PRODUITS FRANÇAIS IMPORTÉS EN ESPAGNE EN
Chevaux hongres Têtes. 682
Mules et mulets — 3.C73
Porcs — 2.261
Laines en masse Kilog. 383.200
Soies grèges .-. — 111 .600
Fils de lin, de chanvre et de ramie écrus. . . . — 41 .400
Tissus de coton (étoffes mélangées) — 33.500
Tissus de laine (draps, casimirs et autres tissus
croisés, etc.) — 2J3.900
Etoffes diverses de pure laine pour habillement
(mérinos) — 3.700
Etoffes mélangées — 18.200
Tissus de soie unis — 33.000
Confections pour femmes en autres tissus. » . — 3.400
Papier autre que de fantaisie — 779. 600
Bimbeloterie (jeux et jouets) — 267.700
Bimbeloterie (autres articles) — ' 231 .500
Monnaies d'argent Hectog. 4.577
/ Blé Kilog. 3.018.037
D'après les statistiques \ Farine de blé — 586.384
espagnoles : i Sucres — 1 .800
\ Eau-de-vie Hectol. 352
PRODUITS ESPAGNOLS IMPORTÉS IN FRANCE EN 1898 (D'après les statistiques françaises) :
Chevaux hongres Têtes. 829
Juments.. — 227
Bœufs — 10.808
Vaches — 750
Porcs. — 5.629
Mandarines et chinois Kilog. 2.387.800
Citrons et oranges — 56.694.200
Amandes et noisettes en coques — 1 .381 .400
Arachides en cosse — 1 .070.400
Café (possessions espagnoles) — 6.481 .000
Cacao en fèves et pellicules — 185 .800
Vins fins Hectol. 211.709
Plomb argentifère Q. met. 287.614
Plomb non argentifère — 247. 577
Monnaies d'argent hectog. 94.867
(D'après les statistiques espagnoles) :
Tartre cru et lie de vin kilog. 6.619.971
Soies en cocon — 113.223
Soie grège — 24.327
Bouchons de liège mille. 1.225.511
Langoustes, etc. . . kilog. 143.126
Sardines aalées et pressées — 1 .348.202
Figues sèches — 3.737.292
Raisins secs — 5.012.403
Conserves alimentaires — 2.509.565
Ces chiffres ne peuvent donner naturellement que des indications, mais elles peuvent être utiles. Il en ressort clairement, qu'en dehors des blés et farines dont l'importation en Espagne varie selon les récoltes annuelles et qui ne peuvent pas être classés parmi les produits français, car ils proviennent souvent de Russie ou d'Amérique et ne sont que transbordés à Marseille, nos importations en Espagne sont surtout composées d'objets fabriqués ou de matières premières pour l'industrie, tandis que l'Espagne nous envoie surtout des minerais, métaux et substances alimentaires.
Il faut faire une grande différence entre les chiffres du commerce général et ceux du commerce spécial quand on veut étudier le mouvement des échanges entre deux pays.
Le commerce général comprend, à l'importation, la totalité des marchandises étrangères arrivées de l'étranger, des colonies et de la grande pêche, par terre ou par mer, et déclarées tant pour la consommation que pour le transit, l'entrepôt, le transbordement ou l'admission temporaire.
Le commerce général d'exportation comprend la totalité des marchandises qui sortent effectivement d'un pays, sans distinction de leur origine nationale ou étrangère, c'est-à-dire les marchandises reprises au commerce spécial, plus les marchandises étrangères qui ne font que transiter sur le territoire ou qui sont transbordées dans les ports à destination de l'étranger, celles qui ont été extraites des entrepôts pour la réexpédition et celles qui, après avoir été admises temporairement en franchise, sont réexportées après main-d'œuvre pour l'apurement des soumissions.
Le commerce spécial d'importation comprend toutes les marchandises mises en consommation, c'est-à-dire ayant effectivement payé les droits de douanes pour être vendues et consommées à l'intérieur du pays, sans probabilité de réexpédition.
Le commerce spécial d'exportation comprend la totalité des marchandises nationales exportées et de celles qui sont considérées comme nationalisées par le paiement c|es droits et qui »e trouve^ sur lp marché intérieur,
Pour bien juger, par conséquent, de la consommation des produits français en Espagne et des produits espagnols en France, il faut ne considérer que les chiffres du commerce spécial. J'aurais voulu établir le détail de nos achats et ventes en Espagne d'après nos statistiques et les comparer avec les statistiques espagnoles. J'y ai renoncé pour plusieurs motifs, dont le principal est que les statistiques des douanes espagnoles de l'année 1899 ne seront publiées qu'en décembre 1900.
De plus, il n'y a jamais concordance dans les chiffres, même du commerce spécial, fournis par les Douanes françaises et par les Douanes espagnoles. J'en ai demandé l'explication à M. Sitges, le très habile directeur général des Douanes d'Espagne, qui m'a avoué avoir renoncé lui-même à trouver l'explication de tous les cas où les chiffres se contredisent dans les deux statistiques .
— « Il m'est impossible, m'a-t-il dit. d'arriver à faire concorder les sommes des valeurs importées ou exportées, et même les quantités. Et ce n'est pas seulement par la faute des fraudes qui peuvent se commettre, peut-être à notre détriment ou au vôtre; c'est surtout parce que vos Douanes classent certains produits dans d'autres catégories que nous. Ainsi les fûts et barils vides sont classés par nous dans la catégorie des sacs et récipients de tous genres ; dans vos Douanes, on les classe dans la catégorie des bois ouvragés. Je pourrais citer d'autres cas ; ils sont fort nombreux. Nous avons, par exemple, des vins que nous considérons comme des vins ordinaires chez nous; vous les classez aux Douanes comme vins généreux, à cause de leur goût sucré et de leur richesse alcoolique. Nous n'avons, d'autre part, jamais pu obtenir les états de sortie des bestiaux de vos frontières et nous ne pouvons pas connaître exactement les échanges des animaux vivants qui se font entre nos deux pays. On pourrait citer bien d'autres choses.
« Mais il n'y a en rien de la faute de votre Administration, si active et si bien organisée, ni de celle de la nôtre : par exemple, comment voulez-vous que les estimations des valeurs ppjent égajeg en France ^ en Espagne? Y03 bases d'évaluation
sont en francs, les nôtres en pesetas; elles ne sont jamais les mêmes pour une autre raison. Vous prenez pour étalon de valeur des marchandises importées les cours de vos marchés : les marchandises qui arrivent d'Espagne dans un port français ou un point des frontières sont grevées des frais de transport, fret, main-d'œuvre, transbordement, commissions, etc. Elles valent plus qu'à leur point de départ. De même, pour les marchandises françaises entrant en Espagne : nous les estimons plus cher que vos exportateurs qui, souvent, veulent nous tromper sur les qualités et nous ajoutons à notre estimation les divers frais qui ont majoré les prix des articles. 11 ne faut donc considérer les statistiques que comme des chiffres relalifs et des bases utiles de comparaisons et de renseignements. »
Nous engageons vivement nos lecteurs à étudier les chiffres détaillés des deux tableaux ci-joints de nos échanges avec l'Espagne dans les trois dernières années ; ces chiffres du commerce spécial montrent bien ce que nous vendons et ce que nous achetons. Il y a progrès dans certains articles, diminutions dans d'autres. Mais il faut bien se dire qu'industriellement nous pourrions lutter, en Espagne, avec tous les autres pays et que l'industrie catalane ou indigène ne peut l'emporter sur nous que dans les articles bon marché, où elle est favorisée par le change et les droits.
Les articles de tissus importés par nous sont généralement de belle qualité ; on verra, par comparaison avec nos chiffres d'importation en Espagne, en 1831, que nous vendons aujourd'hui aux Espagnols trois fois plus seulement de tissus de laine qu'alors, deux fois plus de tissus de soie et six fois moins de tissus de coton. Ce ne sont pas là des comparaisons réconfortantes ni flatteuses. En vérité, nous pourrions faire mieux et plus que cela ; je reparlerai de cette question si intéressante des moyens d'accroître nos ventes et notre clientèle en Espagne dans le dernier chapitre. J'espère pouvoir donner quelques bons conseils à nos fabricants et exportateurs, et je désire vivement qu'ils puissent en faire leur profit. Ce que je
peux leur affirmer, c'est que toutes mes déclarations sont faites après mûr examen de la situation présente et sont le résultat d'études, de démarches et d'enquêtes auprès des commerçants de tous les points de l'Espagne, où 1 j'ai rempli le plus consciencieusement possible la mission dont m'a honoré M. le Ministre du commerce et de l'industrie de la République française.
Les principaux produits de l'Espagne. — Les vins. — Les blés et les céréales. — Substances alimentaires diverses. — Les olives et les huiles — L'élevage et l'exportation du bétail. — Les produits d'exportation à Cuba.
Les principaux articles d'exportation de l'Espagne sont naturellement les produits de son agriculture et les minerais et métaux que recèle en quantités immenses son sous-sol. Nous consacrons une étude spéciale aux mines et à l'industrie sidérurgique en Espagne ; nous en consacrons une également à l'industrie sucrière qui est en train de prendre un essor impétueux . Mais nous allons examiner maintenant, aussi brièvement que possible, les principales productions agricoles de la péninsule, les vins, les blés, les olives, etc., qui sont susceptibles de se développer encore beaucoup et constituent pour ce pays de grandes sources de richesses.
Les vins. — Tout le monde sait que l'Espagne produit beaucoup de vins, mais c'est une opinion très répandue aussi que les vins d'Espagne sont mauvais et ne peuvent servir qu'à des coupages. Je tiens à protester contre ce jugement qui, comme tout jugement général, est un jugement faux.
Je mets à part les vins de Jérèz, Malaga et Alicante, dont la réputation est universelle et dont il n'est plus besoin de parler. Mais, pour ce qui concerne les autres sortes récoltées dans la péninsule, la vérité est que ce qui manque le plus aux Espagnols pour faire des vins excellents dans leur genre, c'est l'art
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de la vinification. Les vins espagnols sont alcoolisés, riches en couleur et en tannin ; ils ont, suivant les localités, un cachet sui generls, une saveur et un goût à eux. Mais l'exemple des résultats surprenants qui ont été obtenus à Logrono et dans la Rioja, où des propriétaires de vignobles ont fait venir de Bordeaux de bons ouvriers vignerons et sont parvenus à faire des vins d'un bouquet et d'une saveur comparables aux petits vins de Médoc, les progrès que présentent, au point de vue de la qualité, les vins bien préparés dans certaines villes de la Manche, tout démontre que les vins d'p]spagne peuvent devenir un jour des rivaux redoutables pour nos vins de France sur les marchés étrangers et que leur prix très inférieur les rendra de vente très facile le jour où ils seront faits avec tout le soin et tout l'art nécessaires.
Il faut appeler sérieusement l'attention de nos négociants en vins sur les vins d'Espagne, les. engager à venir toir, à juger par eux-mêmes, goûter les vins des diflerentes provinces et se rendre compte de ce qu'ils peuvent faire en Espagne en s'entendant avec les producteurs du pays et en tirant parti de leurs connaissances spéciales.
Déjà plusieurs maisons françaises se sont établies en Espagne pour y faire des vins et des eaux-de-vie et liqueurs ; elles ont très bien réussi. Je ne veux pas les citer, mais il y en a de fort importantes, notamment à Pasajès, près Saint-Sébastien, où le gouvernement espagnol a établi un entrepôt spécial pour les vins permettant d'importer des vins de l'étranger, de les mêler aux vins d'Espagne et de réexporter les vins préparés avec ces coupages sans payer les droits de douanes.
Il est impossible dans un ouvrage d'ensemble sur la situation commerciale de l'Espagne, d'entrer dans tous les détails de toutes les branches de la production, car cela nous mènerait à écrire plusieurs in-folios.
Nous allons donc nous borner à donner quelques renseignements généraux et utiles ; le tableau ci-joint indique, d'après Jes chiffres officiels, la production du vin en J898, par provins
L'INDUSTRIE ET LE COMMERCE DE L'ESPAGNE ' 79 ces, avec la superficie des vignobles déclarée au fisc, le nombre de quintaux métriques de raisins récoltés et les quantités d'hectolitres de vins fabriqués, ainsi que le prix de vente du vin dans chaque province.
Ici, comme toujours en Espagne, il faut tenir compte en ce qui concerne l'étendue des vignobles de l'occultation faite par les propriétaires ; depuis 1879, la superficie des vignobles n'aurait, d'après les chiffres du gouvernement, augmenté que de 20 °/ , alors que l'exportation a atteint 8.405.830 hectolitres en 1889, ou plus du triple de celle de 1879. En tenant compte des ravages du phylloxéra, qui s'est déclaré dans bien des provinces d'Espagne et a fait beaucoup de mal, on peut estimer la superficie réelle des vignobles supérieure de 200.000 hectares à celle déclarée au fisc. D'après le ministère du Fomento, il y aurait 1.418.523 hectares de vignobles; on peut croire qu'il y a 1.600.000 hectares plantés en vignes.
De même la production réelle des vins peut être évaluée à 20 •/<> de plus que les estimations officielles, et il est bien certain qu'on peut assigner une production totale de 25 millions d'hectolitres de vin à l'année 1898.
L'exportation totale a atteint cette année-là : 6.427.500 hectolitres, ce qui est un chiffre bien respectable.
Il est bien difficile de connaître exactement les prix de vente des vins ,, ces prix variant selon les crus et qualités v^t les besoins d'argent plus ou moins pressants des propriétaires; à ce sujet les mercuriales de Bordeaux et de Cette sont plus utiles à consulter que les statistiques espagnoles. Cependant on peut évaluer le prix moyen de l'hectolitre de vin dans la péninsule à 20 pesetas.
Il faut dire aussi qu'il y a des endroits en Espagne, où par suite du manque de moyens de transport les vins se vendent presque pour rien : l'année dernière des paysans des provinces de Castille et de la Manche ont laissé pourrir sur place des récoltes de raisins, les prix de vente ne rémunérant pas les frais de main-d'qeuvre et (le transport,
Voici le détail des exportations de vins d'Espagne en 1898 : nous sommes sous ce rapport les meilleurs clients de ce pays, mais il faut noter que les exportations de vins espagnols dans l'Amérique du Sud et divers pays d'Europe ont une tendance à augmenter.