la semaine, colportant leurs marchandises à Termonde [le lundi) ^ à Beveren {le mardi\ à Lokeren {le mercredi) j à Saint-Nicolas (/6;eurfî), à Gand {le vendredi)^ à Hamme {le samedi).
C. — Chefs d'ateliers de fabrication à la main^ travaillant à façon (façonniers).
Le façonnier se rencontre surtout à Saint-Nicolas. Il peut être considéré comme le producteur-type de cette région. Ces petits entrepreneurs à façon possèdent 10, 15, 20, 50 ma-
L liNDlSTBIE DE LA BONNETERIE 97
chines el travaillent les matières premifères qui leur sont fournies par un fabricant ou un négociant. Ils sont propriétaires de leur outillage et se distinguent en cela du type d'entrepreneurs que nous avons étudié sous le if III, A. Ils s'en distinguent encore en ce qu'ils ne travaillent pas exclusivement pour un seul fabricant, mais souvent pour plusieurs maisons à la fois qui envoient leurs ordres de Leuze, Bruxelles, Gand,etc.
Après avoir caractérisé les diverses catégories d'entrepreneurs, qui se rencontrent en bonneterie, il nous reste à donner quelques détails sur le personnel ouvrier employé dans cette industrie.
D'après le recensement industriel de 1896, ce personnel ouvrier se composait, à cette époque, de 5,646 personnes, dont plus des 9/10 étaient des femmes (5,043). La bonneterie est donc une industrie à main-d'œuvre féminine tout à fait prépondérante (1).
Les ouvrières de bonneterie se répartissent en deux moitiés sensiblement égales, selon qu'elles sont occupées hors de leur domicile ou dans leur domicile.
1 . %QG1 ouvrières (sur 2,995 ouvriers de tout sexe) sont occupées dans les ateliers de fabrication à la main ou dans les fabriques : la plupart dans les ateliers, les fabriques de bonneterie n'employant que 500 ouvrières environ sur un personnel ouvrier de 372.
(1) En septembre 4900, le correspondant du travail pour Alost, signale que la bonneterie occupe dans la seule ville d*Alost et dans les communes voisines pins de 3,000 femmes et i50 hommes (bobineurs et tricoteurs de caleçons). {Revue du travail : octobre 1900^ p. i094). Depuis 1896, le personnel ouvrier occupé dans cette industrie a d<1, en eflet, augmenter considérablement, eu égard à Tère de grande prospérité qu'elle a traversée en ces dernières années et qui Ta fait souffrir, à diverses reprises, d'une sérieuse pénurie de main- «Pœuvrc. ( Voir plu$ bas. )
2. 2y376 ouvrières (sur 2,631 ouvriers de tout sexe) travaillent à domicile pour le compte des fabricants.
Elles se localisent principalement :
1. Dans la Flandre orientale (1,527 sur 1,569 ouvriers de tout sexe). Principaux centres : Alost, Saint-Nicolas, Ërembodegem, Wetteren, Oordegem, etc,
2. Dans le Hainaut (409 sur 650). Principaux centres : Leuze, Quevaucamps.
3. Dans la Flandre occidentale (526 sur 554). Principaux centres : Roulers, Harlebeke, Thielt, Cachtem, etc.
Ces ouvrières à domicile, de même que celles qui travaillent dans les ateliers, sont des tricoteuses à la machine et parfois encore à la main, des couseuses à la machine ou à la main, des finisseuses d'articles de bonneterie (remmailleuses, garnisseuses, etc.).
Le bobinage du fil est souvent à la charge du chef d atelier ou de l'ouvrière à domicile. L'entrepreneur remet généralement le fil en écheveau, laissant à l'ouvrier le soin de le faire bobiner à ses frais. Ou bien, l'entrepreneur fait procéder au bobinage dans ses ateliers, il remet le fil sur bobines à l'ouvrier, quitte à se faire rembourser les frais par ce dernier.
L'article fabriqué au moyen du fil remis à l'ouvrier ou au chef d'atelier par le fabricant, doit retourner à celui-ci, entièrement achevé.
C'est la règle générale pour les travaux exécutés en atelier.
Pour les travaux exécutés à domicile, il arrive, pour certains articles du moins, tels que vareuses, caleçons, etc., que l'ouvrière à laquelle le fil a été remis se borne à exécuter le travail du tricot. La couture, le finissage, le placement des boutons et des bordures, etc., est confié à une autre ouvrière spéciale.
Mais, en règle générale, l'article fabriqué revient terminé
chez le fabricant, qui n'a plus alors qu a le soumettre à divers apprêts, appropriés à sa nature et à sa qualité.
Les bas et les chaussettes, par exemple, sont mis d'abord sur formes et puis sous presse. Ces opérations ont pour but de faire prendre à ces objets la forme naturelle et définitive de la jambe et du pied. Â cet effet, on les place sur des formes en bois et on les expose à la chaleur. Cest le système ancien, généralement usité encore. L'enformage se pratique chez le fabricant, mais il existe, à Leuze, par exemple, des spécialistes qui travaillent à l'entreprise pour les fabricants.
Les bas et chaussettes sont ensuite appareillées. Les paires sont réunies au moyen de trois coutures : en pointe, au talon et dans le haut de la jambe ou du bord. On les met en paquet et on les emmagasine jusqu'à l'expédition. Cet emmagasinage exige chez les fabricants de quelque importance de vastes locaux, où les articles sont classés par catégories, par qualités, par numéros de taille, par couleur, etc., et mis à l'abri, par divers moyens, des atteintes des mites et autres ennemis de la laine, qui donnent souvent grand souci aux fabricants de bonneterie.