‹ L'industrie et le commerce de l'EspagneChapitre 12 sur 70 · NOMBRE DES FABRIQUES EN 1878 ET EN · texte numérisé non relu

NOMBRE DES FABRIQUES EN 1878 ET EN

Désignation : 1878 1893-94.

Lainages 5.244 3.787

Chanvre et lin 5.653 2.510

Soiries 408 395

Tissus divers 1 .247 1 .651

Teinturiers et blanchisseurs 697 672

Fonderies de minerais, le fer excepté. . . 101 95 — de fer et d'acier et construction de machines 661 1 .233

A reporter 14.011 10.293

Report 44.014 40.293

Fabriques de porcelaine, de cristaux, de

vaisselle, étc 5.437 5.854

Minoteries, fabriques de pâtes alimentaires et moulins à vent 24.564 22.833

Moulins à huile 5.840 . . 5.336

— pour les graines oléagineuses.. 242 80

Fabriques de vins, de vinaigre et de liqueurs. 3.453 5.860

Fabriques de produits chimiques 422 384

Papeteries 529 429

Divers 10.908 44.539

Totaux 65.046 65.652

Augmentation totale 606 fabriq.

J'aurais voulu pouvoir indiquer, d'après des chiffres officiels, la population ouvrière de l'Espagne.

Le ministère des finances n'a aucune donnée précise à ce sujet, car. l'ouvrier n'étant pas unité tributaire, on a jugé inutile de demander aux fabricants le nombre de leur personnel; ce même ministère ignore également quelle est la puissance de production des fabriques espagnoles et avoue qu*il ne peut évaluer la production industrielle de l'Espagne que d'après les sorties des marchandises indiquées par les douanes, ce qui est une indication bien peu importante dans un pays qui importe plus de produits fabriqués qu'il n'en exporte.

Néanmoins, en supposant (ce qui n'est pas exagéré) que chaque fabrique emploie une moyenne de dix ouvriers des deux sexes, on peut évaluer la population industrielle de l'Espagne à 660.000 individus des deux sexes. Dans ce total, sont compris les 48.442 ouvriers des industries sidérurgiques.

Il faut y ajouter 76.000 mineurs; d'ailleurs, nous avons parler longuement de l'industrie minière et sidérurgique, la seule sur laquelle on ait des chiffres à peu près complets en Espagne.

Voici le tableau des évaluations de la population ouvrière de l'Espagne depuis 1803 et les évaluations de la pi^uctîon industrielle de l'Espagne :

Année». Population ouvrière, • Production industrielle, •

1803 259.736 individus des deux sexes. 284,626.000 de pesetas. 1834 373000 — — 403.000.000 . —

«* jTÏÏ ° UVrierS 6t 0UVrière8 ' •"{ 1.400.000.000 - ?. 76.000 rameurs *

Nous verrons, en étudiant les chiffres du commerce extérieur, les progrès des industries les plus importantes et leur situation actuelle ; on peut consulter, en outre, les tableaux statistiques annexes qui donnent la nomenclature et le- nombre des fabriques par provinces avec le nombre. des appareils et machines employés dans chaque catégorie d'industrie.

Il faut croire que le mouvement industriel a brusquement diminué en 1895-96 ou que les fraudes ont recommencé de plus belle, car les statistiques des patentes en 4 895-96 «bnt peu satisfaisantes. On ne peut s'expliquer les énormes différences qui se manifestent d'une année à l'autre entre le nombre des fabricants et des patentés de tous genres ; pour ce qui est plus spécialement de l'industrie, je suis enclin à croire, comme M. Villaverdé, qu'il y a une occultation scandaleuse et que la diminution du nombre des fabriques est factice, car les chiffres du commerce dénotent une augmentation ininterrompue de la production industrielle depuis 1893-94, et les années 1895-96-97 ont vu les plus fortes exportations de produits fabriqués. Nous ajouterons que les affaires des fabriques espagnoles, même sur le seul, marché intérieur, ont été favorisées d'une façon inouïe par la hausse du change de 4805

à 1898 et que, à certain moment, en 1898, il était impossible aux industriels étrangers de faire de l'importation en Espagne. Les fabriques espagnoles ont donc accaparé le marché intérieur, tout en augmentant leurs exportations sur une vaste échelle ; Tan dernier, en 1898-99 et même dans les deux premiers mois de 1900, les fabriques espagnoles ont refusé les commandes immédiates, n'acceptant que les dates de livraison éloignées et n'ont pas pu, dans la plupart des cas, fournir plus de la moitié des marchés conclus avec leurs clients.

Ce ne sont pas là des indices de diminution ; le nombre des fabriques peut baisser évidemment en temps de crise, mais il est douteux qu'en pleine période de prospérité les fabricants fassent faillite ou disparaissent si ce n'est avec la complicité de l'administration et pour ne pas payer leurs impôts.

Page 1