LIGNES A VOIE ETROITE
La Robla-Balmaseda . .
Santander, Bilbao
Nord de l'Espagne
Riotinto-Huelva
Mayorque
Penarroya Fuente de Arco . . .
Soc. Valencienne de tramways
Madrid, Villa del Prado
Alcoy, Candia
Durango, Zumarraga. ...... .
Villena, Alcoy, Yecla
Buitrou, Zalamea
Grao, Valencia, Turis
Oviedo, Infiesto
Carinena, Zaragosa
Santander, Gabezon
Valladolid, Médina
Valdepenas à Galatrava. . . . . .
San Feliu de Guixol-s
Elgoibar, San Sébastien
Igualada, Martorell
Plassa, Palamos
Bilbao, Durango
Madrid, Arganda
Ouda, Grao, Gasteîlon
Silla, Cullera ?
Amorebieta, Guernica
Gérona à Amer »
Luchana, Munguia
Vitoria, Salinas, Léniz
Gortes, Borja.
Bilbao, Lezama.
Las Arenas, Plencia
Bilbao, Las Arenas
Reus, Salon
Mazarron al Puerto
Monistrol, Montserrat
Recettes moyennes.
Produit kilométrique annuel.
Pesetas.
Pesetas.
Pesetas.
Au point de vue des kilomètres mis en exploitation, les chiffres comparés des deux dernières années prouvent que les progrès ont été insignifiants. Il n'en est pas de même au point de vue du rendement kilométrique, puisque la moyenne de l'année 1897 accuse une plus-value assez considérable de 421 pesetas 41 centimes sur 1896 et de 776 pesetas sur la moyenne de 1895.
Il existait donc à la fin de 1897, 1 .799 kilomètres de chemins de fer à voie étroite, chiffre qui, ajouté à celui de 10.823 (voie normale), fait ressortir un total de 12.622 kilomètres.
Nous compléterons ces renseignements en disant que la largeur de la voie normale est en Espagne de 1 mètre 67 centimètres, tandis quu la largeur des lignes de France, Allemagne, Autriche-Hongrie, Belgique, Luxembourg, Suisse, Italie, Hollande est de 1 mètre 42. Cette différence de largeur a de grands inconvénients, dont le moindre n'est pas d'empêcher les voitures et le matériel roulant français de pénétrer en Espagne. La vitesse des trains est très faible en Espagne, elle varie de 40 kilomètres à l'heure à 32 kilomètres. Les Compagnies espagnoles auront certainement à cœur de remédier à ce défaut en achetant de nouvelles locomotives et en améliorant leurs voitures qui souvent laissent à désirer. Il est juste de dire, d'ailleurs, qu'elles s'imposent des sacrifices de tous genres et qu'on ne peut leur demander des réformes que progressivement et par rapport aux bénéfices et aux exigences du trafic.
La marine marchande de l'Espagne. — Nombre des compagnies maritimes et des navires à vapeur, — Nombre des navires à voiles. — Acquisitions de navires dans les trois dernières années. ~ Mouvements de la navigation dans les ports espagnols de 1855 à 1897. — Part des pavillons étrangers et du pavillon espagnol. — Part du pavillon français. — Erreur profonde de nos armateurs. — Navires entrés et sortis des ports espagnols dans les trois dernières années. — Commerce de cabotage.
Les frontières maritimes de l'Espagne ont une longueur presque du double de ses frontières terrestres ; et sa situation géographique prédispose si admirablement ce pays à la navigation et au commerce des mers qu'il semblerait tout naturel de classer l'Espagne parmi les plus .grandes puissances navales. Malheureusement, il est loin le temps où les flottes d'Espagne régnaient sur les Océans et reculaient les bornes du monde connu.
Nous ne parlerons point de la marine de guerre, dont les officiers et marins sont dignes, sous tous les rapports, de leurs valeureux prédécesseurs et ont excité, par leur conduite héroïque à Cavité et à Santiago, l'admiration du monde entier. La marine de guerre espagnole manque de navires modernes et les nécessités les plus urgentes du budget obligent à la négliger un peu pour le moment.
Nous nous bornerons, comme c'est d'ailleurs notre devoir en écrivant cette étude de la situation commerciale et industrielle de l'Espagne, à dire quelques mots de la marine marchande de ce pays, dont le commerce maritime est de beaucoup le plus important.
Les ports sont nombreux dans la péninsule et il en est d'admirablement dotés par la nature, tels ceux de Vigo, de Car-
thagène, de Cadix, de Santander, de la Corogne, de Barcelone, etc.
Les plus importants pour le trafic sont ceux de Barcelone, de Cadix, de Santander et celui de Bilbao, qui prend une place tous ïes jours plus grande.
Les armateurs espagnols sont riches et nombreux et semblent beaucoup plus entreprenants et beaucoup plus actifs que les autres industriels de la péninsule. On ne peut, en effet, après un examen attentif de la marine marchande espagnole, prononcer le mot de décadence, en comparant son état actuel à sa situation dans le passé. Ce mot serait injuste, car les armateurs espagnols ont fait de grands efforts et, si le gouvernement les aide par des mesures légales, ils ne tarderont certainement pas à reprendre une place prépondérante dans le commerce maritime de la péninsule.
Voici quelles étaient, à la date du 1 er janvier 1899, d'après les statistiques officielles, les forces de la marine marchande :
Nombre
COMPAGNIES de Tonneaux.
Tapeurs.
Compania trasatlantica, Barcelone 39 113.574
Sociedad Pinillos Saez y' C», Cadix 8 31.000
Ligne de vapeurs Serra, Bilbao 16 29.832
Ibarray O, Séville 21 28.249
Manuel Maria de Arrotegui, Bermeo 10 26.818
Sociedad Bilbaina La Flécha, Bilbao 10 23.264
Ramon de la Sota y Llano, Bilbao 14 22.777
Compania Bilbaina de Navegacion. Bilbao. 10 21.930
— ' Olano, Larrinaga et O Liverpool 10 18.430
— Maritima, Barcelone 16 16,007
jSobrinos de Herrera, Habana 12 12.88?
Société F.. Prats y O, Barcelone 4 12.604
Menéndez y Ga, Cicnfuegos . . . . 9 11.931
Compania Maritima, Manila 15 9.557
— Serra y Font, Barcelone 4 7 .539
— Sevillana, Séville 7 7.336
La Bética, Séville 9 7.348
A reporter 214 402.078
Report... . . . . . i . . 214 402.078
Jover y Costa, Barcelone «... 4 5.934
Espaliu y (>, Séville . . . . 5 5.825
Martinez de las Rivas, Bilbao '. 3 6.399
Tintoré y (>, Barcelone 4 5.934
Sociedad Mena Maritima, Palma 5 4.145
Compania de Navegacion, Santander 2 ,3.795
M. Saez y t> ' 3 3.185
Compania de Navegacion Valenciana, Valence. . . 2 3,140
Sociedad de Navegacion é Industria, Barcelone. 3 2.170
, Sociedad Menorquina 4 2.965
— Mahonesa 2 1.152
— Olavarria y Lozano, Cijon 8 4.617
Compania Interinsulares, Las Palmas. 4 1.676
Compagnie générale des Tabacs. 10 2.641
Autres Compagnies d'importance moindre et vapeurs appartenant à des particuliers 289 100.516
Totaux 560 558.042
Barcelone ligure eu première ligne avec 72 vapeurs et 165.132 tonneaux.
Bilbao occupe le second rang, avec 53 vapeurs et 103.702 tonneaux.
L'Espagne possède, en outre, une flotte de 1.141 navires à voile, jaugeant 67,739 tonneaux.
Soit un total, pour les navires à vapeur et à voile, de 1.701 unités, avec 625.781 tonneaux.
Il résulte de ces chiffres officiels que la marine marchande espagnole possède comparativement beaucoup plus de navires à voiles que de navires à vapeur, mais, qu'en réalité, les armateurs espagnols ont délaissé, depuis trente ans, la navigation à voile et ont fait de grands efforts pour acquérir des navires à vapeur modernes et rapides.
Le tonnage des vapeurs est, en effet, neuf fois supérieur à celui des voiliers et on peut affirmer que la navigation à voile s'emploie presque exclusivement au commerce du cabotage, qui, dans un pays doté de côtes si étendues et où les voies de communication terrestres sont défectueuses et insuffisantes, est
extrêmement considérable. Nous dirons quelques mots de ce commerce spécial à la fin de ce chapitre.
Voici un tableau qui montre bien nettement les grands progrès réalisés, depuis 4869, par les armateurs espagnols :
Années.
1887 (30 juin)......
1899 (le"' janvier)...
Différence. . =
Nombre des navires
à voiles.
h vapeur.
Tonnes de jauge.
de? voiliers.
des vapeurs.
En l'espace des trente dernières années, la niarine à voiles a perdu 4.059 navires et 362.264 tonnes de jauge, et la marine à vapeur s'est augmentée de 390 navires et de 496.042 tonnes de jauge : c'est donc presque 50 % de perte sur le nombre des voiliers et plus de 85 % sur leur tonnage, tandis que le nombre dés vapeurs a plus que triplé et que leur tonnage est huit fois plus important.
Nous devons ajouter que le tonnage moyen par navire à vapeur, qui était de 364 tonnes en 4869, a passé à 990 tonnes en 4899, ce qui indique la tendance des armateurs espagnols à acheter et faire construire de grands navires comparables aux -meilleurs vapeurs anglais et français.
On saurait d'autant moins accuser les armateurs espagnols de routine et de timidité que, pendant le cours de l'année 4899, ils ont importé en Espagne les navires suivants achetés à l'étranger et incorporés dans la marine marchande espagnole :
Bateaux en bois de 1 à 50 tonnes
de jauge , Moorson)
Bateaux en bois de 51 à 300 tonnes. . .
— — de 301 et au-dessus..
Navires en fer et acier (vapeurs)
— — (voilier)...
Total
Nombre des bateaux.
de jauge.
Ce qui porte le nombre des vapeurs de la marine marchande espagnole, en 1900, à 645 navires d'un tonnage total de 706.194 tonnes.
Ces chiffres sont à retenir et à méditer pour nos armateurs qui constatent avec regret la décadence de notre marine marchande française : les statistiques que j'ai sous les yeux m'annoncent que la marine marchande de France possédait, au l tr janvier 1897, 1 235 navires à vapeur avec un total de 503.677 tonnes de jaugeage; et 14.301 voiliers avec 390.394 tonnes de jaugeage, ce qui nous met en état d'infériorité absolue en comparaison de la marine marchande espagnole à vapeur.
Nos 1.235 navires à vapeur ne valent pas les 645 navires à vapeur de nos voisins, dont le tonnage est de 203.000 tonnes supérieur au nôtre.
Les mouvements d'entrées et de sorties de navires des ports espagnols donnent, d'ailleurs, de précieuses indications sur l'activité maritime des espagnols qui, malgré l'effroyable concurrence de l'Angleterre qui voudrait accaparer tout le commerce maritime de l'univers, ont su prendre une part toujours plus grande dans les transports de leur commerce extérieur et sont parvenus à des résultats qui promettent beaucoup pour l'avenir.
De 1855 à 1899, le nombre des navires espagnols entrés dans la péninsule a presqus doublé, suivant en cela la progression des entrées des navires étrangers ; le nombre des navires espagnols sortis de la péninsule n'a augmenté que de 65 %, tandis que celui des étrangers a doublé; mais le nombre des tonnes de marchandises importées en 1899 en Espagne par les navires espagnols a décuplé, et le nombre des marchandises exportées d'Espagne en 1899 par leur propre marine est treize fois supérieur à celui des mêmes exportations en 185£.