‹ L'industrie de la teintureChapitre 16 sur 179 · BLANCHIMENT I) Q COTON BRUT · texte numérisé non relu

BLANCHIMENT I) Q COTON BRUT

soit dans la barque même, ce qui permet un travail plus rapide, soit à la laveuse.

Ce lavage porte le nom de dèrougissage .

Pour le chlorage on monte un nouveau bain avec trois touries chlorure liquide à G0 B. (9° chlorométriques) ou deux touries 9° B. (15° chlorométriques) pour 150 kilogrammes de coton l II.

La concentration du bain ne devant pas, dans tous les cas, dépasser 1° i/2 B. et ne pouvant aller au-dessous de 1/2° B. à moins que les cotons à traiter ne soient particulièrement propres.

Le coton doit rester douze heures dans le bain de chlorage et est ensuite rincé.

Pour débarrasser complètement le coton de toute trace d’hypochlorite qui pourrait l’altérer à la longue, on a recours à divers agents chimiques, tels que l’acide sulfurique, l’acide chlorhydrique, le bisulfite de soude, l’ammoniaque.

Les acides en agissant sur les hypochlorites mettent l’acide hypochloreux en liberté et ce dernier se décompose immédiatement en achevant la destruction des matières colorantes et terminant le blanchiment ; on remarque en effet que le coton, qui, au sortir des bains de chlorage,

I Nous ne pouvons nous dispenser ici de signaler l'habitude défectueuse de peser les bains de chlorage à l’aréométre Baume ; on a, il est vrai, par ce moyen, la garantie de n’avoir jamais un bain trop chargé en hypochlorite, mais l’inconvénient inverse peut se produire et le bain, tout en marquant le degré voulu, Pourrait être d’une innocuité parfaite.

II serait donc bon qu’on prît, dans les teintureries, l’habitude de titrer les bains au degré chlorométrique.

BLANCHIMENT DU COTON

peut encore avoir une teinte jaunâtre, devient d’un blanc presque parfait après les bains acides.

On emploie des bains marquant 1/2° à 1° B. (acide sulfurique ou préférablement acide chlorhydrique) ; il vaut mieux n’employer que des bains aussi peu concentrés que possible et l’on fera bien de se rapprocher de la limite inférieure.

On lave ensuite énergiquement.

Au lieu do bains acides, on emploie quelquefois des bains de bisulfite de soude ou d’hyposulfite de soude, voire même d’ammoniaque, mais alors le coton reste tel que le bain de chlorage l’a laissé.

On termine enfin par un azurage destiné à masquer la teinte légèrement jaune que conserve toujours le coton malgré les traitements les plus énergiques. On emploie à cet effet le bleu d' outremer ou les bleus d'aniline: le premier a l’avantage de résister à l’action de la lumière beaucoup mieux que les bleus d’aniline, mais ceux-ci donnent un azurage plus vif.

Les bleus d’aniline qu’on emploie sont : les bleus coton, surtout les marques rouges, et les bleus solubles l.

L’azurage se fait simplement en passant simplement le coton dans un bain d’eau froide, contenant une faible proportion de l’un quelconque de ces bleus.

On essore ensuite et on sèche à aussi basse température que possible, à l’air libre si le temps le permet, afin

4 . Nous pensons que le violet de Laulh (de la série du bleu de méthylène) donnerait de bons résultats, vu sa grande résistance aux agents atmosphériques, bien qu’aucun essai, à notre connaissance, n'ait été fait dansjce sens. ^

BLANCHIMENT DU C )TON BRUT 15

d éviter la production d’une teinte jaune que le séchage à chaud fait souvent apparaître et qui semble due à l’action de l’acide incomplètement éliminé par les lavages.

On évite même en séchant à basse température de brûler le coton si les lavages à l’eau, après les bains acides, ont été trop sommaires (transformation en hydrocellulose).

Le travail à la barque donne un coton difficile à traiter en filature ; il est même souvent cordé , ce qui gêne et rend quelquefois impossible le passage aux cardes.

On a donc songé à employer les mêmes moyens de traitement que pour le coton filé, mais ces procédés sont encore peu répandus, l’industrie de la teinture et du blanchiment du coton brut étant de création relativement récente.

Dans le blanchiment à la barque, pour que l’action des bains de chlorage soit à peu près uniforme, on remue le coton au sein du liquide à l’aide de crochets et de fourches. Dans les appareils dont nous allons parler, la fibre reste fixe et le bain est mis en mouvement par des engins appropriés de façon à parcourir toutes les parties de la cuve.

2. Traitement a la cuve. — Cuve à dèbouillir. — Pour le coton brut, les cuves que l’on emploie sont à basse pression.

La cuve cylindrique en bois peut contenir de 250 à 1000 kilogrammes de coton, elle est munie d’un double fond percé de trous. Au centre ou sur l’un des côtés s’élève un tuyau prenant le liquide sous le faux tond et venant le déverser à la partie supérieure. Le mouvement est déterminé par un injecteur à vapeur placé vers le bas du

BLANCHIMENT DU COTON

tuyau, la vapeur tout on déterminant le mouvement de circulation du bain en effectue le chauffage.

Le coton placé sur le faux fond est maintenu immergé par un couvercle mobile percé de trous qu’on maintient à l’aide de madriers fixés aux parois de la cuve à l’aide de dispositifs variés.

Lorsque le bain est chaud et la circulation parfaitement établie, on verse dans la cuve la quantité de sel de soude (en solution) nécessaire pour le débouillage, et on laisse marcher l’appareil de six à douze heures, on lâche ensuite le bain et on lave le coton dans la cuve en y faisant affluer l’eau en grande quantité (dérougir). On enlève ensuite le coton pour le mettre dans la cuve à chlorer.

Cuve à chlorer. — Le coton après débouillage se trouve dans la cuve en masse compacte qu’il faut diviser avant de le mettre dans la cuve à chlorer. Cette opération se fait souvent à la main. Il faut alors deux gamins pour ouvrir, en douze heures de travail, 250 kilogrammes de coton ; on aurait donc tout avantage à employer un batteur spécial.

La cuve à chlorer généralement en bois est quelquefois revêtue de plomb ; elle est munie d’un faux fond perforé ou d’une couche de silex en faisant fonction ; au centre se trouve une pompe en plomb placée verticalement, puisant le bain à la partie inférieure pour le déverser par quatre orifices sur le coton disposé dans la cuve.

Partant du centre de la cuve au-dessous du double fond, un tuyau en plomb vient déboucher à l’extérieur vers le milieu de la hauteur et peut être bouché à l’aide d’un tampon, ce tuyau est dit tube de graduation. On remplit la cuve d’eau après y avoir mis le coton, on place

Page 1