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MARAIS SALANTS DE L'OUEST DE LA FRANCE

Les marais salants établis sur les côtes de l'Océan Atlantique tendent de plus en plus à disparaître, non seulement parce que le climat ne leur est pas propice, mais aussi parce que, étant exploités individuellement par une classe d'ouvriers {saulniers), elles ne peuvent plus lutter avec les salines du Midi, propriétés de riches compagnies qui ont su mettre à profit les conquêtes de la science capables d'améliorer leur industrie.

L'eau est captée dans de grands réservoirs nommés ja** ou vasières, d'une capacité suffisante pour pouvoir alimenter la saline pendant trente ou quarante jours.

De là elle arrive dans un bassin nommé cobier.

Elle commence à se concentrer dans des bassins rectangulaires nommés couches, passe successivement dans les

fares et adernes et séjourne dans les morls et vient cristalliser dans les œillets. Ces œillets sont les tables dans les- " quelles le sel se dépose.

Tous les jours le saulnier brise, avec son râteau, la couche de sel qui s'est formée à la surface du liquide et la ramène le long du bord en prenant des précautions pour ne pas remuer la terre. Il lave le sel en l'agitant dans son eau-mère, puis le dispose en petits tas sur les barres qui séparent les bassins.

Quand ces petits tas sont égouttés, il les rassemble pour en former de plus importants (mulots) qu'il protège par un revêtement formé de terre glaise et de roseaux.

Les eaux-mères n'étant jamais évacuées, il arrive un moment où la récolte du sel doit cesser par suite de la présence d'une proportion trop notable de cblorure de magnésium qui T diminue la solubilité du sel marin. Ce dernier prend alors naissance non plus par cristallisation, mais par précipitation, el comme il entraîne avec lui une grande quantité d'eaumère ricbe en sels déliquescents, il le devient lui-même. On dit alors que l'œillet s'est échauffé et ce phénomène met fin à l'opération du salinage.

Ce procédé, dispendieux à cause de la main-d'œuvre qu'il nécessite, ne fournit que des sels de qualité inférieure dont la composition moyenne est :

Sulfate 'de chaux 0,3 à 0,8

— magaésie • • 0,5 à 1,5

Chlorure de magnésium 0,8 à 1,5

— potassium traces

Humidité 8,0 à 12,0

Matières insolubles 0,2 à 1,0

Chlorure de sodium 85,0 à 92,0

Les dimensions adoptées pour les surfaces des divers compartiments sont généralement les suivantes :

Vasière 40 à 42 0/0

Cobier ou deuxième bassia (qui manque

souvent) 10 à 12

Saline < ?î^?^®* adernes . 38 à 40 0/0 ^ 45 à 46

œillets 7 à 6

Délivres et conduits intérieurs 1 à 5

2^ Par évaporation en chaudières.

Dans le nord de la France et sur les côtes de TAnglelerre, on extrait le sel qui s'est déposé sur les sables mouillés par Teau de la meîr.

On choisit à cet effet ceux qui, naturellement ou artificiellement, ont été baignés par l'eau . de mer lors des hautes marées, on les recueille par un temps sec et on les soumet à un lessivage effectué au moyen de Teau de mer.

L'opération s'exécute dans des caisses en bois dont le fond est recouvert de paille. Les eaux saturées sont évaporées dans des chaudières, par l'action du feu.

Pendant le travail, on écume soigneusement jusqu'à ce que le sel commence à se déposer.

On termine en évaporant à sec.

Le sel obtenu est impur; il renferme des sels déliquescents. On le purifie en le plaçant dans des paniers que Ton suspend au-dessus des chaudières d'évaporation. La vapeur d'eau produite élimine les sels déliquescents et laisse une substance qu'on met en magasins où eHe achève de se purifier en donnant un sel très pur.

Dans certains cas particuliers, Teau de mer est employée pour dissoudre le sel gemme (Allemagne et Hollande). La solution saturée est ensuite évaporée à Taide de la chaleur.

42 MATIÈRES PREMIÈRES MÀTURELLES

30 Par congélation.

En soumettant l'eau de mer à des congélations partielles et successives, on détermine la formation de glace presque pure, que Ton sépare, tandis que la liqueur mère s'enrichit en principes salins.

Lorsqu'elle a atteint un degré de concentration convenable, on l'évaporé dans des chaudières où le sel se dépose. Ce sel n est pas pur. Il renferme en moyenne :

Chlorure de sodium 74,85

Sulfate de soude 15,20

Chlorure d'alumitiium 1,17

— calcium 5,21

— magnésium 5,57

Production, composition, pris de revient.

Les sels produits ont des densités différentes suivant la grosseur des cristaux.

Le sel gros pèse 72 kilogrammes à Thectolitre

— moyen 76 — —

— fin 84 — —

— surfin 96 — —

Production. — MM. Lunge et Naville admettent que, dans les salines de l'est de la France^ la production des poêles est 4a suivante :

Sel gros . 23 kilogrammes par mètre carré de poêle en 24 heures

— moyen 32 — —

— fin . . 55 -- —

— surfin .75 — —

avec une dépense moyenne de 400 à 600 kilogrammes de houille par tonne de sel.

II y a lieu de remarquer que la préparation du sel gro3 ^li^e une plus forte proportion de combustible que celle du

sel fin.

Prix de revient, — Suivant la commission d'enquête sur les sels de 1886, on pourrait représenter par les chiffres suivants la dépense nécessaire pour produire une tonne de sel provenant de saumures, à 24-25*^ Baume (usine de Camarade, Gironde).

240 kilogrammes de bois 3,20

Main-d'œuvre 1,32

Frais généraux et intérêt du capital engagé . 5,50

Prix sur place 10,02

Prix de revient à la saline de Gouhenans (Haute-Saône) :

Extraction des eaux salées 0,26

Combustible 6,45

Main-d'œuvre, fabrication, expédition. . . . 2,12

Entretien 1,73

Frais généraux et intérêts du capital .... 5,75

Prix de la tonne sur place 16,31

Composition, — La composition des sels produits est assez variable comme le montre le tableau suivant :

MATIÈRES PRÎMIÈRES NATURELLES

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