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I. Débouchés et concurrence

La vente est, en général, faite directement par l'entrepreneur lui-même; dans différentes fabriques, ce soin est abandonné soit à un Bis, soit à un frère, soit à un associé qui font l'office de voyageurs, et s'adressent aux marchands en gros ou aux petits détaillants, qui leur remettent leurs commandes.

La clientèle à qui ils s'adressent est toujours, ou à peu près, celle des petits commerçants; le genre de fabrication de Hervé ne comportant pas d'articles de luxe, les maisons importantes ne s'approvisionnent chez eux que lorsqu'elles ont joint à leurs articles fins la chaussure de qualité secondaire.

Les marchandises sont écoulées dans la province de Liège surtout, dans le Limbourg et le Luxembourg, à Bruxelles, Mons, Namur, Dinant et même un peu à Anvers pour la grosse chaussure.

La fabrication de Hervé ne sort pas de Belgique (on nous a signalé cependant un fabricant exportant quelque peu en Allemagne) et se réserve spécialement comme champ d'action nos provinces wallonnes.

L'exportation serait, du reste, à peu près impossible; l'article fabriqué est d'un type tout spécial, la concurrence mécanique qu'il ressent par contre-coup est déjà très vive sur

le marché belge et se fait sentir davantage encore sur le marché étranger.

Cela est si vrai que lorsque vers 1884 Y « Association des maîtres cordonniers de Hervé », dont nous parlerons dans la suite, voulut étendre la vente en dehors des frontières belges, la lutte était déjà impossible et Ion fut obligé d'abandonner tout espoir de succès.

La cliaussi;i*e de Hervé, faite de cuir épais, confectionnée entièrement à la main, ne supportait pas la comparaison avec la chaussure plus fine, fabriquée entièrement à la machine et déjà livrée dans des conditions plus avantageuses dans presque tous les pays d'Europe.

Il fallut bien, dès lors, se contenter du marché belge, où la situation de l'industrie qui nous occupe devient de jour en jour plus difficile.

La clientèle ouvrière, à qui s'adressaient surtout nos entrepreneurs, est devenue plus exigente. La fabrication mécanique lui fournit des chaussures plus élégantes et moins coûteuses, et l'on abandonne peu à peu le soulier qui était ici une spécialité.

Si la concurrence étrangère n'est pas très sensible en Belgique, Verviers est pour Hervé un concurrent très redoutable. Une fabrique travaillant mécaniquement sur le modèle américain s'est établie dans la banlieue de cette ville, et il est à se demander si l'industrie hervienne pourra résister efficacement à ce péril. Possédant un rayon d'action déjà fort peu étendu, elle voit son centre commercial inondé d'articles plus élégants et moins chers que ceux qu'elle peut produire. Ces circonstances pénibles ont contribué à amener à Hervé l'état de crise que nous constatons et, dans les prix, et dans les salaires.

LBS INDDSTRIBS À DOMICILE EN BELGIQUE

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