CHAPITRE PREMIER
Les sels d’aluminium qu’on emploie le plus fréquemment comme mordants sont l’alun et le sulfate d’alumine; d autres sels tels que le sulfo-cyanate, le chlorure, le nitrate et l’hyposulfite, très employés en impression le sont fort peu en teinture.
Mordançage du coton.
Le plus souvent on a recours à des solutions (alun ou sulfate d’alumine), rendues plus ou moins basiques par addition de carbonate de soude 1.
Le coton est passé dans une solution contenant environ 25 pour 100 en poids du coton à traiter de sulfate d'alumine ou d’alun et l’on augmente la quantité d’alumine qui se fixe spontanément sur la fibre en traitant le coton par
1 Voir notre premier \olume : Les Matières colorantes et la chimie de la teinture , p. 232.
un bain fixateur tel qu’ammoniaque, carbonate d’ammoniaque, phosphate de soude, arséniate de soude, silicate de soude, sulfo-oléate, sulfo-ricinate d’ammoniaque ou savon.
Les quantités de réactifs à employer sont en moyenne :
Bain de sulfate d’alumine : 20 kilogrammes sulfate d’alumine, 3 kilogrammes carbonate de soude sec, ou l’équivalent en carbonate de soude cristallisé pour 100 litres d’eau, ce qui donne une solution marquant environ 7° Baumé.
Bains fixateurs . — Ammoniaque : 10 litres de solution à 22° Cartier pour 100 litres d’eau :
Savoir : 1 kilogramme pour 100 litres d’eau ;
Arséniate ou phosphate de soude : 02 ,700 pour 100 litres d’eau ;
Silicate de soude : Cg ,800 d’une solution à 49° Baumé.
Quand le fixateur employé est le sulfo-oléate ou le sulforicinate on commence par passer le coton dans cette solution et on termine par un passage dans le sel d’alumine.
Dans ce cas les solutions employées sont plus con centrées et le mordançage se fait en terrines1.
On emploie 10 kilogrammes de sulforicinate ou sulfooléate à 50 pour 100 d'acide gras pour 100 litres d’eau.
Le sel d’alumine employé est alors presque toujours l’acétate d’alumine à une concentration de 10° Baumé.
L’aluminate de soude n’est à proprement parler qu’un fixateur qu’on emploie toujours concurremment avec un autre sel d’alumine. Par voie de double décomposition on augmente aussi la quantité d’alumine fixée sur la fibre.
* Pour les détails voir plus loin la teinture à l’alizarine.
Si par exemple on a passé primitivement un bain de sulfate d’alumine et qu’on traite ultérieurement par l’aluminate de soude, l’acide sulfurique du sulfate d’alumine se combine à la soude de l’aluminate de soude et l’alumine mise en liberté au contact même de la fibre si fixe.
Mordançage de la laine.
Il est inutile d’employer une solution basique de sel d’aluminium, l’affinité de la fibre pour l’alumine étant beaucoup plus considérable que dans le coton et suffisant à déterminer un mordançage satisfaisant.
Les sels basiques auraient même l’inconvénient de déposer sur la matière en traitement une quantité trop grande d’alumine, ce qui donnerait une laine dure déchargeant au frottement après teinture (broussage) et ne pouvant prendre que des nuances ternes.
Il suffit donc pour mordancer la laine, de la faire bouillir pendant deux heures environ dans une solution de sulfate neutre ou d’alun contenant environ 0S ,700 de l’un de ces sels par 100 litres d’eau.
L’acétate même normal n’est pas employé, car il empâterait la fibre ou la mordancerait inégalement suivant la concentration du bain.
On ajoute quelquefois au bain 0« ,500 de bitartatre de potasse, de bioxalate de potasse, ou simplement d’acide oxalique.
Mordançage de la soie.
Le sulfate d’alumine est encore peu employé et l’alun est à peu près le seul sol d’alumine dont on se serve pour le mordançage.
On se contente délaisser tremper la soie dans une solu tion d’alun ou de sulfate d’alumine pendant plusieurs heures et de laver ensuite.