CHAPITRE III
Le salaire.
§ !•'. — Mécanisme du salaire.
Les salaires des ouvrières à domicile ou en atelier sont établis à la pièce par les fabricants ou les chefs d'ateliers.
Le salaire est basé sur le poids de la matière première, laine ou coton, employée à la fabrication. Ce poids indique la plus ou moins grande finesse du tissu. Le salaire est basé aussi sur l'espèce, la taille ou la grandeur de l'article à tricoter.
Les tarifs varient évidemment d'un fabricant à l'autre, bien que d'une manière eénérale ils soient influencés par l'état du marché du travail et les exigences de la concurrence, dans le sens d'un nivellement uniforme. Nous en donnerons quelques types dans le paragraphe suivant.
En ces dernières années, il faut constater une tendance accentuée et assez générale vers une augmentation des tarifs, provoquée par la rareté de la main-d'œuvre. Un indice de cette amélioration des salaires, c'est le fait caractéristique signalé /écemment par le correspondant du travail d'Alost que « bon nombre d'ouvriers abandonnent leur métier pour apprendre l'usage de la machine à tricoter (1) ».
Pour certains travaux accessoires du tricotage : le bobinage, la couture, etc., le salaire est calculé uniquement d'après la quantité des pièces, indépendamment de la finesse ou de la qualité de Touvrage.
(1) Reçue du Travail, février 1903, p. 145.
Dans certains cas aussi, on rencontre le salaire à la journée.
De nombreuses circonstances concourrent à déterminer le taux des salaires journaliers. Deux ouvrières travaillant un même article^ payé au même tarif, ne gagneront pas le même salaire journalier. L'une disposera de toute sa journée de travail, l'autre devra mener de front son industrie et les soins du ménage. Le travail de l'une sera plus intense que celui de l'autre. L'habileté et la capacité professionnelle, la qualité de la matière première, le bon ou le mauvais état de la machine louée par le fabricant, voilà autant d'éléments qui contribuent à différencier les salaires individuels.
D'autre part, certains articles sont mieux payés que d'autres et donnent pour un même temps de travail un salaire supérieur.
Il y a donc une variété indéfinie de salaires, qui ne permet aucune conclusion ni moyenne générale.
Nous reproduisons dans le paragraphe suivant un certain nombre de salaires observés chez les ouvrières à domicile ou en atelier, au cours de nos visites ou qui nous ont été obligeamment fournis par les fabricants et qui permettront d'apprécier d'une manière assez précise la situation.
Il faut aussi ne pas perdre de vue que l'industrie de la bonneterie étant devenue une industrie à main-d'œuvre féminine tout à fait prépondérante, le salaire gagné par les ouvrières est surtout un salaire d'appoint qui se surajoutée celui du père ou du mari,
^^ 2. — Prix des pièces et budgets de recettes.