DÉGRAISSAGE DE LA LAINE BRUTE
tage, on a intérêt à les avoir aussi concentrées que possible ; on a donc construit divers appareils où, le lavage étant effectué méthodiquement, on obtient des eaux de suint suffisamment riches pour les besoins de l’industrie.
On emploie notamment un appareil constitué de quatre caisses cylindriques, munies d’axes soutenus par deux roues placées de part et d’autre. On peut donc ainsi amener l’une quelconque des caisses à occuper successivement toutes les places (fîg. 5 et 6).
Soit A, B, G, D, les quatre caisses, le fonctionnement est le suivant : l’appareil tourne dans le sens A, B, G, D ; en A on vide la laine contenue dans le bac et on en charge de nouvelle. La case G, qui occupait avant la position B, ne contient que de la laine; on y vide l’eau que contient la caisse D, celle-ci est remplie par l’eau delà caisse A dans laquelle on met de l’eau pure. On vide alors l’eau de la caisse G, qui est suffisamment chargée ; on y fait arriver l’eau de D dans laquelle on verse l’eau de A ; on donne alors un quart de tour, la cuve A arrive en B ne contenant que de la laine qu’on enlève et qu’on remplace par de la laine n’avant pas encore été traitée.
L’eau circule dans le sens ADG et la laine en sens inverse, BGDA.
Le désuintage peut également se faire dans des cuves en tôle, parallélépipédiques, plus longues que larges, où la laine est mue mécaniquement à l’aide de fourches qui la font passer de l’une des extrémités, où elle arrive, à l’autre où elle sort, tandis que l’eau circule en sens inverse.
2. Dégraissage. — On a essayé d’enlever les matières grasses que contient la laine par l’emploi de dissolvants,
tels que la benzine, le sulfure de carbone; mais la laine ainsi traitée perd de sa douceur, durcit, devient même cassante, et ces procédés ont dû être abandonnées. On est donc resté à l’emploi, comme agent de dégraissage, du carbonate de soude et du savon, qu’on préfère généralement à base de potasse, car celui-ci, toujours hygrométrique, laisse la laine plus douce que lorsqu’on emploie un savon à base de soude, qui est efflorescent.
Pour le dégraissage à la main, on emploie un bain faible de carbonate de soude chauffé à 25 ou 30° G., dans lequel on remue la laine à l’aide de bâtons jusqu’à ce que le traitement soit jugé suffisant ; on enlève alors, on exprime la laine dans une essoreuse et on termine par un rinçage.
Mais le plus souvent, aujourd’hui, le dégraissage se fait mécaniquement, dans des caisses, généralement en tôle, placées à la suite les unes des autres et dont le nombre varie de trois à cinq.
La laine, depuis son entrée dans l’appareil, est manœuvrée à l’aide de fourches, de roues à palettes et de tabliers sans fin qui la font passer d’une caisse à l’autre et la conduisent jusqu’à sa sortie de l’appareil.
L’eau circule en sens inverse et on y ajoute la quantité de savon et de carbonate de soude nécessaire lorsqu’elle a traversé la dernière cuve qui est réservée au rinçage.
La température des différents bains varie de 35 à 50°, sans jamais dépasser cette température, et il faut avoir soin de mettre assez de savon pour que la surface du bain soit toujours couverte de mousse. La laine, en sortant de cette appareil, passe entre deux cylindres exprimeurs et va ensuite à un sécheur au sortir duquel se trouve souvent un appareil destiné à l’ensimage. La laine