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II. — LE BASSIN DE L OUEST

Les minerais du massif ancien se groupent en deux domaines bien distincts. Au Nord, celui de Normandie et du Maine est formé de minerais siluriens, subordonnés aux schistes à caly mènes, auxquels s'ajoutent deux gîtes dévoniens. Les formations ferrifères contiennent rarement plusieurs couches exploitables, le plus souvent une seule. Les minerais sont utilisés par les bauts fourneaux de Caen et de Rouen, par les usines sidérurgiques du Nord de la France et surtout par les métal lurgies allemandes et anglaises qui les embarquent au port de Caen. Au Sud, le domaine minier de l'Anjou et de la Basse-Bretagne comprend une importante série de minerais interstratifiés, en 2, 3 ou 4 couches, dans les grès armoricains; des minerais gofhlandiens; des minerais d'âge tertiaire, exclusivement superficiels. Ils ont, pour le moment, un débouché naturel dans les usines de Trignac et sont expédiés à l'étranger, comme fret de retour des charbonniers, par les ports de Nantes et de Saint-Nazaire.

Avec une grande prudence, M. Cayeux estime à 800 000 tonnes, les réserves du groupe septentrional, à 1 024 000 tonnes, la puissance du groupe méridional, en chiffres ronds, 1 800 000 tonnes, soit une infériorité de deux tiers environ par rapport aux réserves lorraines. C'est là une première différence; il en est d'autres.

Dans l'Ouest, les couches varient constamment comme nombre, comme épaisseur, comme teneur.

Dans une même concession, il est impossible d'établir des prévisions avant d'avoir exécuté de nombreux traçages. En outre, les strates sont redressées, souvent verticales, et les failles fréquentes. Les minerais d'Anjou, de Bretagne et de Normandie ne peuvent rémunérer les grandes exploitations de l'Est : ils sont destinés aux industries de petite envergure.

Par contraste avec la minette qui constitue l'unique variété des gisements de l'Est, les minerais de l'Ouest sont fort divers de par leurs caractères pétrographiques. Sans tenir compte des minerais de minière, on trouve des magnétites dans la Mancbe et le Maine-et-Loire; de la bavalite dans les Côtes-du-Nord; des hématites dans le Calvados, la Loire -Inférieure et l'Ille-et-Vilaine; des carbonates dans le Calvados et l'Orne, exceptionnellement dans le groupe méridional. Les sortes les plus abondantes sont constituées par des hématites avec des teneurs variant de 45 à 55 p. 100 de fer, et des carbonates avec des teneurs variant de 30 à 40 p. 100. Ces derniers sont extraits normalement dans les bassins ferrifères d'Urville, de Domfront-Mortain et de la Ferrière-aux-Etangs. Ils sont grillés, avant expédition, pour diminuer la teneur en humidité et abaisser les frais de transport. L'enrichissement correspond à dix unités dans le pourcentage.

En dehors de ces teneurs élevées en fer qui dépassent les teneurs du bassin lorrain, les minerais de l'Ouest sont peu alumineux (1,39 à 4,50 p. 100), privés de chaux ou peu s'en faut (1 à 4 p. 100), très peu manganèses, moyennement phosphoreux (0,4 h 0,8 p. 100), mais surtout fort siliceux (8 à 25 p. 100).

Par leur teneur en phosphore, ils se tiennent à midistance des minerais exempts de phosphore, comme les minerais de Biscaye, d'Algérie et des Pyrénées, d'où l'on tire la fonte hématite, et de ceux qui en

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