II. Crises de l'industrie cordonnière
Le tableau des prix de vente et du taux des salaires pendant les trente dernières années indiquera mieux que nous ne pourrions le faire, la situation critique dans laquelle se trouve en ce moment Tindustrie cordonnière.
BOITINES POUR HOMMES
PRIX
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ArHcle demi-fin
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Arlide ordinaire
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tiné croûte et empeigne
Arlide de travail
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bois. en croûte
empeigne
BOTTIMES POUR DAMB8
devMrfineê (boutons ou
lacets)
BotHiMttncuirordiRalra
(cheyillébob.). . .
Jusqu'il y a quinze ans, la fabrication de la chaussure grossière (chevillé bois) dominait; elle avait vu de i872 à i876 ses années de prospérité; quelques années ont suffi à modifier le type fabriqué et le mode de travail.
L INDUSTRIE DE LA CORDONNERIE À HERVE Ai
La fabrication mécanique, en jetant sur le marché une quantité de modèles nouveaux, légers, et de tous prix, a fait le plus grand tort à l'industrie hervienne, en mettant à la portée des ouvriers des chaussures plus fines.
La chaussure ouvrière est moins demandée, l'ouvrier préfère porter des bottines plus légères en dehors du travail d'abord, et les utiliser journellement après en avoir fait un peu d'usage.
Les commandes de chaussures ouvrières ont baissé à tel point, qu'il faut se demander si d'ici à quelques années cet article ne disparaîtra pas entièrement de la fabrication.
Tel patron qui employait, il y a trente ans, une vingtaine d'ouvriers pour la bottine grossière n'en occupe plus actuellement que trois, sur les trente ouvriers que comprend sa fabrique.
A la chaussure ouvrière qui disparaissait, se substitua la chaussure demi-fine; les années 4884 et 1886 furent les meilleures pour ce genre d'article ; les grandes fabriques étaient moins nombreuses, les demandes et les prix étaient meilleurs pour tous.
Mais en modifiant sa fabrication, le fabricant n'a fait que déplacer la lutte et rencontre plus directement encore l'industrie mécanique.
L'entrepreneur résiste difficilement au grand industriel qui possède des ressources nombreuses; la clientèle plus travaillée devient aussi plus difficile, demandant moins de solidité et plus d'apparence.
Il est facile de comprendre que les petits fabricants se trouvent ainsi dans une situation inquiétante, les commandes quelque peu importantes devenant pour eux de plus en plus rares.
La crise des prix a immédiatement sa répercussion sur les salaires, mais ce sont les ouvriers de la grosse chaussure qui sont surtout frappés.
Leur travail est certainement plus dur et plus long que celui des autres ouvriers. Le cuir résiste au tranchet, et il faut perforer la semelle à Talène pour pouvoir ensuite y introduire les chevilles. Aussi les ouvriers abandonnent-ils peu à peu un travail moins bien rémunéré et plus pénible, et la plupart des jeunes ouvriers fabriquent actuellement la chaussure demi-fine.
11 y a deux ans, ils se sont préoccupés de la situation que leur faisait la crise. Insensiblement les salaires avaient baissé de 20 à 25 p. c. Profitant du moment où la hausse devait se faire sur les matières premières, on espérait voir les patrons faire la hausse des produits confectionnés et en même temps celle des salaires. Une majoration de iO p. c. des salaires payés à ce moment les aurait entièrement satisfaits Un comité composé d'ouvriers et de patrons avait convoqué tous les cordonniers à une assemblée générale, on y décida d'adresser à tous les entrepreneurs une circulaire exposant les revendications des ouvriers de la grosse chaussure.
Les négociations, pacifiques d'ailleurs, durèrent pendant près d'un mois; un minimum de salaire proposé par les patrons fut rejeté par les ouvriers comme défavorable à un certain nombre d'entre eux, et le seul résultat obtenu se traduisit par une augmentation.de 5 ou 10 p. c. chez certains patrons qui, du reste, employaient des habitants des localités voisines et les payaient mal.
Alors que le prix de vente de la chaussure n'a cessé de baisser, la hausse a été importante sur les matières premières; en 1893, elle a été d'environ 1 franc au kilo; depuis quatre ans, les cuirs et toutes les matières premières ont augmenté de 5 à 15 p. c. et même de 25 p. c. pour certains cuirs.
L'entrepreneur supporte seul ces majorations, ne pouvant faire la hausse sur les prix de vente et devant continuer à ses ouvriers le salaire qu'il leur donne habituellement.