EN TONNES
Anglais. . . .
Kspagnol... .
Kranfnis. . .
Allemand . .
Norwégien. .
Italien
Belge
Hollandais. .
Russe
Grec
Suédois. . . .
Le tableau ci-dessus nous fait voir que les transports sous pavillon belge ont Augmenté 24 fois : sous pavillon hollandais, 44 ; sous pavillon grec, 10; sous pavillon espagnol, 6 i/ 2 ; sous pavillon anglais, 3 l / 2 ; sous pavillon allemand, 3; sous pavillon norvégien, i, HO ; sous pavillon russe, 2 */ 2 . Le pavillon français n'est pas parvenu à doubler son tonnage et encore faut-il tenir compte que l'année 1897 a été beaucoup plus favorable que les précédentes.
Il est bien regrettable que la marine marchande française n'ait pas su prendre, dans les échanges maritimes la part qui aurait du lui être assignée par la proximité de nos frontières et le chiffre très élevé de nos transactions avec la péninsule.
Cette question de la marine marchande est d'une importance capitale pour la France; il faudrait *y consacrer un volume pour la traiter comme elle le mérite. Ce n'est pourtant point faute de payer des primes à nos armateurs que nous perdons constamment du terrain sous le rapport de la marine de commerce. Il semble incroyable — et pourtant cela est — que des négociants français soient obligés d'envoyer leurs marchandises s'embarquer à Anvers pour jouir de tarifs moins onéreux que
dans nos ports français. Les Compagnies allemandes et belges, anglaises et hollandaises prennent moins cher pour les marchandises de Hambourg, Anvers, Dunkerque, Le Havre ou Cherbourg que n'importe laquelle de nos Compagnies de navigation. Nous verrons, si cela continue, les navires anglais et allemands venir enlever dans nos ports français toutes les marchandises françaises à nos propres armateurs. Malheureusement ce sont là des faits qu'on nous signale de tous côtés, dont on nous donne des milliers d'explications et qui, malgré tous les commentaires, subsistent dans leur intégralité ; la vérité est cruelle à confesser, mais il faut la confesser : notre marine marchande n'a pas su lutter jusqu'à ce jour contre la concurrence étrangère.
Et sous ce rapport là, les Espagnols ont eu plus de mérite que nous et, nous le répétons, si le gouvernement espagnol soutient les efforts très grands que les armateurs espagnols font en ce moment, nous verrons certainement la marine marchande espagnole prendre la première place dans les transactions maritimes de ses ports.
Que demandent les armateurs au gouvernement de Madrid? Beaucoup de réformes, dont les plus importantes sont : une réduction des impôts perçus dans les ports'qui sont de 2 pesetas 50 centimes par tonne chargée ou déchargée à destination de l'Amérique, et 1 peseta 25 centimes par passager partant ou entrant, plus 20 V„ de surcharge ajoutée par la loi du 10 juin 1898; sans compter, les droits à payer aux municipalités, chambres de commerce, associations locales pour les travaux et améliorations des ports; l'impôt provisoire du 30 août 1890, les droits de pilotage, ancrage, tonnage, etc. Ces impôts rendent le fret, entre les ports du Sud-Amérique et Barcelone et les autres ports péninsulaires, plus cher de 16 à 80"/.. qu'entre les ports du Sud-Amérique et les autres ports européens. Il est à souhaiter que le gouvernement espagnol porte un prompt remède à cette situation désavantageuse, surtout aujourd'hui où les armateurs et Jes industriels espagnols
,vont faire tous leurs efforts pour retrouver dans leurs anciennes colonies américaines les débouchés que leur fait perdre l'annexion de Cuba et des Philippines aux Etats-Unis.
Les chiffres ci-dessous montrent combien les industriels espagnols ont eu tort de négliger jusqu'à ce jour la clientèle des pays de langue espagnole, où ils auraient pu faire de grandes affaires en se donnant un peu de peines, tandis qu'ils ont préiéré exploiter, à l'aide de tarifs de douanes prohibitifs, Cuba, Porto-Rico et les Philippines, qui leur ont échappé et dont les plus grands griefs contre la métropole provenaient du régime économique qu'on leur appliquait si durement.
Importations espagnoles dans l'Amérique latine.
Argentine Venezuela Uruguay..
Colombie.
Mexique . .
Pesetas.
Pesetas.
Pesetas 7.883.111 1.817.920 5.459.532 2.125.751 6.975.737
Pesetas.
Totaux.
Ni l'Equateur, ni les républiques de Costa-Rica, Chili, Pérou et Guatemala ne font avec l'Espagne un commerce appréciable, puisque les statistiques de ces mêmes années n'en font pas mention.
On trouvera, dans les deux tableaux suivants, la statistique officielle des entrées et sorties de navires dans les ports péninsulaires dans les années 1897, 1898 et 1899.
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