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EXTRACTION DU SEL

Les principaux gisements se rencontrent en Transylvanie le long des Carpathes, à Stassfurt près Magdebourg dans la Thuringe, à Vie et à Dieuze en Alsace-Lorraine. L* Angleterre possède les gisements du Cheshire, du Worstershire, du Straffordshire et de Durham ; l'Espagne celui de Cordona.

Suivant la profondeur et la nature du gisement, le mode d'exploitation varie. Il s'effectue à ciel ouvert (Cordona) quand le minerai se trouve près de la surface du sol ; s'il ne se rencontre que plus profondément, on l'extrait en pratiquant des puits et des galeries. Dans ce dernier cas, l'opération est semblable à celle de l'extraction de la houille.

Les diverses mines de sel gemme sont loin de se présenter de la même façon. En Transylvanie, les parties supérieures du gisement fournissent un sel en rognons entouré de couches d'argile et de sable; on le nomme sel vert ou grûnsah. Immédiatement au-dessous, on trouve un autre sel souillé de débris de plantes et d'argile, auquel on a donné le nom de spizasalz. Plus bas, on rencontre des couches horizontales d'un sel à grain moyen très pur, que l'on nomme szybikersalz. A Stassfurt, le sel gemme forme une masse unique séparée simplement par de minces couches d'anhydrite (SO^Ga), tandis que dans la Meurlhe, le gisement est constitué par une série de couches, d'épaisseur variable, séparées l'une de l'autre par des lits d'argile pouvant avoir plusieurs mètres d'épaisseur.

Argiles salifèras.

L'argile qui enveloppe le sel gemme est elle-même une source de production. Non seulement elle est imprégnée de sel comme si elle avait été trempée dans une solution de ce corps mais elle se trouve aussi mélangée à des nodules de sel qui sont répartis dans sa masse. Les portions les plus voisines du gisement de sel gemme sont exploitées pour en retirer le chlorure de sodium; on les désigne sous le nom d'argiles salifères. Ces argiles salifères ne sauraient être traitées directement, à la façon du sel gemme, parce que l'on n'obtiendrait par là qu'un produit très impur qu'il faudrait lessiver et dont on ne retirerait le principe utile que par évaporation d'une grande quantité d'eau, ce qui serait très coûteux. On a alors recours à la dissolution sur place; à cet effet, on creuse une série de puits et de galeries, de façon à former des piliers rectangulaires entre lesquels sont réservés des espaces vides que l'on remplit d'eau. Le liquide ne dissout que le sel, mais désagrège la masse. L'argile privée de sel tombe au fond et se trouve en contact avec une eau riche en chlorure de sodium qui, par le fait môme de sa densité, se réunit à la partie inférieure. Ou règle le courant d'eau de façon à maintenir un niveau constant malgré les pertes par infiltration et par contraction (on sait en effet que la dissolution du sel dans l'eau détermine une contraction). Dans une telle exploitation, il faut chercher à obtenir des solutions saturées et à épuiser, aussi complètement que possible, les matières traitées. Il est avantageux d'opérer sur la plus grande hauteur possible. Gomme la partie inférieure de la cavité est rehaussée par une couche d'argile désagrégée, détachée de la partie supérieure et que, de plus, elle ne se trouve en contact qu'avec une solution riche en sel, il en résulte que Taction

dissolvante, en ce point, est presque nulle. Le long de la paroi, Teau présente des degrés de saturation d'autant moins élevés qu'on s'approche plus de l'orifice supérieur; l'action dissolvante est donc surtout énergique au toit de la cavité ou ciel, elle diminue avec la profondeur. On soutire le liquide, à la base, d'une façon continue et on le remplace par une addition d'eau à la partie supérieure de la cavité. Les solutions salines obtenues par ce moyen sont amenées dans des cuves de dépôt où elles se clarifient; elles passent ensuite dans les chaudières de concentration; là, elles abandonnent le sel qu'elles renferment. Pour cela, on opère comme nous le verrons plus loin.

Sources salées.

Caplage,

On rencontre les sources salées dans les contrées où se trouvent les gîtes de sel gemme. Leur utilisation ne peut que très rarement se faire directement; il faut, le plus généralement, une installation telle qu'elle évite le mélange de ces dissolutions salines avec les eaux douces. A cet effet, on creuse au point d'émergence un puits ou trou de sonde, auquel on donne une hauteur suffisante, variable avec la nature de la source et celle du terrain, pui> on éfablit un lubnge qui, évitant le mélange avec les eaux douces^ régularise le débit de la source qu'il permet d'augmenter. Lorsque la force d'ascension n'est pas assez forte pour permettre au liquide de s'élever au-dessus d'un ajutage disposé à la surface du sol, il faut avoir recours à l'emploi de pompes élévatoires. Les eaux qui s'échappent du trou de sonde sont troubles; elles tiennent en suspension de l'argile et du gypse. On

l(îR conduit, au moyen de tuyaux, aux points où elles doivent]': être traitées.

C«»s tuyaux peuvent ôlre en bois ou en fonte; ils doivent!:ôtro établis de façon à éviter les coups d'eau et à permettre j:. à Tair de se déga^^er. Quand ils sont en bois, il faut les ent«Trer |)our les protéger contre les intempéries.

Qu<î le système de tuyauterie soit en bois ou en fonte, il aboutit à des réservoirs où Ton emmagasine les eaux salées pour nssurcîr la régularité du travail et pour les clarifier. CeH résiMVoirs sont parfois, comme dans le Wurtemberg, d(î Hirnpies excavations pratiquées au sein d'un terrain argileux et garnies intérieurement d'une coucbe d'argile bien Horrée, consolidée au moyen de madriers ou de dalles ; mais, le plus généralement, ils sont faits en bois de sapin, soigneusrnient calfatés et consolidés par des cadres assemblés. Ces derni<?rrt réservoirs peuvent être ou enterrés dans le sol, ou HMîou verts d'une couche d'argile ou de terre. Il faut nécoHsainMnont les surmonter d'une toiture pour éviter l'action de l'eau de ))luie.

(Jes (*aux salées sont presque toujours trop peu nchesen clilorum de sodium pour qu'il soit économiquement possible de les concentrer par l'application de la chaleur. 11 faut, avant tout, augmenter, autant qu'il se peut, leur richesse saline par l'évaporation à l'air. On atteint pratiquement ce but par la mise en œuvre des bâtiments de graduation. Ces bâtiments se composent essentiellement d'un réservoir supérieur ( lig. i ) d'où l 'eau salée à concentrer tombe en gouttelettes, sur un lit épais de fagots, pour se rassembler dans un réservoir inférieur qui doit être très large afin d'éviter que le vent n'entraîne en dehors des gouttelettes d'eau salée. On choisit les fagots les plus irréguliers, tels que ceux de prunier. Ces fagots sont placés horizontalement ; ils reposent, de distance en distance, sur des treillages en bois dont le but est d'éviter une chai*ge excessive des parties inférieures qui se tasseraient et fonctionneraient mal. Ils occupent une hauteur de

duatioT) exactement semblable au précédent. Après quatre ou cinq passat;es suceessifc, leur concentra lion est telle qu'il ne reste, plus qu'à les soumettre à l'action de la chaleur. Le débit de l'eau sur les l'a^ols est variable et dépend autant de la direction du vent que de l'état bygromélrique.

On peut adresser à ce procédé de concentration plusieurs reproches :

En premier lieu, l'eau, pendant son évaporatioa, perd l'acide carbonique qu'elle renTermail et à la faveur duquel les carbonates de chaux et de fer étaient dissous. Ces sels se déposent sur les fugols et forment des incrustations qui nécessitent leur renouvellement.

En second lieu, l'opération est lente et incertaine et 11 n'est pas possible d'éviter les pertes de sel par enti aînement. Enfin, les frais d'installation et d'entretien des bâtiments sont assez considérables.

Le tableau suivant montre les variations de composition des eaux qui passent au bâtiment de graduation (').

(t) CÂimie technologique de 11. Koapp, ç. 54.

On en peut tirer approximativement les quantités d*eau évaporées. Ces quantités sont exposées dans le tableau suivante*).

PourlOOkg.de sel..

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