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CHAPITRE IV

Avant d’être livrés aux clients, les tissus subissent un certain nombre d’opérations qui en modifient l’aspect et le toucher suivant le goût et les demandes de la mode. Souvent aussi on imprègne le tissu de substances glutineuses qui lui donnent de la raideur, et en y incorporant des matières étrangères solides, on arrive à augmenter considérablement son poids. Nous n’examinerons pas ici si ces opérations sont bien d’accord avec les intérêts du consommateur, et nous nous bornerons à les décrire telles qu’on les pratique.

Apprêt des tissus de soie.

Étirage. — On pratique fréquemment sur la soie l’opération de l’étirage, afin de l’allonger et de lui donner du brillant.

L’étirage est effectué au moyen de machines spéciales appelées étireuses ; les ecbeveaux de soie sont passes sur deux cylindres d’acier poli ; l’opération de l’étirage

est produite par U rotation des cylindres ei la tension

des matteaux sous l’influence d’organes métalliques convenables (fig. 39).

Fig. 33. — Etireuse Buffaud et Robatel.

Lustrage. — Le lustrage de la soie a pour but également de développer au plus haut degré possible sou éclat et son brillant. Pour lustrer les soies, on les étire, par l’action de deux cylindres à rotation lente, sur les-

Fia. 40. — Êtireuse-lustreuse.

quels sont engagés les écheveaux (fig. 40). L’opération s'effectue dans un compartiment clos, dans lequel on introduit delà vapeur d’eau à faible pression.

APPRKT PliS TISSUS

Appprêt des tissus de laine.

Au sortir du séchage, les pièces sont visitées à nouveau pour reconnaître les tares qui sont imputables au teinturier ; on procède comme lors de la réception et les défauts reconnussent indiqués de la même façon.

On opère ensuite l 'èpaillage ou épincetage ; on désigne ainsi le travail dans lequel on enlève des pièces les pailles ou parties végétales qui, n’ayant pas pris la teinture, sont devenues très apparentes et nuisent au bon aspect du tissu.

Les femmes armées dé petites pinces avec lesquelles elles saisissent les débris végétaux à extraire font passer la pièce au large sur un pupitre placé devant elles.

On passe ensuite les tissus à la tondeuse et on répète ce traitement un nombre de fois plus ou moins considérable suivant le résultat à obtenir.

Les tondeuses sont destinées à couper les poils qui dépassent la surface du tissu, afin de dégager le grain de l'étoffe. On arrive à ce but par l’emploi de lames hélicoïdales tournant avec une grande rapidité, et contre lesquelles passe le tiss’u.

On procède enfin à l’apprêt proprement dit qui doit faire disparaître les plis et les cassures et donner du brillant à l’étoffe.

Les pièces sont d’ab jrd doublées, c’est-à-dire pliées en deux suivant la longueur, de façon que les deux lisières coïncident. Ce travail, qu’on faisait autrefois à la main sur une table, se fait aujourd’hui mécaniquement à l’aide de la machine à doubler (fig. -il).

APPRÈr DES TISSUS DE LAINE La pièce passe dans un embarrage et monte sur un V incliné, dont la pointe est dirigée en haut, de telle façon que son milieu soit toujours en contact avec la pointe

du Y. Les deux moitiés de la pièce sont alors réunies pour passer dans une fente formée par deux lames sensiblement perpendiculaires au plan du Y. Le tissu ainsi

Machine à doubler et à apprêter, Fernand Dehaitre à Paris.

plie* est entraîné par deux rouleaux à friction, et passe à un mouvement de plieuse qui le dépose sur une table.

Afin de régulariser le travail, un tambour placé entre la pointe du Y et l'extrémité de la fente supporte le milieu du tissu; en faisant tourner ce tambour dans un sens ou dans l’autre, on maintient le milieu delà pièce sur l’alignement de la pointe du V (fig. 42), et le sommet de la fente.

Le tissu après doublage est humecté. La pièce passe sur une machine spéciale où elle traverse une pluie fine produite par un pulvérisateur d’un système quelconque. On les envoie alors au métier à apprêter (fig. 43). 11 se compose de trois cylindres sécheurs parallèles, sur lesquels passe le tissu.

En sortant de la machine, ce tissu est enroulé sur un rouleau en bois que 1 on peut enlever quand il est garni et qu’on remplace par un autre.

Pour que 1 apprêt soit complet il faut trois passages au métier. Le premier passage doit surtout répartir uniformément 1 humidité toujours inégale de l’humectage. Les cylindres ne doivent être chauffés que juste au point nécessaire pour vaporiser l’eau. Pendant l’enroulage on rectifie la position des lisières qui doivent bien coïncider sur toute leur longueur afin que le pli soit bien droit fil.

On laisse les pièces en repos pendant quelques heures et on donne un second passage à une température un peu plus élevée. On veille à ce que l’enroulage se fasse bien droit et que les tranches du cylindre formé par l’enroulement soient bien régulières et bien planes, pour que la largeur soit constante.

Les cylindres sont plus ou moins chauffés suivant l’as-

Machine à doubler les tissus, Fernand Dehaitre à Paris.

APPRET DES TISSUS

pect qu’on veut donner à la pièce. Si elle doit être mate il

faut qu’elle soit encore humide à son dernier passage, car ce frottement à sec sur les cylindres du métier donne

Fig. 43. — Métier à apprêter.

toujours un certain brillant. Ces pièces sont même par précaution humectées plus abondamment.

Après le passage au métier à apprêter, on laisse les rouleaux en cave pendant un temps variable avec la nature de l’étoffe.

Dans cette opération la laine humectée et légèrement

Tassa ut , Teinture.

Fig. 4L — Machine à apprêter à la racle, Fernand Dehaitre à Paris.

APPRET DES TISSUS

chauffée devient très élastique, et il deviènt facile par la tension de faire disparaître les fripures accidentelles ; il faut, pour qu’elles disparaissent complètement, que le

refroidissement s’opère lentement, d’où la justification du séjour des rouleaux dans les caves. Les fibres prennent alors une place définitive et ne tendent plus à reformer les plis qu’on a fait disparaître.

Les tissus sortant des caves sont déroulés et pliés pour

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