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CHAPITRE II

BLANCHIMENT DU LIN i

Le lin, tout en se blanchissant par des procédés analogues à ceux qu’on emploie pour le coton, demande à être traité énergiquement pour être débarrassé des matières étrangères qui l’imprègnent et qui s’y trouvent en grande quantité.

De là les nombreux traitements qu’on est obligé de lui faire subir; ce sont, pour les tissus, par exemple :

1° Le dégommage qui se fait dans une cuve à roulettes à deux compartiments, comme pour les tissus de coton, ou dans une cuve en maçonnerie où l’on empile les pièces et où, après l’avoir emplie d’eau, on laisse la fermentation s’établir. On arrête alors l’opération quand le dégagement d’acide carbonique et d’hydrogène a cessé, ce qu’indique la disparition de la mousse à la surface du bain. Ce dernier mode de dégommage est délicat à conduire et on lui préfère souvent le premier qu’on facilite quelquefois en ajoutant, à l’eau chaude du bain, de l’orge germé.

i Le chanvre et le jute se blanchiraient de la même façon;

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2° Le lessivage qu'on fait en employant la chaux dans la proportion de 1 pour 100 du poids du tissu à traiter.

Les tisus sont chaulés de la même façon que ceux de coton et sont ensuite disposés dans des cuves à lessiver où le traitement dure de huit heures, pour les appareils à basse pression, à quatorze heures, pour les appareils à haute pression.

3° L ' acidulage destiné, comme nous l’avons dit plus haut, à éliminer la chaux à l’état de sel soluble, ce à quoi on arrive par un passage des tissus dans une solution chlorhydrique de densité 1,0125.

4° Le second lessivage , à la soude et au savon de colophane, qui doit enlever les acides gras mis en liberté par le traitement précédent, et pour lequel on emploie : 35 kilogrammes soude caustique,

20 kilogrammes colophane.

On laisse bouillir les tissus huit heures environ, puis on lave à l'eau chaude ci enfin à l’eau froide.

5° L’ exposition su r le prè dont l’usage abandonné pour le coton s’est conservé pour le lin, car certaines parties résineuses ne peuvent être complètement élimir r.ées si l’on supprime ce traitement. L’herbe sur laquelle on étend les tissus doit être haute et assez forte pour qu’ils ne touchent pas le sol, ce qui amènerait une destruction rapide des étoffes. Si l’herbe ne remplissait pas ces conditions, on y suppléerait en tendant horizontalement des cordes destinées à supporter les pièces. Dans tous les cas d'autres cordes placées sur le tissu les empêchent d’être emportés par le vent.

Des canaux ménagés dans le sol de la prai-ie, tous les vingt mètres environ, permettent d’arroser, au moyen

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d’écopcs, les tissus en traitement. Mais on préfère aujourd'hui remplacer ce procédé primitif par celui plus perfectionné de l'arrosage à l’aide de lances et de tuyaux d’incendie alimentés par des prises d’eau sous pression disposées de distance en distance.

La rosée et la neige favorisent l’opération qui dure ordinairement cinq à sept jours.

6° Le chlorage qu’on pratique en laissant séjourner les tissus pendant six heures dans une solution de chlorure de chaux à 1/2° B.

7° L 'acidulage effectué à l’aide d’un bain chlorhydrique à 1° B., dans lequel le tissu trempe pendant trois heures et qui est suivi d’un lavage énergique.

8° Le troisième lessivage pour lequel on emploie 8 à 13 kilogrammes de soude caustique et qu’on prolonge pendant six heures environ.

9° La seconde exposition sur le pré moins longue que la première et ne durant que deux à quatre jours.

10° Le second chlorage destiné à terminer le blanchiment pour lequel on emploie une solution de chlorure de chaux à 1/2° B., et qu’on fait suivre d’un lavage énergique.

11° Le dernier acidulage destiné à détruire les dernières traces de chlorures qu’aurait pu laisser, malgré sa perfection, le dernier lavage.

Enfin un rinçage à grande eau termine le traitement.

Là prend fin le blanchiment pour la plupart des pièces en traitement, du moins pour celles qui, après une visite attentive, sont reconnues irréprochables. Les autres subissent un complément de traitement comprenant les opérations suivantes :

Tassart, Teinture.

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1° Lessivage à la soude caustique à raison de 5 kilogrammes de soude pour 1000 kilogrammes de tissu ;

2° Exposition sur le pré durant de deux à quatre jours;

3° Chlorage pendant 6 heures dans une solution d’hypochlorite de calcium de- densité 1,0006.

4° Acidulage dans une solution sulfurique de densité 1,005.

Les pièces, après ce second traitement, sont presque toutes bonnes ; si cependant il en restait quelques-unes laissant encore à désirer, on les ferait repasser avec d’autres pièces devant subir un complément de blanchiment.

La perte au blanchiment pour les tissus de lin peut aller jusqu’à 36 pour 100.

Les opérations nombreuses qui, ainsi qu’on vient de le voir, constituent le blanchiment du lin durent de quatre à six semaines.

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