‹ L'Industrie Du Veau De Boucherie Dans La CreuseChapitre 9 sur 27 · PASS · texte numérisé non relu

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chignon saillant et arrondi, les orbites effacées, une face de longueur moyenne, des cornes aplaties, insérées en arrière du chignon, légèrement contournées et spiralées. Fanon ample, poitrine bien descendue, cylindrique, croupe, fesses et cuisses bien descendues, quelquefois rebondies en calotte, queue nettement attachée audessus des ischions, robe blonde uniforme allant du froment clair au rouge acajou, tendance à la frisure, muqueuses dépigmentées.

Aptitudes : viande, travail. La vache, généralement peu laitière, donne cependant un lait très savoureux riche en beurre, et le conserve longtemps : souvent pendant 7 à 8 mois.

Les Limousins élevés en Creuse, dans tout le cantonnement que nous avons assigné à la race, répondent assez parfaitement au type par leurs caractères principaux mais, suivant les termes du Professeur Voitelier : « Il est un fait reconnu que partout et quoiqu’on fasse, « le bétail indigène est l’indice certain des qualités du « sol sur lequel il vit », la qualité du bétail est donc variable suivant les diverses régions et nous pouvons affirmer que, pour la race limousine, la qualité va en décroissant de la limite ouest du département à mesure que l’on se rapproche du plateau du sud-est.

La production est bonne et la conformation des animaux parfaite, comparable aux Limousins des bonnes régions de la Haute-Vienne, dans la basse vallée de la

Gartempe et dans la région de La Souterraine. Les bœufs

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exposés aux foires de cette dernière localité et de Saint- Sébastien ont encore une renommée qui n’a jamais été surfaite. |

La production est beaucoup moins bonne dans les vallées du Taurion et de la Vienne, dans la région de Bourganeuf où l'altitude dépasse souvent 500 mètres. Le cheptel y est beaucoup plus clairsemé ; les animaux moins bien logés et moins bien nourris bien qu ils soient l’objet de soins beaucoup plus attentifs de la part du. propriétaire, trouvent difficilement sur ces terrains granitiques le calcaire nécessaire à l’édification de leur squelette. Ils conservent cependant les caractères généraux du Limousin, mais dans un format plus réduit prenant l'allure svelte du type montagnard.

Il est certain qu'aucune autre race bovine n'est mieux qualifiée que la limousine pour conserver dans ces régions élevées ses caractères propres et ses aptitudes, c’est-à-dire par conséquent, capable d’y prospérer.

Nous passerons sous silence la description des animaux vivant sur les Plateaux de la Courtine et de Royère qui sont généralement métis de Limousins et de Salers, très décousus la plupart du temps et présentant la cuisse plate dite «cuisse de grenouille ». Cette population bovine est très clairsemée et les caractères de sa race sont le plus souvent imprécis.

Race charolaise. —— La race charolaise est élevée dans

toute la partie du département située au nord-est d’une

ligne droite artificielle allant de Crocq à Fresselines, € 'est-à-dire sur toute la rive droite de la Creuse, dans les vallées de la Petite-Creuse, de la Tarde, de la Voueize et du Cher. Il est un fait remarquable que, si la race limousine a franchi les limites de la zone où elle est actuellement fixée, la race charolaise ne s’est jamais installée en aucun point sur la rive gauche de la Creuse.

Les principaux centres de l'élevage charolais en Creuse sont Boussac, Chambon, Auzances, Bonnat, Châtelüse Malvaleix, Jarnages et Chénerailles. | te

Comme pour la race limousine son implantation s’est faite par ‘expansion de voisinage sa pénétration a #5 lieu, au début, d’une façon naturelle de l’est à l’ouest en remontant les vallées du Cher, de la Tarde et de la Voueize mais, également d’une façon artificielle, venant des départements du Cher et de l'Indre, suivant les voies ferrées et les routes de Montluçon à Saint-Sulpice- Laurière, et suivant la ligne de La Châtre à Guéret.

Cette région eut, de tout temps, son commerce étroitement lié aux plaines environnantes, aussi l'expansion s’est-elle faite naturellement ; elle fut cependant moins spontanée que celle de la race limousine. Ceci tient sans doute au fait que les races marchoise et charolaise étaient par trop dissemblables, tant comme pelage que comme conformation, d’où indécision de l’éleveur à opter pour l’une ou l’autre.

Le développement de la culture, l’amélioration du sol

par des chaulages répétés, la création de prairies arti-

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ficielles, la plus-value prise par le cheptel et, enfin, surtout, le temps, ont fini par faire adopter définitivement cette excellente race à viande.

Il faut cependant noter qu’en plus de cette expansion naturelle, il y eut aussi quelques encouragements officiels de l’ « Office Agricole Départemental » et l’achat d’un certain nombre de reproducteurs mâles de race

pure.

L’acclimatation est faite et la réussite de la race charolaise est certainement bonne dans la plupart des cantons cités. Ses animaux appartiennent au « type jurassique » de l’ancienne classification de A. Sanson ou au « type convexe, bréviligne, eumétrique » d’après la classification du Professeur Dechambre.

Les principaux caractères zootechniques attribués à cette race sont les suivants : tête forte, front large, chignon arrondi, fanon peu développé, corps long et cylindrique, hanches et croupe larges, fesse curviligne et descendue, queue sans saillie marquée, large à la base, membres courts et fins, peau longue, fine et souple, poil doux légèrement ondulé, robe uniformément blanche, cornes et ongles complètement dépigmentés.

Tempérament : calme, placide.

Comme les animaux de la race limousine, ceux de la race charolaise vivant en Creuse ont au moins un caractère assez constant : la blancheur de la robe bien qu'il ne soit pas rare d’en rencontrer de couleur froment clair.

Enfin, dans les régions les moins favorisées des bêtes

— 49 — A excellentes ont le mufle et les extrémités noires rappelant en cela la race marchoise.

A conformation des animaux est cependant assez variable. Ceci tient surtout à leur habitat.

La pénétration s’est faite suivant plusieurs directions ce qui entraîne une différence de qualité du bétail. Les régions voisinant les départements du Cher et de l'Allier, comme Chambon, Boussac, Auzances, ont des animaux qui sont peu différents des Charolais-Nivernais. Certains éleveurs en ont même qui n’ont rien à envier à ceux des meilleures étables du Nivernais.

La pénétration s’est aussi effectuée en direction nord-

sud, venant du département de l’Indre avec des animaux plus volumineux, plus osseux par conséquent, plus grossiers mais aussi plus rustiques.

En s’installant dans les régions moins riches : Châtelus- Malvaleix, Jarnages, Bonnat, ils n’ont pas de ce fait amélioré considérablement leur conformation. De plus, ces animaux, bien souvent, ont dû s’assimiler la race * marchoise, ils ont fini par prendre la! prépondérance sur celle-ci mais bien souvent, ils ont gardé quelques-uns de leurs vices de conformation.

Il n’est pas rare de rencontrer chez certains animaux, sous la robe blanche, un mufle plus ou moins foncé, des cornes volumineuses et fortement relevées en Iÿre, un développement exagéré du chignon. D’autres sont étranglés au passage des sangles et leur abdomen est

mal soutenu.

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Les vaches ont quelquefois les ischions très saillants et présentent, surtout quand elles prennent de l’âge, une saillie très marquée de la queue rappelant en cela le même défaut des anciennes vaches marchoises. Ces imperfections sont donc la plupart du temps, imputables à la mauvaise origine. |

L’os est généralement plus fin que sur les animaux du Charolais aussi certaines génisses bien musclées sont-elles très appréciées par les éleveurs du Cher, des régions de Saint-Amand et de Culan. ie

Les animaux aux muqueuses pigmentées se font de plus en plus rares.

Les animaux de cette race sont de plus en plus orientés vers la production de la viande; ils sont plus précoces que ceux de l’ancienne race marchoise, ils s’engraissent facilement et atteignent des poids élevés, supérieurs à ceux de race limousine ; c’est la raison qui les fait préférer par les éleveurs.

Les vaches sont bien inférieures comme laitières aux anciennes Marchoises mais restent cependant de bonnes nourrices, donnant des veaux de boucherie qui atteignent toujours des poids élevés en peu de temps.Leur durée de lactation est le plus souvent assez courte : quelques mois seulement.

Très précoces, d’un développement rapide et d’un poids élevé, elles sont aussi plus exigeantes pour la nourriture ; c’est la raison qui a fait cantonner cette race

dans la partie la plus riche du département où les prairies

de

naturelles sont plus fertiles et mieux aménagées, où les prairies artificielles fournissent un gros appoint four- rager : en un mot, partout où le terrain a suffisamment de calcaire grandement apporté be année par des chaulages importants. fa

Les animaux de cette race seraient d'assez ie tra- Vailleurs quoique plus lymphatiques que ceux des races limousines mais, dans ces régions, les chevaux remplacent de plus en plus les bovins dans les travaux de la culture.

Les races diverses. — Le croisement des deux races charolaise et limousine, quoique assez fréquent et donnant le plus souvent des résultats excellents, n’est presque jamais systématiquement pratiqué. Ces animaux se présentent sous un format intermédiaire entre celui des deux races avec, la plupart du temps, une prédominance des caractères limousins : la robe est généralement froment clair avec quelquefois des taches blanches.

Au bout d’un certain nombre de générations, ces animaux retournent définitivement à l’un des deux types :

charolais ou limousin.

Les autres races. — Les animaux des autres races sont généralement importés en Creuse et la plupart du temps sous forme d'unités uniquement entretenues pour la production du lait. Ils ne font généralement pas l’objet

d’un élevage suivi.

Parmi ces races il faut citer des Schwitz dans la région de Guéret et des Parthenais dans la région de La Souterraine. |

Des vaches de race normande, importées en Creuse dans le but d'obtenir un grand rendement en lait n’ont en général donné que des désillusions aux éleveurs. Ces animaux ayant toujours vécu au pâturage, sous un climat doux et humide, souffrent de l’acclimatement, s’habituent difficilement à la stabulation permanente pendant de longs mois d’hiver et, surtout, de l’alimentation trop sèche.

Le plus souvent ces animaux dépérissent considérablement et subissent une diminution considérable de leur aptitude laitière. Ceux élevés en Creuse n’y prospêrent guère davantage. | ;

Les vaches de race bretonne, pis rouges ou pis noirs, communément appelées « brètes » (terme sous lequel le paysan désigne vulgairement toute laitière de couleur pie) se sont toujours montré, malgré leur petite taille, d'excellentes laitières. Leur petite taille et la qualité médiocre de leurs veaux ont fait cesser cette importation au profit des Normandes.

Le lait de la Bretonne est, le plus souvent, le seul réservé au métayer ou au fermier ; celui des autres vaches servant exclusivement à l’engraissement des veaux.

Ces animaux s’accommodaient très bien du sol granitique creusois qui n’est pas trop différent de celui de leur pays d’origine.

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