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CHAPITRE III

TEINTURE DES TISSUS

Tissus de coton.

La teinture peut se faire dans des barques analogues à celles qu’on emploie pour les tissus de laine et que nous décrirons plus loin. Cependant le coton ne tirant pas le bain comme le fait la laine, il est avantageux d’avoir un volume de bains minimum et on donne, afin d’arriver à ce but, à la partie inférieure de la cuve une forme hémicylindrique dont les bords sont prolongés par des parties droites allant un peu en s’évasant. Ces barques sont en fonte.

Pour introduire les dissolutions de matières colorantes on soulève les pièces éteindre hors du bain en les enroulant sur le tourniquet.

Le chauffage s’effectue par un barboteur.

La pièce étant passée sur le tourniquet, on en coud les deux extrémités de façon à former une chaîne sans fin que le tourniquet entraîne en la tirant du bain d’un côté et l’y plongeant de l’autre.

Teinture à la continue (fig. 20) (spéciale aux tissus de coton). — On effectue ce mode de teinture dans des

Fig. 20. — Machine continue pour la teinture du coton en pièces.

barques d’une forme analogue à la précédente et dont la figure 20 donne une coupe.

Les pièces sont maintenues dans le fond de la barque par un tuyau en cuivre D. La pièce entre par une des extrémités de la barque et sort par l’autre après avoir fait un certain nombre de tours en passant alternativement

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sous le tuyau inférieur D et sur le tourniquet G. Un peigne F sépare les différents liens et les oblige à suivre le même chemin sans s’emmêler.

Les pièces sont cousues les unes au bout des autres et on n’arrête la machine que lorsque toutes les pièces d’une même nuance ont été teintes.

Teinture au large. — On emploie pour cette teinture un foulard analogue à ceux qui servent pour le traitement des tissus de laine ; le bain d’eau chaude étant remplacé par un bain de teinture ou un bain de mordant.

On peut faire plusieurs passages au foulard pour arriver à la nuance voulue. Les bains employés sont plus concentrés afin de compenser la durée moindre du passage dans le bain de teinture.

Les appareils connus sous le nom de double Jigger sont également très employés ; ils sont constitués par une cuve en bois ou en fonte (fig. 21), ou même partie en fonte et partie en bois. Au-dessus se trouvent deux rouleaux auxquels on peut communiquer un mouvement de rotation.

Contre ces deux rouleaux fixes viennent s’en appuyer deux autres, mobiles, dont les axes reposent par leurs extrémités sur des bras de fonte avec les supports des paliers des cylindres fixes. Le tissu en traitement se déroule de l’un d’eux pour aller s’enrouler sur l’autre, en traversant le bain dans lequel il est guidé par un certain nombre de rouleaux.

La vitesse de passage est ainsi constante et est égale à la vitesse d’un point de la circonférence d’un des cylindres provoquant l’enroulement par entrainement.

teinture au large 233

Afin que le tissu soit toujours tendu dans le bain de teinture, on met en action le frein du cylindre d où le tissu

se déroule. Ce frein est composé d’une poulie à gorge sur laquelle passe une corde dont une extrémité est fixée à la barque de teinture tandis qu’à l’autre se trouve suspendu

un contre-poids.

On fait passer le tissu dans le bain autant de fois qu on le veut en renversant le mouvement et le taisant passer d’un rouleau sur l’autre alternativement. On met à chaque extrémité de la pièce un doublier d’une longueur suffisante pour que les bouts du tissu puissent à chaque fois passer complètement au travers du bain afin qu’ils subissent un traitement identique au corps même du tissu.

TEINTURE DES TISSUS

Les deux rouleaux fixes sont munis d’une commande disposée de telle façon que, lorsque l’un est embrayé et qu’il produit l’enroulement, l’autre est débrayé et se prête au déroulement du tissu.

On place souvent un certain nombre de jiggers les uns à la suite des autres, chacun d’eux correspondant à une des opérations que doit subir le tissu. Celui-ci entre aune extrémité de la ligne, passe d’un jigger à l’autre, quand un des traitements est terminé, pour subir le suivant et sort à l’autre extrémité complètement terminé, n’ayant plus qu’à passer à l’essorage, les lavages même étant effectués dans ces appareils.

Tissus de laine.

Les tissus de laine préparés comme nous 'l’avons dit sont amenés dans l’atelier de teinture et placés sur des chevalets où on les prend pour les faire passer dans les cuves à teindre.

Ces cuves, de forme parallélépipédique, sont faites en bois et divisées en deux compartiments par une cloison en planches perforées placées à 0m,20 environ de l’un des côtés delà cuve, au fond du plus petit des deux se trouvent l’orifice d’évacuation des bains qu’on bouche avec une soupape ou un tampon de bois et le barboteur de vapeur régnant sur toute la longueur.

C’est dans cette portion du bac que sont dissoutes direc tement les matières colorantes ou qu’on verse les dissolutions faites préalablement.

Au-dessus du grand compartiment se trouve un tambour dit tournette , constitué par deux disques en bois reliant

Fig. 22. — Double jigger (profil).

TEINTURE DES TISSUS

Fig. 23. — Double jigger. Mather et riait.

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des douves formant le corps du tambour, dont le diamètre

est d’environ 40 centimètres.

On emploie également, pour mettre les pièces en mouvement, deux rouleaux pleins de petit diamètre, 20 centimètres au plus, dont les axes, placés parallèlement dans un même plan horizontal, sont écartés d’environ 30 centimètres ; l’un des rouleaux reçoit la commande par courroie et la transmet à l’autre par poulie à gorge et corde. Il faut avoir soin de donner la commande à celui des deux rouleaux qui se trouve du côté où le tissu plonge dans la cuve pour éviter que, la commande intermédiaire venant à ne pas fonctionner, les tissus n’arrivent à s’entasser entre les deux rouleaux en provoquant ainsi des déchirures.

Le peigne, dont les dents doivent séparer les différentes pièces qui se trouvent dans la barque pour éviter les ernmélages, est composé d’une barre de bois dans laquelle sont implantées des chevilles. Il est prudent de ne pas le fixer complètement et de le relier au débrayage afin que, lorsque les pièces l’accrochent et tendent à l’entraîner, ce qui produirait immanquablement des accrocs, la machine s’arrête d’elle-même.

La pièce à teindre étant placée sur un chevalet, en lace de la cuve où on doit les entrer, on passe le chef de pièce sous le peigne et sur le rouleau, on met en marche et on attend que toute la pièce soit entraînée ; on coud alors ensemble les deux extrémités en formant ainsi un lien continu qui circule dans le bain de teinture sous 1 action des

rouleaux.

Lorsque la teinture est terminée on arrête la machine au moment où la couture passe devant l’ouvrier; on défait la couture et on place l’extrémité du tissu sur un

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chevalet sur lequel on le plie à l’aide d’un bâton à mesure que le tourniquet qu’on a remis en marche la sort de la cuve.

Si l’on ne doit pas laver immédiatement, on lisse au large pour effacer les cassures.

On appelle ainsi l’opération consistant à défaire le boyau que forme la pièce au sortir de la cuve de teinture et à la plier en la tendant bien dans toute la largeur. Ce travail est fait par deux ouvriers placés en face l’un de l’autre et tendant la pièce à chaque pli qu’ils forment en tirant sur les lisières.

Il n’est pas nécessaire que toutes les pièces mises dans une même barque de teinture soient destinées à prendre la même nuance, il suffit que, en les considérant par ordre d’intensité croissante de coloration, le ton d’une quelconque puisse être considéré comme obtenu par la nuance de la pièce qui la précède, modifiée par adjonction d'une certaine quantité de matières colorantes ; en d’autres termes que la coloration d’une pièce quelconque de la série puisse se produire avec un nombre de matières colorantes égal ou inférieur à celui nécessaire pour obtenir la coloration de la pièce la plus foncée après lui, ces matières colorantes étant prises en quantités au plus égaJes.

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