CHAPITRE PREMIER
ÉCHANTILLONNAGE DU COTON
Les nuances sur coton peuvent être : grand teint ;
'petit teint ; mauvais teint.
Les nuances grand teint résistent bien aux lavages, au savonnage, à l'action de la lumière et à un léger chlorage.
Les nuances petit teint doivent résister au rinçage a l’eau.
Les nuances mauvais teint ne résistent à aucun de ces traitements.
Pour les nuances grand teint les matières colorantes le plus souvent employées sont :
La garance.
L'indigo.
Le campêche.
Le cachou.
La gaude.
L'alizarine.
Le bleu d’alizarine.
Le noir d'aniline.
La cœruléine.
Le cachou de Laval.
Pour les nuances petit teint, on emploie les bois remontés par des matières colorantes artificielles, ou ces matières colorantes artificielles fixées par des mordants convenables.
ÉCHANTILLONNAGE DU COTON
Les nuances mauvais teint sont obtenues parles procédés les plus économiques sans se préoccuper de la solidité.
Il est quelquefois difficile de classer une matière colorante dans l’une de ces trois catégories.
Celles dérivées de la benzidine par exemple résistent assez bien au savon, mais passent facilement à l’air et no résistent pas au chlore, en sorte qu’elles se trouveraient entre les nuances grand teint et les nuances petit teint.
Il y a donc en réalité une gradation continue entre les nuances absolument grand teint comme le noir d’aniline, et les nuances mauvais teint comme les roses d’éosine, et il faut s’habituer à ces propriétés afin de pouvoir, suivant les besoins, faire un choix judicieux des matières colorantes à employer.
Avant de commencer la teinture, en examinant l’échantillon on doit se rendre compte tout d’abord si l’on doit préalablement blanchir le coton, ce qui sera nécessaire si la nuance à produire est d’une grande fraîcheur ou si le coton dont on dispose est très coloré.
Il faut également distinguer dans les nuances dites foncées, celles qui ont du fond et celles qui sont simplement grises ; les premières sont obtenues en augmentant la quantité de matière colorante, elles ont alors en général un reflet corsé, les autres sont simplement obtenues à l’aide d’un fond gris qu’on teint plus ou moins.
Pour obtenir ce fond gris, on a souvent recours aux combinaisons de matières tannantes et de sel de fer, on passe donc en sumac au tannin et on traite ensuite le coton par le pyrolignite de fer; le gris ainsi produit sert alors démordant pour les matières colorantes artificielles basiques.
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Avant de se décider à supprimer le débouillage, il faut bien se rendre compte de la nature du coton dont on dispose, car le fait suivant peut se produire :
Un coton destiné à une nuance claire est jugé suffisamment blanc et par économie on se décide à ne pas débouillir ; on teint, l’échantillon prélevé pour le contrôle, séché rapidement, donne un bon résultat, on met le tout au séchoir. Quand on l’en retire, l’aspect du coton est tout différent de celui qu’on attendait. Gela tient à l’oxydation des substances étrangères, genre pectique et autre, que le coton contient, cette oxydation n’ayant pas eu le temps de se produire sur l’échantillon séché rapidement.
On doit aussi juger de l’opportunité du débouillage dont on peut se dispenser dans certains cas comme par exemple dans la teinture à l’aide des matières colorantes dérivées de la benzidine ou dans les teintes où l’on doit employer le cachou, le campêchc ou le bois jaune. Cependant dans la teinture des tissus, il est préférable de toujours effectuer un dégommage afin do dissoudre les encollages.
Voici comment on procède ensuite pour teindre à une nuance donnée. On juge au vu de la nuance et suivant la solidité qu’on doit obtenir quels sont les mordants et les matières colorantes à employer, on mordance et on passe dans le bain de teinture où l’on a mis une fraction de la quantité totale des matières colorantes jugées nécessaires à l’obtension de la nuance désirée. Dès que ces matières colorantes sont fixées, on prélève un échantillon coton brut, coton filé, ou un morceau de pièce, qu’on exprime fortement; on juge ainsi approximativement sur l’échantillon mouillé si l’on est dans une bonne voie; si oui, on continue à ajouter les matières colorantes dans les mêmes propor-
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tions ; si non, on modifie les rapports primitivement adoptés dans le sens jugé convenable ; on continue ainsi jusqu au moment où les échantillons qu’on prélève sont, lorsqu ils sont mouillés, plus foncés que l'échantillon à obtenir; on est alors obligé de les sécher et on termine la teinture d’après les différences que l’on constate entre les deux échantillons.
Pour le coton brut il faut avoir terminé l’échantillonnage en cinq passes au plus, afin de ne pas trop fatiguer le coton par des manutentions nombreuses.
Si, au bout de ce temps, on n’était pas arrivé à la nuance, on ferait une seconde passe de nuance un peu differente qui, par mélange avec la première devrait reproduire la nuance de l’échantillon.
L’échantillonnage des nuances grand teint est généralement plus difficile que celui des matières colorantes d’aniline se fixant sur mordant de tannin et d’émétique, ces dernières en effet donnent rapidement leur maximum d’effet, en sorte qu’on peut échantillonner un quart d’heure après qu’on a entré le coton dans le bain, tandis qu’avec les matières colorantes grand teint, telles que les extraits de bois, il faut attendre un temps plus considérable. Aussi pour faire économiquement ces nuances grand teint, faudrait il arriver du premier coup à être assez voisin de la nuance pour n’avoir pas besoin d'y retoucher; cela demande une longue expérience, des collections d’échantillons nombreuses et bien faites, des matières premières essayées avec soin et un travail toujours identique.
Afin de tourner cette difficulté, on se contente souvent de donner un fond grand teint en se tenant au-dessous du ton de l’échantillon et on termine avec des matières
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colorantes se fixant rapidement. Les teintes ainsi obtenues ne sont pas absolument grand teint, mais suffisent dans la plupart des cas.
Nous donnons ci-dessous la liste des matières colorantes les plus employées dans la teinture du coton :
matières colorantes minérales
Rouille à l'oxyde de fer.
Jaune de chrome.
Orange de chrome.
Puce à l'oxyde de manganèse.
matières colorantes végétales
Indigo.
Fustet.
Bois jaune.
Curcuma
Bois rouge.
Cam pèche.
Cachou.