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APPIIET DES TISSUS LA LAINE

former les pièces qu’on soumet à l’action d’une presse hydraulique. Les pièces sont placées sur le plateau inférieur par couches horizontales, et on les sépare par des plaques métalliques.

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Fig. 40. — Machine à élargir (profil)

D’autres fois on se contente de rouler les tissus sur des planchettes.

Certains tissus demandent un apprêt spécial qu’on leur donne à la presse hydraulique, de la façon suivante : on

APPRET DES TISSUS

met entre chaque pli un carton parfaitement uni, quelquefois même une plaque de zinc et entre chaque lit de pièces ainsi préparées, on met des plaques chauffées ; on obtient ainsi un satinage spécial. On fait une seconde pression en changeant les plis de place, pour que toutes les parties de la pièce soient bien identiques et que les plis du premier traitement ne se trahissent pas par un aspect différent.

On laisse refroidir sous presse et on met en pièce.

Bien qu’on ait eu le soin de fixer les pièces au com- • mencement du dégraissage, la laisse se trouve souvent réduite à une dimension inférieure à celle demandée par le fabricant. On se trouve alors obligé de la ramener à cette dimension en élargissant le tissu, en le tirant des deux côtés dans le sens de la trame.

O11 fait cette opération à l'aide de diverses machines (fig. 45 et 46).

Machine à picot (fig. 47).

Elle se compose de deux chaînes sans fin, soutenues par des poulies verticales dont les brins supérieurs glissent sur des rails qui fixent leur écartement. Elles sont garnies de pointes d’acier sur lesquelles se fixent les lisières delà pièce; l’écartement entre les rails est variable et la distance qui les sépare l’une de l’autre à l’entrée de la pièce étant égale ou un peu inférieure à la largeur du tissu, on règle la sortie de façon à obtenir la laisse désirée.

Pour que le tissu se prête plus facilement à cette opération, on l’ humecte légèrement par un passage dans une boîte à vapeur.

Les apprêts réalisés par les moyens indiqués précé-

demment, peuvent être considérés comme des apprêts naturels ; on n’introduit, en effet, aucune substance étrangère dans le corps des tissus. Mais quelquefois, afin de donner plus de main à des tissus de qualité secondaire,

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Fig. 47. — Machine à picot.

on a recours à des apprêts artificiels en imprégnant le tissu de gommes et de substances fort diverses. Gomme ces apprêts sont surtout employés pour les tissus de coton, nous indiquerons quels sont les procédés et les substances les plus employés, en nous occupant de ces derniers.

Les opérations de l’apprêt des étoffes de laine, telles que nous venons de les décrire, sont longues, délicates, demandent beaucoup de main-d’œuvre et des ouvriers expérimentés.

MM. Pierron et Dehaître ont combiné une machine destinée à faire toutes ces opérations d’une façon continue et complètement mécanique (fig. 48).

La machine se compose de deux parties : une élargisseuse Palmers(fig. 45 et 40) (machine pouvant fonctionner seule comme élargisseuse) et un tambour apprêteur à feutre sans fin.

L’élargisseuse Palmers se compose de deux disques verticaux en fonte, bordés de caoutchouc ; ils peuvent être écartés l’un de l’autre suivant la largeur de la pièce à traiter; ils sont mobiles autour d’axes verticaux passant par leur centre et reçoivent un mouvement de rotation autour de leur axe.

Les lisières du tissu à traiter sont appliquées et maintenues sur les bords de caoutchouc par deux chaînes métalliques sans fin dont on peut faire varier la pression à l’aide de vis de rappel.

Étant donné un tissu à traiter et qui doit être élargi, on donne aux axes verticaux portant les deux disques un écartement légèrement supérieur à la laisse actuelle et on incline les plateaux en les faisant tourner autour de ces axes, de façon que les bords qui se trouvent du côté de la sortie aient un écartement suffisant pour que le tissu, en quittant la machine, se trouve avoir la largeur demandée.

L’étoffe traitée parcourt sur les disques la moitié de leur circonférence.

Elle passe ensuite sur un tambour sécheur de grande dimension où elle est appliquée sur presque toute la circonférence, à l’aide d’un feutre sans fin à tension variable. Un mouvement de plieuse prend alors le tissu et le dépose sur une table. L’apprêt est terminé.

L’élargisseuse Palmers donne donc la largeur exigée et fait disparaître les plis. Le tambour appréteur fixe les dimensions données et régularise l’aspect général de la surface ; de plus, le mouvement du tambour sécheur pouvant être réglé de telle sorte que sa vitesse à la circonférence soit supérieure à celle des picots de l’élargisseuse,

APPRÈ r DK S TISSUS DE LAINE

Fig. 48. — Machine combinée dePierronet Dehaitre.

Al'P.RÈT DES TISSUS

on peut ainsi produire un allongement dont la valeur est donnée par le rapport de ces vitesses.

On peut aussi pratiquement regagner de 10 à 20 pour 100 de la longueur de la pièce.

On met souvent à l’entrée de l’élargisseuse une boîte à vapeur pour humecter le tissu.

Cette machine qui est aussi employée pour l’apprêt des tissus de coton doit alors subir une légère modification, si l’on veut y faire passer le tissu enduit d’un fort apprêt. On place entre l’élargisseuse et le cylindre apprêteur, un petit cylindre' séeheur recouvert de toile pour éviter ces plaquages qui se produiraient si le tissu arrivait immé diatement au cylindre apprêteur.

On peut, au lieu de ce cylindre, établir une chambre chaude à parcours. En sorte que la machine complète peut se présenter de deux façons :

1° Foulard apprêteur ;

2° Chambre chaude à parcours ;

4° Elargisseur ;

5° Tambour apprêteur ; ou bien

1° Foulard apprêteur ;

2° Elargisseur ;

3° Cylindre séeheur recouvert de toile ;

4° Cylindre apprêteur.

Apprêt des tissus de coton.

Les tissus de coton reçoivent pour la plupart un enduit nommé apprêt, avant de subir les opérations méca-

niques qui doivent les amener a leur forme marchande définitive.

Cet enduit, de nature variable, est destiné à leur donner du poids et de la main.

Dans les apprêts, bien plus encore que dans la teinture, la routine règne en maîtresse, et de fait, il serait assez difficile de donner une théorie satisfaisante, de ces opérations si nombreuses et si hétérogènes dont l’ensemble constitue l’apprêt. Cependant, nous croyons que, par une expérimentation patiente et Maisonnée, on arriverait à dégager un certain nombre de règles pouvant servir de guide dans le labyrinthe inextricable des recettes nombreuses que l’on met en pratique.

Exemples de la composition de quelques apprêts.

Apprêts glaces. — On emploie pour ce genre d'apprêt la fécule, la craie, quelquefois la paraffine, l’huile de coco, l’huile de palme ou l’huile tournante.

Plus le tissu est léger, plus on augmente la fécule ou l’amidon, 3 à 6 kilogrammes pour 100 kilogrammes d’eau.

La craie varie de 300 à 600 grammes et les huiles de 150 à 300 grammes.

Pour les noirs, on colore l’apprêt avec une laque de campêche obtenue par précipitation d’une décoction par un sel de fer.

Apprêt des calicots. — On leur donne un apprêt analogue, mais plus énergique.

Pour 100 litres d’eau, 12 kilogrammes de fécule et on ajoute 800 grammes de craie.

Apprêts calandres. — Pour 10 kilogrammes d’eau on

prend :

Fécule . 20 kilogrammes.

Suif. . 800 grammes à 1 kilogramme.

Cire. . C00 grammes.

Toutes ces indications n’ont rien d’absolu et les proportions des différents agents du mélange peuvent varier

dans d’assez grandes limites; il ne faudrait pas non plus croire que l’on ne met pas de matières minérales la où nous n’en avons pas indiqué, car, à de rares exceptions près, tous les tissus en sont plus ou moins chargés.

Machines employées dans V apprêt du coton. — Cuisson des apprêts. — Les apprêts sont souvent préparés dans des cuves à double fond chauffées à la vapeur. On opère les mélanges et on chauffe jusqu’à ce que la pâte d’apprêt ait une consistance et un aspect déterminés.

Cuisson sous pression (fig. 49). — Elle donne de meilleurs résultats ; la cuisson est plus facile et la pâte plus homogène. On emploie des appareils constitués par un cylindre vertical en tôle, muni d’un entonnoir à la partie supérieure, d’un robinet inférieur de vidange, de deux robinets de jauge indiquant le niveau et de deux tuyaux d’arrivée de vapeur.

Foulard à apprêter. — Est analogue au foulard à teindre. L’apprêt est contenu dans le baquet de la machine où le tissu s’imprégne ; l’excédent est exprimé entre les deux cylindres compresseurs.

Rames. — Ges machines sont destinées à amener le tissu à la laisse définitive et à sécher l’apprêt dont on 1 a enduit à l’aide de la machine précédente.

Le séchage étant effectué lorsque le tissu est tendu, les fils restent bien séparés les uns des autres et le tissu garde toute sa transparence. Les lisières sont maintenues à l’aide de pinces et de picots qui sont fixés à des chaînes sans fin maintenues par des rails horizontaux dont on peut faire varier l’écartement.

Le séchage est effectué par l’air chaud qu’un ventila-

APPRCT DES TISSUS

teur chasse sous l’appareil, ou à l’aide de tuyaux de vapeur placés entre les rails.

Machine à dérailler. — On l’emploie pour rendre au tissu une certaine souplesse que l’application de l’apprét a pu lui enlever.

Le tissu est fixé par ses lisières à deux rails horizontaux parallèles. On les anime d’un mouvement de va-etvient en sens contraire, suivant leur direction ; le tissu se trouve ainsi tiraillé et les fils de trame qui ont été déplacés retrouvent leurs places et la régularité du tissu, que les dernières opérations du blanchiment ou de la teinture avaient pu altérer, réparait complètement.

Les étoffes qui ont été séchées doivent, avant leur passage à la rame ou dans d’autres appareils tels que la sati neuse, être humectées à nouveau.

Autrefois, on les laissait pendant un certain temps étendus à l’air libre, jusqu’à ce qu’ils, eussent repris une certaine moiteur.

Aujourd’hui, on emploie des machines pulvérisant l’eau sur le tissu qui se déplace dans l’espace arrosé.

On a successivement .employé, pour la pulvérisation, des brosses rondes tournant rapidement et projetant sous forme de gouttelettes l’eau qu’elles puisaient dans un réservoir, puis des jets d’eau venant frapper une toile métallique suffisamment fine. Enfin, plus récemment, la pulvérisation par l’air comprimé a été appliquée à ces machines ; le dispositif adopté est semblable à celui en usage pour les flacons de parfumerie.

Cylindres. — Le brillant que ces machines doivent donner aux tissus qu'on y traite est obtenu par le passage entre deux cylindres > l’un en fonte, creux, qu’on

chauffe à la vapeur, l’autre en papier. Ce dernier est constitué par des feuilles de papier collées, enfilées

sur un axe central et fortement comprimées par une presse hydraulique. Quand ils sont tournés et polis, ces Tassaht, Teiulure 17

Fig. 50. — Calandre à deux rouleaux.

cylindres sont aussi lisses que des cylindres métalliques.

Le nombre des rouleaux varie avec l’importance de l’appareil.

Pour augmenter l’efficacité du traitement, on provoque un mouvement de glissement de l’un des cylindres sur l’autre.

Le côté de l’étoffe à brillanter est mis en contact avec le rouleau de fonte chauffé.

Calandres. — Ces machines sont employées pour donner aux tissus de coton l’aspect brillant des toiles de lin. Dans les anciennes installations, la pièce à traiter était enroulée sur un rouleau et placée sur une table en bois fortement encastrée dans le sol. On plaçait au-dessus une caisse en bois qu’on chargeait de gueuses de fonte ou d’autres objets pesants.

La caisse supérieure était animée d’un mouvement de

va et-vient dont l'amplitude était au moins égale à la »

demi -circonférence du rouleau.

Ces machines, très rudimentaires et fort encombrantes, ont été abandonnées.

Calandres d pression hydraulique de Sultzer (fig. 51). — La pièce à traiter est enroulée sur un rouleau en bois de gayac placé entre trois rouleaux en fonte. Les axes des deux rouleaux inférieurs sont fixes, celui du rouleau supérieur est mobile entre des glissières verticales. La pression est produite sur les coussinets des deux extrémités de cet axe par deux pistons hydrauliques dont les pots de presse sont liés au bâti de la machine.

Le tissu, après un premier passage, est enroulé à nouveau, de façon que la partie qui était à l’extérieur lors du

APPRET DES TISSUS DE COTON premier traitement se trouve à l’intérieur. On a soin, en outre, de faire tourner les rouleaux en sens inverse.

La pression est réglée par la charge placée sur l’accumulateur.

Fig. 51. — Calaüdre à presseur hydraulique (F. Dehaitre à Paris).

On obtient, avec ce système, de très beaux effets de glaçage et de moirage.

Gaufrage. — C’est par cette opération que l’on donne aux tissus de coton, employés en reliure, l’aspect du maroquin. On fait, pour cela, passer le tissu entre deux cylindres dont l’un est gravé de façon à reproduire le

dessin qu’on désire obtenir en relief. L’autre cylindre est chauffé à la vapeur, afin de rendre l’action plus énergique.

Glaçage. — La glaceuse (fig. 52) est constituée par une molette en agate ou en métal frottant dans un coursier taillé dans une pièce de bois dur.

Machine à glacer à la molette

fortement appuyée contre son coursier par des ressorts ou des vis de rappel.

La molette est fixée à l’extrémité d’une bielle et est

Le tissu passant entre les deux organes y acquiert un brillant très vif.

Pour faciliter le glissement et éviter l’éraillage du

tissu, on emploie la poudre de résine. Nous donnons le modèle de la machine à glacer à la molette, de Fernand Dehaitre (fig. 52).

Machine à dèrompre. — Elle se compose de cylindres

apprêt des tissus de coton 295

animés d’un mouvement de rotation rapide, garnis de lames hélicoïdales partant du milieu et dirigées en sens inverse (fig. 54). Le tissu passe entre ces lames en les frôlant légèrement et l’adhérence des fils, déterminée par les colles de l’apprêt, se trouve détruite.

Le nombre des cylindres dépend de l’intensité de l’effet

à obtenir.

Un autre système qui semble donner de meilleurs résultats (fig. 53), son action étant moins brutale, est dû à M. Garnier.

Les organes actifs sont des cylindres garnis de clous ou de saillies affectant la forme de gouttes de suif.

Ces cylindres sont disposés à deux niveaux différents ; ceux qui sont dans le plan supérieur tournent dans des coussinets adaptés à une partie fixe du bâti ; ceux du plan inférieur sont reliés à un cadre horizontal mobile verticalement .

Le tissu en passant sur ces rouleaux devra en épouser la forme et les fils se trouvent désunis par l’action des

saillies.

Machine à bétler ou à maillocher (fig. 55). — Elles sont destinées à donner aux tissus de coton un brillant très accentué rappelant assez fidèlement celui de la soie Ce traitement est surtout appliqué aux satinettes destinées à former des doublures.

Ges machines comportent une série de maillets en bois ou en métal qui viennent frapper sur le dessous. L’arbre qui commande ces maillets est muni d’excentriques en

nombre égal à celui des pilons.

Il fait environ 80 à 100 tours par minute, donnant ainsi par chaque maillet un nombre égal de coups.

Les maillets sont ou des pièces de bois tombant librement et commandées par des excentriques à cames ou des blocs métalliques reliés par des ressorts à des bielles commandées par excentrique à colliers, le ressort ayant pour but d'empêcher le choc de se transmettre à l’arber

I‘io. 55. — Machine à bétler à maillets (Dehaitre, à Paris).

de commande, ou enfin, comme dans la machine dont nous donnons le dessin, de pilons mus par excentrique à collier et dont les chocs sont réglés par des pistons à air.

Indépendamment du mouvement de rotation du cylindre inférieur destiné à produire l’écoulement du tissu, celui-

apprêt des tissus de coton

ci refait un mouvement de translation alternatif parallèlement à son axe, afin de rendre l’action du bétlage aussi uniforme que possible.

Le tissu est d’abord humecté, puis on le passe pendant un quart d’heure à la machine à bétler.

On cylindre ensuite à froid, sans friction, à l’aide d’un appareil précédemment décrit, puis on cylindre avec friction.

On foularde à l’eau, on sèche et on humecte à nouveau et on termine par un bétlage énergique, durant environ une heure.

Cette marche est la plus généralement suivie en Angleterre où cette sorte d’apprêt a pris naissance, mais on lui fait subir de nombreuses modifications, et chaque usine a ses procèdes particuliers dont elle garde le secret.

Nous ne dirons rien des machines à doubler et des presses hydrauliques que nous avons décrites pour le traitement des tissus de laine et dont l’emploi se tait de la même façon.

Mise en baguette. — On n a pas encore trouvé de machines opérant le pliage d'une façon aussi satisfaisante que le tirage en baguette et on en est encore resté à ce procédé quasi barbare.

Pour effectuer le pliage de cette façon, on emploie une table portant quatre tiges verticales dont l’écartement est égal à la largeur des plis. L’ouvrier tient 1 extrémité du tissu sur la table, entre les quatre tiges, et place dessus une baguette contre deux de ces tiges, et à 1 extérieur du rectangle qu’elles forment, il rabat le tissu par dessus la

baguette, l’étend et place sur le tissu, de l’autre côté, une deuxième baguette en tendant les plis.

Dans chaque pli se trouve ainsi placée une baguette ; il suffit d’en avoir six, car la traction qu’on opère pour tendre le tissu en le pliant n’est pas suffisante pour le faire glisser lorsqu’il y en a cinq en prise. On retire alors celle des plis inférieurs pour former les plis supérieurs et on procède ainsi jusqu’à ce que le pliage de la pièce soit terminé.

On met ensuite les tissus sous la presse hydraulique et on les y laisse de douze à vingt-quatre heures.

On les envoie enfin à l’expédition où l’on enlève les marques qu on avait placées au chef de pièce et d’où elles sont livrées au commerce après avoir été convenablement empaquetées.

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