‹ L'industrie de la bonneterieChapitre 33 sur 82 · II · texte numérisé non relu

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les ouvrières ne travaillent pas le samedi après-midi, afin de leur permettre d'aider chez elles aux soins du ménage.

On nous fait observer « qu'après l'âge et le temps qu'une ouvrière a passé à l'atelier, ce qui influe surtout sur son salaire, c'est sa valeur personnelle et le genre de travail qui lui est confié. »

Le recensement industriel de 1896 (1) a recueilli sur les salaires dans les ateliers de fabrication à la main d'objets de bonneterie les renseignements suivants, qu'il est utile de rapprocher de ceux que nous avons donnés.

Ces renseignements intéressent 18S entreprises et un personnel ouvrier de 2,391 personnes.

Garçons de moins de 16 ans : 56.

5 gagnent moins de fr. . 50 par jour.

3â gagnent de fr. 0,50 à 0.99 par jour.

1 gagne — 1.50 et plus.

Filles de moins de 16 ans : 590 (dont 8 sans salaire).

178 gagnent moins de fr. 0.50 par jour.

280 — de fr. 0*50 à 0.99 — 124 — fr. 1.00 et plus —

Hommes : 157.

18 gagnent moins de fr. 1.50 par jour.

30 — de fr. 1.50 à 1.99 —

(1) Tome XH.N» 5011 à 5066.

Femmes: 1,317.

âiS gagnent moins de fr. i.OO par jour.

557 — de fr. i.OO à 1.49 — 356 — — 1.50 à 1.99 — 109 — — 2.00 à 2.49 —

li — — 3.00 à 3.49 —

Pour 291 personnes, le salaire n'a pu être déterminé.

^^ 3. — Frais et fournitures à charge de l'ouvrière.

Nous les avons déjà indiqués dans le chapitre précédent, en cherchant à établir le montant du salaire net des ouvrières.

Ce sont donc: 1. pour un grand nombre d'ouvrières les frais de location et pour toutes, les frais dentretien et de menues réparation des machines.

Les fabricants ne prennent généralement à leur charge que les frais de grosse réparation. Lorsque les machines sont neuves ou qu'elles ont peu servi, la charge des réparations courantes est minime, surtout quand les machines sont régulièrement entretenues. Mais des ouvrières se plaignent parfois du mauvais état des machines qui leur sont confiées. Les fabricants ont intérêt évidemment à utiliser le plus longtemps possible leur matériel et quelques-uns n'hésitent pas à laisser en circulation des machines usées, qui ne peuvent qu'occasionner des désagréments aux ouvrières qui les employent. Dans ce cas, la charge de l'entretien et de la réparation est sérieuse et se combine avec une réduction du travail utile et du salaire de l'ouvrière. Il est vrai que l'ouvrière peut toujours renvoyer la machine et rompre le contrat qui la lie au fabricant.

2. Le bobinage. Le fil remis généralement en échevaux à l'ouvrière doit être bobiné par celle-ci ou à ses frais. Quand

le fabricant remet le fil sur bobines, il porte au compte de l'ouvrière les frais de bobinage.

3. La casse des aiguilles. Les frais de ce chef sont difficiles à évaluer. La casse est variable : elle peut dépendre de Thabileté de l'ouvrière, de la qualité du fil à tricoter et aussi nalurellement de la qualité des aiguilles. 11 en est qui sont fabriquées en acier doux et qui cassent très facilement.

La qualité de la matière première, outre les difficultés qu'elle suscite à l'ouvrière, contribue aussi dans une certaine mesure à la casse des aiguilles. En avril 1902, une soixantaine d'ouvrières d'une bonneterie de la région de Saint- Nicolas se sont mises en grève, à cause de la mauvaise qualité des matières premières : on cassait beaucoup d'aiguilles et les salaires en étaient sensiblement diminués. La besogne ne fut reprise qu'avec des matières premières de meilleure qualité (1).

Toute aiguille à remplacer coûte de 4 à 5 centimes à l'ouvrière. Il en est qui en cassent pour 2 francs par semaine. C'est beaucoup et la moyenne est certainement inférieure à ce chiffre, bien qu'il soit, nous le répétons, difficile de la préciser, à cause de la multiplicité des éléments qui entrent en ligne de compte.

J5 4. — hitervalles et lieux de paiement. — Retenues sur les salaires et amendes. — Truck-system.

Les salaires des ouvrières à domicile sont réglés généralement au moment où elles rapportent l'ouvrage achevé. 11 arrive aussi qu'elles ne soient payées que tous les 15 jours. Le paiement par quinzaine est la règle générale pour les ouvrières en atelier, mais on rencontre aussi le paiement hebdomadaire.

[i) Cf. Rtvtte du TravaU, mai i90S, p. 473.

Les comptes entre fabricants et chefs d'ateliers ou façonniers se règlent généralement chaque mois.

Les paiements du salaire se font chez le fabricant ou le chef d'atelier. Nous n'avons pas à signaler d'abus particulier, ni de transgression à la loi sur le paiement des salaires en ce qui concerne le lieu du paiement.

Il existe, par contre, des pratiques abusives en matière de retenues de salaires et d'amendes, surtout chez les petits fabricants, qui pour la moindre malfaçon se croient en droit d'infliger a l'ouvrière des retenues souvent disproportionnées, dans le cas notamment où dans le produit fabriqué il se trouve plus de laine qu'il n'en faudrait, d'après les instructions reçues. Le moindre écart entraine chez certains fabricants une retenue pour l'ouvrière. Or, il n'est pas toujours possible d'éviter complètement ces différences entre le poids convenu et le poids obtenu dans le tricot fabriqué.

Nous n'avons pas relevé d'exemple précis d'abus résultant du truck'System^ sous l'une ou l'autre de ses formes multiples. Il n'en subsiste pas moins toujours dans cette industrie, comme dans les autres industries, sous sa forme la plus répandue d'obligation morale de faire des acliats dans tel ou tel magasin.

La complicité inconsciente des ouvriers et des ouvrières entretient cet abus qu'il est très difficile, dans ces conditions, de saisir et de réprimer.

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