Laine filée
Les barques à laine filée sont construites de la même façon que les barques à coton filé ou à laine peignées.
Fig. 19. — Barque à double fond.
Pour les nuances mode on emploie quelquefois des barques doublées de cuivre dont le nettoyage facile permet de passer rapidement d’une nuance à une autre ; mais il faut avoir soin de n’y pas teindre de ponceaux vifs ^et en général de nuances fraîches, car les teintureseffectuées sur ces appareils sont toujours un peu ternes. 11 faut alors employer les barques en bois et avoir soin de les nettover à froid,
TEINTURE DES FILES
Au lieu de barques en bois doublées de cuivre, on emploie quelquefois des barques entièrement en cuivre et munies d’un double fond, comme celle que représente la figure 19.
Chinés et flammés. — Les filés ne se teignent pas toujours en nuances uniformes, on leur donne quelquefois plusieurs nuances.
Les procédés de teinture qui sont alors employés sont connus sous les dénominations de chinage et de flammage.
Chinage (s’applique à la laine et au coton). — Pour le coton , on pratique le chinage par impression. Les écheveaux étant teints uniformément en une nuance de fond, on imprime à l’aide de planches ou de rouleaux spéciaux les parties à teinter différemment.
Pour la laine , le chinage se fait par teinture ou par impression.
Chinage par impression. — Le chinage par impression se pratique comme pour le coton.
Chinage par teinture. — Le plus simple des chinés est celui où, l’écheveau étant teint en une nuance uniforme, on a réservé des parties plus ou moins nombreuses et plus ou moins grandes afin de leur conserver leur teinte naturelle.
Les réserves sont faites soit à l’aide de nœuds faits sur l’échevette qui doit alors être très longue, soit par des cadres à claire-voie entre lesquels on serre les échevaux.
Lorsque les réserves sont faites avec des nœuds on varie la forme et le nombre des nœuds suivant les dessins à obtenir et on teint comme à l'ordinaire. Les parties internes des nœuds ne prennent pas la teinture.
Les nœuds sont quelquefois remplacés par des liens en
caoutchouc qu’on serre autour de l’écheveau dans la partie à réserver.
Lorsqu’on emploie les cadres, on varie le nombre et la largeur des barreaux de façon à obtenir les réserves désirées, on serre les écheveaux entre ces cadres en n’en mettant pas une trop grande quantité et on immerge le tout dans le bain de teinture. Les parties des écheveaux comprises entre les barres ne prennent pas la teinture et donnent les réserves.
Si l’on vient à passer les écheveaux ainsi préparés dans un bain de teinture où l’on procédera comme à l’ordinaire, les parties blanches prendront la nuance correspondant au bain qu’on a préparé, tandis que les parties déjà teintes auront une nuance résultant de la combinaison de la teinture primitive et de celles qu’elles reçoivent à nouveau.
On peut n’avoir pas défait tous les nœuds par cette première teinture et on a ainsi des parties blanches réservées par les derniers nœuds restant, des parties teintes à la nuance du dernier bain pour les parties blanches pri mitivement réservées et qu’on y a laissé teind re, et des parties teintes avec la nuance résultant de la combinaisons de la teinture primitive et du second bain de teinture.
On pourrait procéder pour les barres d’une façon ana logue. Prenons comme exemple une partie d’écheveaux à chiner auxquels on a fait cinq nœuds ou qui ont été serrés entre des cadres présentant cinq barres et voyons les différents effets qu’on peut obtenir.
1° Les cinq nœuds étant faits on teint dans un bain de teinture A ; en enlevant tous les nœuds on obtiendrait des portions blanches et des portions de nuance A ;
2° Ayant enlevé un nœud a, on passe dans un bain de
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nuance B. Si l’on enlève alors tous les nœuds on a un écheveau ayant la partie a teinte en nuance B, la partie réservée par les quatre nœuds restant blanche et le reste a une teinte résultant de la combinaison A et B ;
3° Ayant enlevé seulement un second nœud b , on passe dans le bain de nuance G.
Les parties protégées par les trois nœuds restant seront blanches, la partie b aura la nuance G, la portion a une nuance résultant de la combinaison des nuances B et G, la teinte du reste résultant de la combinaison des nuances A, B, G, etc.
On peut procéder d’une façon inverse : teindre dans un premier bain comme à l’ordinaire, puis passer dans un bain après avoir fait un certain nombre de nœuds, passer dans un troisième bain après en avoir refait à nouveau, etc.
La marche la plus générale serait la suivante et résulterait de la combinaison des diverses marches indiquées.
Ayant fait un certain nombre de nœuds à des écheveaux, les teindre dans un premier bain, défaire un ou plusieurs des nœuds faits et en refaire un ou plusieurs à d’autres endroits, teindre dans un second bain, défaire encore des nœuds faits, nouveaux ou anciens, et en refaire d’autres, passer dans un troisième bain. On conçoit qu’en opérant ainsi on puisse arriver à obtenir un nombre infini de nuances sur un même écheveau.
Au lieu de nœuds on peut employer ou les bagues de caoutchouc ou des cadres à barres mobiles.
Flammés. — Les flammés teints en nuances fondues varient progressivement d'une partie claire à une partie plus foncée, la teinture étant symétrique par rapport à un des diamètres de l’écheveau.
On procède de la façon suivante :
La laine étant teinte comme à l’ordinaire en nuance claire, on amène le niveau du bain sur lequel on a opéré, ou celui d'un bain neuf, en un point tel que les écheveaux, lorsqu’ils sont disposés sur la cuve de teinture, y plongent jusqu’à l’endroit où l’on veut avoir le fondu de la seconde nuance.
On recharge le bain et, pour faire la teinture, on se contente de promener les bâtons en les laissant appuyés sui les bords de la barqne sans toucher aux écheveaux, la même partie restant par suite constamment hors du bain et conservant sa nuance primitive.
On lâche ensuite une partie du bain ou on fait un bain neuf dont le niveau est inférieur à celui du bain précédent ; on garnit, on continue à teindre en prenant les mêmes précautions et on continue ainsi en faisant un nombre de bains d’autant plus grand qu’on veut que le fondu soit plus parfait.
On emploie de préférence des bâtons carres a angles arrondis pour que les écheveaux ne puissent pas se déplacer et aient tous leurs teintes arrêtées au même endroit.
Il serait plus prudent, pour éviter tout déplacement > de pincer le haut de l’echeveau entre deux bâtons.
Les flammés obtenus par ce procédé ont des séparations un peu sèches entre les nuances données par les différents bains; pour avoir un fondu plus satisfaisant on place sur le bord de la barque un cadre qu’on peut élever et abaisser à l’aide d’un treuil. On applique les bâtons sur ce cadre et pendant la teinture on donne au tout un petit mouvement vertical alternatif, de faible amplitude ; on arrive qinsi à avoir une progression de feintes mieux graduées.