À. — TREMPAGE
Le trempage a deux buts : rendre à la peau toute sa souplesse en lui rendant l’eau qu’elle a perdue lorsqu'on l’a fait sécher sur les marchés d’origine, éliminer en partie les matières terreuses et le suint qui souillent la laine.
Pour effectuer le trempage, on plonge les peaux dans de grands bassins d’une contenance de 10 à 25 mètres cubes; on compte qu'il faut 20 litres d’eau pour tremper une peau.
Les peaux étant en général en dépôt dans des magasins placés au-dessus des bassins de trempage, on les fait tomber directement de ces masasins dans les bassins au moyen de trappes.
Lorsque chaque bassin contient la quantité de peaux voulue, on charge les peaux à l’aide de planches et de taquets pour qu’elles restent com-
plètement immergées. La durée du trempage est, en temps ordinaire, de douze heures, elle peut s’abaisser à sept heures pendant les grandes chaleurs; au contraire, il faut quelquefois trente
heures pour que le trempage soit suffisant.
B. — SABRAGE,
Le trempage terminé, les peaux sont soumises à l'opération du sabrage, qui a pour but d’éliminer de la peau les chardons, la terre et le suint soluble et de paralléliser les fibres de laine.
On sabre les peaux au moyen d’une machine appelée sabreuse. Il y a deux sortes de sabreuses employées dans les usines de Mazamet : 1° la sabreuse Blaquière, du nom de son inventeur originaire de Bédarieux ; 2° la sabreuse anglaise. La sabreuse anglaise étant de beaucoup la plus employée, nous ne décrirons qu’elle.
La sabreuse anglaise se compose d’abord d’un cylindre armé de lames de fer ou d’acier tournant à cent cinquante ou cent quatre-vingt tours par minute, appelé tambour. Les lames sont alternativement lisses et munies de dents. Le tambour frôle en tournant une bande de caoutchouc bombée formant ressort.
Deux rouleaux superposés appelés pourvoyeurs, tournant en sens inverse l’un de l’autre, entraî-
nent la peau dans la machine et l’obligent à pas-
ser entre le tambour en mouvement et la bande de caoutchouc. Une pédale sert à inverser le mouvement du pourvoyeur pour que tantôt il entraîne la peau à l’intérieur de la machine, tantôt il la fasse ressortir. Au point où la peau est en contact avec les lames du tambour arrive un fort courant d’eau.
L'action combinée des lameset du courant d’eau produit un très bon nettoyage de la peau. Une sabreuse anglaise peut traiter de cinquante à soixante peaux ordinaires par heure, soit trois balles de vingt douzaines de peaux par journée de dix heures. |
Le courant d’eau sortant de la sabreuse entraîne avec lui la terre, le suint soluble, des chardons et quelques fragments de toison. Cette eau passe d’abord à travers une grille qui retient les fragments de toison et les morceaux de peau accidentellement déchirés par la sabreuse; les fragments de toison sont soumis à l’épaillage chimique, les morceaux de peau sont sabrés à nouveau avec une sabreuse de petit modèle. L'eau se rend ensuite dans un bassin de décantation où la terre qui y était en suspension se dépose en donnant un fumier qui est utilisé comme engrais, surtout par
les viticulteurs de l’Aude et de l'Hérault.