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I. SaLAIKES D'0U\liIER$ ET d'oUVRIÈRES A DOMIGLE

A. — Anciens balotils (Tournai et Leuze).

iV i. Possède encore aujourd'hui 5 métiers anglais. Il

travaille seul, tantôt sur I*un, tantôt sur Fautre, montés diflereniment. Produit des articles de luxe : par exemple* des bas fins à damier, de petites camisoles pour enfants (cottins), etc.

Pour bas cachou à damier blanc, le fabricant paie 5 francs la douzaine, pour la première taille (enfants). Il y a 8 ou 10 tailles différentes. La première étant payée 5 francs, chacune des suivantes est augmentée de fr. 0.50, Le prix de façon varie diaprés la finesse de la laine et le numéro de la taille.

En travaillant une journée moyenne de 10 heures, il produit environ 2 douzaines de ces bas de première taille en 5 jours. Son salaire journalier de ce chef est par conséquent de fr. 5.30 à 5.50. Cest un haut salaire. En travaillant plus tort et sans « contrariétés », il pourrait arriver à 4 francs ou 4.50. C'étaient les salaires de Tancien temps pour les articles ordinaires.

Les cottins en laine blanche fine pour enfants sont payés fr. 4.75 la douzaine. Il peut en faire une douzaine par jour, mais il faut pour cela travailler ferme.

Outre la production de ces articles de luxe, le balotil dont nous parlons s'occupe aussi de remettre de nouveaux pieds à des bas usés. Pour une paire de bas noirs qui a coûté fr. i. 75, il remet des pieds pour fr. 1,10, Le client trouve donc avantage à ce raccommodage. Dans ce cas, l'ouvrier fournit la laine et ce sont deux ouvriers qui travaillent pour son compte, ils font les semelles sur le métier français (mailles unies).

Le travail sur l'ancien métier est dur et fatiguant. Grande fatigue surtout dans les jambes qui mettent en mouvement • les pédales destinées à actionner la montée et la descente des platines. Aussi les balotils sont-ils exposés à des affections cardiaques. Fatigue aussi pour les yeux. Il ne reste d'ailleurs que quelques balotils,

iV"^ 2 et S. — Deux ouvriers travaillant sur le métier

anglais produisent Tun le gilet de chasse, qualité ordinaire; l'autre, le gilet de luxe. Ils estiment leur salaire journalier à fr. 2.50 environ.

B. — Crochet et tricot à la main (environs de Leuze).

Visité deux maîtresses ouvrières, dont Tune dirige le travail au crochet, Tautre le tricota la main.

Ce sont des restes de Tancienne fabrication à la main, encore générale dans la contrée, il y a 25 ans. Aujourd'hui^ on ne produit guère à la main que certains articles de bonneterie d'enfants : chaussons, robes, mouftles, cottins,etc., soit au crochet, soit au tricot.

L'organisation du travail est la même pour le crochet et le tricot à la main. Les ouvrières à domicile ne sont pas en relations directes avec le fabricant de Leuze, mais avec une maîtresse ouvrière, intermédiaire entre les deux. C'est la maîtresse ouvrière qui soumet au fabricant, à la fin de chaque année, les échantillons pour la saison prochaine. Ce travail d'échantillonnage, elle l'exécute complètement à ses frais. C'est elle qui invente, combine et arrange les modèles nouveaux, dont elle fixe les prix. Le fabricant fait son choix el détermine les modèles à fabriquer. Il fournit la laine et aussi différentes garnitures accessoires : cordons de soie, tourrui^e de cygne, etc.

Le tarif des salaires est établi à la pièce entre le fabricant et la maîtresse ouvrière. Celle-ci rémunère ensuite les ouvrières qu'elle emploie à leur domicile, d'après un autre tarif convenu entre elles. La maîtresse ouvrière s'assure évidemment un bénéfice qui est égal à la différence entre ce qu'elle reçoit du fabricant et ce qu'elle paie aux ouvrières crocheteuses ou tricoteuses. Bénéfice légitime, car c'est elle qui a fait l'échantillonnage, qui est responsable vis-à-vis du fabricant de la

matière première qui lui a été confiée et de la bonne exécution du travail.

Les ouvrières sont pour la plupart des femmes mariées, pour qui ce travail au crochet ou au tricot est un travail d'appoint qu'elles exécutent tout en vaquant aux soins du ménage. L'apprentissage ne se fait plus guère. Les enfants et les jeunes filles préfèrent aller à la fabrique ou à Tatelier où Ion gagne plus vite.

Travail facile, hygiénique et peu absorbant. L outillage de la crocheteuse se compose d'un simple petit crochet en os; celui de h tricoteuse: de deux aiguilles, dont l'une fichée dans un bourrelet de paille est maintenue sous le bras de l'ouvrière.

Les mêmes objets se fabriquent au crochet et au tricot. Mais le prix de façon est généralement plus élevé pour le tricot que pour le crochet. Car le travail est plus long : les mailles sont plus serrées et le produit plus solide.

Les salaires des ouvrières sont très analogues. Nous notons ci-dessous les salaires de deux ouvrières au crochet.

y 4. — Article produit : petites robes d'enfants.

Tarif: touie une série de taiUes et de modèles, auxquels correspondent des prix irariables : depuis fr. 0.50, 0.60, 0.80, etc., etc., la pièce. L'ouvrière travaille en ce moment une pièce payée fr. 0.60.

ProdueUon : 2 par jour; parfois 2 1/2.

Durée du iravaU : 7 heures du matin à 7 heures du soir avec une heure ou deux d'intervalle. Mais les jours se suivent et ne se ressemblent pas. H arrive que les soins à donner au ménage et aux enfants l'absorbent davantage et ne lui permettent pas de travailter toute la journée .

Salaire net : fr. 1.20 à 1.50 par jour, quand elle peut se tenir au travail.

N° 5. — Article produit : chaussons pour enfants.

Tarif: grande variété. Depuis 5 centimes la paire jusqu'à 8, 13, etc. Celle-ci fait des chaussons à 13 centimes la paire, dit chaussons à semelles.

ProducUon : 10 à 12 pnfres par jour.

Salaire : fr. 1.50 à 1.56.

Très bonne ouvrière. 40 ans. Travaille depuis plus de 30 ans. A 10 ans, gagnait 5 francs par jour à faire des robes au crochet. Elle en faisait 2 par jour à fr. 2.50 pièce. Depuis, grande diminution dans les prix : ce qui se payait alors fr. 2.50, se paye aujourd'hui : fr. 0.80 (1). Femme mariée! elle a de grands enfants et dispose ainsi de tout son temps.

Le crochet est pour elle une véritable passion. 11 lui arrive, quand elle a des travaux de couture à faire pour sa famille, de faire venir la couturière plutôt que de coudre elle-même et cela afin de pouvoir crocheter à son aise.

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