‹ L'industrie de la pulpe au Canada [microforme]Chapitre 2 sur 2 · la tonne pour la pulpe moulue · texte numérisé non relu

la tonne pour la pulpe moulue

3.3: “chimique non blanchie, 5.00 mo “ dé blanchie, 6.00 “ le papier, que nous exportons

chez eux.

Tout le monde admet qu'une telle situation ne peut se prolonger indéfiniment, I] paraît ÿ avoir unanimité quant au principe. Il n'en est plus de même quant à l'application de ce même principe,

On propose trois moyens :

1° Prohiber l'exportation du bois, ou

2° Imposer sur ce bois un drait d'exportation tellement élevé qu'il équivaudrait à la rohibition. Ces mesures sont du ressort du parlement fédéral. Ou bien,

3 Obliger les propriétaires de réserves forestière de bois à pulpe à mettre ce bois en œuvre dans la province même sous peine d'annulation ipso facto de leur permis de coupe. Ce dernier moyen est du domaine du gouvernement provincial.

Pratiquement, la prohibition et l'imposition d'un droit d'exportation élevé reviennent au même. Et il serait peut-être dangereux d'y recourir, car les Américains pourrent user de représailles et prohiber l'exportation au Canada, où imposer un droit d'exportation excessif, sur des matières premières qui nous sont indispensables, telles que la houille et le coton, On ajoute qu'une telle politique serait préjudiciable aux intérêts ds cultivateurs et des colons à qui elle ôterait le droit de vendre leur bois aux Américains, les privant ainsi d’une source de revenus considérables. Voilà PO:. quoi, bien que par l’une ou l’autre de ces mesures, notre industrie prendrait forcément, et en peu de terips, un développement extraordinaire, nous avons pou d'espoir de les voir appliquer.

Voilà pour la prohibition directe ou indirecte. Mais ne pourrait-on pas imposer une taxe modérée, disons $2.00 par corde sur le bois exporté aux Etats-Unis? Difficilement, car la loi McKinley est ainsi rédigée que dans cette éventualité la pulpe canadienne sera surtaxée d’autant.

Le premier ministre de la province de Québec vient d'annoncer que, dès 1910, la province de Québec suivra l'exemple de celle d'Ontario et obligera les concessionnaires de réserves forestières à transformer ici même le bois en pulpe. Disons en Passant qu'en 1900 la province s’est engagée, pour les dix années suivantes, À ne

pas élever les droits de coupe et à maintenir je statu quo.

Il sera intéressant de jeter un coup d'œil sur la politique d’Ontario à cet égard, politique inaugurée par les

cn | ras ras

libéraux, poursuivie par les conservateurs et à laquelle les deux partis politiques sont liés, politique que nous sommes en voie de faire nôtre,

En 1897 les législateurs d'Ontario, voulant mettre un terme au gaspillage de leurs forûts, passèrent un premier bill relatif au bois de pin. Ce hill stipulait qui ceux que pomtnient des réser es forestières de pin devaient mettre eur bois en œuvre dans la province même d'Ontario, sous peine d'annulation ip« furto de leur licence ou perinis de coupe, La loi avait done un effet rétroactif. Elle disait : Ceux qui posse lent et non ceux qui possède. ront. Cette prohibition indirecte les dispensait du recours aux tribunaux, toujours ennuyeux, et était tout aussi efficace, Toutefois, cela n'empêcha pas un concessionnaire américain de contester la loi sous prétexte qu'elle était ultra vires, surtout À cause de sa rétroactivité, Mais la Cour Suprême décida en faveur du gouvernement Ontarien.

Voulant en outre encourager la colonisation, une clause Stipulait que si le gouvernement trouvait les marchands de bois trop lents à la coupe de leurs réserves, il se rés vait le droit de donner aux colons leurs titres de pro- Priété sans s'occuper d'eux. Et il l’a fait sou ent.

Ce bill toutefois ne comprenait pas le bois de pulpe. Un bill spécial et semblable au premier, maïs concernant le bois de pulpe, fut passé il yYatans à Toronto. Et voici que le 16 octobre 1907, le gouvernement Ontarien, par un ordre en Conseil, ordonne que les futurs acquéreurs des réserves forestières de bois à pulpe, actuetlement mises en vente, devront convertir ce bois en papier.

Ce que la province d'Ontario a fait, la province de Québec va le faire aussi.

Nous avons vu que l'Angleterre nous achète 100,000 tonnes de pulpe tandis qu’elle en achète 350,000 de la Scandinavie, Pourquoi ne lui fournissons-nous pas la plus grande partie de ces 350,000 tonnes ? La seule raison en est que la Scandinavie exporte sa pulpe en Angleterre à $3.00 par tonne meilleur marché que nous payons pour envoyer la nôtre. L'Angleterre achète en Canada Juste assez de ce produit pour établir la compétition entre notre pays et la Scandinavie et empêcher là hausse des prix. Que le gouvernement nous mette en état de transporter notre production, en Angleterre et en France, à

aussi bon marché que la Scandinavie y transporte la sienne et le Canada aura aans ces deux pays un marché pour 500,000 tonnes de pulpe. Cela pourrait se faire soit directement, par une prime d'exportation adéquate, soit indirectement, en subventionnant à cette intention une ligne de steamers,

L'établissement des nombreuses pulperies capables de

produire les 1,500,000 tonnes de en que nous pourrions exporter aux Etats-Unis, en Angleterre et en France, sans encomnbrer le marché et sans nuire À la consommation loc représente une somme de 812,000 de gages par anni de l'emploi soit directement, pour la confection du bois et la fabrication du papier, soit indirectement par la manutati à exigée pour l'expédition et le transport par voies ferrées et ste amers, à des centaines de mille ouvriers. En supposant que les deux tiers de ce qui serait, exporté aux Etats-Unis, soit 700,000 tonnes le seraient ar voies ferrées, cela représenterait 17,500 chars de fret. L'expédition de la balance Par eau, aux Etats-Unis, en Angleterre et en france, nécessiterait une flotte de 200 Stéamners, portant chacun 4000 tonnes de fret.

La transformation qui s'est opérée dans les districts de Chicoutimi et di: Lac Saint-Jean depuis que l'industrie de la pulpe s'y es implantée, prouve assez que rien ne contribue autant a progrès de la colonisation et de l'agriculture que cette inlustrie.

La co'istruction et l'équipement des nombreuses usines apables de produire ces 1,500,000 connes de pulpe (car il faut en venir à; tous nos efforts divent tendre vers ce but s° nous voulon: profiter des avantages sans pareils que la Providence a mis à notre portée), la construction 1: ces usines necessiterait une dépense de $100,000,000 à $150,069,000. C'est une somme énorme surtout par ce temps de crise monétaire. Aussi, il n’y faut pas songer maintenant. Mais la crise passera et les millions nous viendront des intéressés, c'est-à-dire des fabricants de pulzs et de papier des États-Unis et des fabricants de papier d'Angleterre et de la France. Ils sauront bien faire comprendre aux capitalistes, à la recherche de placements, que le capital placé dans l’industrie de la pulpe en Canada, non seulement ne court aucun risque, mais doit rapporter de bons intérêts. :

En tous cas, même s'il était possible de commencer la

te la arché e soit , soit | une

es de Jourance, ima- Ages nfecnent port ourait, ient fret.

, en

s de trie

ne gri-

nes ril

ce ils on ) à ce er us de de on epe is

construction de ces pulperies dès maintenant, elles ne pourraient être mises en opération avant trois ou quatre ans. Et, la consommation augmentant chaque année de 107, quand ces usines seraient en opération, quand elles fourniraient le million et demi de tonnes de pulpe dont il est ici question, la demande excéderait encore notablement la production.

l'est donc aussi certain qu'une chose peut l'être ici-bas que les fabricants de pulpe peuvent compter à l'avenir sur de prix très rémunérateurs pour leurs produits. Cette industrie est entrée dans une ère de prospérité qui durera aussi longtemps que la production ne dépassera pas la demande, (et dans l'état actuel des choses il est impossible de prévoir quand et comment une telle éventualité pourrait se produire), où aussi longtemps qu'on n'aura pas trouvé un substitut au bois pour la fabrication de la pulpe ou un substitut à la pulpe pour la f.brication du Papier.

L'initiatis. privée a fait tout ce qu'il était possible de aire ; c'est maintenant aux pouvoirs publics à agir, Que 8 gouvernement fédéral nous mette en mesure de transprter notre pulpe en Angleterre et en France à aussi

n maret” que la Scandinavie y rend la sienne. Que le gouver nt de la province de Québec fasse ce qu'a fait celui d’ wrio et ee les concessionnaires de réserves forestières *onvertir leur bois non seulement en pulpe mais aussi e, papier, sous peine d'annulation ipso facto de leur permis de coupe.

In peu plus tôt où un peu plus tard tout cela devra arriver, car l'opinion publiqne est saisie de la question ; elle comprend la suprême importance qu'il y a pour notre Pays que le bois de pulpe, matière première que nous serons bientôt seuls à posséder, soit converti ici même, en a et en papier, L'opinion publique comprend que ‘heure est venue de mettre fin au système actuel, qui consiste à luisser les Américains nous enlever notre bois pour faire la fortune de leurs fabricants, celle de leurs ouvriers et celle de la République au détriment de nos fabricants, de nos ouvriers et de notre pays. Quand les questions d'intérêt public en sont arrivées à ce point, elles sont à la veille d’être réglées d’une façon satisfaisante,

N. GaRNEAw.

Page 1